samedi, mai 14, 2011

LA porsche et le socialisme

LA PORSCHE ET LE SOCIALISME

Dominique Strauss-Kahn a offert le flanc à la critique pour avoir roulé dans Paris en Porsche. Il n’en fallait pas plus au constructeur de ces belles mécaniques pour s’offrir un magnifique thème de publicité. Dans une belle annonce , le constructeur allemand précise : «Porsche ne fait pas de politique. Juste de belles mécaniques». On appréciera le clin d’œil et la rapidité de la répartie. Il n’est pas certain, cependant, qu’il soit possible en France de dissocier l’automobile de la politique.
En 1968, lors de la révolution étudiante, l’humoriste Pierre Daninos s’était aventurée avec sa Bentley au Quartier Latin ; sa voiture fut secouée et reçut quelques coups de poing destinés au capitalisme dont pour les contestataires, elle était le reflet. Il en conçut une grande amertume et, dans un billet publié par Le Figaro, il nota avec justesse que, s’il avait roulé avec le même véhicule dans un campus américain les étudiants auraient admiré la belle auto et auraient pensé « si je bosse bien je me paierai plus tard la même ».
Belle différence entre un pays libéral et un pays de capitalisme honteux comme la France où il faut se garder de manifester des signes extérieurs d’opulence. A plus forte raison si on est le candidat potentiel des socialistes à la Présidence de la République.

Charles Debbasch

lundi, mai 09, 2011

LES QUATRE ANS DE SARKOZY

LES QUATRE ANS DE SARKOZY

Le 6 mai 2007 Nicolas Sarkozy était élu président de la République avec plus de 53% des voix exprimées.
Pour faire le bilan de ces quatre ans de présidence, il faut tout d’abord se garder de ratifier les conclusions tirées par certains de l’image des sondages. Près des trois quarts des Français jugent, en effet, mauvais le bilan de quatre ans de présidence Sarkozy. Selon une étude BVA pour BFM, Challenges, Avanquest à la question "globalement, depuis quatre ans, diriez-vous que le bilan de Nicolas Sarkozy en tant que président de la République" est mauvais ou bon, 73% des personnes interrogées répondent "mauvais", en hausse de six points par rapport à mai 2010, contre 27% qui disent "bon", au lieu de 31% il y a un an (-4).
Ces sondages catastrophiques, au lieu d’être considérés comme des instantanés de l’opinion sont interprétés à tort comme des prévisions de votes qui condamnent inéluctablement une candidature du président sortant en 2012. Ils sont utilisés également comme des éléments d’une véritable chasse au Sarkozy excessive et injuste.
On s’en tiendra donc ici à l’appréciation du gouvernement de la France par Nicolas Sarkozy plutôt que sur les données provisoires des sondages. A cet égard, on ne peut que juger positivement la réforme indispensable des retraites d’octobre 2010 ou la réforme constitutionnelle de juillet 2008. La politique étrangère de la France a connu de brillantes avancées notamment lors de la crise financière en Europe. La gestion de l’Etat s’est améliorée avec la volonté de réduire les déficits publics. De même la réforme des universités est en bon chemin.

Cependant, la situation économique reste difficile et la crise économique mondiale plombe les résultats de l’action gouvernementale. Le programme de Nicolas Sarkozy reposait sur une économie en croissance Mais les difficultés économiques obligent à des révisions déchirantes. Le bouclier fiscal était acceptable en période d’euphorie, il devenait à contre emploi dans la houle financière. Le ‘’ travailler plus pour gagner plus’’ subit la même contre épreuve. Devant l’augmentation des prix et des charges, les réalités sont inversées. Il faut travailler plus pour gagner moins.

Ces difficultés économiques expliquent que le président se trouve à découvert et que les critiques portent principalement sur sa personne et son style de gouvernement. Il est vrai que Nicolas Sarkozy a troublé l’opinion habituée à plus de majesté dans l’exercice des fonctions présidentielles.

Ces perturbations additionnées aux conséquences de la crise pèsent sur la gestion politique du quinquennat. Dans les moments de difficultés, les dissidences se cristallisent. L’ouverture à gauche des débuts de mandat n’est plus qu’un souvenir. Si la querelle Copé-Fillon a pu être résorbée, le courant centriste est tenté par le séparatisme. Ce qui est dangereux dans une conjoncture politique dominée par la croissance d’un néo Front national.

Il reste un an au Président de la République pour montrer son aptitude à combattre les vents mauvais qui entourent ce quatrième anniversaire.



Charles Debbasch

mardi, mai 03, 2011

LE 11 SEPTEMBRE ENFIN PURGE

La mort de Ben Laden, à la suite d’une opération des forces spéciales américaines intervenue près de dix ans après les évènements du 11 septembre, a été accueillie avec joie par le peuple américain. L’acte le plus barbare du terrorisme contemporain a enfin été sanctionné et les familles des victimes peuvent à présent faire leur deuil. La nation américaine montre également qu’on ne la défie pas impunément et qu’elle est prête à frapper ses ennemis où qu’ils se trouvent.
La communauté internationale a également salué cette victoire contre le terrorisme .Les victimes d’Al Quaida se comptent en effet par milliers et de nombreux Etats ont eu à souffrir des menées criminelles de Ben Laden.
Les musulmans du monde entier doivent également se réjouir de voir cette face déviée de l’Islam expurgée. Les menées de Ben Laden au nom d’une religion réinventée portaient un profond préjudice à tous les croyants de cette religion que l’opinion publique internationale tendait à assimiler à tort aux extrémistes d’Al Quaida.
On peut certes penser que tout le terrorisme n’est pas mort avec Ben Laden et que les cellules d’Al Quaida pourront ici ou là semer encore la mort et la désolation. On peut également penser qu’un mythe Ben Laden va naître et que son image de comme celle de Che Guevara ornera bien des tee shirts. Mais une page est définitivement tournée : les apprentis terroristes ont perdu leur inspirateur. Ils savent désormais qu’on ne défie pas impunément les peuples civilisés.
Charles Debbasch

samedi, avril 30, 2011

CONSEILS AUX TOURISTES:RENDEZ-VOUS AU MAROC

Conseils aux voyageurs : rendez-vous au Maroc
L'attentat à la bombe de Marrakech, qui a fait seize morts n'a toujours pas été revendiqué mais la piste islamiste est principalement évoquée. Il s’agit comme l’a dit Nicolas Sarkozy d’un «acte odieux, cruel et lâche qui a fait de très nombreuses victimes parmi lesquelles des Français. »
Il faut s’incliner avec émotion devant la mémoire des victimes et partager la souffrance des blessés.
Il convient aussi de prendre toute la part de la douleur du peuple marocain et de comprendre la portée de l’évènement.
L’attentat s’est déroulé au premier étage d’un café-restaurant, sur la célèbre place Djemaa el Fna, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco fréquentée chaque jour par des milliers de touristes étrangers et de Marocains. Les auteurs de cet acte ignoble ont voulu tuer sciemment.
Ils ont aussi voulu porter un coup décisif au régime marocain.
Le Maroc au milieu d’un monde arabe troublé poursuit, sous la conduite éclairée du roi Mohamed VI ,une marche vers la modernisation et le développement dans la poursuite de la démocratisation. Il a échappé pour cette raison aux mouvements de contestation de masse de type tunisien ou libyen.
Les auteurs de l’attentat ont voulu déstabiliser le pays .Leurs souhaits sont sans doute multiples.
Provoquer une réaction autoritaire pour tenter de gonfler les forces d’opposition.
Porter un coup décisif au tourisme au Maroc en effrayant les voyageurs et par voie de conséquence déstabiliser toute l’économie marocaine.
La meilleure réponse à ce fascisme se situe donc sur ce terrain.
Toutes les démocraties sont menacées par ce même terrorisme .Chaque jour des attentats sont déjoués dans les Etats européens, comme ils l’ont été la plupart du temps au Maroc. Nul pays n’est à l’abri de ce cauchemar.
Les ministères des affaires étrangères ont l’habitude de suggérer à leurs nationaux de ne pas se rendre dans les pays où existent des risques pour la sécurité des personnes.
Je propose que ces conseils pour les voyageurs soient adaptés pour le cas marocain de la façon suivante :
« Il est conseillé aux touristes de se rendre au Maroc
-Pour appuyer la marche tranquille du Maroc vers le développement et la démocratie,
-Pour apprécier les merveilles de sa culture, la qualité d’accueil de sa population dans le respect des mœurs et de la haute civilisation du pays
et
-pour signifier aux démons terroristes que leur chantage ne passera pas
Charles Debbasch

mardi, avril 19, 2011

COMMENT FAIRE VOTER LES ENFANTS

Le nouveau gouvernement de droite hongrois a décidé d'adopter un projet de loi qui donne aux mères qui ont des enfants en bas âge des votes supplémentaires pour les élections. Il justifie ainsi sa proposition: « environ 20 p. 100 de la population sont des enfants, ainsi une part importante de la population n'a pas sa propre représentation et ses intérêts ne sont pas pris en compte »

Et le Parti conservateur Fidesz d’argumenter« Nous savons que cela peut sembler une idée inhabituelle, mais dans les années 1950, il était rare de faire voter les gens de couleur, il y a 100 ans, il était inhabituel de permettre aux femmes de voter. »

Ainsi on pourra donner la parole à une génération nouvelle avant même qu’elle accède à la conscience politique.Cette idée avait été proposée en 1986 par le démographe américain Paul Denemy.
Idée a priori révolutionnaire, elle a cependant à coup sûr un effet conservateur. Le conformisme des mères est toujours plus grand que celui des pères.Il est vrai que l’on peut perfectionner le système en accordant une demi-voix à la mère et une demi-voix au père.
A moins que l’on admette qu’en politique les électeurs se comportent comme des enfants et qu’on permette aux enfants de voter comme des adultes. La vérité ne sort elle pas toujours de la bouche des enfants !
Charles Debbasch

lundi, avril 18, 2011

PRESIDENTIELLE: SARKOZY DEJA BATTU ?

A un an de la présidentielle que faut-il conclure de l’état de l’opinion à l’égard de Nicolas Sarkozy et des sondages désastreux pour le locataire de l’Elysée ? Deux données contradictoires sont exposées par les éditorialistes. Les uns rappellent que le favori à un an de la présidentielle n’a jamais été élu. Les autres insistent sur le fait que Nicolas Sarkozy est le plus mal placé des présidents dans les sondages
LE CANDIDAT FAVORI A UN AN DE LA PRESIDENTIELLE N’A JAMAIS ETE ELU

«On ne peut pas dire que le favori ne l'emporte jamais. Mais c'est quand même la règle, précise Bruno Jambart, directeur des études politiques d'Opinion Way. Et l'offre électorale n'est jamais fixée un an avant.»

En Mai 1994. Edouard Balladur bénéficie de 41% d'intentions de vote en sa faveur, contre 17% à Jacques Chirac, Les sondages prédisent que Édouard Balladur écrasera le candidat de gauche avec plus de 65%! Pourtant en 1995 Jacques Chirac élimine Édouard Balladur et devient président de la République.
Au printemps 1980, la cote de Valery Giscard d’Estaing est à un très haut niveau: 56% en avril 1980 et 53% en décembre. Lui-même précisera dans ses Mémoires : «Tous les sondages sans exception me donnent gagnant.» mais lors de l’élection Jacques Chirac candidat, réalisera 18% au premier tour et le fera battre au second. Mitterrand est élu.
En 1987, un an avant la présidentielle Chirac, premier ministre, est le candidat virtuel. Pourtant les sondages font émerger un troisième homme : Raymond Barre, qui dépasse largement Jacques Chirac .Pourtant en un an, Chirac (19,9%) va refaire son handicap sur Barre (16,5%) avant d'échouer, (56-44) face à François Mitterrand.
Pour l’élection de 2002. Lionel Jospin, premier ministre depuis 1997, est le favori. Tout au long de l'année 2001, les sondages donnent Jospin vainqueur au second tour face à Chirac (avec Le Pen à 7% au premier tour...) Ces sondages seront brutalement démentis par la vérité des urnes. 19,9% pour Chirac, 16,9% pour Le Pen, 16,2% pour Jospin. Et Jacques Chirac sera réélu avec 82%.
En avril 2006, Ségolène Royal bat Nicolas Sarkozy dans la plupart des sondages et pourtant Sarkozy sera élu

On est dés lors tenté de conclure que les sondages actuels ne valent pas condamnation inéluctable de l’actuel président.Il faut cependant nuancer cette conclusion car Nicolas Sarkozy est le président sortant le plus mal placé.
SARKOZY, EST CEPENDANT LE PRESIDENT SORTANT LE PLUS MAL PLACE
Directeur du département Opinion de l’IFOP, Frédéric Dabi a dressé un tableau de la popularité des Présidents de la République douze mois avant l’élection présidentielle.
Pour lui l’examen de la popularité des Présidents de la République, douze mois avant l’élection présidentielle est susceptible de donner des éléments d'anticipation de la prochaine élection présidentielle.
Sarkozy est deux fois moins populaire que Mitterrand et Chirac à la même époque. La popularité de Nicolas Sarkozy, un an avant la fin de son mandat est de loin la plus faible (28% de satisfaits - 72% de mécontents), comparée à ses prédécesseurs s’apprêtant à solliciter de nouveau les suffrages des Français. Un an avant leur réélection, François Mitterrand et Jacques Chirac obtenaient dans le baromètre IFOP /JDD un score de 56% de satisfaits. universel.
La comparaison avec Valéry Giscard d’Estaing, seul Président sortant non réélu, est significative. La cote de satisfaction de Nicolas Sarkozy mesurée en avril 2011 est en deçà de 17 points sur les opinions positives et surtout de 30 points sur les jugements négatifs avec celle de Valéry Giscard d’Estaing, unique Président de la Vème République n’étant pas parvenu à obtenir sa réélection à l’issue de son mandat.
On peut conclure de l’ensemble de ces données que Nicolas Sarkozy n’est pas inéluctablement condamné par la mesure actuelle des sondages mais qu’il lui sera, en revanche, difficile de surmonter le handicap de son actuelle impopularité.
Charles Debbasch

samedi, avril 16, 2011

LA LIBERTE ET LES MENOTTES

Dans une avancée démocratique incontestable, la Cour de Cassation vient de décider que la présence de l'avocat pendant la durée de la garde à vue était d'application immédiate.
La Cour de cassation estime : que “les Etats adhérents à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales sont tenus de respecter les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme, sans attendre d’être attaqués devant elle ni d’avoir modifié leur législation», Elle a, en conséquence décidé que les nouvelles règles de la garde à vue, prévoyant notamment la présence des avocats lors de tous les interrogatoires, devaient s'appliquer "immédiatement".
Il s’agit d’une évolution remarquable de notre droit pénal qui renforce les libertés des citoyens d’une façon que certains jugeront peut être excessive. Car ,pendant que le législateur et le juge cherchent à augmenter les libertés, certains individus cherchent à créer de nouvelles contraintes.
A Carcassonne, une retraitée de 63 ans, tenait dans la rue un Roumain de 40 ans, la braguette ouverte, une chaînette fixée à ses testicules après un défi lancé par celui-ci. Interpellés et placés en garde à vue «pour attentat à la pudeur», les prévenus ont été condamnés à dix euros d'amende avec sursis .Lors de l'audience, le procureur de la République leur a conseillé de «réserver leurs jeux à l'intimité de leur domicile», ajoutant que «réaliser un fantasme diminue la libido».
A Montauban, un citoyen bien sous tous rapports est venu au commissariat pour tenter de se faire enlever une menotte trop serrée qu’il avait fixée lors d’un jeu sexuel à son poignet gauche et dont il n’arrivait plus à se défaire
Voilà les dangers d’une société libertaire.
Libérés de toute contrainte, les citoyens cherchent à s’inventer de nouvelles chaines et à s’enfermer dans des prisons imaginaires !
Charles Debbasch