mercredi, novembre 09, 2011

LE PLAN DE VIGUEUR DE NICOLAS SARKOZY


LE PLAN DE VIGUEUR DE NICOLAS SARKOZY



Les gouvernements, à l’approche des élections, ont l’habitude d’arroser leur clientèle électorale de crédits et de promesses destinés à attirer les suffrages. En présentant un nouveau plan de rigueur à l’approche de la présidentielle, le gouvernement Fillon tranche par rapport aux pratiques anciennes.



S’il procède ainsi, c’est sous le poids de la nécessité. L’état d’endettement de la France est tel que le gouvernement ne peut se permettre de mettre en jeu sa crédibilité financière internationale. Tout nouveau laxisme risquerait  de dégrader l’appréciation que portent les institutions internationales sur la solvabilité du pays.



La politique de rigueur procède aussi d’une  stratégie politique. Le programme du parti socialiste date d’une autre époque : celle où il était possible de tirer des traites sur l’avenir sans conséquences immédiate .Rappelons-nous le million de nouveaux fonctionnaires recrutés après l’élection de François Mitterrand : ou la dispendieuse réforme Defferre des collectivités locales. La stratégie sarkozienne est alors de montrer qu’il a choisi, le sérieux plutôt que la démagogie électoraliste., qu’il  sait faire preuve d’autorité face à une gauche molle.



 Nicolas Sarkozy devient le promoteur de la vigueur face à la tempête financière internationale.



Charles Debbasch


dimanche, novembre 06, 2011

EUROPE DE LA CRISE ECONOMIQUE A LA CRISE POLITIQUE


DE LA CRISE ECONOMIQUE A LA CRISE POLITIQUE

L’Europe se débat pour sauver sa monnaie. Le directoire franco-allemand a du montrer les dents pour que la Grèce renonce à son projet de referendum. Partout les plans d’austérité sont à l’honneur pour réduire l’endettement et les dépenses publiques.

Ce réajustement  s’imposait et il n’est pas certain qu’il soit suffisant.

L’Europe en créant sa monnaie unifiée l’euro a voulu jouer dans la Cour des grands en oubliant que la valeur d’une monnaie ne fait que refléter les fondamentaux de l’économie. L’orage actuel est le résultat de l’addition de causes croisées.

Les peuples européens ont pris l’habitude de vivre dessus de leurs moyens en dépensant plus qu’ils ne gagnent. Cette fuite en avant devait nécessairement trouver sa sanction.

L’Europe a laissé glisser la production hors de ses frontières. Cette désindustrialisation crée le chômage et condamne au déclin.

L’Asie est devenue le principal continuent producteur de richesses et elle accumule les profits et les créances sur les Etats européens.

Toit ceci veut dire que l’Europe va connaitre une longue crise qui peut engendrer des répercussions politiques considérables.

Le clivage entre socialistes et libéraux va nécessairement s’estomper. Les socialistes adeptes de la dépense publique vont être contraints de revoir à la baisse leurs propositions. Les libéraux partisans de la loi du marché vont devoir accepter l’augmentation de la pression étatique.

La division entre la majorité et l’opposition devrait normalement s’estomper et des gouvernements de coalition devraient se former.

Le courant contestataire va naturellement se renforcer

L’extrême gauche et l’extrême droite devraient en bénéficier. Les populations habituées à la facilité sont tentées d’attribuer leurs malheurs actuels à la gestion des hommes politiques.

Un sondage récent montre une défiance massive des Français à l'égard du système politique. Sur les 1559 personnes interrogées fin septembre-début octobre, 83% pensent que les responsables politiques ne se préoccupent pas d'eux, 69% qu'ils sont "plutôt corrompus". Et 22% associent même le mot "politique" à celui de "dégoût". Seuls 13% ont confiance dans les partis. Tous les élus sont touchés, même les maires, dont la cote a abandonné onze points en deux ans (54%).62% partagent l'idée que les notions de droite et de gauche "ne veulent plus rien dire".

Les Français  sont  de plus en plus nombreux (57%) à se déclarer prêts à manifester. "La politisation augmente", sur fond de "climat protestataire", note le CEVIPOF. Ainsi, une majorité veut une réforme "en profondeur" du système capitaliste et une réglementation plus forte de l'économie.

La crise économique va entrainer inéluctablement une crise politique.

Charles Debbasch




vendredi, octobre 28, 2011

SARKOZY SUR LE FRONT DE L'EURO



SARKOZY SUR LE FRONT DE L’EURO

Le président français ne paraît jamais aussi à l’aise que dans les situations de crise. En expliquant à la télévision avec pédagogie aux Français les tenants et les aboutissants de la crise de l’Euro, il donnait l’image d’un preux chevalier revenant victorieux de la croisade pour défendre l’Euro. Et il est vrai que l’on est passé prés de la catastrophe, un défaut de la Grèce provoquant des crises successives de l’Italie ou de l’Espagne.

Sous la tutelle du directoire franco-allemand, les dix-sept chefs d’état  ont décidé d’effacer la moitié de la dette grecque ce qui coûtera 100 milliards d’euros aux banques. Par ailleurs la force de frappe du fonds d’intervention européen passera de 440 milliards d’euros à 1000 milliards d’euros. Enfin la recapitalisation des banques est  décidée. Elles vont devoir renforcer leurs fonds propres de 106 milliards d’euros pour atteindre un ratio de fonds propres de 9% d’ici à fin juin 2012.
Toutes ces mesures doivent permettre de sauver provisoirement  l’Euro. Elles ne sont pas cependant des assurances tous risques de stabilité du système.
Il existe en effet une contradiction entre l'existence d’une monnaie unique et la libre détermination par chaque Etat de sa politique budgétaire. Dans ce système les Etats sérieux payent pour les cigales dépensières.
Par ailleurs, la règle de l’unanimité paralyse des interventions nécessaires. Si le directoire franco-allemand s’est imposé, c’est parce qu’il permet d’échapper au désordre des voix dispersées. Il faut à présent renforcer la gouvernance économique de l’Europe.
Dernier constat : la situation actuelle laisse peu de marges aux changements politiques. La Grèce socialiste de Papandréou ou l’Espagne socialiste de Zapatero doivent se soumettre aux mêmes contraintes que l’Italie libérale de Berlusconi ou que la France libérale de Sarkozy.
Il sera difficile à François Hollande de faire rêver les Français à un arrosage de crédits massif. C’est ce qui ressortait en majeur de l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy : Français maintenez à la barre le capitaine Sarkozy qui a empêché le navire Euro de couler.

Charles Debbasch



mercredi, octobre 19, 2011

LES MICHES FISCALES


LES MICHES FISCALES

Les gouvernements européens sont à la recherche effrénée de nouvelles sources d’impôts pour combler les déficits . C’est pourquoi le gouvernement britannique étudie une TVA sur les opérations de chirurgie esthétique pratiquées sans raison  médicale et notamment les augmentations mammaires médicale et jusqu'alors exonérées d'impôt. Selon les directives du service Her Majesty's Revenue and Customs (HMRC), citées par le Daily Mail, les médecins intervenant pour des opérations cosmétiques devront désormais s'enregistrer pour percevoir la TVA. Au total, le gouvernement espère récupérer 610 millions d'euros par an.
Les médecins critiquent la "boob tax’’ . Fazel Fatah, président de l'Association britannique des chirurgiens plastiques et esthétiques, déplore l'arrivée de cet impôt. Selon lui, elle pourrait "potentiellement nuire à un grand nombre de patients. Elles impliquent que toute procédure qui corrige l'apparence plutôt que la fonction n'est pas un besoin médical (...) Ces opérations cosmétiques sont souvent voulues par des personnes qui veulent se sentir mieux dans leur corps". 
Nul doute que le gouvernement français sera tenté de s’inspirer de la pratique anglaise.
Après avoir pourchassé les niches fiscales, il sera attiré par les miches fiscales.
Charles Debbasch

mardi, octobre 18, 2011

LA VICTOIRE PS DE FRANCOIS HOLLANDE


LA VICTOIRE  PS DE FRANCOIS HOLLANDE

A ce second tour de la primaire socialiste, le16 octobre 2011, François Hollande l’a emporté nettement  face à Martine Aubry avec plus de 56 % des suffrages. Il devient ainsi le candidat désigné par le Parti socialiste et le Parti radical de gauche pour l’élection présidentielle de 2012.
Ainsi la ligne modérée du PS l’a emporté sur le courant dur représenté par Martine Aubry. Alors que la coalition favorable à François Hollande lançait ses pseudopodes vers les mouvements du centre gauche, Martine Aubry avait quant à elle poussé ses alliances vers les Verts et les communistes .
La tentative de dernière minute de la première secrétaire du PS de faire apparaître François Hollande comme un irrésolu n’aura servi à rien ;François Hollande aura, au contraire, réussi à démontrer son aptitude au rassemblement en réunissant avec lui quatre candidats de la primaire.
Ce second tour de la primaire est un succès d’organisation et de conception. Il correspond à une aspiration des Français a plus de démocratie et plus de participation dans la vie des partis.
Il ne faut pas confondre cependant ce vote socialiste avec un premier tour de l’élection présidentielle. Le candidat socialiste doit à présent réunifier les forces de gauche mais aussi conquérir les voix du centre et de la droite qui lui sont nécessaires pour battre Nicolas Sarkozy. Lors de son premier discours consécutif à sa désignation, il appelle à un grand rassemblement et il se fixe comme objectif de « réenchanter le rêve français » Même si la primaire a créé un courant favorable à la gauche, les cartes ne sont pas jouées.
La droite va à présent mobiliser une autre France sur un autre programme.

Charles Debbasch

jeudi, octobre 13, 2011

AUBRY-HOLLANDE:UN DEBAT INTENSE

UN DEBAT INTENSE




Le débat qui s’est déroulé sur France 2 entre les deux candidats à la primaire du PS a été intense mais il a apporté peu de réponses aux problèmes du pays.



UNE LUTTE SANS MERCI



Le débat Aubry-Hollande est resté courtois mais il était souvent d’une intensité meurtrière. Martine Aubry, en retard dans les sondages, a tenté de porter des coups décisifs à son concurrent.



Elle s’est définie comme l’apôtre d’une gauche dure .Ce qui laissait supposer que François Hollande est le partisan d’une gauche molle.



A plusieurs reprises, elle a rappelé son expérience gouvernementale comme pour montrer que son concurrent n'a pas une pratique suffisante pour devenir Chef de l’état.



Enfin, elle a tenté de piéger son adversaire sur des dossiers précis comme la règle d’or, le recrutement des enseignants ou la fiscalité.



Face au punch de cette boxeuse, François Hollande s’est efforcé de garder son calme même s’il paraissait parfois touché intérieurement par tant d’agressivité. Répliquant point par point à la première secrétaire, il cherché à adopter une attitude plus consensuelle.« On sort de cinq ans d'une présidence brutale et nous, on serait dans une présidence sectaire? Je ne suis ni dans la gauche molle ni dans la gauche dure. Je ne veux pas d'une gauche dure, le pays a besoin d'être apaisé.»



La gauche tranquille d’in côté, la gauche toutes voiles dehors de l’autre tel sera le débat que les votants à la primaire auront à trancher.



PEU DE REPONSES AUX PROBLEMES DU PAYS



Enfermés dans leur rivalité, prisonniers de l’île PS, les debaters se sont livrés à un combat quelque peu ésotérique et éloigné des problèmes que traverse le pays.



Concentrés sur la fiscalité ou les problèmes des fonctionnaires, ils ont laissé de côté les vrais défis de la société française : comment l’économie peut-elle retrouver sa créativité et sa compétitivité, quelle doit être la place de la France dans l’Europe et dans le monde ?



Il est vrai que ce seront les questions posées lors du troisième tour de la primaire ou plus exactement lors du premier tour de la présidentielle.



Charles Debbasch





lundi, octobre 10, 2011

LA PRIMAIRE SOCIALISTE




L’organisation des partis ne pourra plus être en France ce qu’elle était avant la primaire du parti socialiste. Mais cette primaire laisse entier le problème de la désignation du candidat du PS à la présidentielle.

LA PRIMAIRE CONNAIT UN SUCCES INCONTESTABLE

Ce succès s’exprime par l’importante participation des électeurs. Deux millions et demi d’électeurs ont participé à cette première expérience de présélection du candidat du PS. Pour un scrutin à blanc c’est un chiffre important même s’il ne représente qu’un pourcentage réduit par rapport au nombre d’électeurs inscrits. Bien organisée et sans bavures notables, la primaire est techniquement réussie.

La primaire a permis d’échapper à la dictature des états-majors et des appareils. Le succès d’Arnaud Montebourg qui recueille 17,5% des suffrages en est une illustration éclatante. La primaire rend la parole aux électeurs.

La primaire marque aussi une évolution notables dans l’attitude des Français. Ceux-ci cachaient leurs opinions à l’abri du mur de la vie privée. Les votants ont  eux accepté de se reconnaître dans les valeurs de la gauche.

Cet élan pour les primaires gagne également la droite qui commence à y songer pour 2017.

LA PRIMAIRE LAISSE ENTIER LE PROBLEME DE LA DESIGNATION DU CANDIDAT SOCIALISTE

Un faible écart de huit points sépare François Hollande arrivé en premier de la seconde Martine Aubry. Rien n’est donc joué et les voix des autres candidats laissent le vote du second tour largement ouvert. Ceci va obliger les deux finalistes à se distinguer sinon à se disputer. Ce combat fratricide pourra engendrer des blessures qui pourront affaiblir le candidat du PS face à Nicolas Sarkozy.

 Le second tour de la primaire peut obérer le premier tour de la présidentielle.

Charles Debbasch