Le président du Parti radical, Jean-Louis Borloo, a annoncé jeudi 7 avril sa décision de quitter l'UMP.
L'ancien ministre de l'écologie a justifié sa décision par la dérive droitière du parti présidentiel. Il se propose d’organiser «l’aile sociale, l'aile humaniste de la majorité…Ce sera une alternative au PS et une alternative à l'UMP". Jean-Louis Borloo a notamment critiqué la politique de l'UMP sur l'immigration et l'insécurité.
On peut imaginer que sa décision s’inspire d’une stratégie présidentielle qui reste pour l’instant ambigüe.
S’agit-il d’épauler Nicolas Sarkozy en racolant au premier tour des voix du centre pour favoriser la victoire du président sortant au second tour ?
S’agit-il tout au contraire de provoquer l’élimination au premier tour du président sortant en lui enlevant les voix indispensables pour distancer Marine Le Pen ce qui serait pour le moins paradoxal pour un radical ?
S’agit-il d’une volonté de se rendre incontournable dans le jeu politique en soupesant ses voix ?
A l’évidence, une grande blessure a été infligée à Jean-Louis Borloo. Présenté- y compris par Nicolas Sarkozy- comme un premier ministrable, il s’était imaginé dans cet habit qui n’était que virtuel. Ecarté au dernier moment, il en a conçu de l’amertume et a refusé tout autre poste.
Il lui faut, aujourd’hui, exister autrement qu’en étant un dépité de Matignon.
Charles Debbasch
samedi, avril 09, 2011
BORLOO, LE DEPITE DE MATIGNON
vendredi, avril 08, 2011
LE PARTI SOCIALISTE: UN PROGRAMME SANS CANDIDAT
Faute d’avoir encore désigné un candidat, le Parti socialiste vient de publier son programme. Cette publication correspond à un double objectif.
Il s’agit tout d’abord d’occuper le terrain médiatique et de calmer les impatiences qu’engendre le retard forcé pour cause de statut international de Dominique Strauss-Kahn à se présenter.
Il s’agit d’autre part d’enfermer le futur candidat du PS dans un programme socialo-socialiste. Au moment où les sondages font apparaître l’économiste du FMI comme le candidat favori du centre droit, c’est une façon de lui rappeler que, si le PS l’investit, il sera tenu de se conformer aux dogmes socialistes.
Le projet s'articule autour de trois idées forces.
D'abord, le redressement de la France fondé sur l'innovation technologique et sociale, une société créative, une politique industrielle active, une agriculture de proximité et de qualité.
Ensuite, la promotion d'une société de justice et de respect, fondée sur l'égalité réelle, avec des droits adaptés à chacun, mais aussi des devoirs.
Et enfin, de nouvelles pratiques démocratiques pour que les citoyens contribuent réellement aux décisions et à la transformation de la société.
L‘accent est mis sur l’emploi des jeunes. le Parti socialiste a adopté un "plan pour l'emploi des jeunes". Le parti propose de créer 300 000 "emplois d'avenir" financés à 75 % par l'Etat. C’est la reprise des emplois jeunes des années 1997.
Ce projet socialiste est assez précis pour encadrer le candidat du parti et il est assez vague pour permettre au futur héraut du mouvement de le transposer à son image. Il reste dans une logique de gauche en misant sur les recrutements publics et l’augmentation des impôts.
Dans la situation de crise que connait la France, les remèdes sont difficiles à trouver. Ce qui laisse pressentir que la présidentielle se jouera sur les personnalités plus que sur les programmes.
Charles Debbasch
mercredi, avril 06, 2011
LA DROITE A SAUTE MOUTON SUR 2012
LA DROITE A SAUTE-MOUTON SUR 2012
Malgré leur caractère si faiblement prévisionnel à quinze mois des présidentielles, les sondages calamiteux pour Nicolas Sarkozy ont un effet sur sa majorité qui se divise face à l’échec annoncé.
La lutte se circonscrit pour l’instant à deux personnages clés : le premier ministre François Fillon et le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, qui ont déterré la hache de guerre.
Le débat a porté tout d’abord sur la consigne de vote pour le second tour des cantonales. Tandis que Copé s’en tenait à la stricte position du Président de la république »ni Front républicain, ni vote pour le front National », Fillon paraissait s’en démarquer et choisir plutôt pour un front républicain.
Il s’est situé ensuite sur le terrain idéologique. Tandis que Copé ouvrait un débat sur la place de la laïcité et de l’Islam, Fillon paraissait peu désireux de s’engager sur ce terrain. Il n’en fallait pas plus pour que le secrétaire général de l’UMP laisse éclater sa colère et reproche au locataire de Matignon de jouer ‘’perso ‘’ et de manquer de loyauté à l’égard du Président de la République. Cet incident n’était pas encore clos que, dès le 3 avril, Jean-Pierre Raffarin, sénateur UMP et ancien premier ministre, mettait en doute la "loyauté" de François Fillon vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Tandis que le 4 avril le député UMP Claude Goasguen estimait que le premier ministre commettait "une grave erreur" en essayant de "se démarquer de Nicolas Sarkozy".
Derrière cette guerre se profilent deux débats importants
Le premier concerne le recentrage politique de la majorité. Le courant Fillon estime que ce serait une erreur de droitiser la majorité pour combattre le Front National. Pour la tendance Copé- Sarkozy, ce n’est pas parce qu’un thème est évoqué par le FN qu’il faut pourtant négliger les préoccupations des électeurs qu’il recèle.
Le second est d’ordre institutionnel, c’est le respect de la hiérarchie entre le Chef de l’Etat et le premier ministre. Ce n’est pas parce que sa cote de popularité dans les sondages dépasse celle du chef de l’Etat que François Fillon doit méconnaître les principes fondamentaux de la cinquième République.
Et Jean-Pierre Raffarin d’enfoncer le clou.
Déçu du choix présidentiel de l'automne 2010 de conserver François Fillon comme premier ministre, Jean-Pierre Raffarin estime qu’à 14 mois de la présidentielle, il ne serait pas trop tard pour remplacer M. Fillon en effectuant "un saut de génération» en nommant soit François Baroin, le ministre du budget, soit Bruno Le Maire, le ministre de l'agriculture. L‘ancien premier ministre lance un avertissement à François Fillon. «On ne peut pas avoir, dans la Ve République, sur une question aussi fondamentale, un sujet aussi fort, une divergence entre le président et le premier ministre, Il y a eu trouble. Il y a eu divergence entre le président de la République et le premier ministre.» «François Fillon le sait aussi bien que moi, le principe de loyauté est le principe de Matignon. Ce n'est pas le principe de précaution qui compte, à Matignon.» Et Jean-Pierre Raffarin menace : «Je suis sûr que François Fillon aura à cœur dans les jours qui viennent d'afficher clairement cette loyauté. Elle est fondamentale.»
Le débat est cependant encore plus profond.On peut se demander si les deux personnages clés que sont Fillon et Copé ne sont pas en train de jouer une partie qui dépasse 2012.
Convaincus que l’élection présidentielle prochaine est perdue pour la droite, ils ont entamé une lutte pour le leadership en 2017. Pour eux, ce serait saute-mouton sur 2012.
A moins qu’ils ne soient plus pressés et que les sirènes qui imaginent Sarkozy hors-jeu pour 2012 ne troublent leurs pensées…
Charles Debbasch
mardi, mars 29, 2011
UN EMPLOYEUR DE REVE
La jeunesse est imprégnée de la culture Internet au point qu’un américain sur quatre aspire à travailler pour le groupe du moteur de recherche Google. Apple est à la seconde place avec un diplômé sur huit suivi de Walt Disney, le département d’État, Amazon, le Fbi, Microsoft, la Nasa, la Cia.
C’est ce que révèle une étude, rapportée par le Wall Street Journal, et réalisée sur un échantillon de 12,164 personnes choisies parmi les, diplômés ayant une expérience de travail et d'un à huit ans.
Chaque génération a eu ses rêves.
Aux débuts de l’aviation, les enfants se voyaient pilotes. Avec l’expansion des media, chacun s’imaginait journaliste ou présentateur de télévision. Internet est le véhicule social le plus important dans la société moderne. Il permet à chacun d’être à la fois concepteur et lecteur de contenus.
Internet est la vitrine active et foisonnante de la création mondiale. Il est permis à chacun de rêver de contribuer à son développement.
Charles Debbasch
lundi, mars 28, 2011
CANTONALES: DES ELECTIONS DE REJET
Quand plus de la moitié des électeurs boudent les urnes, c’est un signal fort de rejet du système politique qui est envoyé. Manifestement, les électeurs estiment que les forces politiques traditionnelles ne répondent pas à leurs aspirations et ne sont pas capables de répondre aux problèmes qui se posent à la société française .Le taux de chômage reste élevé. Les prix augmentent et le pouvoir d’achat diminue, les suppressions d’effectifs dans la fonction publique ne sont pas comprises .Les délocalisations se poursuivent. Le pessimisme s’est installé dans l’opinion publique. Le parti des abstentionnistes est devenu avec ces cantonales le premier parti de France.
Les succès et les échecs des différents partis doivent être interprétés à la lumière de ce rejet global.
Le parti socialiste bat l’UMP à plate couture et poursuit son implantation territoriale. Mais son avenir est problématique. Il est concurrencé par le Front de gauche et les Verts.Il est divisé face à la compétition présidentielle. Il n’a pas de solution miracle pour relancer l’économie ou augmenter le pouvoir d’achat. S’il gagne l’élection présidentielle, il ne disposera que d’une marge de manœuvre très étroite en raison de la situation financière difficile de la France.
L’UMP connait un grave échec. Celui-ci est du à la situation économique mondiale. Dans tous les pays européens, la crise économique plombe la situation du parti au pouvoir.la France n’échappe pas à cette constante.Par ailleurs , la dégradation de la confiance dans le président Sarkozy rejaillit naturellement sur son parti. D’autant que, malgré un virage droitier, l’UMP ne réussit pas à endiguer la marée montante du Front national. Avec sa nouvelle présidente, Marine le Pen, le FN s’installe dans le paysage politique et est considéré comme un parti comme les autres par une majorité de Français. Des sondages prédisent même que Nicolas Sarkozy serait distancé par la présidente du Front national lors du premier tour de la prochaine élection présidentielle.
Exercice de science fiction , bien sûr, à quinze mois de l‘élection présidentielle. Mais, la simulation en vote réel qu’ont constitué les élections cantonales démontre que des bouleversements considérables de notre paysage politique sont prévisibles.
Charles Debbasch
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dimanche, mars 27, 2011
VIVRE A L'ABRI DES CATASTROPHES
En ces temps troubléss où les tremblements de terre, les tsunami et autres inondations ravagent la planète, des chercheurs se sont efforcés de déterminer les pays les plus indemnes de ces risques.L’International disaster database, catalogue rassemblant les 11000 grandes catastrophes naturelles des années 900 à nos jours a conclu que les pays les plus à l’abri des catastrophes naturelles seraient l’Estonie, le Qatar, Bahreïn et les Emirats Arabes unis tandis que les pays les plus exposés seraient l’Ethiopie et le Bengladesh .
Mais ne nous précipitons pas pour nous installer dans les pays privilégiés car les catastrophes naturelles ne sont pas les seuls périls que les êtres humains doivent affronter.
L’activité des hommes est souvent plus dangereuse que l’action des causes naturelles. Ce n’est pas le moment d’aller à Bahreïn où, pour des raisons politiques, des affrontements meurtriers se déroulent. Et, il est des pays exposés aux catastrophes naturelles, comme le Japon, qui ajoutent à la main de Dieu, l’action irresponsable des hommes.
Notre époque qui voudrait créer des sociétés sans risques est sans doute celle où les activités de l’homme sont encore plus destructrices que l’action des forces de la nature.
Charles Debbasch
vendredi, mars 25, 2011
LES CANTONALES ET LA DECOMPOSITION DU PAYSAGE POLITIQUE
Même si les élections cantonales ne sont que des élections locales, les résultats du premier tour révèlent une décomposition du paysage politique et une désaffection des citoyens à l’égard de leur classe politique.
L’abstention est à un niveau record : 55,68%.Quant aux scores réalisés par les deux principales formations politiques : le PS et l’UMP, ils sont calamiteux. Le PS avec 24,94 des suffrages exprimés distance l’UMP qui, avec 16,97%, réalise un de ses plus mauvais scores. Les deux partis réunis ne rassemblent que 18,03 %des électeurs inscrits soit moins de un électeur sur cinq !
Les électeurs sont inquiets devant la dégradation de la situation économique et ne trouvent pas dans les propos du personnel politique des propositions encourageantes. Dans ces conditions, l’abstention et le vote protestataire se développent.
Le Front national bénéficie tout naturellement de cette situation. Il talonne l’UMP avec 15,06% des suffrages exprimés. Arrivé en tête dans 39 cantons, le Front national s'est qualifié dans le quart des cantons encore à pourvoir. 200 duels opposeront FN et PS.la question s’est donc posée de savoir quelle attitude l’UMP doit adopter dans une telle situation. La consigne officielle «ni Front national, ni front républicain" avec la gauche, préconisée par l'Elysée, a provoqué le trouble notamment dans l’horizon centriste.
Le second tour des cantonales permettra aux électeurs de trancher et de marquer des orientations qui réagiront sur la prochaine grande compétition présidentielle.
Charles Debbasch