POLITIQUE DE L’ECOLOGIE OU ECOLOGIE POLITIQUE
Le drame humain que vivent les japonais avec la conjonction du tremblement de terre et du tsunami s’aggrave avec les risques nucléaires. Les explosions successives dans les centrales démontrent que l’énergie atomique ressemble à un démon qui s’est libéré de ses chaines et qui échappe désormais à tout contrôle .Il n’en fallait pas plus pour relancer en France le débat sur le nucléaire civil.
Les écologistes traditionnellement hostiles aux centrales atomiques se trouvent renforcés dans leurs convictions. Noël Mamère, député Europe Ecologie-les Verts insiste pour "sortir progressivement du nucléaire sur 25 ans", avec dans l'immédiat plusieurs demandes fermeture de Fessenheim, "aussi vieille que Fukushima", arrêt de la construction de Flamanville, réforme de l'Autorité de sûreté nucléaire pour que le "surveillant ne soit pas surveillé". Il ajoute que "Ce n'est pas aux ingénieurs du corps des mines de décider" des choix sur l'avenir du nucléaire et plaide pour une surveillance populaire du nucléaire par un " panel de citoyens formés à l'expertise". Quant aux écologistes, Daniel Cohn-Bendit en tête, ils réclament un référendum sur le nucléaire en France.
Les écologistes semblent vouloir surfer sur la peur générée dans l'opinion par les désastres nucléaires pour distancer, lors de la campagne de 2012, l'UMP et le PS.
Il est vrai qu'une politique de l'écologie s'impose. Toutes les composantes du choix nucléaire doivent être appréciées par les décideurs politiques.et soumises à un débat public. Mais il faut, en revanche, se garder de l'écologie politique ou politicienne qui souhaiterait utiliser le cas japonais pour justifier un a priori anti énergie nucléaire. Toutes proportions gardées, les défauts de fabrication d'une voiture ne permettent pas de condamner la circulation automobile.et, s'il faut tirer les leçons du drame japonais, il ne faut pas davantage refuser d'apprécier les avantages d'une énergie nucléaire maîtrisée et sécurisée.
Charles Debbasch
mercredi, mars 16, 2011
POLITIQUE DE L'ECOLOGIE OU ECOLOGIE POLITIQUE
dimanche, mars 13, 2011
LE CHEMIN TRANQUILLE DU ROI MOHAMMED VI
Si les manifestations n'ont jamais eu au Maroc l'ampleur et la résonance qu'elles ont rencontré dans d'autres pays arabes, c'est parce que le pays, sous l'impulsion de Mohammed VI, a pris une longueur d'avance dans sa marche vers la démocratie: élections libres et pluralistes, institutions conformes à l'Etat de droit, gestion économique et financière rigoureuse.
Face à la déferlante contestataire qui a bouleversé de nombreux pays arabes, le Roi aurait donc pu se contenter des résultats obtenus et se réjouir de l'avance du Maroc. C'est un chemin inverse qu'il a choisi: profiter de l'esprit du temps pour franchir un pas décisif dans la modernisation des institutions marocaines.
En annonçant une réformes constitutionnelle pour le mois de juin prochain , en confiant la rédaction du projet à un brillant juriste chargé de diriger les travaux de la commission de réforme, Mohammed VI fait le pari de la modernité et de l'innovation.
Il s'agit de franchir une nouvelle frontière dans le développement démocratique du Maroc.
Les lignes de force de la réforme ont été dressées avec clarté par le souverain.
La réforme constitutionnelle globale se fera, sur la base de sept fondements majeurs :.
Premièrement : la consécration constitutionnelle de la pluralité de l’identité marocaine unie et riche de la diversité de ses affluents,
Deuxièmement : La consolidation de l’Etat de droit et des institutions, l’élargissement du champ des libertés individuelles et collectives et la garantie de leur exercice, ainsi que le renforcement du système des droits de l’Homme dans toutes leurs dimensions, politique, économique, sociale, culturelle, environnementale et de développement.
Troisièmement : L'érection de la Justice au rang de pouvoir indépendant et le renforcement des prérogatives du Conseil constitutionnel, le but étant de conforter la prééminence de la Constitution et de consolider la suprématie de la loi et l’égalité de tous devant elle.
Quatrièmement : La consolidation du principe de séparation et d’équilibre des pouvoirs et l’approfondissement de la démocratisation, de la modernisation et la rationalisation des institutions, à travers :.
• Un parlement issu d’élections libres et sincères
• Un gouvernement élu, émanant de la volonté populaire exprimée à travers les urnes, et jouissant de la confiance de la majorité à la Chambre des représentants.
• La consécration du principe de la nomination du premier ministre au sein du parti politique arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants et sur la base des résultats du scrutin.et Le renforcement du statut du Premier ministre en tant que chef d’un pouvoir exécutif effectif, et pleinement responsable du gouvernement, de l’administration publique, et de la conduite et la mise en œuvre du programme gouvernemental.
Cinquièmement :Le renforcement des organes et outils constitutionnels d’encadrement des citoyens, à travers notamment la consolidation du rôle des partis politiques dans le cadre d’un pluralisme effectif, et l’affermissement du statut de l’opposition parlementaire et du rôle de la société civile.
Sixièmement : La consolidation des mécanismes de moralisation de la vie publique et la nécessité de lier l’exercice de l’autorité et de toute responsabilité ou mandat publics aux impératifs de contrôle et de reddition des comptes.
• Septièmement : La constitutionnalisation des instances en charge de la bonne gouvernance, des droits de l’Homme et de la protection des libertés.
Ce cadre ne remet pas en cause les acquis qui font l'objet d'un consensus national: l’Islam en tant que religion de l’Etat garant de la liberté du culte, ainsi que la commanderie des croyants, le régime monarchique, l’unité nationale, l’intégrité territoriale. Mais il annonce la conclusion d'un nouveau pacte entre le trône et le peuple. L'institution monarchique s'adapte à son siècle et à une nouvelle exigence participative.
Ce discours royal d'une très haute tenue n'est pas une simple réponse à une minorité de contestataires, il est un appel à tous les citoyens pour fonder une nouvelle démocratie marocaine respectueuse de son histoire et confiante dans son avenir.
Charles Debbasch
vendredi, mars 11, 2011
VARIATIONS SUR UN SONDAGE
Le sondage Louis Harris qui donne Marine Le Pen entête du premier tour de la présidentielle secoue la classe politique traditionnelle. Même s’il présente des faiblesses évidentes : échantillon de sondés rémunérés, taux de correction des réponses inconnu et aléatoire, il n’en est pas moins révélateur d’une tendance dé l’électorat que l’on peut interpréter à la manière des quatre saisons de Vivaldi.
L’HIVER
Le sondage illustre le déclin des formations politiques traditionnelles. UMP comme PS sont à un étiage de 20% c'est-à-dire que la majorité de l’opinion se situe en dehors du jeu politique dominant. Inquiète devant- l’évolution de la situation économique, troublée par l’attitude du chef de l’Etat, elle est prête à manifester son dégoût de la classe politique traditionnelle. Il y a comme un grand froid entre l’opinion et sa représentation politique.
L’AUTOMNE
Les électeurs sont à la recherche de solutions d’espoir. Le Front national répond en partie à certaines de leurs appréhensions : la crainte d’une « invasion »étrangère, la peur du changement, l’inquiétude face à la délinquance. Comme les nuages s’accumulent, l’opinion pense qu’une explosion va se produire pour laver le système de ses impuretés.
LE PRINTEMPS
Les réponses des sondés sonnent comme un avertissement, une façon de signifier au sortant que l’on attend autre chose de lui : une attitude plus présidentielle, une politique économique plus active, plus de résultats. Une façon aussi de signifier aux autres candidats de cesser de se quereller et de proposer enfin un programme. Il convient aussi de ne pas négliger le Front national et ses électeurs en comprenant leurs inquiétudes et en n’ostracisant pas un parti qui cherche lui-même à gommer les excès de son précédent président.
L’ETE
A l’évidence ce sondage a des effets positifs.
Il sonne comme un avertissement à la majorité UMP et au Président Sarkozy pour qu’ils rectifient leur attitude. Assez de virages inconséquents, assez de réformes mal préparées. Il faut à, présent, adopter une ligne politique claire et s’y tenir, proposer un programme cohérent, rénover le personnel politique.
Il doit amener la gauche à plus de clarté. Les écologistes et Mélenchon associés doivent savoir qu’ils font courir un grave danger au candidat PS : celui de ne pas figurer au second tour. Il doit conduire le PS à choisir le plus rapidement possible son candidat et son programme.
Les électeurs souhaitent une nouvelle musique politique.
Charles Debbasch
vendredi, mars 04, 2011
VOL EN VOL
Le media France-Antilles rapporte qu’un homme a réussi à dérober 172 000 euros placés dans la soute d’un ATR-42 de la compagnie Air-Antilles Express au cours d'un vol entre la Guadeloupe et Saint-Martin.
Feignant d'être malade, le passager s'est enfermé longuement dans les toilettes, a démonté la cloison qui sépare les WC de la soute et a réussi à dérober une partie des 1,2 million d’euros qui s'y trouvaient et qui étaient destinés aux distributeurs automatiques de Saint-Martin. Pour tromper l'attention, une femme qui voyageait avec lui demandait de temps à autre de ses nouvelles pendant qu'il commettait son larcin.
Pour sortir plus commodément de l'aéroport, le malade imaginaire demanda "vu son état" l'assistance des pompiers et s'évapora ensuite dans la nature.
Quant à sa complice présumée , elle se fit tout simplement "pincer "en attendant ses bagages. Peut-être cette héroïne de ce vol en vol y cachait-t-elle quelques fanfreluches de femme volage .
Charles Debbasch
mercredi, mars 02, 2011
mANIFESTANTS A NU
Les manifestations pour demander plus de démocratie dans les pays arabes sont le fait d’hommes habillés. En Ukraine, en revanche, c’est une manifestation de femmes nues sous un froid polaire qui a retenu l’attention., Des militantes ukrainiennes, la poitrine nue et pour certaines partiellement vêtues de robes et voiles de mariée, ont manifesté à Kiev pour protester contre le tourisme sexuel dans leur pays.
Ces militantes ont dénoncé l'attitude d'une station de radio néo-zélandaise qui avait financé le voyage d'un auditeur en Ukraine pour trouver une fiancée. Elles brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "L'Ukraine n'est pas un bordel".
Alors que dans les pays arabes l’immolation par le feu était le sacrifice suprême, c’est l’exposition au froid qui, en Ukraine devient l’outil de lutte. Alors que les contestataires de l’orient cherchent à mettre le pouvoir à nu pour mieux nourrir et vêtir la population ; les protestataires du grand nord se déshabillent pour que les femmes protègent leurs atours contre les prédateurs masculins.
Tout feu, tout flamme d’un côté, toute nue, toute femme de l’autre.
Charles Debbasch
lundi, février 28, 2011
DES AFFAIRES ETRANGERES TRES INTERIEURES
Jamais Affaires étrangères n’auront été si intérieures. Telle est l’observation essentielle qu’appelle l’allocution du Président de la République annonçant un nouveau remaniement du gouvernement.
Les affaires étrangères n’excitent pas habituellement les passions. Mais le décalage de l’expression française par rapport aux réalités des exigences modernes des peuples n’a pas seulement coûté son poste à Madame Alliot_Marie,elle a aussi attiré l’attention sur les retards de la diplomatie francaise.Une administration corporatiste repliée sur ellemême. Une primauté du protocolaire et du formel sur l’économie. Cette mise en cause justifiée du Quai a provoqué une réaction indignée de fonctionnaires des Affaires étrangères. Ce groupe dit Marly fustige le pouvoir politique.
‘’Pendant la guerre froide, nous étions dans le camp occidental, mais nous pesions sur la position des deux camps par une attitude originale. Aujourd'hui, ralliés aux Etats-Unis comme l'a manifesté notre retour dans l'OTAN, nous n'intéressons plus grand monde car nous avons perdu notre visibilité et notre capacité de manœuvre diplomatique. Cette perte d'influence n'est pas imputable aux diplomates mais aux options choisies par les politiques.
Il est clair que le président n'apprécie guère les administrations de l'Etat qu'il accable d'un mépris ostensible et qu'il cherche à rendre responsables des déboires de sa politique. C'est ainsi que les diplomates sont désignés comme responsables des déconvenues de notre politique extérieure. Ils récusent le procès qui leur est fait.’’
Il y a du vrai dans cette adresse. L’échelon politique néglige les capacités d’expertise du Quai. Les ambassadeurs sont déconnectés du réel par les rencontres directes des gouvernants. Mais l’administration des affaires étrangères tente aussi trop souvent d’imposer ses propres vues politiques au pouvoir politique On la sait plutôt socialiste, tiers-mondiste, anti-américaine et pro arabe.
Elle sait aussi se tromper comme elle l’a montré en ne prévoyant pas l’onde de choc démocratique qui bouleverse les pays arabes.
En prenant position en faveur de ce changement démocratique, Nicolas Sarkozy a rejoint les préoccupations intérieures en soulignant que si ce tournant démocratique était mal pris, nos pays connaitraient une immigration déferlante. C’est pourquoi les changements prévus à la tête du Quai se sont accompagnés d’une modification au ministère de l’intérieur. Deux poids lourds Alain Juppé et Claude Guéant sont chargés de ces lourdes responsabilités à quelques mois de l’élection présidentielle. Voila pourquoi ce gouvernement Objectif 2012 marie les préoccupations externes et internes .
Charles Debbasch
vendredi, février 25, 2011
INTERNET DEMOCRACY ? J'EN DOUTE
La vague de révoltes qui frappe divers pays et qui s'étend par voie de contagion est interprétée comme la conséquence d' une forme nouvelle de démocratie l'Internet Democracy.
Il convient d'apprécier la portée de cette novation et d'en mesurer les limites.
I-LA NAISSANCE DE L'INTERNET DEMOCRACY
-UNE NOUVELLE DEMOCRATIE DIRECTE
Dans nos sociétés démocratiques, le peuple transfère la souveraineté pendant un délai déterminé à ses élus. Ceux-ci assurent la médiation entre les citoyens et le pouvoir.
Rares sont les occasions où le peuple peut directement s'exprimer sur un problème déterminé. L'usage du referendum est peu fréquent. Quant à la décision prise directement par le peuple rassemblé, elle n'est pratiquée que dans de petits cantons suisses.
Les sondages sont venus tempérer le pouvoir des élus puisque, à chaque instant, l'opinion est consultée sur les sujets les plus divers.
Internet offre à chacun l'occasion de pouvoir s'exprimer en temps réel sur une question déterminée. Là où le sondage se fonde sur un échantillon limité de population, l'expression par Internet associe des millions de citoyens .
Une nouvelle forme de démocratie directe est née.
que, même en dehors des élections, ils doivent supporter le jugement de l'opinion publique. ll ne peut plus y avoir de dossier tabou ou d'affaire cachée. Une nouvelle transparence se développe et modifie les méthodes de gouvernement.
UNE INFORMATION SANS FRONTIERES
Les journaux étaient cantonnés dans un cadre national. Les radios et les télés satellitaires avaient conquis une audience internationale. Internet se diffuse sur la planète entière et dans un langage anglo-saxon qui a conquis le monde entier.les idées véhiculées par Internet se transmettent intensément.
Une nouvelle démocratie participative mondiale est née.
II-LES LIMITES DE L'INTERNET DEMOCRACY
-UNE LIBERTE D'EXPRESSION SUCEPTIBLE D'ETRE LIMITEE PAR LES GOUVERNANTS
Même si elle est presque universellement condamnée, la censure totale ou partielle du web par les gouvernants est possible. Ceux-ci peuvent restreindre l'accès tel site ou même couper l'accès à l'Internet. De telles mesures, lorsqu'elles ne sont pas justifiées par des violations graves des règles légales, sont cependant considérées comme des atteintes à la liberté d'expression.
-UNE LIBERTE D'EXPRESSION SUSCEPTIBLE DE MANIPULATIONS
Le droit de suffrage fondement de la démocratie repose sur quelques facteurs essentiels tel que l'appartenance à la communauté nationale, l'identification précise des nationaux concernés, la vérification de leur aptitude. Dans les utilisations actuelles de l'internet- sauf pour des paiements en ligne-, l'anonymat reste la règle. Les appels au changement voire à la révolte émanent dont on ne sait qui, ils s'appuient sur une adhésion qui n'est pas mesurable. Toutes les manipulations sont donc possibles.
-UNE LIBERTE D'EXPRESSION QUI NE PEUT REMPLACER LE VOTE
Quelque soit l'engouement dont jouit à l'heure actuelle Internet, on ne saurait oublier qu'il ne traduit que des opinions minoritaires par rapport à celles qui se dégagent d'un vote universel , libre et secret.
Même si la Toile donne une vue de l'opinion plus exacte que celle qui se dégage d'un sondage, la démocratie ne mérite pas d'être sacrifiée sur l'autel d'Internet.
Charles Debbasch
Charles Debbasch spécialiste du Droit des medias a notamment publié:DROIT DE LA COMMUNICATION Audiovisuel-Presse-internet Dalloz Paris 827 pages