mardi, décembre 20, 2011

CESARIA EVORA


On n'aura jamais entendu aussi souvent sur les ondes Cesaria Evora que depuis l'annonce de son décès.
Comme pour nous rappeler que la musique et une des voies pour parvenir à l'immortalité.
Artiste, elle était une affranchie dans le sens le plus noble du terme .
Elle s'était forgée un paradis de liberté.
Sa voix rocailleuse respirait l'alcool, le tabac et le sexe.
Son vieux corps ravagé par les aléas de la vie et les excès s'illuminait de grâce dès qu'elle commençait à nous bercer de la "morna".
Les chaînes de l'esclavage se dissolvaient dans ses poésies chantées autant d'hymnes à la douleur des exils imposés et à l'espoir des amours retrouvées.
Elle nous remuait les entrailles lorsqu'elle évoquait la sodade, cette sorte de nostalgie triste et joyeuse à la fois.
Sodade plus positive que le regret et plus négative que l'espérance.
Nostalgie transcendant la mort réunissant les êtres au-delà des océans, brisant la servitude par l'espoir, dissolvant nos pensées les plus noires dans un océan de larmes.
Elle s'en est allée dans ce petit pays du Cap Vert qu'elle aimait beaucoup.
Elle n'y sera jamais seule car nous la chérissons beaucoup
VRAIMENT BEAUCOUP.

Charles Debbasch

dimanche, décembre 18, 2011

LA GRANDE-BRETAGNE PLUS LOIN DE L'EUROPE?

Le récent compromis sur les, institutions européennes adopté sous le directoire franco-allemand éloigne un peu plus la Grande Bretagne de l’intégration européenne.

LES DEUX AMOURS DE LA GRANDE BRETAGNE

L’attitude de la Grande-Bretagne à l’égard de la construction européenne a toujours été ambigüe. Elle a souhaité garder une relation privilégiée avec les Etats-Unis sans rester cependant à l’écart de la construction européenne. Son insularité lui a dicté une attitude réservée à l’égard des transferts de souveraineté. Le credo européen des Anglais peut se résumer en une phrase : être dans l’Europe pour contrôler ce qui s’y passe sans abandonner une once de la fraternité américaine. Au point que les Anglais sont souvent considérés comme le cheval de Troie des Etats –Unis dans l’UE.

C’est au nom de cette fierté isolationniste que la Grande Bretagne a gardé sa monnaie la Livre. C’est pour mieux défendre son territoire qu’elle ‘est pas entrée dans l’espace Schengen. On se souvient qu’il a fallu un grand débat national pour que les Britanniques acceptent la construction du Tunnel sous la Manche.

LE REFUS D’ACCEPTER DE NOUVEAUX TRANSFERTS DE SOUVERAINETE

Pour tenter de sauver l’Euro et l’Union monétaire Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont imposé une révision des Traités européens. Il s’agit de contraindre les Etats membres à coordonner leurs politiques budgétaires. Pour stabiliser la zone euro, la France l’Allemagne et 21 autres pays ont décidé de rédiger leur propre traité et d'imposer un contrôle centralisé sur les budgets nationaux. La Grande-Bretagne, et sans doute provisoirement, trois autres pays la Suède, la République tchèque et la Hongrie ont décidé de rester en dehors du nouveau traité.

David Cameron le Premier ministre britannique a expliqué son attitude par le souci de sauvegarder les privilèges de la City, place forte de l’économie britannique.



Mais la raison principale du refus britannique réside dans la volonté de ne pas accepter de nouveaux transferts de souveraineté.



ET MAINTENANT



Il faudra de la bonne volonté de part et d’autre pour que la crise franco-britannique actuelle se résorbe.

La France qui a remporté un grand succès dans la négociation a eu tort de pousser un cocorico trop prononcé. Le ministre des Finances, François Baroin a inutilement provoqué les Anglais en déclarant. «On préfère être Français que Britannique en ce moment…. On n'a pas de leçons à donner mais on n'a pas de leçons à recevoir. La situation économique de la Grande-Bretagne est aujourd'hui très préoccupante». La presse britannique a vivement réagi à ces propos. La "guerre des mots" est lancée écrit le Times. "Sacré Bleu !" ajoute le Guardian - en français dans le texte-. "L'entente cordiale est clairement annulée pour Noël. Dégradée à entente hostile peut-être ?"…"si la note de la France finit par être dégradée, j'ai peur que la nouvelle ne soit pas accueillie avec beaucoup de compassion dans la '’perfide Albion".

Pour calmer le jeu, François Fillon a appelé le vice-Premier ministre britannique Nick Clegg. Après cet appel, le britannique a déclaré que les propos tenus en France étaient "inacceptables’’ et il a prié Paris de baisser le ton.

Quant à la Grande Bretagne, elle aurait tort de penser qu’elle pourrait rester à l’abri d’une débâcle financière européenne.

Ce qui rapproche les Anglais de l’Europe est plus fort que ce qui les en sépare.

Le moment est venu pour tous de retrousser les manches et de rétrécir The Channel.
  Charles Debbasch

samedi, décembre 17, 2011

JUSTICE EN FUITES


JUSTICE EN FUITES

Il est normal que la justice puisse utiliser tous les   moyens d’investigation autorisés par la loi. Il est ainsi possible à un juge d’ordonner l’interception des communications téléphoniques ou d’emails, d’aller fouiller dans la mémoire d’un ordinateur.

Il est, en revanche, profondément choquant que ces interceptions de la vie privée soient livrées au public avant même qu’elles aient été soumises au crible d’une enquête judiciaire contradictoire.

Or, la chasse aux indiscrétions est devenue une spécialité journalistique et les medias publient, diffusent, commentent ces propos saisis. S’abritant derrière le secret des sources, ils vendent au public des éléments d’enquête qui devraient rester secrets à ce stade.

L’origine de ces informations est bien connue : enquêteurs policiers ou gendarmes, magistrats ou avocats. Les journaux se contentent de dire qu’il s’agit d’une source proche du dossier

La liberté de l’information doit certes être sauvegardée. Mais elle ne permet pas que des divulgations illégales et orientées viennent mettre en cause la sérénité d’une enquête.

Les fuites de la justice déséquilibrent les procédures et portent atteinte aux droits de la défense.

Charles Debbasch

mercredi, décembre 14, 2011

DEMOCRATIE ET DICTATURE DE L'OPINION



Il existe un consensus dans la société moderne autour de la démocratie c’est-à-dire de la dévolution du pouvoir à des gouvernants pour une durée déterminée après des élections honnêtes et disputées dans des conditions fixées par la Constitution qui détermine les droits et les devoirs des citoyens.

 Il existe, bien entendu, des régimes plus ou moins démocratiques : des échelles de vertu démocratique sont dressées par les institutions spécialisées qui ressemblent à des agences de notation.

A la base de la démocratie, il y a naturellement le pouvoir du peuple. Ce peuple qui a rappelé ses exigences à l’égard des gouvernants un peu partout dans le monde en cette année 2011 au point d’avoir été désigné par le magazine Time comme ‘’ l’homme de l’année’’.

Et, pourtant, la voix du peuple n’est pas toujours jugée légitime.

QUAND LES GOUVERNANTS CHERCHENT A ECHAPPER A LEURS RESPONSABILITES

Rappelons-nous ce qui s’est passé lorsque le dirigeant grec Papandreou a voulu soumettre à son peuple par voie de referendum le plan de rigueur qui lui était imposé par les autres pays européens. Il  a été sermonné, menacé par ses collègues au point qu’il a du renoncer à cette consultation et faire approuver le projet par le Parlement. Ce qui voudrait dire que, dans certaines circonstances, la voix du peuple n’est pas toujours bienvenue.

Et, en effet, un dirigeant charismatique peut abuser de son pouvoir pour court-circuiter les élus et refuser leur médiation en s’adressant directement au peuple.

Il peut aussi refuser d’endosser  la responsabilité de décisions impopulaires en se couvrant de la voix populaire.

 Par ailleurs, on glisse facilement du referendum au plébiscite lorsque les gouvernants conditionnent l’opinion pour obtenir une adhésion.

Mais on ne peut non plus refuser dans une démocratie de faire appel au peuple si les circonstances l’exigent. Tout est justement affaire de circonstances et d’honnêteté dans le libellé des questions.

Le recours direct au peuple en dehors des élections doit rester exceptionnel.



Des cascades de dissolutions, d’élections anticipées ou de referendums sont à la démocratie ce que la fièvre est à l’être humain, un état pathologique prononcé.



DE LA DEMOCRATIE A LA DICTATURE DE L’OPINION

L’excès en toutes choses est blâmable. La sondagite aigue qui sévit dans nos sociétés fragilise la démocratie.

La construction d’un pays ne se fait pas dans l’instantané. Le sondage tend à remplacer la gouvernance par la dictature de l’instant. Comment prendre en considération les intérêts supérieurs d’une Nation lorsqu’il faut satisfaire les pulsions au jour le jour ?

Les sondages sont comme les modes. Ils sont enthousiasmants et fugaces, apparemment plébiscités et aussitôt hors du temps.

Les sondages sont des instantanés alors que la vie d’une Nation est un film.

Ils additionnent des torchons et des serviettes alors que la politique et synthétique et globale.

Ils instaurent la dictature du présent alors que la vie d’un pays se conjugue au futur.

Ils transforment les dirigeants qui s’emmêlent dans leurs filets en des girouettes soumises à tous les aléas d’une dérive climatique.

La démocratie ne doit pas être confondue avec la dictature de l’opinion.

Charles Debbasch

dimanche, décembre 11, 2011

QUAND LE PS FAIT CAMPAGNE POUR NICOLAS SARKOZY


QUAND LE PS FAIT CAMPAGNE POUR NICOLAS SARKOZY

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel veille à ce que l'équilibre entre les points de vue et les opinions soit respecté par chaque chaîne. Il s’assure que chaque camp dispose d’un temps de parole équivalent. Il n’empêche qu’il reçoit en permanence  des protestations des politiques qui se plaignent de l’attitude des chaines créant des déséquilibres entre les différents candidats potentiels. L’UMP a saisi ainsi le CSA à ,propos de l 'énorme temps de parole consacré au PS à l’occasion de la primaire qu’il a organisée. En réplique , le PS a souhaité que    le temps de parole consacré aux nombreuses visites de Nicolas Sarkozy sur le terrain soit considéré comme un élément de la campagne plutôt que l’exercice du mandat présidentiel.

Il me semble pourtant que le PS  ne va pas assez loin dans cette voie et qu’il devrait demander que chaque fois que ses membres s’expriment leur temps de parole soit considéré comme une action en faveur de Nicolas Sarkozy .La guerre qui fait rage à l’intérieur du PS explique cette étrange situation. Arnaud Montebourg après avoir dénoncé la corruption dans la fédération PS des Bouches-du-Rhône s’acharne à présent sur celle du Pas-de-Calais. Il s’attire des actions en diffamation de Jack Lang. Quant à Eva Joly, la candidate des verts elle poursuit sa déstabilisation du candidat socialiste en cristallisant sur sa personne les aversions les plus diverses ..

Tout ceci doit être considéré comme du temps de parole en faveur de Nicolas Sarkozy.

Vous me direz que dans ces conditions le futur candidat Sarkozy n’aura plus aucun temps d’antenne  disponible pour lui-même.

Est-ce bien grave alors que la campagne électorale  en sa faveur est conduite par ses adversaires ?

Charles Debbasch


samedi, décembre 03, 2011

LA FOLIE DE LA GERMANOPHOBIE





J’appartiens à cette génération de l’avant-guerre qui a connu l’horreur des nazis et qui ne peut oublier la folie collective qui s’était emparée  du peuple allemand.



J’appartiens à cette génération qui a applaudi à l’action de réconciliation franco-allemande conduite dans le sillage de Robert Schuman et qui la croit définitive.



J’appartiens à une génération universitaire qui a vu naître une jeunesse européenne prête à se rencontrer, à échanger, à se marier.



J’appartiens à une génération libérale qui s’indignait du misérabilisme totalitaire de l’Allemagne de l’Est et qui s’est réjouie de la chute du mur de Berlin et de la réunification de l’Allemagne.

Je juge donc insensées les déclarations antiallemandes de ces derniers jours.

Ne voilà-t-il pas que  le député socialiste Jean,- Marie le Guen compare l’entretien Sarkozy-Merkel à la reculade de Daladier à Munich. Quant à Arnaud Montebourg, il demande une confrontation dure avec la chancelière allemande qu’il a accusée d’être «en train de tuer l’euro» et de conduire «une politique à la Bismarck». Pour lui, en refusant que la Banque centrale européenne rachète massivement les dettes souveraines des pays de la zone euro, Angela Merkel a «décidé d’imposer» à ces pays «un ordre allemand». Marine Le Pen qualifie la situation présente d’’’Europe à la Schlague.’’

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a estimé vendredi que les socialistes «prenaient les risques de ressusciter en France les vieux démons de la germanophobie», jugeant «honteux, par hargne partisane, de fragiliser notre acquis le plus précieux: la réconciliation, l’amitié franco-allemande». Mais tous les socialistes ne peuvent pas être rangés dans le camp antiallemand. Pierre Moscovici, directeur de campagne du candidat Hollande déclare que  la gauche ne doit pas «ranimer des relents et des sentiments antiallemands». «Le couple franco-allemand est plus que jamais nécessaire pour sortir de la crise en Europe».

Cette crise franco-allemande est pourtant sérieuse. Elle repose sur une évolution profonde de l’économie européenne.

Les pays du Sud et la France sont à la traine. L’Allemagne et les pays du nord constituent un pôle d’attraction fort auquel tendent à se rattacher les Etats de l’ancien glacis soviétique.

Ce différentiel de puissance a tout naturellement sa traduction diplomatique. Les fourmis ne veulent pas payer pour les cigales et la Chancelière allemande demande à juste titre des règles de solidarité budgétaire avant de s’engager plus avant dans le sauvetage de l’euro.

Mais nous sommes là dans une discussion diplomatique classique qui ne doit pas dégénérer en germanophobie.

A la condition toutefois que les forts n’abusent pas de leur puissance.

Une publicité en allemand pour une auto allemande sur les télévisions françaises vantant la qualité allemande comme pour l’opposer au ‘’bricolage français’ ’a sans doute fait plus pour réveiller la germanophobie que les exigences d’Angela Merkel !



Charles Debbasch








vendredi, décembre 02, 2011

SARKOZY: LE DISCOURS DE TOULON


SARKOZY : LE DISCOURS DE TOULON

Voilà trois ans,  en pleine crise du système bancaire, le Président de la République avait exposé à Toulon ses recettes pour faire face à la situation. Les recettes appliquées ont permis, pour l’essentiel, de sauver le système.

La situation actuelle est autrement plus grave .Les ressorts profonds de la société française sont ébranlés tandis que les structures européennes s’avèrent  inadaptées aux nécessités du temps présent.

C’est sur ces  points qu’ont porté les propositions de Nicolas Sarkozy.

RECONSTRUIRE NOTRE SYSTEME ECONOMIQUE PAR LE TRAVAIL

La période d’abondance que nous avons vécue s’est traduite par la mise en place d’un gigantesque système d’assistance financé par l’endettement. Nous avons atteint les limites de cette situation. Alors et surtout que, ‘’ceux qui travaillent et qui sont proportionnellement de moins en moins nombreux ont vu peser lourdement sur leurs revenus la charge de ceux, de plus en plus nombreux, qui vivent plus longtemps, de ceux qui font des études de plus en plus longues, de ceux qui sont au chômage, de ceux que les accidents de la vie ont plongé dans la détresse. ‘’

Il faut une révision drastique de notre politique. Il ne faut pas écouter les charlatans qui, prétendent nier la crise ou les docteurs de l’austérité.

Il faut sortir des difficultés par le haut…’’répondre à la crise par le travail, par l'effort et par la maîtrise de nos dépenses. C'est un ajustement par le haut. C'est un choix qui préserve le niveau de vie. Entre la baisse des retraites et travailler plus longtemps, je choisis la deuxième solution. Entre gagner moins et travailler davantage, je suis convaincu que la deuxième solution est préférable à la première, qu'elle est plus juste et qu'elle nous permettra de sortir de la crise au lieu de l'aggraver. Ce choix de l'effort, du travail, c'est la politique que suit avec constance le gouvernement. ‘’

Et Nicolas Sarkozy en profite pour fustiger au passage deux grandes réformes de la gauche :’’Dans le monde tel qu'il est, avec les défis que nous avons à relever, avec ce que sont les tendances de la démographie, la retraite à 60 ans et les 35 heures ont été des fautes graves dont nous payons aujourd'hui lourdement les conséquences et qu'il nous a fallu réparer. ‘’ 

Le désendettement de la France est une nécessité mais il doit s’accompagner d’une modernisation de nos gestions.

‘’On n'éduque pas, on ne soigne pas comme hier. La délinquance n'est pas la même qu'hier. Les inégalités ne sont pas les mêmes. Et surtout, il est apparu une nouvelle inégalité celle qui fait la vie plus difficile à ceux qui travaillent au bas de l'échelle par rapport à une minorité qui voudrait profiter du système sans assumer sa part des devoirs. ‘’

Ce n'est pas le moment de nous décourager, de nous rétracter, de nous replier sur nous-mêmes, de nous réfugier dans l'immobilisme, dans la précaution, de rejeter le progrès.

C'est le moment de travailler, d'investir, d'entreprendre. C'est le moment où l'État doit redevenir innovateur, entrepreneur, investisseur, où il doit entraîner ceux qui inventent, qui créent, qui entreprennent. OSEO, le Grand Emprunt, le Fonds Stratégique d'Investissement, ce sont des outils de financement de cette révolution de long terme. Il faut persévérer dans cette voie. ‘’

REDEFINIR LA PLACE DE LA FRANCE DANS LE MONDE

L’isolationnisme prôné par certains n’est pas une solution. ’la France est tellement engagée dans le monde, que son économie est tellement plongée dans l'économie mondiale, qu'il n'y a pas de différence entre la politique intérieure et la politique extérieure, entre la politique nationale et la politique européenne, Au-dedans et au dehors, c'est une seule et même politique qu'un pays comme le nôtre doit mettre en œuvre pour faire face à une seule et même crise qui est mondiale.’’

«  Les sociétés fermées n'ont qu'un destin possible : le déclin. Le déclin économique, intellectuel, moral. »

Mais cette ouverture a ses limites. Nous ne devons pas accepter la dissolution de l’entité française.

- nous refuserons d'effacer nos frontières. Elles sont la condition de notre liberté, de notre démocratie, de notre solidarité.

- nous défendrons notre identité, notre culture, notre langue, notre façon de vivre, notre modèle social.

- nous n'accepterons pas une immigration incontrôlée qui ruinerait notre protection sociale, qui déstabiliserait notre société, perturberait notre façon de vivre, bousculerait nos valeurs. L'immigration est féconde si elle est maîtrisée pour que ceux que nous accueillons puissent être accueillis dans les meilleures conditions possibles, pour qu'ils prennent en partage notre histoire, nos valeurs, notre façon de vivre.

-nous ne pourrons tolérer la persistance des dumpings, des concurrences déloyales, le pillage de nos technologies qui détruisent nos usines.

« La seule façon de nous protéger est d'être les artisans d'un changement avec les autres plutôt que de nous engager dans une aventure solitaire qui serait sans issue.»

CONSOLIDER L’EUROPE

La crise de l’euro révèle l’inadaptation des structures européennes.il est impossible d’avoir une monnaie unique et des politiques budgétaires autonomes. Le président français soutient donc la révision des traités européens. Mais elle doit se faire avec plus de démocratie

-L'Europe n'est plus un choix. Elle est une nécessité. Mais la crise a révélé ses faiblesses et ses contradictions. L'Europe doit être repensée. Elle doit être refondée.

-L'Europe a besoin de plus de solidarité. Mais plus de solidarité exige plus de discipline. Au sein de la zone Euro, il nous faut décider maintenant aller sans crainte vers davantage de décisions prises à la majorité qualifiée.

–l’Europe doit aussi se protéger

‘’ L’Europe qui ouvre ses marchés sans exiger la réciprocité de la part de ses concurrents, l'Europe qui laisse entrer des produits de pays qui ne respectent pas les règles sociales ou environnementales, ça ne peut plus durer. L'Europe doit négocier pieds à pieds la défense de ses intérêts commerciaux.

L'Europe qui fait appliquer à l'intérieur le principe de la libre circulation et qui ne contrôle pas ses frontières extérieures, ça ne peut plus durer. Schengen doit être repensé. ‘’

L'Europe qui tolère le dumping social et le dumping fiscal entre ses États membres, l'Europe qui supporte que les subventions qu'elle verse à certains de ses membres pour les aider à combler leur retard sur les autres puissent servir à baisser leurs charges et leurs impôts pour faire aux autres une concurrence déloyale, ça ne peut plus durer. ‘’

L'Europe ne peut pas laisser ses groupes industriels à la merci de tous les prédateurs du monde,

Une nouvelle Europe doit naître tout en protégeant l’acquis de l’euro.



LES FORCES ET LES FAIBLESSES des PROPOSITIONS DU PRESIDENT

-UNE NOUVELLE CIVILISATION EUROPEENNE

Lorsque Nicolas Sarkozy analyse les causes de la situation présente son propos sonne juste. On a tort d’ailleurs de parler de crise. L’Europe est en déclin. Son endettement n’est que la conséquence de l’abaissement de ses forces productives. Il faut à l’évidence rétablir la valeur travail pour que nos sociétés cessent de s’affaiblir. Plus d’effort, plus d’imagination, plus de sens du collectif. Moins de laxisme, moins de laisser-aller, moins de renoncements. L’Europe doit reconstruire les bases d’une nouvelle civilisation

-LES DIFFICULTES D’UN NOUVEL EQUILIBRE

Dans les temps de difficultés les extrêmes se renforcent. Il y a ceux qui veulent jeter l’Europe et ceux qui veulent qu’elle remplace les Etats. Certains sont tentés par un strict protectionnisme. D’autres soutiennent la disparition des frontières.La voie de Nicolas Sarkozy est médiane et équilibrée mais la sagesse nait difficilement dans les périodes de fièvre.

-LA DIFFICILE RECHERCHE DE L’UNION NATIONALE.

Pour faire comprendre à l’opinion les nécessités du changement et pour qu’elle en accepte les charges, il faut que cette ambition soit portée par un consensus national, une sorte d’union sacrée. Or, notre pays est à la veille d’une élection présidentielle qui cristallise les différences.

 Que chacun se convainque cependant que les marchands d’illusion seront vite confrontés aux réalités. Les Berlusconi fantaisistes sont vite remplacés aujourd’hui par les docteurs Monti.

Charles Debbasch