LAICISER LE DEBAT SUR LA BURQA
Au moment où resurgit le débat sur la burqa, ce voile intégral que des extrémistes rétrogrades veulent imposer aux femmes, je ne peux que répéter les positions que j’ai soutenues ici-même sur ce sujet le 29 novembre 2009.
La loi a pour vocation d’être générale. Elle fixe des principes et elle ne règle pas des exceptions. Pourtant, à notre époque, chaque fois qu’un problème nouveau apparaît, on est tenté de le résoudre par la voie législative sans être assuré que le nouveau texte sera susceptible de régler le problème qu’il est censé résoudre. Le coup de clairon législatif dans l’opinion parait plus important que la loi elle-même dont chacun se moquera ensuite quand la fantaisie du moment se sera évanouie.
Je n’ignore pas pourtant le défi que des extrémistes rétrogrades lancent aux lois de la République. Ignorants de la séparation du temporel et du spirituel, ils veulent, au nom de ce qu’ils pensent être leur foi, imposer à notre République des règles de comportement social : voiler les femmes, séparer les sexes dans les hôpitaux ou les piscines et, qui sait, demain dans les écoles.
Bien entendu, il ne faut pas au nom de la tolérance et de l’ouverture d’esprit laisser l’intolérance prospérer. Bien entendu aussi, le principe constitutionnel de laïcité doit l’emporter sur toute autre considération. Bien entendu également, si notre arsenal constitutionnel ou législatif est insuffisant pour nous protéger des dérives fanatiques il faut le modifier. Et je ne peux me satisfaire de la position émise dans son avis par notre Conseil d’Etat qui estime qu’une interdiction absolue de la burqa serait contraire à des principes juridiques sans proposer ce qui permettrait à la volonté politique de s’insérer dans la rigueur juridique
Mais, je ne crois pas davantage à la bravade du gouvernement qui a décidé des faire comme si le risque d’inconstitutionnalité n’existait pas car rien ne serait pire que de faire voter une loi qui serait ensuite rejetée par le juge constitutionnel.
L’objectif affiché est de légiférer pour interdire le port du voile intégral. Mais, n’allons-nous pas, pour régler des situations exceptionnelles, faire de la publicité pour les mouvements intégristes et les transformer en défenseurs de la liberté se levant contre d’affreux répressifs ?
Sortons donc le problème du cadre étriqué dans lequel on l’a enfermé et revenons aux principes.
Le problème de la dissimulation du visage ne concerne pas seulement une minorité religieuse. On a vu, récemment, lors de manifestations violentes, des casseurs, le visage dissimulé par un foulard, pour détruire et voler en toute impunité. Cela n’a rien à voir avec une attitude religieuse.
Il faut donc dépasser le cadre de la burqa et s’élever au niveau d’un principe fondamental régissant les rapports humains dans une société civilisée.
Chaque individu a une identité. Cette identité il ne doit pas la dissimuler ou la travestir. L’identité n’est pas un simple document d’état civil. Elle s’incarne dans un visage qui est le drapeau extérieur de l’état civil. Dissimuler son visage c’est perturber la relation sociale et mettre en danger l’ordre public.
Il n’est sans doute pas besoin d’une loi pour rappeler que dans un Etat de droit on n’avance pas masqué mais à visage découvert. Mais, si on estime nécessaire de rappeler ce principe, faisons le dans une loi à article unique et sans référence au linceul noir dans lequel certains veulent emprisonner notre laïcité républicaine.
Charles Debbasch
mercredi, avril 28, 2010
LAICISER LE DEBAT SUR LA BURQA
dimanche, novembre 29, 2009
A VISAGE DECOUVERT: A PROPOS DU DEBAT SUR LA BURQA
A VISAGE DECOUVERT : A PROPOS DU DEBAT SUR LA BURQA
La loi a pour vocation d’être générale. Elle fixe des principes et elle ne règle pas des exceptions. Pourtant, à notre époque, chaque fois qu’un problème nouveau apparaît, on est tenté de le résoudre par la voie législative.
Je crains qu’avec le débat sur la burqa- ce voile intégral que des extrémistes musulmans veulent imposer aux femmes- on soit tombé dans le piège même qu’ont voulu tendre les prosélytes extrémistes d’un islam radical.
L’Assemblée Nationale a constitué une mission parlementaire sur la burqa. L’objectif est de légiférer pour interdire le port du voile intégral. Pourtant le principe même d’une législation attire les critiques. N’allons-nous, pour régler des situations exceptionnelles, -moins de 500 femmes portent la burqa-faire de la publicité pour les mouvements intégristes et les transformer en parangons de la liberté se levant contre d’affreux répressifs ?
Sortons donc le problème du cadre étriqué dans lequel on l’a enfermé et revenons aux principes. Le problème de la dissimulation du visage ne concerne pas seulement une minorité religieuse. On a vu récemment, lors de manifestations violentes, des casseurs, le visage dissimulé par un foulard, pour détruire et voler en toute impunité. Cela n’a rien à voir avec une attitude religieuse.
Alors quel est le principe en cause ? C’est un principe fondamental des rapports humains dans une société civilisée. Un individu a une identité légale de plus en plus précise avec les techniques modernes. Cette identité il ne doit pas la dissimuler ou la travestir. L’identité n’est pas un simple document d’état civil. Elle s’incarne dans un visage qui est le drapeau extérieur de l’état civil. Dissimuler son visage c’est perturber la relation sociale et mettre en danger l’ordre public.
Il n’est pas besoin d’une loi pour rappeler que dans un Etat de droit on n’avance pas masqué mais à visage découvert.
Charles Debbasch
jeudi, septembre 17, 2009
QUESTION DE VETEMENTS:JUPES,PANTALONS OU BURQA
QUESTION DE VETEMENTS
Toute société est construite à partir de diversités. Tout le problème est de savoir jusqu’où la diversité peut être acceptée sans mettre en péril l’ordre social.
FEMMES TROP DEVETUES
Au lycée public Geoffroy-Saint-Hilaire d'Etampes, dans l'Essonne, depuis l'arrivée du nouveau proviseur, les élèves sont priés d’éviter les jupes au dessus du genou, les bermudas ou jeans trop originaux. « Les surveillants] ont pris la carte de lycéenne d'une amie, parce que sa jupe était courte. Moi, ils m'ont menacé d'appeler mes parents si je remettais mon jean qui a deux pauvres trous». dit une élève. Une autre précise dans le Parisien «Seules les filles ont été réprimandées. Et pourtant personne ne met de minijupe moulante !» Selon le quotidien, pas moins d'une cinquantaine de cartes de lycéen ont été confisquées. Pour défier la direction, une lycéenne a organisé une journée du short. 200 des 1.200 élèves de l'établissement ont joué le jeu. «C'était une manière de revendiquer de façon festive. Il ne s'agit pas non plus de faire la révolution».Une mesure d'exclusion temporaire de trois jours a été décidée à l'encontre de l’organisatrice.
Il est vrai qu’il n’existe pas de règle nationale concernant l’habillement des élèves et qu’il appartient au règlement intérieur de chaque établissement de fixer la limite entre ce qui est tolérable et ce qui est interdit. Xavier Darcos, alors ministre délégué à l'Enseignement scolaire, n’avait-il pas exprimé, avec beaucoup d’élégance qu'il était «normal que l'on demande à des jeunes filles, lorsqu'elles commencent à être désirables, de faire en sorte qu'elles ne provoquent personne».
FEMMES TROP VETUES
A l’autre extrême, voici que nos députés se préoccupent du port de la burqa ce voile intégral qui est devenu symbole d’intégrisme religieux.
Quelque 2 000 femmes porteraient la burqa en France selon un rapport confidentiel du ministère de l'Intérieur sur l'islam. Cette pratique a conduit à la constitution d’une mission parlementaire sur la burqa. Nicolas Sarkozy avait estimé lors de son discours devant le Congrès à Versailles, que «la burqa n'était pas la bienvenue en France».
Fadela Amara, réclame, pour sa part une loi qui interdirait la burqa dans les services publics : écoles, hôpitaux, mairies… mais aussi dans les transports. Des contrôles d'identité seraient également effectués dans les lieux sensibles comme les gares et les aéroports.
COUPS DE FOUET POUR LE PORT DU PANTALON
Au Soudan, Loubna Ahmed al-Hussein qui risquait 40 coups de fouet pour avoir porté un pantalon jugé "indécent" a été emprisonnée après avoir refusé de payer l'amende de 200 dollars à laquelle elle avait été condamnée. Elle n’a été libérée qu’après le paiement de l’amende par l’Union des journalistes.
EN FRANCE NAGUERE
En 2003 le député UMP de l’Indre Jean-Yves Hugon a envoyé une lettre à la ministre déléguée à la Parité et l’Egalité professionnelle, Nicole Ameline pour lui rappeler que :
La loi du 26 Brumaire an IX de la République dispose que toute femme désirant s’habiller en homme doit se présenter à la Préfecture de police pour en obtenir l’autorisation, et celle ci ne peut être donnée qu’au vu d’un certificat d’un officier de santé.
Deux circulaires de 1892 et 1909 autorisent le port féminin du pantalon à vélo puis à cheval, précisait le parlementaire.
A l’occasion du bicentenaire en 2004 de l’écrivain George Sand, qui avait dû se soumettre à cette autorisation pour porter le pantalon auprès de la Préfecture de l’Indre, le député suggère de mettre en conformité notre Droit avec une pratique incontestée et incontestable des femmes.
Nicole Ameline avait répondu à M. Hugon qu’il ne lui paraissait pas opportun de prendre l’initiative d’une telle mesure dont la portée serait purement symbolique. Pour adapter le droit à l’évolution des mœurs, la désuétude est parfois plus efficace que l’intervention, soulignait la ministre.
Juste réflexion à la condition que les extrémistes n’utilisent pas le vêtement à des fins politiques.
Charles Debbasch