jeudi, février 03, 2011

REVOLUTIONS ENDEUILLEES
En Tunisie d'abord, en Egypte ensuite, des révoltes populaires ont ébranlé les régimes en place. Ancrées sur les nouveaux moyens de communication notamment Internet et les réseaux sociaux, elles ont montré les ressources de mobilisation qu'offrent les nouveaux medias. Elles ont été portées ,dans un premier temps, par un élan de sympathie de l'opinion mondiale. Voici cependant qu'avec les troubles importants que connait la société égyptienne, le vent semble tourner.
La démocratie de la rue est en effet pleine de dangers. Donnant l'impression du spontané et de la liberté, elle peut, en effet, très vite être manipulée par des groupes organisés qui récupèrent à leur profit les initiatives désordonnées. Les peuples qui voulaient s'affranchir se trouvent souvent soumis à des tutelles plus lourdes que celles qu'ils supportaient auparavant.
Il y a, par ailleurs, un grand risque à remplacer la loi et l'ordre par l'anarchie L'Etat de droit protège les forts contre les faibles. Quand le désordre s'installe, les barres de fer et les milices mettent en péril les libertés. Les révolutions des œillets se transforment en révolutions endeuillées.
Charles Debbasch

jeudi, janvier 27, 2011

VIVE L'EURO

S'il y a un domaine où la distance entre les gouvernants et les gouvernés est particulièrement grande, c'est bien celui de l'euro.

Les citoyens européens chargent l'euro de tous les péchés.

Pour eux, l'euro est tout à la fois le responsable de la hausse des prix, la cause première du chômage et de la crise économique. Il favorise les mauvais élèves de l'Europe et oblige les vertueux à supporter les conséquences des mauvaises performances des laxistes.

Les gouvernants, quant à eux, ne laissent pas passer une occasion de défendre la monnaie unique. Le président français, Nicolas Sarkozy, a affirmé au Forum économique de Davos que lui-même et la chancelière allemande, Angela Merkel, n'abandonneraient "jamais" l'euro. "L'euro, c'est l'Europe et l'Europe c'est 60 ans de paix sur notre continent. Donc jamais on ne laissera détruire l'euro, jamais nous n'y renoncerons". Et il a lancé cette mise en garde: "A ceux qui voudraient parier contre l'euro, faites attention à votre argent", a -t-il averti .Les conséquences d'une disparition de l'euro "seraient si cataclysmiques" qu'on ne peut "même pas jouer avec cette idée".

Quant au gouverneur de la Banque européenne , Jean Claude Trichet il a affirmé:"L'euro n'est pas en crise.Nous avons simplement un problème avec quelques uns des Etats signataires.",

Ce décalage entre gouvernants et gouvernés sur l'Euro s'explique. L'opinion publique est inquiète en raison de la crise économique.Elle ressent également la fragilité d'un système qui a mis la charrue avant les boeufs à savoir une monnaie unique sans politiques économpiques coordonnées.

Mais nous souffrons aujourd'hui d'un pas assez d'Europe et non d'un trop plein.

Renforcons donc l'Europe au lieu de combattre l'Euro.

Charles Debbasch

BAISSE DE L'ESPERANCE DE VIE

BAISSE DE L'ESPERANCE DE VIE
Une interprétation optimiste a cours.
La durée de la vie humaine s'accroitrait constamment. Notre société croulera bientôt sous les centenaires.
Rien n'est cependant moins sûr. Vivre vieux suppose une grande sagesse .Or, pour la première fois, aux Etats-Unis on constate une baisse de l'espérance de vie. En 2008, la durée de vie moyenne des américains était de 77,8 ans soit 1,2 mois de moins qu'en 2007. Les conclusions d'une étude conduite par le Conseil de recherche américain (NRC)sont sans appel. Deux grands facteurs expliquent cette évolution défavorable.
Le premier est le tabagisme. Les effets nocifs de la consommation excessive de tabac se faisant sentir vingt à trente ans après, la lutte actuelle contre le tabagisme ne produira ses effets qu'ultérieurement
Second facteur pesant sur la durée de vie: le surpoids et l'obésité. La malbouffe ne cesse de sévir et elle annihile les résultats bénéfiques de la lutte contre le tabagisme.
Dans les sociétés, le progrès n'est jamais linéaire. Pour vivre vieux ,il faut sans cesse lutter contre les forces négatives qui perturbent le progrès.
Charles Debbasch

mardi, janvier 25, 2011

VERS LA COMPETITION PRESIDENTIELLE DE 2012

LA COMPETITION PRESIDENTIELLE DE 2012:
PROGRESSIVE ENTREE EN SCENE DES ARTISTES
La compétition présidentielle ressemble à un spectacle bien agencé. Les grandes vedettes se réservent pour plus tard et laissent aux seconds couteaux le soin de chauffer la salle. Ni Nicolas Sarkozy, ni Dominique Strauss-Kahn n'oint intérêt à rentrer trop tôt dans la course. Les outsiders doivent donc profiter du champ libre pour s'exprimer et faire campagne avant que leurs propos risquent d'être étouffés par la voie des ténors. Ils peuvent aussi espérer se grandir de nouvelles adhésions et -qui sait?- troubler les ordres établis.
A gauche , le trop plein et le désordre se sont déjà installés.La voix tonitruante de Jean-Luc Mélenchon s'attaque à la conquête de la gauche de la gauche. L'ancien socialiste se place en leader des déçus du socialisme et du communisme réunis. Il cherche à dynamiter la candidature du patron du FMI avant qu'elle ne devienne effective en la rejetant à droite. Mais il peine à rassembler. Les troupes révolutionnaires d'Olivier Besancenot refusent de suivre ce transfuge du PS. Quant à la nouvelle gauche des écologistes, elle n'a pas plus tôt investi Eva Joly qu'elle rêve déjà de Nicolas Hulot.Et ce n'est qu'un petit aperçu du désordre qui s'est propagé à gauche. Las d'attendre un DSK perdu aux Amériques, Ségolène Royal, François Hollande, Dominique Aubry, Manuel Valls piaffent devant les poteaux.
A droite, le trop-plein est aussi saillant. Le centrisme se cherche un héraut. Mais François Bayrou s'est assagi et les Borloo ou Morin ne rassemblent que des groupuscules. En revanche l'élection de Marine Le Pen à la tête du Front National crée l'évènement. Elle fait déjà rêver certains à une reproduction du 21 avril 2002 quand, contre toute attente, Jean-Marie Le Pen s'impose au second tour de la présidentielle, face à Jacques Chirac, après avoir éliminé Lionel Jospin. Et, il est vrai que la popularité de la nouvelle présidente du FN atteint des niveaux historiques.
Marine Le Pen est créditée de 16,5% dans les intentions de vote si le premier tour de la présidentielle avait lieu aujourd’hui et 1/5ème des Français pensent que les idées du Front National ont leur place dans la société française. La député européenne tente de surfer, avec un langage plus moderne que celui de son père, sur le désamour- sans doute provisoire- des Français à l'égard de Nicolas Sarkozy.
Bien fol serait cependant celui qui se fierait aux sondages de cet hiver pour penser que la compétition présidentielle est d'ores et déjà jouée. Le concert ne fait que commencer.
Charles Debbasch

samedi, janvier 22, 2011

DES JURES FELINS

DES JURES FELINS
Au moment où Nicolas Sarkozy propose d'adjoindre des jurés populaires dans les tribunaux correctionnels, il semble que les Etats-Unis soient prêts à franchir un pas supplémentaire en requérant des assesseurs du genre animal.
Le New York Daily News. rapporte que Sal Esposito, résidant à Boston, a été appelé ce mois-ci à faire partie du jury d'un procès. L'histoire' serait banale si la personne en question n'était pas un…chat.
«Sal est un membre de la famille donc je l'avais inscrit au dernier recensement sous la mention animal de compagnie, mais il y a eu une vraie confusion», a expliqué Anna Esposito, sa propriétaire, à WHDH, une chaîne de télévision locale.
Anna Esposito a alors tenté de faire retirer son chat de la liste des jurés au motif qu'il était «incapable de parler et de comprendre l'anglais». Elle a même inclus dans sa requête une lettre du vétérinaire de Sal pour confirmer qu'il ne s'agissait pas d'un humain, mais d'un «félin domestique castré au poil court».
Mais, le tribunal de Boston a rejeté les arguments de ses maîtres. Sal reste bel et bien convoqué pour le procès. «Comment pourra-t-il communiquer?», s'est alors interrogé le New York Daily News. Sans doute votera-t-il en miaulant? Manifestera-t-il sa désapprobation en griffant?
On dit souvent que les personnes en procès se comportent comme chiens et chats.
Revenues à l'état animal, il n'est pas anormal que leur différend soit tranché par un félin!
Charles Debbasch

samedi, janvier 15, 2011

LA CHUTE DE BEN ALI

LA CHUTE DE BEN ALI
La démission ce 14 janvier 2011 du président Ben Ali après des semaines de violence qui ont tourné à l' insurrection populaire marque un tournant important dans l'histoire de la Tunisie.La Tunisie n'a connu que deux présidents depuis qu'elle a aqccédé à l'indépendance:Habib Bourguiba de 1959 à 1987 et Zine el abidine Ben ali depuis le 7 novembre 1987.
Habib Bourguiba le père de l'indépendance est un leaeder charismatique qui modernise la tunisie à grands pas imposant un code de statut personnel libéral.S'il s'appuie sur un parti quasi unique le Neo Destour,il se garde bien dev toute dérive sécuritaire.Mentalement affaibli ? il est déposé pour "sénilité" le 7 novembrev 1987 ,paqr son premier ministre le général Ben Ali.
A ses débuts , le nouveau président est bien accueilli.Il cantonne l'activité du parti islamiste Ennada et propose en 1988 un pacte national plateforme destinée à la démocratisatiuon du régime.Mais , au fil des révisions constitutionnelles , le systéme se ferme et le président se replie sur un clan presqu'exclusivement familial.Dans le même temps, la pression sécuritaire s'alourdit et les libertés sont écornées.
Le miracle économique tunisien occulte pendant plusieurs années , cette dérive autoritaire.La Tunisie accueille diverses entreprises délocalisées d'Europe et de nombreux touristes.Elle donne ainsi à l'étranger l'image d'un pays moderne.Les progrés de la scolarisation et des formations universitaires donnent naissance à une nouvelle élite cultivée et dynamiqque.
La rupture viendra, en premier, de la crise économique.Le nombre des chômeurs diplômés s'accroit.La misère gagne des couches de plus en plus importantes de la population.Elle est d'autant plus ressentie que la famille Ben Ali vit dans l'opulence et truste les marchés les plus juteux
D'autre part, le libéralisme économique génère une aspiration au libéralisme politique.La nouvelle société tunisienne n'accepte plus de vivre sous un régime rétrograde.L'opinion longtemps bridée s'exprime à présent dans sa diversité sur internet.Le suicide d'un pauvre marchand à la sauvette va creuser la rupture entre le pouvoir et les citoyens et engendrer les premiers troubles qui se transformeront en l'insurrection populaire qui a emporté le régime Ben Ali.
Il reste, à présent à la démocratie tunisienne à trouver de nouveaux équilibres.
Nul ne peut prédire ce qui sortira de la phase d'anarchie actuelle: un retour en force des islamistes, une coalition de l'opposition démocratique ou un nouvel homme fort issu de l'armée.
La nouvelle page de l'histoire tunisienne reste à écrire.

Charles Debbasch

Charles Debbasch a dirigé le Centre de recherches et d'études sur les sociétés méditerranéennes du CNRS.Il a publié deux ouvrages sur la Tunisie: La République tunisienne, Collection "Comment ils sont gouvernés\", 1962. . La Tunisie, Encyclopédie politique et constitutionnelle publiée par l''I.I.A.P., série Afrique, 1973. .

jeudi, janvier 13, 2011

UNE DROLE DE PENITENTIAIRE

UNE DROLE DE PENITENTIAIRE
C'est une criminelle de la pire espèce .Emma, avait appâté Ilan Halimi, dans la nuit du 20 au 21 janvier 2006, avant qu’il soit séquestré et torturé à mort par certains membres du "gang des barbares", à la tête duquel se trouvait Youssouf Fofana.
Ce dernier a été condamné à perpétuité. Pour sa part, Emma a été condamnée à neuf ans de prison . Cette femme fatale est aujourd'hui à l'origine d'une affaire rocambolesque à la maison d’arrêt pour femmes de Versailles.
Le 22 novembre dernier au cours d’une inspection de la maison d’arrêt, des codétenus alertent l’administration sur un traitement de faveur dont bénéficierait Emma. Les enquêteurs découvrent alors que, durant son séjour dans cette prison, la jeune femme a séduit le directeur et un gardien, pour obtenir des colis, de l’argent, des cartes et des puces téléphoniques,
Pour justifier les relations intimes qu'il partageait avec Emma, le directeur de la maison d'arrêt explique qu'il était tombé amoureux de la jeune entôleuse et qu'il espérait la voir prochainement libérée pour refaire sa vie avec elle. On peut imaginer que l'inspection a sauvé le directeur d'un grave péril .Nul ne peut imaginer quel plan barbare aurait pu construire la séductrice une fois libérée.
En tout état de cause, le directeur a été suspendu de ses fonctions .
Il ne fait pas bon confondre la pénitentiaire et la licence.
Charles Debbasch