mercredi, mars 23, 2011

L'ONU DE LA NON-INGERENCE A LA VIOLATION DES SOUVERAINETES

L’ONU DE LA NON-INGERENCE A LA VIOLATION DES SOUVERAINETES
Un des principes de base de la société internationale est le respect de la souveraineté des Etats. La Charte des nations unies dans son article 2§7 précise justement « Aucune disposition de la présente Charte n'autorise les Nations Unies à intervenir dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un État ni n'oblige les Membres à soumettre des affaires de ce genre à une procédure de règlement aux termes de la présente Charte…»
Ce principe est combattu par les partisans du droit d’ingérence. Celui-ci consiste à reconnaître le droit des États de violer la souveraineté nationale d’un autre État, en cas d’atteinte massive des droits de la personne. Le devoir d’ingérence, quant à lui, est plus contraignant. Il désigne l’obligation morale faite à un État de fournir son assistance en cas d’urgence humanitaire. Ni le droit, ni le devoir d’ingérence n’ont d’existence juridique. Il n’empêche la communauté internationale et l’ONU interviennent dans les affaires intérieures des ETATS. Deux cas récents l’illustrent : la Côte-D’ivoire et la Libye.
En Côte d’ivoire ,l’ONU est intervenue violant le droit constitutionnel ivoirien. Elle a tout d’abord maintenu au pouvoir pendant cinq ans par des résolutions successives Laurent Gbagbo. Elle a ensuite reconnu précipitamment l’élection d’Ouattara sans appliquer les dispositions constitutionnelles du pays. L’Onu est aujourd’hui dans une impasse. La situation se dégrade de jour en jour.
La résolution votée récemment concernant la Libye pose des problèmes du même ordre. Une opération militaire est autorisée pour protéger les populations civiles mais l’ambigüité s’est installée. Qui doit agir et selon quelle concertation ? Où doit d’arrêter l’intervention ? S’agit-il vraiment de la seule protection des populations ou faut-il installer un autre pouvoir ? Les querelles sur les limites de l’ingérence donnent une ambiance de cacophonie à l’intervention.
Des problèmes plus vastes surgissent. Car si l’on autorise une opération en Libye pourquoi ne pas le faire au Yémen ou en Syrie, à Bahreïn ou en Algérie ?
Dés lors que l’on abandonne le respect des souverainetés, on assiste à des ingérences sélectives et nécessairement arbitraires.
Charles Debbasch

mercredi, mars 16, 2011

POLITIQUE DE L'ECOLOGIE OU ECOLOGIE POLITIQUE

POLITIQUE DE L’ECOLOGIE OU ECOLOGIE POLITIQUE
Le drame humain que vivent les japonais avec la conjonction du tremblement de terre et du tsunami s’aggrave avec les risques nucléaires. Les explosions successives dans les centrales démontrent que l’énergie atomique ressemble à un démon qui s’est libéré de ses chaines et qui échappe désormais à tout contrôle .Il n’en fallait pas plus pour relancer en France le débat sur le nucléaire civil.
Les écologistes traditionnellement hostiles aux centrales atomiques se trouvent renforcés dans leurs convictions. Noël Mamère, député Europe Ecologie-les Verts insiste pour "sortir progressivement du nucléaire sur 25 ans", avec dans l'immédiat plusieurs demandes fermeture de Fessenheim, "aussi vieille que Fukushima", arrêt de la construction de Flamanville, réforme de l'Autorité de sûreté nucléaire pour que le "surveillant ne soit pas surveillé". Il ajoute que "Ce n'est pas aux ingénieurs du corps des mines de décider" des choix sur l'avenir du nucléaire et plaide pour une surveillance populaire du nucléaire par un " panel de citoyens formés à l'expertise". Quant aux écologistes, Daniel Cohn-Bendit en tête, ils réclament un référendum sur le nucléaire en France.
Les écologistes semblent vouloir surfer sur la peur générée dans l'opinion par les désastres nucléaires pour distancer, lors de la campagne de 2012, l'UMP et le PS.
Il est vrai qu'une politique de l'écologie s'impose. Toutes les composantes du choix nucléaire doivent être appréciées par les décideurs politiques.et soumises à un débat public. Mais il faut, en revanche, se garder de l'écologie politique ou politicienne qui souhaiterait utiliser le cas japonais pour justifier un a priori anti énergie nucléaire. Toutes proportions gardées, les défauts de fabrication d'une voiture ne permettent pas de condamner la circulation automobile.et, s'il faut tirer les leçons du drame japonais, il ne faut pas davantage refuser d'apprécier les avantages d'une énergie nucléaire maîtrisée et sécurisée.

Charles Debbasch

dimanche, mars 13, 2011

LE CHEMIN TRANQUILLE DU ROI MOHAMMED VI

Si les manifestations n'ont jamais eu au Maroc l'ampleur et la résonance qu'elles ont rencontré dans d'autres pays arabes, c'est parce que le pays, sous l'impulsion de Mohammed VI, a pris une longueur d'avance dans sa marche vers la démocratie: élections libres et pluralistes, institutions conformes à l'Etat de droit, gestion économique et financière rigoureuse.

Face à la déferlante contestataire qui a bouleversé de nombreux pays arabes, le Roi aurait donc pu se contenter des résultats obtenus et se réjouir de l'avance du Maroc. C'est un chemin inverse qu'il a choisi: profiter de l'esprit du temps pour franchir un pas décisif dans la modernisation des institutions marocaines.

En annonçant une réformes constitutionnelle pour le mois de juin prochain , en confiant la rédaction du projet à un brillant juriste chargé de diriger les travaux de la commission de réforme, Mohammed VI fait le pari de la modernité et de l'innovation.

Il s'agit de franchir une nouvelle frontière dans le développement démocratique du Maroc.

Les lignes de force de la réforme ont été dressées avec clarté par le souverain.
La réforme constitutionnelle globale se fera, sur la base de sept fondements majeurs :.
Premièrement : la consécration constitutionnelle de la pluralité de l’identité marocaine unie et riche de la diversité de ses affluents,
Deuxièmement : La consolidation de l’Etat de droit et des institutions, l’élargissement du champ des libertés individuelles et collectives et la garantie de leur exercice, ainsi que le renforcement du système des droits de l’Homme dans toutes leurs dimensions, politique, économique, sociale, culturelle, environnementale et de développement.
Troisièmement : L'érection de la Justice au rang de pouvoir indépendant et le renforcement des prérogatives du Conseil constitutionnel, le but étant de conforter la prééminence de la Constitution et de consolider la suprématie de la loi et l’égalité de tous devant elle.
Quatrièmement : La consolidation du principe de séparation et d’équilibre des pouvoirs et l’approfondissement de la démocratisation, de la modernisation et la rationalisation des institutions, à travers :.
• Un parlement issu d’élections libres et sincères
• Un gouvernement élu, émanant de la volonté populaire exprimée à travers les urnes, et jouissant de la confiance de la majorité à la Chambre des représentants.
• La consécration du principe de la nomination du premier ministre au sein du parti politique arrivé en tête des élections de la Chambre des représentants et sur la base des résultats du scrutin.et Le renforcement du statut du Premier ministre en tant que chef d’un pouvoir exécutif effectif, et pleinement responsable du gouvernement, de l’administration publique, et de la conduite et la mise en œuvre du programme gouvernemental.
Cinquièmement :Le renforcement des organes et outils constitutionnels d’encadrement des citoyens, à travers notamment la consolidation du rôle des partis politiques dans le cadre d’un pluralisme effectif, et l’affermissement du statut de l’opposition parlementaire et du rôle de la société civile.
Sixièmement : La consolidation des mécanismes de moralisation de la vie publique et la nécessité de lier l’exercice de l’autorité et de toute responsabilité ou mandat publics aux impératifs de contrôle et de reddition des comptes.
• Septièmement : La constitutionnalisation des instances en charge de la bonne gouvernance, des droits de l’Homme et de la protection des libertés.
Ce cadre ne remet pas en cause les acquis qui font l'objet d'un consensus national: l’Islam en tant que religion de l’Etat garant de la liberté du culte, ainsi que la commanderie des croyants, le régime monarchique, l’unité nationale, l’intégrité territoriale. Mais il annonce la conclusion d'un nouveau pacte entre le trône et le peuple. L'institution monarchique s'adapte à son siècle et à une nouvelle exigence participative.
Ce discours royal d'une très haute tenue n'est pas une simple réponse à une minorité de contestataires, il est un appel à tous les citoyens pour fonder une nouvelle démocratie marocaine respectueuse de son histoire et confiante dans son avenir.
Charles Debbasch

vendredi, mars 11, 2011

VARIATIONS SUR UN SONDAGE

Le sondage Louis Harris qui donne Marine Le Pen entête du premier tour de la présidentielle secoue la classe politique traditionnelle. Même s’il présente des faiblesses évidentes : échantillon de sondés rémunérés, taux de correction des réponses inconnu et aléatoire, il n’en est pas moins révélateur d’une tendance dé l’électorat que l’on peut interpréter à la manière des quatre saisons de Vivaldi.
L’HIVER
Le sondage illustre le déclin des formations politiques traditionnelles. UMP comme PS sont à un étiage de 20% c'est-à-dire que la majorité de l’opinion se situe en dehors du jeu politique dominant. Inquiète devant- l’évolution de la situation économique, troublée par l’attitude du chef de l’Etat, elle est prête à manifester son dégoût de la classe politique traditionnelle. Il y a comme un grand froid entre l’opinion et sa représentation politique.

L’AUTOMNE
Les électeurs sont à la recherche de solutions d’espoir. Le Front national répond en partie à certaines de leurs appréhensions : la crainte d’une « invasion »étrangère, la peur du changement, l’inquiétude face à la délinquance. Comme les nuages s’accumulent, l’opinion pense qu’une explosion va se produire pour laver le système de ses impuretés.

LE PRINTEMPS
Les réponses des sondés sonnent comme un avertissement, une façon de signifier au sortant que l’on attend autre chose de lui : une attitude plus présidentielle, une politique économique plus active, plus de résultats. Une façon aussi de signifier aux autres candidats de cesser de se quereller et de proposer enfin un programme. Il convient aussi de ne pas négliger le Front national et ses électeurs en comprenant leurs inquiétudes et en n’ostracisant pas un parti qui cherche lui-même à gommer les excès de son précédent président.
L’ETE
A l’évidence ce sondage a des effets positifs.
Il sonne comme un avertissement à la majorité UMP et au Président Sarkozy pour qu’ils rectifient leur attitude. Assez de virages inconséquents, assez de réformes mal préparées. Il faut à, présent, adopter une ligne politique claire et s’y tenir, proposer un programme cohérent, rénover le personnel politique.
Il doit amener la gauche à plus de clarté. Les écologistes et Mélenchon associés doivent savoir qu’ils font courir un grave danger au candidat PS : celui de ne pas figurer au second tour. Il doit conduire le PS à choisir le plus rapidement possible son candidat et son programme.
Les électeurs souhaitent une nouvelle musique politique.

Charles Debbasch

vendredi, mars 04, 2011

VOL EN VOL

Le media France-Antilles rapporte qu’un homme a réussi à dérober 172 000 euros placés dans la soute d’un ATR-42 de la compagnie Air-Antilles Express au cours d'un vol entre la Guadeloupe et Saint-Martin.
Feignant d'être malade, le passager s'est enfermé longuement dans les toilettes, a démonté la cloison qui sépare les WC de la soute et a réussi à dérober une partie des 1,2 million d’euros qui s'y trouvaient et qui étaient destinés aux distributeurs automatiques de Saint-Martin. Pour tromper l'attention, une femme qui voyageait avec lui demandait de temps à autre de ses nouvelles pendant qu'il commettait son larcin.
Pour sortir plus commodément de l'aéroport, le malade imaginaire demanda "vu son état" l'assistance des pompiers et s'évapora ensuite dans la nature.
Quant à sa complice présumée , elle se fit tout simplement "pincer "en attendant ses bagages. Peut-être cette héroïne de ce vol en vol y cachait-t-elle quelques fanfreluches de femme volage .
Charles Debbasch

mercredi, mars 02, 2011

mANIFESTANTS A NU

Les manifestations pour demander plus de démocratie dans les pays arabes sont le fait d’hommes habillés. En Ukraine, en revanche, c’est une manifestation de femmes nues sous un froid polaire qui a retenu l’attention., Des militantes ukrainiennes, la poitrine nue et pour certaines partiellement vêtues de robes et voiles de mariée, ont manifesté à Kiev pour protester contre le tourisme sexuel dans leur pays.
Ces militantes ont dénoncé l'attitude d'une station de radio néo-zélandaise qui avait financé le voyage d'un auditeur en Ukraine pour trouver une fiancée. Elles brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "L'Ukraine n'est pas un bordel".
Alors que dans les pays arabes l’immolation par le feu était le sacrifice suprême, c’est l’exposition au froid qui, en Ukraine devient l’outil de lutte. Alors que les contestataires de l’orient cherchent à mettre le pouvoir à nu pour mieux nourrir et vêtir la population ; les protestataires du grand nord se déshabillent pour que les femmes protègent leurs atours contre les prédateurs masculins.
Tout feu, tout flamme d’un côté, toute nue, toute femme de l’autre.
Charles Debbasch

lundi, février 28, 2011

DES AFFAIRES ETRANGERES TRES INTERIEURES

Jamais Affaires étrangères n’auront été si intérieures. Telle est l’observation essentielle qu’appelle l’allocution du Président de la République annonçant un nouveau remaniement du gouvernement.

Les affaires étrangères n’excitent pas habituellement les passions. Mais le décalage de l’expression française par rapport aux réalités des exigences modernes des peuples n’a pas seulement coûté son poste à Madame Alliot_Marie,elle a aussi attiré l’attention sur les retards de la diplomatie francaise.Une administration corporatiste repliée sur ellemême. Une primauté du protocolaire et du formel sur l’économie. Cette mise en cause justifiée du Quai a provoqué une réaction indignée de fonctionnaires des Affaires étrangères. Ce groupe dit Marly fustige le pouvoir politique. 
‘’Pendant la guerre froide, nous étions dans le camp occidental, mais nous pesions sur la position des deux camps par une attitude originale. Aujourd'hui, ralliés aux Etats-Unis comme l'a manifesté notre retour dans l'OTAN, nous n'intéressons plus grand monde car nous avons perdu notre visibilité et notre capacité de manœuvre diplomatique. Cette perte d'influence n'est pas imputable aux diplomates mais aux options choisies par les politiques.
Il est clair que le président n'apprécie guère les administrations de l'Etat qu'il accable d'un mépris ostensible et qu'il cherche à rendre responsables des déboires de sa politique. C'est ainsi que les diplomates sont désignés comme responsables des déconvenues de notre politique extérieure. Ils récusent le procès qui leur est fait.’’
Il y a du vrai dans cette adresse. L’échelon politique néglige les capacités d’expertise du Quai. Les ambassadeurs sont déconnectés du réel par les rencontres directes des gouvernants. Mais l’administration des affaires étrangères tente aussi trop souvent d’imposer ses propres vues politiques au pouvoir politique On la sait plutôt socialiste, tiers-mondiste, anti-américaine et pro arabe.
Elle sait aussi se tromper comme elle l’a montré en ne prévoyant pas l’onde de choc démocratique qui bouleverse les pays arabes.
En prenant position en faveur de ce changement démocratique, Nicolas Sarkozy a rejoint les préoccupations intérieures en soulignant que si ce tournant démocratique était mal pris, nos pays connaitraient une immigration déferlante. C’est pourquoi les changements prévus à la tête du Quai se sont accompagnés d’une modification au ministère de l’intérieur. Deux poids lourds Alain Juppé et Claude Guéant sont chargés de ces lourdes responsabilités à quelques mois de l’élection présidentielle. Voila pourquoi ce gouvernement Objectif 2012 marie les préoccupations externes et internes .

Charles Debbasch