samedi, avril 30, 2011

CONSEILS AUX TOURISTES:RENDEZ-VOUS AU MAROC

Conseils aux voyageurs : rendez-vous au Maroc
L'attentat à la bombe de Marrakech, qui a fait seize morts n'a toujours pas été revendiqué mais la piste islamiste est principalement évoquée. Il s’agit comme l’a dit Nicolas Sarkozy d’un «acte odieux, cruel et lâche qui a fait de très nombreuses victimes parmi lesquelles des Français. »
Il faut s’incliner avec émotion devant la mémoire des victimes et partager la souffrance des blessés.
Il convient aussi de prendre toute la part de la douleur du peuple marocain et de comprendre la portée de l’évènement.
L’attentat s’est déroulé au premier étage d’un café-restaurant, sur la célèbre place Djemaa el Fna, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco fréquentée chaque jour par des milliers de touristes étrangers et de Marocains. Les auteurs de cet acte ignoble ont voulu tuer sciemment.
Ils ont aussi voulu porter un coup décisif au régime marocain.
Le Maroc au milieu d’un monde arabe troublé poursuit, sous la conduite éclairée du roi Mohamed VI ,une marche vers la modernisation et le développement dans la poursuite de la démocratisation. Il a échappé pour cette raison aux mouvements de contestation de masse de type tunisien ou libyen.
Les auteurs de l’attentat ont voulu déstabiliser le pays .Leurs souhaits sont sans doute multiples.
Provoquer une réaction autoritaire pour tenter de gonfler les forces d’opposition.
Porter un coup décisif au tourisme au Maroc en effrayant les voyageurs et par voie de conséquence déstabiliser toute l’économie marocaine.
La meilleure réponse à ce fascisme se situe donc sur ce terrain.
Toutes les démocraties sont menacées par ce même terrorisme .Chaque jour des attentats sont déjoués dans les Etats européens, comme ils l’ont été la plupart du temps au Maroc. Nul pays n’est à l’abri de ce cauchemar.
Les ministères des affaires étrangères ont l’habitude de suggérer à leurs nationaux de ne pas se rendre dans les pays où existent des risques pour la sécurité des personnes.
Je propose que ces conseils pour les voyageurs soient adaptés pour le cas marocain de la façon suivante :
« Il est conseillé aux touristes de se rendre au Maroc
-Pour appuyer la marche tranquille du Maroc vers le développement et la démocratie,
-Pour apprécier les merveilles de sa culture, la qualité d’accueil de sa population dans le respect des mœurs et de la haute civilisation du pays
et
-pour signifier aux démons terroristes que leur chantage ne passera pas
Charles Debbasch

mardi, avril 19, 2011

COMMENT FAIRE VOTER LES ENFANTS

Le nouveau gouvernement de droite hongrois a décidé d'adopter un projet de loi qui donne aux mères qui ont des enfants en bas âge des votes supplémentaires pour les élections. Il justifie ainsi sa proposition: « environ 20 p. 100 de la population sont des enfants, ainsi une part importante de la population n'a pas sa propre représentation et ses intérêts ne sont pas pris en compte »

Et le Parti conservateur Fidesz d’argumenter« Nous savons que cela peut sembler une idée inhabituelle, mais dans les années 1950, il était rare de faire voter les gens de couleur, il y a 100 ans, il était inhabituel de permettre aux femmes de voter. »

Ainsi on pourra donner la parole à une génération nouvelle avant même qu’elle accède à la conscience politique.Cette idée avait été proposée en 1986 par le démographe américain Paul Denemy.
Idée a priori révolutionnaire, elle a cependant à coup sûr un effet conservateur. Le conformisme des mères est toujours plus grand que celui des pères.Il est vrai que l’on peut perfectionner le système en accordant une demi-voix à la mère et une demi-voix au père.
A moins que l’on admette qu’en politique les électeurs se comportent comme des enfants et qu’on permette aux enfants de voter comme des adultes. La vérité ne sort elle pas toujours de la bouche des enfants !
Charles Debbasch

lundi, avril 18, 2011

PRESIDENTIELLE: SARKOZY DEJA BATTU ?

A un an de la présidentielle que faut-il conclure de l’état de l’opinion à l’égard de Nicolas Sarkozy et des sondages désastreux pour le locataire de l’Elysée ? Deux données contradictoires sont exposées par les éditorialistes. Les uns rappellent que le favori à un an de la présidentielle n’a jamais été élu. Les autres insistent sur le fait que Nicolas Sarkozy est le plus mal placé des présidents dans les sondages
LE CANDIDAT FAVORI A UN AN DE LA PRESIDENTIELLE N’A JAMAIS ETE ELU

«On ne peut pas dire que le favori ne l'emporte jamais. Mais c'est quand même la règle, précise Bruno Jambart, directeur des études politiques d'Opinion Way. Et l'offre électorale n'est jamais fixée un an avant.»

En Mai 1994. Edouard Balladur bénéficie de 41% d'intentions de vote en sa faveur, contre 17% à Jacques Chirac, Les sondages prédisent que Édouard Balladur écrasera le candidat de gauche avec plus de 65%! Pourtant en 1995 Jacques Chirac élimine Édouard Balladur et devient président de la République.
Au printemps 1980, la cote de Valery Giscard d’Estaing est à un très haut niveau: 56% en avril 1980 et 53% en décembre. Lui-même précisera dans ses Mémoires : «Tous les sondages sans exception me donnent gagnant.» mais lors de l’élection Jacques Chirac candidat, réalisera 18% au premier tour et le fera battre au second. Mitterrand est élu.
En 1987, un an avant la présidentielle Chirac, premier ministre, est le candidat virtuel. Pourtant les sondages font émerger un troisième homme : Raymond Barre, qui dépasse largement Jacques Chirac .Pourtant en un an, Chirac (19,9%) va refaire son handicap sur Barre (16,5%) avant d'échouer, (56-44) face à François Mitterrand.
Pour l’élection de 2002. Lionel Jospin, premier ministre depuis 1997, est le favori. Tout au long de l'année 2001, les sondages donnent Jospin vainqueur au second tour face à Chirac (avec Le Pen à 7% au premier tour...) Ces sondages seront brutalement démentis par la vérité des urnes. 19,9% pour Chirac, 16,9% pour Le Pen, 16,2% pour Jospin. Et Jacques Chirac sera réélu avec 82%.
En avril 2006, Ségolène Royal bat Nicolas Sarkozy dans la plupart des sondages et pourtant Sarkozy sera élu

On est dés lors tenté de conclure que les sondages actuels ne valent pas condamnation inéluctable de l’actuel président.Il faut cependant nuancer cette conclusion car Nicolas Sarkozy est le président sortant le plus mal placé.
SARKOZY, EST CEPENDANT LE PRESIDENT SORTANT LE PLUS MAL PLACE
Directeur du département Opinion de l’IFOP, Frédéric Dabi a dressé un tableau de la popularité des Présidents de la République douze mois avant l’élection présidentielle.
Pour lui l’examen de la popularité des Présidents de la République, douze mois avant l’élection présidentielle est susceptible de donner des éléments d'anticipation de la prochaine élection présidentielle.
Sarkozy est deux fois moins populaire que Mitterrand et Chirac à la même époque. La popularité de Nicolas Sarkozy, un an avant la fin de son mandat est de loin la plus faible (28% de satisfaits - 72% de mécontents), comparée à ses prédécesseurs s’apprêtant à solliciter de nouveau les suffrages des Français. Un an avant leur réélection, François Mitterrand et Jacques Chirac obtenaient dans le baromètre IFOP /JDD un score de 56% de satisfaits. universel.
La comparaison avec Valéry Giscard d’Estaing, seul Président sortant non réélu, est significative. La cote de satisfaction de Nicolas Sarkozy mesurée en avril 2011 est en deçà de 17 points sur les opinions positives et surtout de 30 points sur les jugements négatifs avec celle de Valéry Giscard d’Estaing, unique Président de la Vème République n’étant pas parvenu à obtenir sa réélection à l’issue de son mandat.
On peut conclure de l’ensemble de ces données que Nicolas Sarkozy n’est pas inéluctablement condamné par la mesure actuelle des sondages mais qu’il lui sera, en revanche, difficile de surmonter le handicap de son actuelle impopularité.
Charles Debbasch

samedi, avril 16, 2011

LA LIBERTE ET LES MENOTTES

Dans une avancée démocratique incontestable, la Cour de Cassation vient de décider que la présence de l'avocat pendant la durée de la garde à vue était d'application immédiate.
La Cour de cassation estime : que “les Etats adhérents à la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales sont tenus de respecter les décisions de la Cour européenne des droits de l’homme, sans attendre d’être attaqués devant elle ni d’avoir modifié leur législation», Elle a, en conséquence décidé que les nouvelles règles de la garde à vue, prévoyant notamment la présence des avocats lors de tous les interrogatoires, devaient s'appliquer "immédiatement".
Il s’agit d’une évolution remarquable de notre droit pénal qui renforce les libertés des citoyens d’une façon que certains jugeront peut être excessive. Car ,pendant que le législateur et le juge cherchent à augmenter les libertés, certains individus cherchent à créer de nouvelles contraintes.
A Carcassonne, une retraitée de 63 ans, tenait dans la rue un Roumain de 40 ans, la braguette ouverte, une chaînette fixée à ses testicules après un défi lancé par celui-ci. Interpellés et placés en garde à vue «pour attentat à la pudeur», les prévenus ont été condamnés à dix euros d'amende avec sursis .Lors de l'audience, le procureur de la République leur a conseillé de «réserver leurs jeux à l'intimité de leur domicile», ajoutant que «réaliser un fantasme diminue la libido».
A Montauban, un citoyen bien sous tous rapports est venu au commissariat pour tenter de se faire enlever une menotte trop serrée qu’il avait fixée lors d’un jeu sexuel à son poignet gauche et dont il n’arrivait plus à se défaire
Voilà les dangers d’une société libertaire.
Libérés de toute contrainte, les citoyens cherchent à s’inventer de nouvelles chaines et à s’enfermer dans des prisons imaginaires !
Charles Debbasch

mercredi, avril 13, 2011

LE NOUVEAU PARTI DU BONHEUR

Le Premier ministre britannique David Cameron a promis de faire de la Grande-Bretagne une société plus heureuse et a demandé à des statisticiens de mesurer le bien-être national. Un professeur de la London School of Economics l’a pris au mot et a créé un nouveau mouvement, Action pour le Bonheur, "mouvement massif pour une société plus heureuse".
Le credo de cette nouvelle association est que l’augmentation du niveau de vie dans nos sociétés développées n’accroit pas notre bonheur. Celui-ci dépend des gestes individuels de gentillesse.
On savait déjà que l’argent ne fait pas le bonheur. Mais nos hommes politiques s’étaient enfermés dans des crédos productivistes et financiers. Les citoyens ne se laissent pas enfermer dans des règles à calcul. Un sourire et une poignée demain valent mieux que la quête effrénée de l’argent. Apporter du bonheur dans la monde qui nous entoure génèrera une société plus épanouie et plus sereine.
Au moment où les plus grands économistes sont incapables de nous guérir de la crise, le moment est sans doute venu de nous donner la main pour refonder notre société.
Charles Debbasch

mardi, avril 12, 2011

LA CHUTE DE LAURENT GBAGBO

L’arrestation de Laurent Gbagbo par l’action conjuguée de l’ONUCI et des forces républicaines ivoiriennes avec le soutien des forces françaises après quatre mois de crise sera accueillie avec soulagement y compris par ses propres partisans.
La coexistence guerrière de deux pouvoirs était de plus en plus insupportable.
Pour tous les Ivoiriens qui se voyaient enfermés contre leur gré dans un conflit régionaliste et ethnique.
Pour tous les étrangers vivant dans le pays menacés et apeurés par une situation d’anarchie.
Pour tous les Africains qui voyaient leur continent déstabilisé par cette guerre fratricide.
Pour la communauté internationale qui avait reconnu Ouattara comme Président légitime et qui avait investi de lourds moyens dans le but d’installer un nouveau président au pouvoir.
Pour tous les Togolais aussi.
La prolongation du conflit en Côte d’ivoire avait de nombreuses répercussions sur les autres pays africains et notamment sur le Togo.
Un véritable pont aérien avait du être organisé entre Abidjan et Lomé pour évacuer vers la capitale togolaise tous les étrangers qui souhaitent échapper à l’enfer ivoirien. Plus de 2000 réfugiés ont été ainsi accueillis grâce à la coordination nationale d’assistance aux réfugiés et l’aide de nombreuses familles togolaises. Le port de Lomé était également lourdement surchargé à la suite de la fermeture des ports ivoiriens. Il fallait, en effet, accueillir les navires détournés et acheminer autant que faire se pouvait les marchandises vers la Côte d’Ivoire.
Le blocage de l’économie ivoirienne perturbait toute l’Afrique de l’Ouest et provoquait un renchérissement des marchandises alors que chacun s’interrogeait sur le maintien de la parité du CFA.
On ne saurait surtout oublier la contribution apportée par l’armée togolaise aux Forces des Nations Unies. Les soldats togolais unanimement loués pour leur sang froid , leur professionnalisme et leur impartialité s’étaient intégrés avec succés dans les forces de l’ONUCI commandées par un général togolais.
Le Togo , grâce à la position sage et mesurée de son Chef d’Etat , s’est bien gardé de jeter de l’huile sur le feu dans ce conflit. Il a su aider à la recherche d’une solution conforme à la morale internationale.
Il va falloir, à présent, rétablir l’autorité de l’Etat en Côte d’Ivoire, veiller à la réconciliation nationale, reconstruire l’économie et exercer la justice avec sérénité. C’est une lourde tâche qui attend le nouveau Président et son gouvernement.
La prolongation de la crise ivoirienne et les désastres humains et matériels qu’elle a occasionnés doivent être l‘occasion d’une réflexion collective sur les enseignements à tirer de cette situation.
Il faut tout d’abord en finir avec l’absolutisme de la loi de la majorité qui n’est pas acceptée en Afrique. Il faut mettre en place une démocratie innovante qui multiplie les plages de consensus et qui ne concentre pas tous les pouvoirs dans la majorité arithmétique.
Il convient ensuite de favoriser les successions tranquilles en assurant aux anciens chefs d’Etat une immunité et un statut financier qui n’incitent pas les gouvernants à s’accrocher au pouvoir.
Il faut enfin bien définir les règles d’une intervention internationale si le besoin s’en fait sentir. En Côte d’Ivoire, elle est intervenue trop tard après dix ans de tolérance des excès de Laurent Gbagbo. Elle ne s’est pas assez appuyée sur les institutions régionales africaines. Elle a donné l’impression de favoriser un des camps en conflit.
Et comme prévenir vaut mieux que guérir, il faut mettre en place des institutions de médiation de haut niveau qui pourraient être les meilleurs remparts contre les guerres et les désordres.
Charles Debbasch

dimanche, avril 10, 2011

LE SOMMEIL DE L'AVOCAT ET LA CONCENTRATION DU JUGE

Le 6 avril dernier au tribunal de Nancy, un avocat s'est endormi en pleine audience alors qu'il avait été commis pour défendre un jeune accusé de vol.
Tandis que le président de la juridiction exposait les faits reprochés au prévenu, les yeux de l’avocat se sont refermés et sa tête a fléchi. Réveillé en sursaut par le juge qui l’apostrophait en grondant, le défenseur a nié s’être endormi et a répliqué : "Non, je me concentre".
Le procureur a demandé un changement d'avocat, tandis que le président du tribunal a interpellé l'accusé : "Qu'est- ce que vous en pensez ? Vous voulez un avocat qui ne roupille pas ?". Le jeune délinquant n’ayant pas répondu, le tribunal s’est retiré le temps qu’un autre avocat soit désigné.
Au final, la peine a été aussi lourde que le sommeil de l’avocat. Reconnu coupable d'avoir fracturé des voitures alors qu'il était en liberté conditionnelle, le jeune prévenu a écopé de deux ans de prison dont 14 mois avec sursis.
L’histoire ne dit pourtant pas quelle est la réalité de la situation lorsque dans les audiences d’après-midi sous la lourde chaleur méridionale des magistrats ferment les yeux.
Se concentrent-ils ou rêvent-ils au craquant de la choucroute et au fumet des saucisses qu’ils ont savourés lors du déjeuner ?
Charles Debbasch