mardi, août 07, 2012

CUMUL DES MANDATS ELECTIFS : CUMULANTS OU CUMULARDS ?


"On peut supposer que, face à une interdiction du cumul, la classe politique générera ses Medvedev face aux Poutine, des garde-places soumis plutôt que des élus indépendants."


La Commission Jospin qui vient d’être installée a pour objectif la rénovation et la déontologie de la vie politique. Parmi les questions qu’elle devra aborder figure le problème du cumul des mandats qui est l’objet de vives controverses.


L’ACTUELLE LIMITATION DES CUMULS

.La Constitution de 1958 ’a prévu l’incompatibilité entre le mandat parlementaire et l’appartenance au gouvernement Cependant, devant le développement considérable des cas de cumul le législateur a renforcé l’interdiction des cumulions en 1985 et 2000.

Le mandat de parlementaire est désormais incompatible avec l’appartenance au Parlement européen ainsi qu’avec l’exercice de plus d’un des mandats suivants : conseiller régional, conseiller à l’Assemblée de Corse, conseiller général, conseiller de Paris, conseiller municipal d’une commune de plus de 3.500 habitants. Cependant, il n’y a pas de limitation des mandats dans les organismes de coopération entre collectivités territoriales qui se sont multipliés (communautés urbaines, de communes, d’agglomération, syndicats mixtes ou intercommunaux).

D’autres incompatibilités de mandats sont fixées par des textes :

-avec des fonctions publiques non électives : membre du Conseil constitutionnel, du Conseil économique, social et environnemental, du Conseil supérieur de la magistrature, du Conseil supérieur de l’audiovisuel, d’un conseil de Gouvernement d’une collectivité d’outre-mer, magistrat, fonctionnaire autre que de l’enseignement supérieur ;

  • avec des activités professionnelles qui pourraient engendrer des conflits d’intérêts (direction et membre de conseil d’administration d’entreprises nationales, d’établissements publics nationaux, d’entreprises travaillant avec l’État ou les collectivités publiques, avocat plaidant contre l’État ou la puissance publique).

Mais les réformes n'ont pas touché au cumul du mandat de parlementaire avec celui de maire ou de président de conseil général ou de conseil régional.


L’ETENDUE DU CUMUL

Durant la dernière législature, plus de 80 % des parlementaires français étaient en situation de cumul Près de la moitié des députés étaient maires ou présidents d'un exécutif territorial. (Olivier Nay)

Parmi les 207 cumulards – sur les 297 députés du groupe socialiste de l'Assemblée nationale –, 146 ont un mandat local, 49 en ont deux, et 12 en ont trois, selon le décompte du Monde.

Le cumul est ainsi bien ancré dans la situation politique française. François Hollande s’est engagé dans ses propositions à faire voter une loi limitant le cumul des mandats. Et chacun de flétrir les cumulards alors que l’on peut se demander si les cumulants ne sont pas la traduction d’une nécessite politique

SUS AUX CUMULARDS

Les critiques ne manquent pas à l’égard des cumulards. Ils représenteraient une perversion du système politique. Leurs détracteurs invoquent plusieurs arguments pour dénoncer le cumul.

La concentration des mandats électoraux au profit d'une caste fermée de représentants est une anomalie dans une démocratie

Le cumul provoque l'absentéisme chronique des parlementaires en dehors des périodes de séance plénière des mardis et mercredis.

Le cumul est en outre un obstacle au renouvellement de la classe politique française. La vie politique est confisquée par une caste d’élus qui trustent les mandats.

L’enracinement local des élus les enferme dans une vision terre à terre des problèmes et ne leur permet pas d’exercer avec toute la hauteur nécessaire le vote des lois et le contrôle du gouvernement.

Dés lors la cause serait entendue : il faut éradiquer le cumul et pourchasser les cumulards


DES CUMULANTS UTILES
On peut aussi considérer que les cumulants jouent un rôle utile dans le système politique. Ils y apportent leur connaissance de l’univers local. Ils expriment les vœux de la base et évitent une approche trop technocratique des problèmes. Leur enracinement local leur permet également de mieux faire face aux contraintes matérielles et financières de l’exercice des mandats

QUELLE REFORME ?


Périodiquement, des réformes institutionnelles sont proposées comme la panacée pour régler les problèmes de la vie politique comme ce fut le cas pour le passage du septennat au quinquennat. On en attendait monts et merveilles et on n’a réussi qu’à déséquilibrer la position du Président à, l’égard du Premier ministre. On peut se demander, de même, si la limitation du cumul des mandats est une solution aux problèmes institutionnels.

On peut imaginer que la classe politique trouvera un moyen pour contourner une éventuelle interdiction de cumul. On a vu par exemple comment l’interdiction du cumul des fonctions de ministre et de député ou de sénateur a été contournée par la classer politique soit en obligeant le suppléant à signer une démission en blanc, soit en interdisant au suppléant de se présenter contre le titulaire initial du siège. On peut supposer que, face à une interdiction du cumul, la classe politique générera ses Medvedev face aux Poutine, des garde-places soumis plutôt que des élus indépendants.

On ne négligera pas non plus que le mode de scrutin législatif impose à l’élu une stricte implantation locale.

En réalité, ce n’est pas le cumul qui empêche l’exercice effectif de la fonction des élus mais un déséquilibre des pouvoirs entre les technocrates qui gouvernent la France et les élus.

Les problèmes les plus importants se rattachent à une approche déviante de la décentralisation.

Au nom d’une fausse décentralisation, on a renforcé les pouvoirs locaux sans diminuer les moyens des structures ministérielles parisiennes. On a également multiplié les niveaux de l’administration territoriale en créant un foisonnement de mandats dont les adeptes du cumul n‘ont qu’à se saisir.

Charles Debbasch


dimanche, août 05, 2012

LES VERTS EN PANNE DE SOLIDARITE GOUVERNEMENTALE




 Le ministre en charge des Relations avec le Parlement Alain Vidalies a  provoqué  la colère des membres d'Europe Ecologie-Les Verts. en affirmant : "On attend quoi d'un groupe Vert aujourd'hui? La solidarité, le respect des engagements qui ont été les engagements communs, et évidemment, puisqu'on a des différences, la possibilité pour eux d'exprimer ces différences",  avant d'ajouter: "Mais la distinction majeure, c'est la liberté d'expression, mais pas la liberté de vote!".


Les militants écologistes ont aussitôt réagi .Noël Mamère, toujours à la pointe du combat, prévient que "les écologistes ne sont pas là pour être le doigt sur la couture du pantalon ‘’. Quant au sénateur de Paris Jean-Vincent Placé, il a lancé «Pas hallucinant Idiot".  "Hallucinant ET idiot" a surenchéri Dominique Voynet,

Pourtant les propos du ministre sont dans la stricte logique constitutionnelle. qui impose aux membres de l’équipe ministérielle une solidarité gouvernementale. Celle-ci doit se manifester non seulement dans les actes mais aussi dans l’expression.

Ainsi, Valery Giscard d’Estaing révoqua le 9 juin 1974 Jean-Jacques Servan-Schreiber de son poste de ministre des réformes en raison de l’expression publique de son désaccord avec les essais nucléaires.

Quant à Jean-Pierre Chevènement  en désaccord avec la politique du premier ministre décidant d’intervenir militairement en Irak, il démissionne du gouvernement le 29 janvier 1991 en lançant :"Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne".

A l’évidence, il arrivera un moment où les ministres Verts auront à faire un choix entre leurs convictions et leur appartenance au gouvernement.
Charles Debbasch

vendredi, août 03, 2012

DELOCALISATIONS ET MODERNISATION ECONOMIQUE

Un simple cas d’espèce peut être révélateur d’un plus vaste problème. Tel est le cas de la décision de la région Ile-de-France, dirigée par le Parti socialiste, de choisir un centre d'appels téléphonique au Maroc pour remplacer une société française.



Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a demandé au président de la région de revoir la décision.



"J'ai dit à monsieur Jean-Paul Huchon qu'il était utile de reconsidérer la décision, en remettant l'appel d'offres sur le métier. Nous nous battons pour relocaliser des emplois, ce n'est pas pour accepter qu'on les délocalise", a dit Arnaud Montebourg sur Europe 1.



Le Chef de l’Etat a été plus mesuré .Il a estimé que les règles avaient été respectées et a émis un vœu



"Je demande à tous les responsables publics d'être très attentifs, chaque fois qu'il est possible, en fonction des règles (...) qu'il y ait un choix qui puisse être favorable au travail en France".



Trois observations s’imposent.



LA DELOCALISATION EST LA CONSEQUENCE DE L’APPLICATION DES REGLES LEGALES



Jean-Paul Huchon, président de la région, a répondu justement aux critiques en rappelant que l'appel d'offres avait été passé dans les formes légales imposées au plan européen, qui interdisent de faire de la localisation des emplois un critère de choix.



Il a expliqué avoir écrit au gouvernement pour lui demander de modifier la loi et changer le code des marchés publics sur ce point.



On ne peut pas à la fois imposer aux organismes publics d’économiser les deniers publics en concluant les marchés au moindre coût et leur imposer pour éviter les délocalisations un partenaire français plus cher.







LE PARTENARIAT ECONOMIQUE AVEC LE MAGHREB



La France cherche à favoriser le développement de l’économie du Maghreb pour assurer la stabilité économique de ces pays, pour limiter les flux migratoires et pour assurer des débouchés à son commerce et à ses industries. On ne peut pas à la fois vouloir vendre notre TGV au Maroc et couper l’accès de ce pays à nos marchés publics.







LA NECESSITE DE L‘EVOLUTION ECONOMIQUE



On ne peut maintenir des entreprises en survie artificielle en méconnaissant les réalités économiques.



Comme l’affirme justement un brillant politologue marocain Abdelmalek Alaoui :



« la clarté exigerait d’admettre que beaucoup d’emplois actuels en France sont condamnés, tout simplement parce que la reconfiguration de l’économie mondiale fait qu’il sera impossible de les maintenir dans l’hexagone. Tous les plans de sauvetage que lancera le gouvernement Français n’y feront rien: de nombreuses entreprises qui ne créent plus de richesse aujourd’hui doivent mourir, et elles mourront. »http://www.slateafrique.com/92107/le-triple-paradoxe-de-la-relation-client-la-francaise



Le progrès économique passe par la modernisation de l’économie française et non par le maintien bureaucratique d’emplois condamnés par l’évolution économique.



Charles DEBBASCH

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dimanche, juillet 29, 2012

QUEL NATIONALISME SPORTIF ?

QUEL NATIONALISME SPORTIF ?
Il y a un nationalisme dangereux : celui qui exprime le refus de l’autre, l’agressivité envers les étrangers, la préférence donnée à la force plutôt qu’à la négociation, à l’armée plutôt qu’à la diplomatie.

Il y a un nationalisme légitime : la fierté d’appartenir à une communauté libre et indépendante, le bonheur de la voir s’illustrer dans une saine compétition avec les autres nations, le sentiment d’être à la fois enfant du monde et citoyen de son terroir.

A l’évidence, le nationalisme sportif relève de cette seconde catégorie. Le magnifique ballet d’ouverture des Jeux olympiques de Londres en est une superbe et réussie illustration. Les Jeux olympiques 2012, lancés par la Reine d'Angleterre Elisabeth II , sont officiellement ouverts, après prés de quatre heures d’un spectacle époustouflant conclu par Paul Mc McCartney sur le Hey Jude des Beatles.

Steve Redgrave, quintuple champion olympique d'aviron, a assuré ,après David Beckham, le dernier relais de la flamme. Il l'a ensuite transmise à sept adolescents qui ont allumé la torche au centre d'un Stade olympique qui a assisté avec émotion au spectacle proposé par le réalisateur Danny Boyle.Toutes les flammes se sont jointes dans un grand creuset unificateur pour célébrer l’unité olympique.

Les Nations étaient pourtant là bien présentes et les délégations défilaient derrière leur drapeau pour bien marquer l’ouverture d’une saine compétition entre elles

Chacun va désormais compter dans le calme et la paix, la joie ou le regret ses succès ou ses échecs

Le nationalisme sportif est pacifique et fédérateur .

La frontière est pourtant ténue entre la vertu et le vice. Les rassemblements sportifs et leur immense audience sont trop souvent le lieu d’affrontements entre supporteurs. Les racines du mal peuvent aussi s’infiltrer dans les plus nobles des compétitions . Au moment où on commémore la tuerie des JO de Munich , voila quarante ans, il faut sans relâche proclamer que la flamme qui rassemble les Nations est un creuset unificateur et non un brasier destructeur.

Charles Debbasch

vendredi, juillet 27, 2012

MADONNA A L’OLYMPIA: SEPT EUROS LA MINUTE




Certains d’entre eux avaient campé plusieurs nuits devant l’Olympia afin de décrocher les meilleures places pour assister à cette prestation exceptionnelle de Madonna  dans la scène mythique.

Ils ont été sans doute les premiers à crier « Remboursez » quand le concert de la vedette s’est achevé après 45 petites minutes.

L’artiste venait d’interpréter à  sa façon le Tube de Serge Gainsbourg, « Je t’aime, moi non plus »  quand les lumières se sont éteintes. Les spectateurs qui avaient d’abord cru à un effet de scène ou à une panne ont  du se rendre à l’évidence : le concert était bel et bien terminé.

La salle a  laissé  alors exploser son  ire. Colère d’avoir du payer des places jusqu’à trois cents euros pour une prestation inachevée.

 A près de 7 euros la minute, Madonna est bien une "Material Girl ".

Charles Debbasch


CONTROVERSES POLITICIENNES AU SUJET DE LA RAFLE DU VEL D'HIV

Le discours prononcé par le président de la République à l’occasion du70ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv a suscité des controverses politiciennes. A partir de faits dramatiques incontestables des interprétations politiques divergentes se sont développées.



LES FAITS

Les faits rappelés par le François Hollande sont incontestables dans l’horreur et la cruauté.

« Le 16 juillet 1942, au petit matin, 13.152 hommes, femmes et enfants étaient arrêtés à leur domicile. Les couples sans enfants et les célibataires furent internés à Drancy, là où s'élèvera à l'automne le musée créé par le Mémorial de la Shoah.

Les autres furent conduits au Vélodrome d'Hiver. Entassés pendant cinq jours, dans des conditions inhumaines, ils furent de là transférés vers les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande.

Une directive claire avait été donnée par l'administration de Vichy : « Les enfants ne doivent pas partir dans les mêmes convois que les parents ». C'est donc après des séparations déchirantes que les parents d'un côté, les enfants de l'autre, partirent vers Auschwitz-Birkenau où les déportés de Drancy les avaient précédés de quelques jours.

Ils y furent assassinés. Pour la seule raison qu'ils étaient juifs. »

LA RESPONSABILITE DE L’ETAT FRANÇAIS

Jacques Chirac avait le premier reconnu la responsabilité de l’Etat français dans cette politique d’anéantissement. Dans son sillage, François Hollande a réaffirmé cette terrible complicité.

« Nous devons aux martyrs juifs du Vélodrome d'Hiver la vérité sur ce qui s'est passé il y a soixante-dix ans.

La vérité, c'est que la police française, sur la base des listes qu'elle avait elle-même établies, s'est chargée d'arrêter les milliers d'innocents pris au piège le 16 juillet 1942. C'est que la gendarmerie française les a escortés jusqu'aux camps d'internement.

La vérité, c'est que pas un soldat allemand, pas un seul, ne fut mobilisé pour l'ensemble de l'opération.

La vérité, c'est que ce crime fut commis en France, par la France.

Le grand mérite du Président Jacques Chirac est d'avoir reconnu ici-même, le 16 juillet 1995, cette vérité. »

« La France, dit-il, la France, patrie des Lumières et des droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable ».

Avec raison, après avoir reconnu cette terrible évidence, François Hollande insiste sur le fait que de nombreux Français avaient choisi une voie plous conforme aux valeurs de la Fiance. Mais la vérité, c'est aussi que le crime du Vel d'Hiv fut commis contre la France, contre ses valeurs, contre ses principes, contre son idéal.

« L'honneur fut sauvé par les Justes, et au-delà par tous ceux qui surent s'élever contre la barbarie, par ces héros anonymes qui, ici, cachèrent un voisin ; qui, là, en aidèrent un autre ; qui risquèrent leurs vies pour que soient épargnées celles des innocents. Par tous ces Français qui ont permis que survivent les trois quarts des Juifs de France.

L'honneur de la France était incarné par le général de Gaulle qui s'était dressé le 18 juin 1940 pour continuer le combat.

L'honneur de la France était défendu par la Résistance, cette armée des ombres qui ne se résigna pas à la honte et à la défaite.

La France était représentée sur les champs de bataille, avec notre drapeau, par les soldats de la France libre.

Elle était servie aussi par des institutions juives, comme l'œuvre de secours aux enfants, qui organisa clandestinement le sauvetage de plus de 5.000 enfants et qui accueillit les orphelins à la Libération. »

LA CONTESTATION D’HENRI GUAINO

Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, s’est déclaré «scandalisé» après les propos de François Hollande sur la rafle du Vél d’Hiv.

François Hollande, «bien qu’il soit président de la République, n’a pas à parler en mon nom, n’a pas à parler au nom de la France que j’aime, de la France qui est ma France», a poursuivi Henri Guaino. Et celle-ci, «elle était à Londres, elle était avec la France libre, elle était dans les maquis», a-t-il souligné.

«Ce qui a été commis au moment de la rafle du Vél d’Hiv est une abomination. C’est une horreur [...] Mais la France, qu’est-ce qu’elle a à voir avec cela ? a relevé le député. La France, la patrie des droits de l’Homme, la France libre, la France combattante et résistante, [ceux] qui sont morts au Vercors, qui sont morts aux Glières, est-ce que c’est les respecter, est-ce que c’est leur rendre l’hommage qu’on leur doit ?» Et de lancer : «Peut-être que François Hollande se sent plus proche de la France des notables apeurés qui se sont précipités à Vichy après l’armistice ? Ce n’est pas ma France

UNE CONTROVERSE INUTILE



François Hollande s’est bien gardé de mettre en cause l’action valeureuse de la Résistance. Il a simplement rappelé une évidence. L’Etat français et ses fonctionnaires ont collaboré à la mise en œuvre de la politique d’extermination décidée par les nazis. Toutes les études scientifiques conduites sur l’attitude de la police ou de la magistrature sous le régime de Vichy le démontrent.

Le cacher ce serait en quelque sorte innocenter les bourreaux alors que s’impose, au contraire, un devoir de mémoire pour extirper de notre société les démons de tous les racismes



Charles Debbasch

lundi, juillet 16, 2012

LA NOUVELLE DONNE AFRICAINE DE LA FRANCE


LA NOUVELLE DONNE AFRICAINE DE LA  FRANCE



A l’occasion de la crise malienne, le président de la République a précisé dans son interview du 14 juillet les contours d’une nouvelle politique africaine.

CONDAMNATION SANS RESERVES DE LA SITUATION MALIENNE»

Le Chef de l’Etat ne sous-estime pas la gravité de la situation au Mali. « Il faut que nos compatriotes sachent bien ce qui se passe au Mali. Ce n'est pas, vous savez, comme on le pense souvent, dans un regard distant à l'égard de l'Afrique, un coup d'Etat supplémentaire. Non. Il y a dans le nord du Mali un terrorisme qui s'est structuré, qui s'est organisé, qui occupe un territoire, qui à la fois met en cause les droits des personnes, parfois même leur intégrité physique, détruit des sites historiques qui sont au Patrimoine mondial, et qui veut engager un terrorisme pas simplement sur le lieu où il s'est déjà mis en place, mais à l'échelle de l'Afrique, et peut-être même de l'Europe. »

 Cette condamnation sans réserves montre la dimension réelle du drame malien : c’est un problème qui, au delà d’un pays,  a une dimension continentale.



LA FRANCE N’INTERVIENDRA PAS EN PREMIERE LIGNE



Le temps est fini où la France était le gendarme de l’Afrique.Si le président est solidaire du drame malien, ce partage ne se déroulera peut-être «  pas dans les formes qu'on connaissait autrefois, où c'était l'armée française qui venait faire sa police. »François Hollande souhaite  qu’une intervention se place dans le cadre de l’Union africaine et des Nations unies. 

« C'est aux Africains de décider ce qu'ils ont à faire. Et au Conseil de Sécurité, il y a eu une résolution qui permet justement aux Africains de faire cette intervention, avec le soutien de l'ONU.  »

LE FACHEUX PRECEDENT LIBYEN

On ne peut oublier le fâcheux précédent libyen car c’est la dislocation de la Libye qui a permis au terrorisme armé d’essaimer au Sahel. Certes le régime libyen devait évoluer mais les conditions dans lesquelles ces changements ont été engagés sont à l’origine de la situation actuelle. En effet, le Conseil de Sécurité a autorisé une opération destinée à protéger les populations mais celle- ci a été interprétée comme une autorisation de détruire les institutions. Cette opération a généré le chaos. Elle rejaillit aujourd’hui sur la situation en Syrie puisque la Russie et la Chine qui estiment avoir été bernées sur le problème libyen refusent de s’associer à   une nécessaire intervention contre le régime de Damas.

Pourtant, il y a urgence à rétablir l’intégrité du Mali. Mais la France n’est plus le gendarme de l’Afrique mais une partenaire parmi d’autres d’un continent auquel elle reste indissolublement liée mais qui, aujourd’hui majeur, doit prendre en mains son destin.

Charles Debbasch