dimanche, novembre 20, 2011

LES DEUX APPELS DE BENOIT XVI

Lors de sa visite au Bénin,  BENOIT XVI a délivré un message d’une haute intensité.

Il a lancé tout d’abord un appel à la bonne gouvernance. « La personne humaine aspire à la liberté ; elle veut vivre dignement ; elle veut de bonnes écoles et de la nourriture pour les enfants, des hôpitaux dignes pour soigner les malades ; elle veut être respectée ; elle revendique une gouvernance limpide qui ne confonde pas l’intérêt privé avec l’intérêt général ; et plus que tout, elle veut la paix et la justice. »

Et le pape a ajouté : «En ce moment, il y a trop de scandales et d’injustices, trop de corruption et d’avidité, trop de mépris et de mensonges, trop de violences qui conduisent à la misère et à la mort. Ces maux affligent certes votre continent, mais également le reste du monde. Chaque peuple veut comprendre les choix politiques et économiques qui sont faits en son nom. Il saisit la manipulation, et sa revanche est parfois violente. Il veut participer à la bonne gouvernance. Nous savons qu’aucun régime politique humain n’est idéal, qu’aucun choix économique n’est neutre. Mais ils doivent toujours servir le bien commun. Nous nous trouvons donc en face d’une revendication légitime qui touche tous les pays, pour plus de dignité, et surtout pour plus d’humanité. L’homme veut que son humanité soit respectée et promue. »

Le second appel de BENOIT XVI portait sur la tolérance et le dialogue inter-religieux. L’Afrique est un creuset de croyances diverses qui parfois s’entrechoquent .Face à cette diversité religieuse la seule voie possible est celle du dialogue. Le Pape a martelé avec force : «. Aucune religion, aucune culture ne peut justifier l’appel ou le recours à l’intolérance et à la violence. La bonne entente entre les cultures, la considération non condescendante des unes pour les autres, et le respect des droits de chacune sont un devoir vital. Il faut l’enseigner à tous les fidèles des diverses religions. La haine est un échec, l’indifférence une impasse, et le dialogue une ouverture !»

La parole papale rejoint l’exigence laïque de la démocratie.La démocratie c’est l’acceptation de l’autre dans ses spécificités et ses différences. Elle ne dicte pas un modèle de comportement mais la soumission de tous à une règle de droit objective et impersonnelle. BENOIT XVI a ouvert une nouvelle fenêtre de réflexion pour la démocrate africaine.
Charles Debbasch

mercredi, novembre 16, 2011

CENTRALES NUCLEAIRES CONTRE CIRCONSCRIPTIONS LEGISLATIVES


CENTRALES NUCLEAIRES CONTRE CICONSCRIPTIONS LEGISLATIVES
Il est sans doute nécessaire qu’un débat public éclairé et non partisan s’engage sur l’avenir du nucléaire dans notre pays, que les dangers de cette industrie soient mesurés, que le coût de son éventuel abandon soit exactement évalué et qu’au terme de cette analyse des décisions soient prises.
Il est, en revanche, intolérable qu'après une discussion électoraliste entre le PS et les Verts des décisions inspirées par la politique politicienne aient été avancées.
Que l’on en juge. L'accord conclu mardi entre le PS et les Verts prévoit une réduction de "la part du nucléaire dans la production électrique de 75% aujourd'hui à 50% en 2025" et "la fermeture progressive de 24 réacteurs". En échange de cet accord, les socialistes ont décidé de réserver 10% des circonscriptions pour les législatives de juin 2012, - soit "une soixantaine" - à leurs alliés écologistes, a annoncé Martine Aubry.
Cet échange de torchons contre des serviettes sans examen public et contradictoire augure mal d’une éventuelle cohabitation entre le PS et les Verts dans une même majorité.
Loin des préoccupations désintéressées avancées par les Verts, il témoigne d’un marchandage politicien de caniveau.
Une des conditions mises par les Verts à ce compromis n’a-t-il pas été de laisser à Cécile Duflot, une circonscription en or à Paris.
De quoi rendre les idéalistes verts de rage !
Charles Debbasch

dimanche, novembre 13, 2011

PRESIDENTIELLE:UNION DIFFICILE A GAUCHE


PRESIDENTIELLE : UNION DIFFICILE A GAUCHE


A l’approche de la présidentielle, la gauche   doit, unir toutes ses composantes. La tâche n’est pas facile tant l’élection présidentielle génère d’ambitions.


LE PROBLEME DES ECOLOGISTES


Le premier obstacle dans la voie de l’unité à gauche réside dans les écologistes. Ceux-ci sont portés par un courant d’opinion qui s’appuie sur la désaffection, à ; l’égard des partis traditionnelles et par un mouvement anti-énergie atomique renforcé à la suite de l’accident nucléaire au Japon.

Les élections législatives de 1997, à la suite de la dissolution de l'Assemblée Nationale par Jacques Chirac le 21 avril, marquent le premier accord législatif entre le PS et les Verts ". Sept députés écologistes font leur entrée au parlement. L'accord électoral est accompagné d'un texte programmatique de cinq pages dans lequel figure notamment l'arrêt du réacteur Superphénix.

Pour les prochaines présidentielles les négociations butent sur la question du nucléaire. François Hollande défend, le 7 novembre sur France 2, le chantier du réacteur nucléaire EPR de Flamanville : « Je suis pour une diminution de la part du nucléaire dans la production d'électricité. 75% de nucléaire, c'est trop élevé par rapport à ce que nous devons faire en matière de diversification des sources d'énergie, mais je préserverai la construction d'un EPR, à la condition bien sûr que toutes les règles de sécurité soient respectées. »Aussitôt Cécile Duflot estime que la prise de position du candidat socialiste rend presque impossible un accord électoral, pour les législatives, entre son parti et le PS .Malgré les propos agressifs d’Eva Joly, il est probable que les Verts et le PS concluront un accord pour les législatives. Mais les Verts qui ont besoin de mesurer leurs forces feront campagne à part pour les présidentielles.



LE PROBLEME DE L’ULTRA GAUCHE


Telle est également la position de l’ultra gauche conduite par Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon reproche à François Hollande d’avoir choisi une voie centriste pour sa candidature à la présidentielle. Dans un entretien au Journal du Dimanche, il précise : M. Hollande "enrobe de bons mots et de petites blagues une obstination sociale-libérale". "Pourtant, la gauche gagne les élections quand elle est sur une ligne de gauche et elle les perd quand elle est sur une ligne centriste, poursuit-il. À présent, à gauche, pourquoi choisir, pour entrer dans la saison des tempêtes, un capitaine de pédalo comme Hollande ? Je suis candidat pour que la gauche l'emporte, mais pour changer pour de bon l'avenir".

Il est peu probable que le leader de l’ultra gauche renoncera à sa candidature à la présidentielle. Pour François Hollande l’union de toute la gauche c’est donc mission impossible.

Charles Debbasch



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vendredi, novembre 11, 2011

LES NOUVEAUX DICTATEURS

L’ ERE DES NOUVEAUX « DICTATEURS »
Le terme dictateur - étymologiquement « celui qui parle » -désignait sous la Rome antique une magistrature exceptionnelle avec des prérogatives étendues. Institué en 501 av. J.-C Le dictateur était généralement nommé en cas de forts troubles, par l'un des consuls en exercice, parmi les anciens consuls, et pour une durée maximale de six mois. Il recevait les pleins pouvoirs, les autres magistrats étant alors suspendus.

Dans l’ouragan financier actuel, les pays européens cherchent à sortir des combinaisons politiques et à désigner une personnalité compétente capable de redresser la barre.
· Tel est le cas en Grèce où devant l’incapacité de la droite et de la gauche de se mettre d’accord sur une personnalité politique, il a été fait appel pour le poste de premier ministre à Lucas Papademos ancien vice-président de la Banque centrale européenne
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· De même, en Italie, il est envisagé de faire appel à la présidence du conseil à Mario Monti ancien commissaire européen au Marché intérieur puis à la Concurrence.
· Dans ces deux cas, il s’agit de dictateurs au sens romain. Le jeu politique est provisoirement mis entre parenthèses et il est fait appel à des technocrates investis de pouvoirs exceptionnels.
· Nous sommes en train de vivre un ébranlement des structures démocratiques classiques et, si la crise s’amplifiait, il est probable que d’autres bouleversements politiques et institutionnels se produiraient.
Charles Debbasch

mercredi, novembre 09, 2011

LE PLAN DE VIGUEUR DE NICOLAS SARKOZY


LE PLAN DE VIGUEUR DE NICOLAS SARKOZY



Les gouvernements, à l’approche des élections, ont l’habitude d’arroser leur clientèle électorale de crédits et de promesses destinés à attirer les suffrages. En présentant un nouveau plan de rigueur à l’approche de la présidentielle, le gouvernement Fillon tranche par rapport aux pratiques anciennes.



S’il procède ainsi, c’est sous le poids de la nécessité. L’état d’endettement de la France est tel que le gouvernement ne peut se permettre de mettre en jeu sa crédibilité financière internationale. Tout nouveau laxisme risquerait  de dégrader l’appréciation que portent les institutions internationales sur la solvabilité du pays.



La politique de rigueur procède aussi d’une  stratégie politique. Le programme du parti socialiste date d’une autre époque : celle où il était possible de tirer des traites sur l’avenir sans conséquences immédiate .Rappelons-nous le million de nouveaux fonctionnaires recrutés après l’élection de François Mitterrand : ou la dispendieuse réforme Defferre des collectivités locales. La stratégie sarkozienne est alors de montrer qu’il a choisi, le sérieux plutôt que la démagogie électoraliste., qu’il  sait faire preuve d’autorité face à une gauche molle.



 Nicolas Sarkozy devient le promoteur de la vigueur face à la tempête financière internationale.



Charles Debbasch


dimanche, novembre 06, 2011

EUROPE DE LA CRISE ECONOMIQUE A LA CRISE POLITIQUE


DE LA CRISE ECONOMIQUE A LA CRISE POLITIQUE

L’Europe se débat pour sauver sa monnaie. Le directoire franco-allemand a du montrer les dents pour que la Grèce renonce à son projet de referendum. Partout les plans d’austérité sont à l’honneur pour réduire l’endettement et les dépenses publiques.

Ce réajustement  s’imposait et il n’est pas certain qu’il soit suffisant.

L’Europe en créant sa monnaie unifiée l’euro a voulu jouer dans la Cour des grands en oubliant que la valeur d’une monnaie ne fait que refléter les fondamentaux de l’économie. L’orage actuel est le résultat de l’addition de causes croisées.

Les peuples européens ont pris l’habitude de vivre dessus de leurs moyens en dépensant plus qu’ils ne gagnent. Cette fuite en avant devait nécessairement trouver sa sanction.

L’Europe a laissé glisser la production hors de ses frontières. Cette désindustrialisation crée le chômage et condamne au déclin.

L’Asie est devenue le principal continuent producteur de richesses et elle accumule les profits et les créances sur les Etats européens.

Toit ceci veut dire que l’Europe va connaitre une longue crise qui peut engendrer des répercussions politiques considérables.

Le clivage entre socialistes et libéraux va nécessairement s’estomper. Les socialistes adeptes de la dépense publique vont être contraints de revoir à la baisse leurs propositions. Les libéraux partisans de la loi du marché vont devoir accepter l’augmentation de la pression étatique.

La division entre la majorité et l’opposition devrait normalement s’estomper et des gouvernements de coalition devraient se former.

Le courant contestataire va naturellement se renforcer

L’extrême gauche et l’extrême droite devraient en bénéficier. Les populations habituées à la facilité sont tentées d’attribuer leurs malheurs actuels à la gestion des hommes politiques.

Un sondage récent montre une défiance massive des Français à l'égard du système politique. Sur les 1559 personnes interrogées fin septembre-début octobre, 83% pensent que les responsables politiques ne se préoccupent pas d'eux, 69% qu'ils sont "plutôt corrompus". Et 22% associent même le mot "politique" à celui de "dégoût". Seuls 13% ont confiance dans les partis. Tous les élus sont touchés, même les maires, dont la cote a abandonné onze points en deux ans (54%).62% partagent l'idée que les notions de droite et de gauche "ne veulent plus rien dire".

Les Français  sont  de plus en plus nombreux (57%) à se déclarer prêts à manifester. "La politisation augmente", sur fond de "climat protestataire", note le CEVIPOF. Ainsi, une majorité veut une réforme "en profondeur" du système capitaliste et une réglementation plus forte de l'économie.

La crise économique va entrainer inéluctablement une crise politique.

Charles Debbasch




vendredi, octobre 28, 2011

SARKOZY SUR LE FRONT DE L'EURO



SARKOZY SUR LE FRONT DE L’EURO

Le président français ne paraît jamais aussi à l’aise que dans les situations de crise. En expliquant à la télévision avec pédagogie aux Français les tenants et les aboutissants de la crise de l’Euro, il donnait l’image d’un preux chevalier revenant victorieux de la croisade pour défendre l’Euro. Et il est vrai que l’on est passé prés de la catastrophe, un défaut de la Grèce provoquant des crises successives de l’Italie ou de l’Espagne.

Sous la tutelle du directoire franco-allemand, les dix-sept chefs d’état  ont décidé d’effacer la moitié de la dette grecque ce qui coûtera 100 milliards d’euros aux banques. Par ailleurs la force de frappe du fonds d’intervention européen passera de 440 milliards d’euros à 1000 milliards d’euros. Enfin la recapitalisation des banques est  décidée. Elles vont devoir renforcer leurs fonds propres de 106 milliards d’euros pour atteindre un ratio de fonds propres de 9% d’ici à fin juin 2012.
Toutes ces mesures doivent permettre de sauver provisoirement  l’Euro. Elles ne sont pas cependant des assurances tous risques de stabilité du système.
Il existe en effet une contradiction entre l'existence d’une monnaie unique et la libre détermination par chaque Etat de sa politique budgétaire. Dans ce système les Etats sérieux payent pour les cigales dépensières.
Par ailleurs, la règle de l’unanimité paralyse des interventions nécessaires. Si le directoire franco-allemand s’est imposé, c’est parce qu’il permet d’échapper au désordre des voix dispersées. Il faut à présent renforcer la gouvernance économique de l’Europe.
Dernier constat : la situation actuelle laisse peu de marges aux changements politiques. La Grèce socialiste de Papandréou ou l’Espagne socialiste de Zapatero doivent se soumettre aux mêmes contraintes que l’Italie libérale de Berlusconi ou que la France libérale de Sarkozy.
Il sera difficile à François Hollande de faire rêver les Français à un arrosage de crédits massif. C’est ce qui ressortait en majeur de l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy : Français maintenez à la barre le capitaine Sarkozy qui a empêché le navire Euro de couler.

Charles Debbasch