Tandis que Jacques Chirac et François Hollande inauguraient le 11 juin une exposition d'art ancien chinois dans le «Musée du président Jacques Chirac» à Sarran, en Corrèze l’ancien président de la République s’est exprimé ainsi : «Je peux dire que je voterai François Hollande. «J'aime beaucoup Alain Juppé, mais comme il ne sera pas candidat, je voterai pour toi», a-t-il notamment affirmé à François Hollande. Ses conseillers auront beau lui demander de se taire, l'ancien président répétera ses propos. "Je vais voter pour lui (M. Hollande), sauf si Juppé se présente parce que j'aime bien Juppé".
Ces déclarations ont embarrassé les partisans de François Hollande qui en lutte pour obtenir l’investiture du Ps, ne peut pas passer pour être soutenu par un ancien Président de droite.
Elles ont naturellement inquiété la droite qui y voit un grand danger pour la réélection de Nicolas Sarkozy.
C’est pourquoi Jacques Chirac a publié un communiqué dans lequel il précise qu'il avait voulu faire de l'humour.
"Il s'agissait d'humour corrézien entre républicains qui se connaissent de longue date. Je déplore que cela ait pu être interprété autrement", explique-t-il.
Jacques Chirac tient à rappeler, comme il "l'a toujours dit", qu'il "ne prendra pas part au débat politique et en particulier à celui de la campagne présidentielle".
Pourtant ce démenti ne convainc pas. Tout d’abord parce que la déclaration de Jacques Chirac coïncide avec la publication du second tome de ses mémoires dans lesquels il égratigne Nicolas Sarkozy il dépeint son successeur comme un homme "nerveux, impétueux ne doutant de rien et surtout pas de lui-même", et le soupçonne d'être à l'origine d'attaques contre lui.
D’autre part, parce que les campagnes présidentielles passées démontrent que les camps les plus solides se fissurent sur l’autel deb la présidentielle. Jacques Chirac lors de la présidentielle de 1981 donne des directives plus ou moins secrètes pour faire battre Valéry Giscard d’Estaing qui à ses yeux n’a pas assez soutenu le parti gaulliste. François Mitterrand en 2002 soutient discrètement Chirac contre Jospin qui a eu le tort de revendique un droit d’inventaire à l'égard de l’héritage de François Mitterrand ;
C’est une caractéristique de la vie la politique. Les opposants sont moins dangereux que les partisans. Qu’un opposant arrive au pouvoir et applique une autre politique c’est la loi du genre dans la démocratie. Mais qu’un ami politique prétende s’écarter de la route de son prédécesseur choque celui-ci qui aurait espéré plus de fidélité.
Voilà pourquoi, malgré l’humour corrézien, il n'est pas exclu que Jacques Chirac pense sérieusement à voter François Hollande
Charles Debbasch
lundi, juin 13, 2011
HOLLANDE CANDIDAT DE CHIRAC ?
mardi, juin 07, 2011
PORTUGAL:L'AUSTERITE COULE LES SORTANTS
PORTUGAL : L’AUSTERITE COULE LES SORTANTS
Le Portugal vient de confirmer la règle. Touchés par la crise, les citoyens renvoient les sortants. La droite a remporté les législatives anticipées du 5 juin,
Six années de gouvernement socialiste ont pris fin avec la démission de José Sócrates. Le peuple fait payer au Premier ministre le plan d’austérité imposé par l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le FMI.
Plusieurs enseignements peuvent être tirés de cette élection .
Tout d’abord, il est très difficile en période de crise, aux sortants d’expliquer et de faire comprendre à la population que la situation n’est pas due à un défaut de gouvernance mais à une situation de crise qui dépasse le pays.
Ensuite, la valse politique qu’entraine la crise est plus un mouvement de dépit, la traduction d’une vengeance populaire à l’égard de gouvernants qui n’ont pas su échapper à la conjoncture internationale. Mais ce vote sanction ne peut entrainer aucune conséquence politique puisque les nouveaux gouvernants devront appliquer le même plan d’austérité que celui reproché à leurs prédécesseurs.
Est ce à dire qu’il n’y a plus de différence entre la droite et la gauche dans les pays européens. Je ne le crois pas. Les programmes de gauche ne se sont guère adaptés aux nouveaux déséquilibres économiques Ils restent imprégnés d’étatisme bureaucratique : les socialistes souhaitent toujours renforcer l’emprise de l’Etat sur la société avec le développement des emplois publics. La gauche défend toujours la réduction de la durée du travail et l’augmentation des salaires .Elle préfère lisser filer les déficits plutôt que de remettre de l’ordre dans les finances. Mais, chacun sait que ces programmes sont condamnés dans la société internationale actuelle et que les réalités économiques se rappellent bien vite aux gouvernants qui prétendraient les ignorer.
Les citoyens qui pensaient que leur vote sanction pouvait changer la situation éprouvent une grande désillusion .Ils mettent la droite et la gauche dans le même panier et favorisent le déferlement des extrémismes de tous ordres.
Charles Debbasch
dimanche, juin 05, 2011
LE SEXE ET LA POLITIQUE A PROPOS DE LA RUMEUR DE LUC FERRY
Que les faits soient avérés ou inexacts, la rumeur véhiculée par Luc Ferry sur Canal plus est à elle seule une affaire grave. Que l’on en juge : le distingué philosophe a affirmé qu'un ancien ministre serait impliqué dans une affaire de pédophilie .Il a évoqué le cas d’un "ministre qui s'est fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons". Jack Lang ne s’y est pas trompé tout en démentant être le ministre incriminé, il a déclaré "Comment quelqu'un dont le métier est d'être philosophe, donc au sens étymologique d'être un sage, a-t-il pu s'adonner ou s'abandonner" à une telle chose et il a affirmé se réjouir "que le procureur ou le parquet en entendant de tels propos ouvre une enquête. Parce que, ou bien l'homme qui s'est exprimé a menti et c'est grave moralement. Ou bien il dit la vérité et qu'il dise qui est l'homme ou la femme concerné, sur quelle base, quelles preuves".
Dans ces conditions, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire et Luc Ferry a été entendu par les policiers. Un tourbillon de critiques a frappé justement Luc Ferry qui ou bien aurait du se taire s’il ne possédait pas d’éléments certains, ou bien aurait du expliciter ses déclarations s’il était en possession de preuves de ses allégations
Cette affaire est le sous- produit du dossier Strauss-Kahn, Le projecteur est maintenant mis sur la vie sexuelle des hommes politiques, Une occasion de rappeler les règles en la matière,
En principe, la vie sexuelle est de nature privée et elle bénéficie du droit au respect de la vie privée. Toute révélation relative à la sexualité des individus doit être proscrite qu’il s’agisse de la divulgation de faits dévoilant les préférences sexuelles ou de la révélation de faits ayant un simple rapport avec la notion de sexe .
Mais ce qui est valable pour tout un chacun, l’est moins lorsque l’on a affaire à un personnage public. Le public est en effet en droit de connaître tout ce qui dans la vie privée peut apparaître comme la confirmation ou le démenti de la vie publique. Le droit à l’information transcende ici le respect de la vie privée. Si un homme politique prêche dans ses activités publiques la fidélité conjugale et qu’il a une ou plusieurs maîtresses, il est légitime que le public en soit informé. De même, la participation à un fait d’actualité vient autoriser l’investigation sur la vie privée. L’affaire Strauss Kahn en est un bon exemple .Le personnage public sera également soumis à une plus grande rigueur s’il se sert de l’autorité que lui procurent ses fonctions pour imposer à des individus des contraintes de nature sexuelle.
En d’autres termes, l’homme politique peut mener son activité sexuelle en toute liberté .Mais, il devra respecter encore plus strictement qu’un simple citoyen les dispositions légales qui protègent les mineurs ou les subordonnés .Il devra également veiller à ce qu’il n’y ait pas de contradiction entre son discours et ses actes.
En somme, l’homme public doit se garder de prêcher la vertu s’il pratique le vice ou de défendre le rigorisme, s’il pratique la débauche.
Charles Debbasch
SUR TOUS CES POINTS ON PEUT CONSULTER : CHARLES DEBBASCH, DROIT DES MEDIAS, 1184 PAGES. DALLOZ
lundi, mai 30, 2011
QUELLE NOUVELLE PRESIDENTIELLE SANS DSK
La disparition de DSK de la scène présidentielle change la donne de la future compétition. L’absence du favori des sondages est naturellement très importante.
Pour le camp Sarkozy l’affaire DSK présente plusieurs avantages.
Elle rouvre, tout d’abord, la compétition à l’intérieur du Parti socialiste. Chacun s’accordait à admettre que la candidature DSK recueillerait l’accord du Parti. Le patron du FMI éliminé, la compétition va reprendre de plus belle. D’ores et déjà, la lutte entre Aubry et Hollande a démarré et Laurent Fabius tapi dans l’ombre peut être un outsider de poids sans oublier les anciens soutiens de DSK privés de leur leader naturel. Les plaies ouvertes par cette nouvelle compétition ne seront pas toutes refermées lors de la présidentielle.
Par’ ailleurs, le parti socialiste n’est pas complètement débarrassé du problème Dominique Strauss-Kahn. Des voix s’élèvent pour se demander comment le parti avait pu soutenir un candidat si éloigné de ses positions. , François Fillon a raillé un PS contraint de "ravaler" ses "leçons de morale", en comparaison d'une UMP qui "débat", "réfléchit" et "concentre ses forces ‘’.Le problème pour le PS n’est pas définitivement réglé. Chaque nouvel épisode de l’Affaire Strauss-Kahn va être porté à son débit. On le voit à l’heure actuelle avec le choix de la superbe résidence choisie par DSK et son épouse.
La situation de Nicolas Sarkozy ne s’est cependant pas encore améliorée dans les sondages. Comme dans les autres pays européens, la crise économique nuit au parti au pouvoir. Mais le bilan de l’action présidentielle reste positif. Francois Fillon vient de lancer la campagne de défense du bilan de Nicolas Sarkozy
L'UMP "concentre ses forces pour faire de ces quatre années de changement le socle d'une transformation durable et solide du modèle français".
Et le premier ministre d’insister : "Nous avons tenu la quasi-totalité des engagements (...) malgré la crise". "Surtout, nous avons fait évoluer en profondeur la société française". C’est le cas pour les reformes relatives à l'autonomie des universités, au dialogue social et à la représentativité syndicale, au service minimum et aux retraites.
"Ce sont des réformes structurelles, profondes qui ne génèrent pas des résultats immédiats mais qui changent la société française", a proclamé le Premier ministre.
En tout état de cause la compétition présidentielle qui paraissait tranchée d’avance s’est rouverte avec la chute de DSK.
Charles Debbasch
dimanche, mai 15, 2011
DSK ELIMINE DE LA COURSE PRESIDENTIELLE
L’inculpation par un juge new-yorkais de Dominique Strauss-Kahn bouleverse les cartes de la présidentielle française. Le patron du FMI a été, en effet, officiellement inculpé d’«agression sexuelle», de «tentative de viol» et de «séquestration». Il lui est reproché par le parquet de New York d’avoir agressé une femme de chambre d’un hôtel Sofitel proche de Tmes Square.
Cette grave mise en cause-même s’il faut respecter la présomption d’innocence- sonne l’élimination définitive de DSK de la course à la présidentielle de 2012.On ne voit pas, en effet, comment, dans les délais de l’organisation de la primaire socialiste, le patron du Fmi pourra être dégagé des embarras de la procédure. Par ailleurs, pour l’opinion publique cette affaire venant après une autre mise en cause pour un problème de mœurs enlève tout crédit politique à l’auteur de ces comportements.
Exit donc DSK
Dès lors les cartes de la présidentielle sont redistribuées.
Cette affaire atteint l’ensemble de la classe politique française et accrédite l’idée que tous les hommes politiques sont ‘’pourris’’. ’Elle va donc bénéficier, en premier, à Marine le Pen qui représente une alternative hors du jeu de connivence des partis traditionnels.
Elle bouleverse les équilibres du parti socialiste qui était prêt à se donner à DSK. On peut penser que, désormais, François Hollande a toutes les chances de gagner le primaire socialiste.
Quant à Nicolas Sarkozy, il est régénéré par cette affaire. Il incarnera la stabilité et la continuité face au désordre provoqué par l’affaire de New-York.
Charles Debbasch
samedi, mai 14, 2011
LA porsche et le socialisme
LA PORSCHE ET LE SOCIALISME
Dominique Strauss-Kahn a offert le flanc à la critique pour avoir roulé dans Paris en Porsche. Il n’en fallait pas plus au constructeur de ces belles mécaniques pour s’offrir un magnifique thème de publicité. Dans une belle annonce , le constructeur allemand précise : «Porsche ne fait pas de politique. Juste de belles mécaniques». On appréciera le clin d’œil et la rapidité de la répartie. Il n’est pas certain, cependant, qu’il soit possible en France de dissocier l’automobile de la politique.
En 1968, lors de la révolution étudiante, l’humoriste Pierre Daninos s’était aventurée avec sa Bentley au Quartier Latin ; sa voiture fut secouée et reçut quelques coups de poing destinés au capitalisme dont pour les contestataires, elle était le reflet. Il en conçut une grande amertume et, dans un billet publié par Le Figaro, il nota avec justesse que, s’il avait roulé avec le même véhicule dans un campus américain les étudiants auraient admiré la belle auto et auraient pensé « si je bosse bien je me paierai plus tard la même ».
Belle différence entre un pays libéral et un pays de capitalisme honteux comme la France où il faut se garder de manifester des signes extérieurs d’opulence. A plus forte raison si on est le candidat potentiel des socialistes à la Présidence de la République.
Charles Debbasch
lundi, mai 09, 2011
LES QUATRE ANS DE SARKOZY
LES QUATRE ANS DE SARKOZY
Le 6 mai 2007 Nicolas Sarkozy était élu président de la République avec plus de 53% des voix exprimées.
Pour faire le bilan de ces quatre ans de présidence, il faut tout d’abord se garder de ratifier les conclusions tirées par certains de l’image des sondages. Près des trois quarts des Français jugent, en effet, mauvais le bilan de quatre ans de présidence Sarkozy. Selon une étude BVA pour BFM, Challenges, Avanquest à la question "globalement, depuis quatre ans, diriez-vous que le bilan de Nicolas Sarkozy en tant que président de la République" est mauvais ou bon, 73% des personnes interrogées répondent "mauvais", en hausse de six points par rapport à mai 2010, contre 27% qui disent "bon", au lieu de 31% il y a un an (-4).
Ces sondages catastrophiques, au lieu d’être considérés comme des instantanés de l’opinion sont interprétés à tort comme des prévisions de votes qui condamnent inéluctablement une candidature du président sortant en 2012. Ils sont utilisés également comme des éléments d’une véritable chasse au Sarkozy excessive et injuste.
On s’en tiendra donc ici à l’appréciation du gouvernement de la France par Nicolas Sarkozy plutôt que sur les données provisoires des sondages. A cet égard, on ne peut que juger positivement la réforme indispensable des retraites d’octobre 2010 ou la réforme constitutionnelle de juillet 2008. La politique étrangère de la France a connu de brillantes avancées notamment lors de la crise financière en Europe. La gestion de l’Etat s’est améliorée avec la volonté de réduire les déficits publics. De même la réforme des universités est en bon chemin.
Cependant, la situation économique reste difficile et la crise économique mondiale plombe les résultats de l’action gouvernementale. Le programme de Nicolas Sarkozy reposait sur une économie en croissance Mais les difficultés économiques obligent à des révisions déchirantes. Le bouclier fiscal était acceptable en période d’euphorie, il devenait à contre emploi dans la houle financière. Le ‘’ travailler plus pour gagner plus’’ subit la même contre épreuve. Devant l’augmentation des prix et des charges, les réalités sont inversées. Il faut travailler plus pour gagner moins.
Ces difficultés économiques expliquent que le président se trouve à découvert et que les critiques portent principalement sur sa personne et son style de gouvernement. Il est vrai que Nicolas Sarkozy a troublé l’opinion habituée à plus de majesté dans l’exercice des fonctions présidentielles.
Ces perturbations additionnées aux conséquences de la crise pèsent sur la gestion politique du quinquennat. Dans les moments de difficultés, les dissidences se cristallisent. L’ouverture à gauche des débuts de mandat n’est plus qu’un souvenir. Si la querelle Copé-Fillon a pu être résorbée, le courant centriste est tenté par le séparatisme. Ce qui est dangereux dans une conjoncture politique dominée par la croissance d’un néo Front national.
Il reste un an au Président de la République pour montrer son aptitude à combattre les vents mauvais qui entourent ce quatrième anniversaire.
Charles Debbasch