BORLOO : MATIGNON OU RIEN
Les fonctions ministérielles sont, par essence, des fonctions temporaires. Ceux qui les assument doivent savoir qu’à tout moment l ‘opportunité politique qui les avait promus peut se retourner et conduire à les écarter. La course aux postes lorsque se produit un remaniement fait plus de malheureux que de ministres.
A plus forte raison en va-t-il ainsi pour le poste de premier ministre. Dans ces conditions, on ne peut qu’être étonné de la réaction de Jean-Louis Borloo. Il s’attendait tellement à être promu qu’il a ,par dépit, refusé tous les autres postes prestigieux de ministres qui lui ont été offerts .Il a sans doute oublié que le train politique ne repassera sans doute pas deux fois devant lui.
Plus surprenante est la réaction de dépit qui l’a conduit à cracher dans la soupe à peine sorti du gouvernement.
Voici qu’il affirme que le premier ministre François Fillon "fut presque toujours (son) principal opposant" lorsqu'il était au gouvernement.
"Le plus souvent, j'ai accompli mes réformes malgré François Fillon. Il fut presque toujours mon principal opposant", a-t-il dit au Monde.
Et d’ajouter que François Fillon et lui avaient deux visions contradictoires de la fonction de premier ministre.
On se demande donc comment Borloo a pu accepter de siéger si longtemps dans un gouvernement dont il ne partageait pas la position.
A moins de considérer que la principale ligne de fracture politique soit l’attribution d’un poste prestigieux.
Une sorte de fidélité conditionnelle.
Charles Debbasch
mardi, novembre 16, 2010
BORLOO:MATIGNON OU RIEN
lundi, novembre 15, 2010
UN REMANIEMENT TARDIF
UN REMANIEMENT TARDIF
Annoncé trop tôt et réalisé trop tard ce remaniement du 15 novembre 2010, a pâti de cette erreur de timing.
L’annonce prématurée présente l’inconvénient pour le président de la République de mettre son choix sous la coupe de la République des sondeurs. Même si sondage ne fait pas loi, il est difficile pour le chef de l’état de s’affranchir de la pression chiffrée de l’opinion publique. On le voit très clairement avec le cas Borloo qui figurait parmi les chefs de gouvernement potentiels. Si le président l’avait désigné par surprise, sa nomination aurait été acceptée ses fonctions .En revanche, en ayant laissé filtrer l’hypothèse d’une possible nomination cette candidature Borloo a été passée au crible de l ‘opinion publique qui , fort logiquement, l‘a placée loin derrière Fillon. La procédure choisie a fait également une victime: Borloo lui même. A force d’en entendre parler, il s’était vu dans la peau d’un premier ministre. Le voilà à présent for marri, en quasi dissidence navré de n’avoir pas été choisi.
Le retard apporté au remaniement rendait également inéluctable la nomination de Fillon. La pression de l’opinion publique en sa faveur était particulièrement forteE. Il ne reste plus qu’un an et demi avant la présidentielle et il est difficile qu‘un nouveau premier ministre ait le temps de faire son apprentissage dans un délai aussi court .
C’est un effet induit de la réforme du quinquennat . Sous le septennat, le président avait le temps d’expérimenter au moins deux premiers ministres .
Le quinquennat ne permet pas une telle liberté .Le président de la République est en quelque sorte enfermé avec son premier ministre dans une gestion du temps très accélérée .Ce qui donne une plus grande autonomie au chef du gouvernement.
Charles Debbasch
vendredi, novembre 05, 2010
BOUCHON SUR UNE AUTOROUTE BELGE
BOUCHON SUR UNE AUTOROUTE BELGE
Le matin du dimanche 31 octobre un bouchon de 5 kilomètres s'est formé sur l'E40, entre Bruxelles-Gand..L'autoroute a été totalement bloquée.
On aurait pu imaginer que la cause en était une journée particulièrement ensoleillée , un début de vacances scolaires ou même un grave accident. Point du tout.
Les automobilistes belges cédaient à un péché de gourmandise. Une grande surface de meubles avait annoncé une promotion exceptionnelle: le plat de moules-frites à 5 euros au lieu de quinze . Il n'en avait pas fallu plus pour provoquer la ruée des belges friands de cette institution nationale.
L'histoire ne dit pas de quelle qualité étaient les moules en question. Je suppose cependant qu'i s'agissait de moules de …bouchon.
Charles Debbasch
jeudi, novembre 04, 2010
DES ELECTIONS AMERICAINES SI PROCHES DE L'EUROPE
DES ELECTIONS AMERICAINES SI PROCHES DE L'EUROPE
La défaite du camp démocrate dans ces élections américaines de mi-mandat a des causes spécifiques aux Etats-Unis: le désamour à l'égard d'un président qui avait suscité trop d'enthousiasme,la méfiance des électeurs américains pour tout accroissement du rôle de l'Etat qui est partie intégrante de la tradition outre-atlantique.
Mais, les grandes tendances de ces résultats électoraux peuvent être extrapolées à l'Europe.
Le vote sanction des électeurs s'explique par l'absence d'amélioration notable de la situation économique. Comme à l'ordinaire, les citoyens font payer au pouvoir les conséquences de la crise. De la même façon, en Europe, toutes les élections récentes ont puni les sortants.
La crise économique aggrave les tensions sociales .Les victimes de la récession désertent le pouvoir en place tandis que les catégories plus privilégiées en ont assez de payer le poids de la solidarité sociale.Le pouvoir se retrouve ainsi à nu abandonné des deux côtés de l'échiquier politique.
Enfin, l'incapacité du pouvoir à régler les problèmes des citoyens engendre une désaffection à l'égard de l'Etat et la contestation de son autorité .Le mouvement "Tea Party" aux Etats-Unis est une sorte de jacquerie, une espèce de poujadisme.De la même façon , en Europe la crise nourrit la remise en cause de l'Etat interventionniste.
Comme souvent, ce qui se passe aux Etats-Unis préfigure ce qui va se réaliser dans nos Etats Européens.
Charles Debbasch
COTE D'IVOIRE: LE MEILLEUR ET LE PIRE
COTE D'IVOIRE:LE MEILLEUR ET LE PIRE
Le premier tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire dont les résultats viennent d'être connus laisse une impression mitigée.
On se réjouira des conditions dans lesquelles le vote ca été organisé et s'est déroulé. Le Conseil de sécurité de l'ONU a remarqué que, s'il y a eu des «irrégularités mineures» dans le déroulement de l'élection, celles-ci n'entachent pas le scrutin. Quant à . Choi Young-jin, représentant spécial de l'ONU dans le pays il a affirmé:
«Le scrutin s'est déroulé dans un environnement pacifique … aucune violation majeure des droits de l'homme n'a été enregistrée ».
Après dix ans de guerre civile larvée, il faut se réjouir de cette situation.
En revanche, des inquiétudes subsistent quant à l'avenir. Le duel qui s'annonce entre Gbagbo crédité de 38,3% des suffrages et Ouattara qui a obtenu 32,08% des votes exprimés n'est pas ordinaire. Il reproduit la ligne de fracture qui divise la RCI entre le Nord musulman et le reste du pays. Les scores de Ouattara dans le fief des anciens- ou toujours -rebelles illustrent sa forte implantation dans cette région et démontrent que les germes de la division sont toujours là bien présents .
Là où il aurait fallu apaiser et panser les plaies, la campagne du second tour va au contraire les raviver.
La communauté internationale doit être vigilante dans cette nouvelle phase pour éviter que l'histoire de la Côte d'Ivoire ne dérape à nouveau.
Charles Debbasch
mardi, novembre 02, 2010
PAUL LE POULPE DE L'AQUARIUM A L'ECRAN
PAUL LE POULPE:DE L'AQUARIUM A L'ECRAN
Ce poulpe là ne finira pas à la vinaigrette ou à la sétoise. Il sera dignement enterré. Il était en effet de venu une vedette , la Madame Soleil du football. Paul le poulpe décédé le 26 octobre dans son aquarium allemand d'Oberhausen. restera à jamais comme le plus grand pronostiqueur sportif. Il était devenu mondialement célèbre pour ses prédictions du résultat des matchs de l'équipe d'Allemagne de football lors du Championnat d'Europe 2008 et de la Coupe du monde 2010, dont il avait désigné le vainqueur. Sur 14 de ses prédictions , 12 se sont révélées exactes Paul le poulpe faisait connaître ses choix en ouvrant une boîte aux couleurs de l'équipe gagnante.
Ce poulpe déchainait les passions.
Il provoquait l'ire de ceux dont il prévoyait la défaite. A la suite de l'élimination de l'Allemagne, il fut menacé de mort par des supporters déçus
En revanche, les espagnols dont il avait prédit la victoire lui vouaient une reconnaissance sans bornes.. Paul s'était vu remettre une statue en bronze à son effigie par une délégation espagnole .
La question est cependant de savoir si des parieurs rusés n'ont pas organisé cette opération pour manipuler les enjeux.
La réalisatrice Xiao Jiang d'un film chinois qui sortira bientôt voit dans les prédictions du mollusque une conspiration internationale. Dans Kill Octopus Paul, le poulpe est utilisé par des truands manipulant les paris et fans chinois de football qui se sont rendus en Afrique du Sud pour assister aux matchs découvrent le complot.
Paul va ainsi passer de l'aquarium à l'écran. Il y gagnera une sorte d'immortalité.
Charles Debbasch
jeudi, octobre 28, 2010
RETRAITES,UNE PAGE TOURNEE ?
RETRAITES,UNE PAGE TOURNEE?
Même si le Conseil Constitutionnel pourrait encore retoucher à la marge la loi sur les retraites , le vote parlementaire marque la fin d'une partie. Il est possible de tirer les leçons politiques de ce vaste débat.
Le premier enseignement est le retard économique de la gauche française dont la position a été ambigüe tout au long de cette affaire. Face à une réforme impopulaire mais nécessaire, la gauche a alterné entre démagogie, résignation et incapacité à proposer une alternative crédible.
Chacun se rend bien compte que la retraite à soixante ans de François Mitterrand ne correspond plus à la structure démographique de la population française.
Chacun est également bien conscient que, même si la gauche arrive au pouvoir, elle ne pourra pas revenir sur cette indispensable réforme.
Les syndicats ne sortent pas davantage grandis de cette épreuve. Leur mobilisation n'a jamais atteint un seuil suffisant pour faire fléchir le gouvernement.
C'est , en définitive, un combat politique que la gauche et les syndicats ont lancé contre le pouvoir. Il s'agissait de porter l'estocade à un pouvoir affaibli. Sur ce terrain l'arme est à double tranchant. Certes le gouvernement a été ébranlé et le ministre du Travail touché par les attaques personnelles lancées contre lui. Mais les grévistes qui ont sacrifié une partie de leurs revenus peuvent aussi en vouloir à ceux qui les ont jetés dans un combat perdu.
Quant aux Français hostiles à la réforme-on ne renonce jamais de gaité de cœur à un avantage acquis-ils peuvent être soulagés que le naufrage du système des retraites ait été évité.
Charles Debbasch