lundi, février 13, 2012

CIVILISATION,CIVILISATIONS,QUELLE CIVILISATION ?


CIVILISATIONS, CIVILISATION, QUELLE CIVILISATION
Le ministre de l'intérieur Claude Guéant a tenu samedi 4 février, à l'Assemblée nationale  des propos contestés lors d'une rencontre entre des élus UMP et l'UNI, syndicat étudiant. «Contrairement à ce que dit l’idéologie relativiste de gauche, pour nous, toutes les civilisations ne se valent pas. Celles qui défendent l’humanité nous paraissent plus avancées que celles qui la nient. Celles qui défendent la liberté, l’égalité et la fraternité, nous paraissent supérieures à celles qui acceptent la tyrannie, la minorité des femmes, la haine sociale ou ethniqueEn tout état de cause, nous devons protéger notre civilisation»
Cette déclaration a été au point de départ d’un vif incident à l’Assemblée. Le 7 février, Serge Letchimy, député de Martinique (Parti progressiste martiniquais, apparenté PS) a  en effet riposté : "Monsieur Guéant, vous déclarez du fond de votre abîme, sans remord ni regret, que toutes les civilisations ne se valent pas. Que certaines seraient plus avancées ou supérieures à d'autres. Non, monsieur Guéant, ce n'est pas du bon sens, c'est simplement une injure faite à l'homme. «Et il a ajouté "Vous nous ramenez jour après jour à ces idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration…" "Monsieur Guéant, le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une mission civilisatrice ? Il existe une France obscure qui cultive la nostalgie de cette époque."
ET SI LA CONTROVERSE NE PORTAIT QUE SUR UNE CONFUSION ETYMOLOGIQUE

N’y a –t- il pas derrière cette vive controverse une simple querelle de mots ?

En effet, le terme de civilisation a deux sens bien distincts.

Dans une première acception, on entend par civilisation la synthèse
des traits particuliers à une société,  dans tous les domaines : sociaux, religieux, moraux, politiques, artistiques, intellectuels, scientifiques, techniques. On parlera en ce sens de  civilisation égyptienne, grecque, romaine, arabe ou occidentale.

Il serait périlleux en ce sens de porter des jugements de valeur ou de se glorifier de la supériorité de sa civilisation. La civilisation occidentale a enfanté, elle aussi, ses barbaries de l’esclavage au nazisme.

Dans un second sens, le terme de civilisation est synonyme de progrés. Il désigne l'état d'avancement des conditions de vie, des savoirs et des modèles de comportements ou des mœurs d'une société. La civilisation, dans cette signification, s'oppose à la barbarie, à la sauvagerie.



Les degrés de civilisation peuvent là être appréciés. Admettre le travail des enfants est moins civilisé que l’interdire. Disposer d’un code du travail qui protège les salariés est plus civilisé que laisser ceux-ci à l’arbitraire des patrons.

On  serait donc tenté de conclure que Guéant et Letchimy ont tous les deux raison mais qu’ils ne parlent pas exactement la même langue



LE DEBAT VA PLUS LOIN QU’UNE QUERELLE LINGUISTIQUE


Et pourtant le débat ne se résume pas à une controverse de Littré.

La civilisation occidentale traverse une crise de valeurs marquée par une hésitation sur les comportements. Elle voit s’effriter sa prétendue universalité.



Plus particulièrement, en France, les modèles de la vie sociale sont en profonde évolution.

L’unité nationale est remise en cause par des groupes qui se retranchent dans leurs quartiers au nom du communautarisme.

La société française prend peur devant ces comportements et,  au lieu d’aider  à l’intégration des exclus, elle est tentée d’exclure ceux qui sont prêts à s’intégrer pourvu qu’on sache leur laisser une place au soleil.

  Il vaut donc mieux réaffirmer les valeurs républicaines de laïcité, de liberté, d’égalité et de fraternité et imposer leur respect par tous plutôt que de se pavaner en affirmant notre prétendue supériorité



Charles Debbasch










samedi, février 11, 2012

LA PLACE DE LA FONCTION PUBLIQUE DANS LE DEBAT ELECTORAL





L’élection présidentielle est l’occasion de dresser le bilan de la Maison France. Les controverses politiciennes mettent en relief les sujets de satisfaction et ceux de mécontentement. Elles éclairent aussi les revendications des Français. Le thème de la fonction publique et du service public est à cet égard récurrent dans les discours et programmes de droite et de gauche.

Le point de départ est incontestable. La place du secteur public est trop élevée dans notre pays



LE POIDS DE LA FONCTION PUBLIQUE

On recense dans les trois grandes fonctions publiques (État, territoriale et hospitalière), 5,27 millions d’agents au 31 décembre 2008, hors contrats aidés, soit un salarié sur cinq. Près de la moitié appartient à la fonction publique de l’État (46 %), un tiers (34 %) à la fonction publique territoriale et un cinquième (20 %) à la fonction publique hospitalière.

La Cour des comptes évalue, elle,  le nombre de fonctionnaires à 5,2 millions. Ils sont 6,9 millions, si l’on comptabilise tous les salariés rémunérés avec l’argent public sans avoir le statut de fonctionnaires. Sur ces quelque 2 millions de personnes hors fonction publique, environ 712 000 sont des agents des entreprises publiques (Poste, RATP, SNCF, etc..) et 700 000 autres travaillent dans des organismes privés à financement public (associations, enseignement privé, organismes de protection sociale, etc.).

Le nombre de fonctionnaires a augmenté de 36% depuis 1980.Il y en a eu 1,4 million de plus en trente ans. Toutes les fonctions publiques ont progressé : la fonction publique territoriale a augmenté de 71,2% depuis 1980, la fonction publique hospitalière de 53,4% et la fonction publique d’Etat de 14,3%. L’Etat dépense aujourd’hui pour son personnel deux fois plus qu’en 1980 soit environ 48% de son budget, c’est-à-dire 15,5% du PIB.

LES DERAPAGES

La décentralisation est un des principaux dérapages de ces dernières années ; En pure théorie le transfert des compétences vers les collectivités locales aurait du s’accompagner du transfert des personnels. Ce n’est pas ce qui a été fait. Les fonctionnaires sont restés dans les administrations centrales tandis que les collectivités locales recrutaient leur propre personnel alourdissant ainsi sans mesure les charges publiques.

La faiblesse de l’autorité de l’Etat a été également la cause de dérapages. Ainsi ,dans les commissariats, des accords syndicaux ont abouti à une réduction de la présence des agents sur le terrain .On compte ainsi un policier pour 250 habitants en France contre un pour 380 en Grande-Bretagne

L’application de la loi sur les 35 heures a également des conséquences désastreuses dans les hôpitaux. Plus de 2 millions de journées de récupération du temps de travail (RTT) ont été accumulées par les personnels hospitaliers depuis le passage aux 35 heures en 2002,"Payer les deux millions de RTT aux médecins reviendrait à débourser entre 600 et 700 millions d’euros".

LE NON REMPLACEMENT D’UN FONCTIONNAIRE SUR DEUX

En 2007 Nicolas Sarkozy a établi le principe du non-remplacement d'un fonctionnaire d'Etat sur deux partant à la retraite depuis 2008, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP).


Les effets de cette mesure sur les finances publiques ont été limités. La réduction des effectifs des agents de l'Etat s'élève à environ 120 000 depuis 2008 – et devrait arriver à 150 000 en 2012 . Mais la Cour des comptes a estimé qu'en 2009, l'économie nette pour le budget de l'Etat était de 100 millions d'euros contre 400 millions initialement prévus. En 2010, elle aura été de 264 millions d'euros, soit 180 millions de moins qu'espéré.


 La masse salariale a malgré tout augmenté d'environ 1 % ces trois dernières années. "Les dépenses de personnels ont été moins bien maîtrisées que prévu",


La poursuite de la hausse salariale s'explique par les compensations financières qui ont accompagné les efforts consentis par les ministères. Pour mieux faire accepter la règle du un sur deux le gouvernement avait prévu que la moitié des économies dégagées grâce à la règle du "un sur deux" serait reversée aux agents. Or le montant des "réversions catégorielles" est en moyenne "de plus 60%".

Par ailleurs, l’application non différenciée à tous les services publics de la règle1/2 n’a pas été acceptée par l’opinion notamment lorsqu’elle vise l’éducation.

Enfin, cette règle trouve à présent ses limites en ne permettant plus à certaines administrations d’accomplir normalement leur mission de service public.





ORIENTATIONS

Il va sans dire que la réflexion sur l’emploi public est obérée par la crise économique. Ce n’est pas trop le moment, alors que le chômage se développe dans le secteur privé, de réduire l’emploi public.

Il reste cependant qu’une réflexion globale non partisane devrait être menée sur le poids de la fonction publique

Il est temps ainsi d’évaluer le coût de la décentralisation et les conditions aberrantes dans lesquelles une réforme nécessaire a été conduite.

Il faut ensuite appliquer une politique différenciée de réduction de l’emploi public en sauvegardant les services publics jugés essentiels par la population comme l’enseignement ou la santé.

Charles Debbasch







mercredi, février 08, 2012

L'ECONOMIE ET LES DEUX CHALLENGERS DE LA PRESIDENTIELLE

Nicolas Sarkozy et François Hollande placent l’économie au centre de leurs préoccupations. Ils veulent tous deux résorber la dette et donc réduire le déficit budgétaire. Il est vrai que la France qui a une dette publique de 90% de son PIB est particulièrement vulnérable  aux aléas de la  conjoncture et à la merci des spéculateurs.
Ce qui est remarquable c’est que les deux challengers envisagent la même méthode pour résorber le déficit .augmenter les Impôts.
 Ils n’auront certes pas la même politique fiscale mais ils augmenteront en tout état de cause les prélèvements obligatoires. Sarkozy augmentera la tva et la taxe sur les transactions financières. Hollande lui ne prévoit pas seulement d’augmenter les impôts sur les riches.II souhaite aussi augmenter le dépenses de 20 milliards d’euros notamment en créant 60.000 emplois d’enseignants.
Ainsi les deux candidats principaux se situent à contre courant de ce qu’il conviendrait de faire.au lieu de réformer le secteur public, de réduire ses dépenses inutiles, ils envisagent-notamment M. Hollande- de développer un appareil d’état déjà trop lourd et inefficace et qui plombe l’économie française.
Charles Debbasch

jeudi, février 02, 2012

LE JUGE ET LE SOLDAT






La guerre n’est pas un permis de tout faire. Les progrès du droit international ont permis d’encadrer l’action des belligérants et de définir les crimes de guerre. Sont ainsi réprimées les actions des parties en conflit qui s’en prennent volontairement à des objectifs non militaires ou qui participent d’une cruauté inutile. La Cour Pénale Internationale a une large compétence pour poursuivre ces crimes.

Mais jusqu’ici aucun juge n’avait compétence pour statuer sur les préjudices subis par les soldats eux-mêmes du fait de la conduite des opérations militaires. La direction de celles-ci relevait de la seule appréciation de la hiérarchie militaire et le juge s’abstenait de la contrôler. Ce dernier verrou vient de sauter à l’occasion des problèmes de la mort de dix soldats en opérations le 18 aout 2008 en Afghanistan. Deux des familles de ces soldats morts au combat ont porté plainte contre la hiérarchie militaire pour « mise en danger d’autrui » et la cour d’appel de paris vient de reconnaître la recevabilité de cette action.

Le ministre de la défense Gérard Longuet s’est inquiété de cette judiciarisation des affaires militaires. «L’armée est soumise au droit, a –t- il déclaré et il est donc normal qu’elle rende compte. Pourtant, on reconnaît depuis toujours que la conduite des opérations est un exercice singulier qui n’est pas dans le droit commun.»

Et en effet un juge va à présent pouvoir apprécier l’opportunité de l’opération, la manière dont le commandement s’est comporté, l’absence d’appui aérien, l’équipement des soldats.

Une telle appréciation remet en cause la fonction de l’armée. Celle-ci est composée d’hommes qui soumis à une stricte hiérarchie acceptent de faire don éventuellement de leurs vies pour remplir les missions qui leur sont confiées. Mais il est vrai que notre société hédoniste rêve de guerres sans morts et remet en cause la notion même de défense.

Dans cette conception, les militaires sont des fonctionnaires comme les autres. Leur protection devient plus importante que leur mission.

C’est oublier que l’armée n’est pas une administration ordinaire. Elle est chargée de défendre les intérêts vitaux de la Nation .Il revient à l’autorité politique de la diriger et éventuellement de sanctionner ses responsables et non à un juge de se substituer au soldat

Charles Debbasch



mardi, janvier 31, 2012

LE MATCH HOLLANDE SARKOZY


HOLLANDE, SARKOZY : DEUX CHEMINS POUR L’AVENIR DE LA FRANCE

François Hollande avait pris son concurrent de vitesse en annonçant son programme. Nicolas Sarkozy vient de répliquer en présentant ses propositions de réformes aux Français.

Il y a certes une profonde différence entre les deux situations.

Le candidat socialiste insère ses propositions dans son ambition présidentielle.il s’agit du programme d’un candidat. Nicolas Sarkozy, en revanche, se situe dans son mandat présidentiel. Il entend inscrire son action dans la législation avant d’avoir achevé son quinquennat.

Ne nous y trompons cependant pas .il s’agit d’une préfiguration de ce que sera le contenu de la campagne du candidat Nicolas Sarkozy.

Il existe un point commun dans les deux programmes : le souci engendré par la crise économique et le chômage. Mais les moyens pour passer le mauvais cap sont fort différents.

HOLLANDE : FAIRE PAYER LES RICHES ET LES ENTREPRISES

L’idéologie socialiste imprègne le programme de François Hollande. Pour lui, le service public doit être revalorisé .Il préservera le statut public des grandes entreprises .Il créera 60000 postes d’enseignants en cinq ans. La maitrise des activités financières lui parait essentielle. Il faut séparer les activités des banques "utiles à l'investissement et à l'emploi de leurs opérations spéculatives", bannir les banques françaises des paradis fiscaux, interdire les "produits financiers toxiques" et les stock-options, sauf pour les entreprises naissantes, encadrer les bonus et surtaxer de 15% les bénéfices des banques.

Une grande réforme fiscale marquera son éventuel mandat

Il taxera plus fortement les ‘’riches’’ .Une nouvelle tranche à 45% pour les revenus supérieurs à 150.000 euros par part sera créée et un plafonnement à 10.000 euros de la diminution d'impôt tirée des niches fiscales sera décidée. Il sera procédé à l’abaissement du plafond du quotient familial pour les 5% de ménages les plus aisés et au relèvement de l'impôt sur la fortune pour les plus gros patrimoines .L’abattement sur les successions sera ramené à 100.000 euros par enfant.

Toutes ces mesures seront destinées à financer un grand plan pour l’emploi : création de 150.000 emplois d'avenir pour l'insertion des jeunes, institution d’un "contrat de génération»: pour "permettre l'embauche par les entreprises, en CDI, de jeunes, accompagnés par un salarié plus expérimenté qui sera ainsi maintenu dans l'emploi jusqu'à son départ à la retraite".

SARKOZY DEVELOPPER L’EMPLOI EN RENFORCANT LES ENTREPRISES

Les propositions d’action de Nicolas Sarkozy sont à l’opposé. C’est par la confiance faite aux entreprises que se résoudra le problème de l’emploi.

Pour atteindre cet objectif le Président propose un allègement des charges  qui doit permettre d’accroitre la compétitivité des entreprises françaises .Il a annoncé  un basculement d'une partie du financement de la protection sociale sur une assiette plus large que celle des revenus du travail. Les cotisations patronales seront allégées pour réduire le coût du travail. Pour financer cette mesure, le taux de TVA principal passera de 19,6 % à 21,2 %, soit une hausse de 1,6 point. Cette augmentation interviendrait au 1er octobre 2012.Le président de la République a également proposé une hausse de deux points de la CSG sur les placements financiers, ce qui permettrait de rapporter près de 20 milliards d'euros aux caisses de l'Etat.

L’augmentation de TVA frappant notamment les produits importés renforcera la compétitivité des entreprises françaises à l'exportation.
Enfin, sans annoncer clairement la fin des 35 heures, Nicolas Sarkozy a prévu une prochaine négociation interprofessionnelle sur la définition des accords-cadres compétitivité-emploi.

. «Le président a tracé, éclairé un chemin avec certes des efforts, des décisions courageuses mais aussi une espérance», a commenté Jean-François Copé. Il a parlé «avec gravité» mais également «avec confiance et avec optimisme», a-t-il ajouté. En annonçant une série de mesures structurelles pour l'emploi, le chef de l'Etat a jeté «les premières bases d'un plan stratégique pour les années qui viennent», a-t-il poursuivi. Selon le patron de l'UMP, le «premier message» de Nicolas Sarkozy est «un message que nous pouvons tous partager: le principal, pour ne pas dire le seul adversaire de la France, ça n'est pas le monde de la finance (...), c'est le chômage et c'est d'abord lui qu'il faut combattre».



FRONT CONTRE FRONT



Les contours de l’affrontement Hollande-Sarkozy commencent à se définir.

Le leader socialiste se place du côté des salariés quitte à oublier la nécessité d’améliorer la compétitivité des entreprises.

 Le chef de l’Etat veut renforcer l’industrie française quitte à oublier que l’annonce de nouvelles impositions générales n’est pas sans dangers à la veille d’une élection.

Charles Debbasch


vendredi, janvier 20, 2012

LE HOLLANDE DES VILLES ET LE HOLLANDE DES CHAMPS





Deux Hollande battent le pavé de la campagne présidentielle.

Le Hollande des villes qui parait déjà installé dans le fauteuil présidentiel se veut responsable. Il sait que la situation économique ne lui permettra  pas de promettre des avancées sociales miraculeuses. Il connait la contrainte des chiffres et le lourd endettement de la France

Le Hollande des champs, de jour en jour, laboure les terroirs de France et cherche à faire rêver les groupes sociaux en difficulté. Il promet des lendemains qui chantent, prend des accents mitterrandiens et annonce des avancées sociales historiques.

Mais, de plus en plus, les deux Hollande- celui qui est enfermé dans le réel et celui qui dispense l’espoir-se télescopent.

L’affaire des 60.000 enseignants supplémentaires en est un bon exemple. . Le 9 septembre à Soissons, François Hollande que s'il est élu, il entend "recréer 60 à 70 000 postes" dans l'éducation durant son mandat. Il précise que ce ne seront pas seulement des profs, mais aussi "des encadrants, des assistantes sociales, des psychologues" et des professionnels "liés aux nouvelles technologies». Mais, dès les jours suivants, il hésite sur le financement de cette mesure.

De ses explications embarrassées on croit comprendre qu’il ne s’agira pas de créations fraiches mais de redéploiement de postes issus d’autres secteurs de l’administration. C’est ce que précise Jérôme Cahuzac le président socialiste de la commission des finances de l’Assemblée qui a estimé qu’«il n’y (aurait) pas de postes supplémentaires créés dans la fonction publique d’Etat» parce que «la France n’en a tout simplement pas les moyens». Et il précise que la proposition de créer 12.000 postes par an dans l’éducation se ferait «par redéploiement», croit.

Cette position sera aussitôt critiquée par l’aile gauche du PS., La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, le député Henri Emmanuelli et Benoît Hamon, porte-parole du PS, signent un communiqué pour s'étonner de «l’interprétation faite par Jérôme Cahuzac», tout en vantant «la proposition ambitieuse» de Hollande. «Si les 60.000 créations de postes [...] ne devaient l’être que par redéploiement, cela reviendrait à réduire le service public de la santé ou de l’emploi pour consolider les moyens de l’Education nationale», dénoncent-ils. Et ils lancent un avertissement : une mesure consistant à déshabiller d’autres administrations publiques pour rhabiller l’éducation «n’aurait aucun sens».

Ce désordre dans l’expression provoque la colère du candidat socialiste qui tonne. «On a tout pour gagner. Si on ne gagne pas, on ne le devra qu’à nous-mêmes.»

Il reste que c’est le positionnement même de la candidature Hollande qui provoque ces couacs.

Celle-ci se situe dans une perspective centriste de second tour où le candidat du PS aura besoin des voix centristes pour triompher de son adversaire de droite .Cette perspective ne réjouit pas l‘aile gauche du PS qui voit avec inquiétude les progrés du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. Par ailleurs, si François hollande a remporté la primaire c’est son adversaire Martine Aubry qui contrôle le parti et est  en situation de mettre sous tutelle le candidat de SON parti.

On serait alors tenté de dire qu’il y a bien deux candidatures Hollande.

Le Hollande des villes est un candidat de second tour qui doit par sa sagesse inspirer confiance à la majorité des Français.

Le Hollande des Champs est un candidat de premier tour qui doit rassembler toute la gauche pour se qualifier.

D’où un difficile exercice d’équilibriste entre deux stratégies opposées.

Charles Debbasch

mercredi, janvier 18, 2012

SUR LA PERTE DU TRIPLE A


 


CONTROVERSES SUR LA PERTE DU TRIPLE A


LA CONTESTATION DU THERMOMETRE


L’abaissement du classement de la France par une agence de notation a provoqué de vives réactions. Désormais la température économique du pays doit se lire en AA  au lieu d’AAA.


Comme il est de règle, le verdict du thermomètre a été contesté et son étalonnage mis en cause. Les mauvais élèves contestent toujours leur appréciation. On peut certes critiquer le moment où cette notation sévère a été annoncée :à moins de cent jours de la présidentielle. Mais ceci ne change rien aux critères objectifs sur la base desquels elle a été effectuée Le niveau du déficit est de 1% du PIB pour l'Allemagne contre 5,7% du PIB pour la France.


LA TENTATION POLITICIENNE DE COLLER LA MAUVAISE NOTE A L’UN DES PROTAGONISTES POLITIQUES.


Comme c’est habituel, les  acteurs politiques se renvoient la responsabilité du déclassement. , François Bayrou estime que la perte par la France de son AAA valide son discours sur la priorité au désendettement et à l'unité nationale et évoquant une "coresponsabilité" UMP-PS dans la situation actuelle. François Hollande, estime que "c'est une politique qui a été dégradée, pas la France ; Quant à François Fillon  il a répondu que le leader socialiste "avait particulièrement tort" d'affirmer cela, épinglant à son tour le refus du PS de voter la "règle d'or" budgétaire ou son opposition à la réforme des retraites.


TOUS RESPONSABLES


Cette tentative de chaque leader politique de renvoyer le mistigri à son voisin n’est guère justifiée. Depuis 1974, le glissement des finances publiques a été constant aussi bien sous les gouvernements de gauche que sous ceux de droite. Chaque campagne électorale s'est déroulée sous le signe peu vertueux de l’augmentation des dépenses. L’expansion économique a dissimulé un temps ces erreurs de gestion mais la récente crise les a mises en évidence. Il est très difficile de sabrer dans les dépenses et toute augmentation de la pression, fiscale est impopulaire.


 


DES CONSEQUENCES DIFFICILES A APPRECIER


Dans le climat de crise où nous vivons, les facteurs négatifs s’additionnent  et il est difficile de peser le poids respectif de chacun. La perte du triple A a  cependant des conséquences identifiables.


-politiques elle nuit naturellement au gouvernement au pouvoir à qui elle est imputée même s’il n’en est pas le seul responsable.


-gouvernance Elle rend les citoyens encore plus vigilants sur les dépenses publiques. A cet égard, cette exigence ne vise pas que l’Etat. Elle s’étend aussi aux collectivités locales dont les dérapages financiers sont encore plus criards.


_économiques Un cran de confiance en moins et les taux de crédit progressent. Entreprises et particuliers voient les coûts du crédit augmenter. De ce fait la porte est ouverte à un progrès de la récession.


Aussi doit-on revenir à nôtre point de départ.Il convient de cesser de maudire les agences de notation. Il faut recréer les conditions d’une économie saine et équilibrée.


Charles Debbasch