samedi, septembre 17, 2011
CRISE ECONOMIQUE: LES ELECTEURS SORTENT LES SORTANTS
lundi, septembre 12, 2011
LE DESORDRE PRESIDENTIEL
LES TROIS ENSEIGNEMENTS DU 11 SEPTEMBRE
samedi, septembre 03, 2011
TRANSPARENCE OU VIOL
WikiLeaks s’est fait une spécialité de publier des documents diplomatiques volés. Or, voici que le voleur a été à son tour volé. Le site, avec la participation de quelques journaux, s’était fixé une limite dans la publication de ses sources. Il avait occulté le nom des personnes qui pouvaient être mises en danger à la suite de ces divulgations. Mais, il n’existe pas de bornes dans la piraterie. Un malin ayant réussi à décoder les sources de WikiLeaks a franchi les frontières et a publié les noms jusqu’alors cachés. Le site de Julian Assange ne voulant pas être en reste a dès lors décidé à son tour de franchir la barrière fragile qu’il s’était fixée. Il a publié à son tour les 251 287 câbles diplomatiques sans biffer les noms de personnes pouvant pâtir de cette publication.
En France, l’on apprend que le coordinateur national du renseignement c’est-à-dire en définitive l’homme qui est censé détenir le plus de renseignements confidentiels s’est fait voler son portable qui, comme on l’imagine, doit stocker les informations les plus confidentielles.
Le Monde qui annonce la nouvelle se garde bien de se réjouir. Il aurait pourtant pu y voir une réponse du berger à la bergère lui qui a porté plainte pour l’atteinte au secret des sources de deux de ses journalistes.
A l’évidence, le développement dans notre société de l’utilisation des ordinateurs, d’internet ou de la téléphonie mobile pose en des termes nouveaux la question de la transparence.
La transparence est une vertu démocratique. Il est normal que l’action des Etats se déroule sous un contrôle public et que les journalistes disposent du plus large accès aux sources. Mais si l’on ne veut pas que la transparence détruise la démocratie, il faut admettre qu’elle connaisse des limitations.
Il est indispensable que les informations liées à la sécurité de l’Etat ou à l’action contre la délinquance et le crime organisé, à l’action extérieure, à la monnaie et au crédit restent confidentielles. Il n’y a pas d’Etat sans le maintien du secret sur ses intérêts vitaux. Bien entendu, ces limitations ne peuvent pas être discrétionnaires et leur mise en mouvement doit être contrôlée par des instances indépendantes
La transparence doit être plus restreinte concernant les personnes. La recherche ou la publication d’informations personnelles ou relatives à la vie privée violent les droits de la personnalité. Seules les sociétés totalitaires font peser un contrôle total sur l’activité des individus.
En résumé, il ne faut pas qu’au nom de la démocratie de la transparence on en arrive à justifier des pratiques qui relèvent des régimes autoritaires. Justement la limite franchie par WikiLeaks.
Charles Debbasch
vendredi, septembre 02, 2011
lE DEPHASAGE DES ELITES POLITIQUES EUROPEENNES
LE DEPHASAGE DES ELITES POLITIQUES EUROPEENNES
Il est des moments dans l’histoire des Etats où la classe politique est en décalage par rapport à l’opinion, où les réponses politiques ne correspondent pas aux attentes populaires. La France et la plupart des sociétés occidentales sont à l’évidence dans une telle situation.
LE CONSTAT
Le constat est clair .En Europe la plupart des gouvernements en place ont une assise politique réduite. Si l’on extrait les abstentionnistes, les votes blancs ou nuls, les non-inscriptions sur les listes électorales, on s’aperçoit que le socle électoral du parti victorieux représente moins d’un tiers du pays réel.
Ces majorités fragiles en voix sont également peu durables. Crises aidant, les peuples chassent lors des votes les majorités en place en se disant qu’ils n’ont rien à perdre. Quand l’occasion se présente, ils donnent le pouvoir local aux partis qui ne font pas partie de la majorité nationale.
Les opinions politiques restent très fluctuantes, les électeurs ont un taux de fidélité réduit à l’égard de leur parti et les sondeurs se désespèrent de ne pouvoir prédire à l’avance les choix des électeurs susceptibles de changer d’avis jusqu’à la dernière minute.
La personnalisation du débat politique parachève ce tableau. Les électeurs sont plus attachés à la personnalité des candidats qu’à leurs programmes .Mais, gare, les idoles d’un jour sont les victimes expiatoires de demain. Les électeurs exigent non des promesses mais des obligations de résultats et, si ceux-ci manquent à l’appel, les citoyens sont prêts à couper la tête de leurs idoles.
LES CAUSES
L’expansion économique des trente dernières années a effacé les barrières idéologiques. Les Etats sont devenus de gigantesques machines de redistribution des richesses. Droite et gauche déversent lors de chaque campagne le torrent d’allocations destinées à acheter les électeurs. Leurs programmes se différencient peu : une pincée d’aides nouvelles, un soupçon de politique fiscale dirigée en faveur des électeurs potentiels, un zeste de nationalisme ou d’internationalisme supplémentaire.
Le socialisme est mort mais le libéralisme sauvage ne se porte pas mieux. Privés d’orientations les Etats sont devenus ivres, ils ne savent plus où ils vont.
Alors et surtout qu’ils ont reproduit à l’échelle européenne, le modèle- si tant est qu’il existe- qui sévit sur le plan national : la fuite en avant. On le voit ces temps-ci à propos de l’euro où l’on feint de découvrir qu’une monnaie commune n’est pas viable sans politiques économiques coordonnées.
LES VOIES DE L’AVENIR
Dans les années à venir, les Etats européens n’échapperont pas aux choix trop longtemps différés : retrouver un élan démocratique qui redonne aux peuples le pouvoir confisqué par les technocraties, redéfinir le rôle des Etats et moderniser leurs gestions, rétablir les fondamentaux de l’économie malmenés par des gestions dispendieuses, retrouver le sens de la discipline et de l’effort qui sont les meilleurs remparts contre la mondialisation.
Charles Debbasch
samedi, août 27, 2011
PRIMAIRES SOCIALISTES::DISPUTER SANS DISCUTER OU DISCUTER SANS DISPUTER
L’université d’été de la Rochelle du PS devait donner l’image d’un parti uni prêt à affronter dans de bonnes conditions l’élection présidentielle. Le rapprochement des primaires a envenimé le débat et durci les positions. C’est que, conjoncture économique défavorable aidant, les perspectives d’une victoire socialiste à la présidentielle paraissent se rapprocher. Ce qui aiguise les appétits.
Dans ce combat sans concessions, les outsiders marquent leur territoire pour glaner des militants. Ceux-là savent qu'ils ont peu de chance de gagner la primaire mais ils comptent sur leur campagne pour franchir un nouveau seuil de notoriété. Arnaud Montebourg se bat au nom du refus de la mondialisation et prône une sorte de nouvel isolationnisme. Manuel Valls a un discours réformiste et moderne. Il esquisse un socialisme à visage libéral qui lui a valu le satisfecit de The Economist, l’hebdomadaire britannique de référence. Il est crédité d’une « vision moderne de la gauche, qui est rafraîchissante ».Il tient un langage de vérité ; il n’envisage pas de revenir sur la réforme des retraites ; il a osé dire aux Français que l’effort (budgétaire) serait aussi important que celui qui a été consenti après la Libération. Ségolène Royal tente de refaire la percée de 2007 mais son heure est passée et il semble qu’elle amorce une négociation avec le dame de fer du PS Martine Aubry pour se rallier à elle
Restent donc Martine Aubry et François Hollande.
La première secrétaire du PS tient l’appareil du parti et elle a le soutien du porte-parole du PS, Benoît Hamon, du maire de Paris, Bertrand Delanoë, et de l’ancien Premier ministre Laurent Fabius. Distancée dans les sondages par François Hollande, elle durcit son discours. Elle n’hésite pas à critiquer le bilan à la tête du PS de son rival. Elle soutient avoir transformé « un parti qui faisait pitié » en un « parti prêt à gouverner ».
François hollande fort de sa place dans les sondages (42 % contre 31 %, pour Martine Aubry enquête Ipsos) joue la carte de la sérénité. Il n’a pas assisté à l’ouverture de l’Université d’été et il peaufine sa personnalité de président normal.
Il reste que le PS est engagé dans une épreuve difficile.
Il avait choisi de discuter sans disputer et voici que le mécanisme de la primaire le pousse à disputer sans discuter.
Charles Debbasch
jeudi, août 25, 2011
LA REGLE D'OR DES FINANCES PUBLIQUES OU LA VERTU IMPOSEE
LA REGLE D’OR DES FINANCES PUBLIQUES OU LA VERTU IMPOSEE
C’est dans une conjoncture morose que François Fillon a annoncé les hausses d’impôt destinées à réduire le déficit des finances publiques. En effet, la remontée du chômage en juillet est inquiétante.
Le nombre d'inscrits à Pôle emploi le mois dernier a progressé de 36100 en catégorie A, soit la plus forte progression enregistrée depuis plus deux ans. (2,75 millions)
Aucune classe d'âge n'a été épargnée .Le nombre de jeunes inscrits progresse de 1,4 % pour le troisième mois de suite. Pour les seniors, la progression du nombre d'entrants est de 15 % sur un an. Sans doute cette augmentation est-elle due, en partie, à la très forte progression de la population active : le nombre d'actifs augmentera en effet de 153 000 en 2011, contre 100 000 prévus.
LES AUGMENTATIONS D’IMPOTS
A cette conjoncture morose, s’ajoutent les inquiétudes concernant l’aptitude de la France à conserver son triple AAA délivré par les agences de notations .Sous cette pression et pour satisfaire les ogres financiers, François Fillon a dû se résigner à annoncer un patchwork d’augmentation des impôts allant de la taxation des sodas sucrés à la taxation des plus-values sur les ventes de résidence secondaire en passant par la surimposition des foyers disposant de plus de 500.000 euros par an. Il doit en résulter des rentrées supplémentaires de douze millions d’euros en année pleine.
Ces mesures imposées par la situation ne sont guère habituelle en période préélectorale .C’est dire que nécessité fait loi alors que par ailleurs aucune économie de dépenses n’est annoncée. Les Français à l’exception des administrations publiques doivent s’entrainer à être vertueux.
LA VERTU INSCRITE DANS LA CONSTITUTION
Habitué à vivre au-dessus de ses moyens l’Etat cherche à s’obliger à la vertu en tenant de limiter le déficit par une règle d’or constitutionnelle. Dernier remède envisagé un projet de loi constitutionnelle visant « l’équilibre des finances publiques ».
Le projet a été adopté par le Sénat le 11 juillet en deuxième lecture et par l’Assemblée nationale le 13 juillet en troisième lecture. Mais, pour que cette révision devienne définitive, il conviendrait que le chef de l’Etat convoque le Congrès et que 60 % des voix en permettent l’adoption. Ce qui n’est pas certain en raison de la réticence de l’opposition.
Tout se passe comme si l’Etat doutait de lui-même et cherchait à s’administrer une médication de façon forcée faute d’être sûr de ne pas replonger dans la drogue des déficits.
Charles Debbasch