COPENHAGUE : POURQUOI IL FAUT ETRE OPTIMISTE
Le bilan en demi-teinte du grand show de Copenhague provoque des réactions contrastées. Pour les uns, la réunion s’est soldée par un échec pour les autres les jalons d’une politique du climat ont été posés.
DES RESPONSABLES DE POIDS
Les naïfs avaient pu croire que la présence de 193 pays soutenus par l’opinion mondiale allait permettre d’imposer une poltique écologique ferme aux grandes puissances.C’était une illusion. On n’efface pas d’un trait de plume écologique les dominants de la société internationale et c’est un duo Chine-USA qui a dicté la solution finale.
LE CONTENU DE L’ACCORD
L'accord de Copenhague contre le réchauffement climatique, validé samedi par la conférence des Nations unies, entend limiter le réchauffement à 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. .Par ailleurs un fonds est crée doté au terme de 2020 de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays pauvres à lutter contre les conséquences du réchauffement climatique.
LES FAIBLESSES DE L’ACCORD
La déclaration de Copenhague ne mentionne aucun objectif chiffré à l'horizon .Il ne comporte pas davantage de calendrier pour la signature d'un traité juridiquement contraignant.
Par ailleurs, il n’a pas été possible de créer une instance internationale chargée de vérifier la mise en œuvre des objectifs fixés. Il va donc falloir compter uniquement sur la bonne volonté, des 193 pays, qui se sont engagés à adapter leur législation nationale pour la rendre conforme aux engagements pris.
CE QU’IL FAUT EN PENSER
Les maximalistes de l’écologie n’ont pas manqué de dénoncer l’attitude des Etats. Pour Greenpeace : "Cette déclaration ne vaut pas la feuille de papier sur laquelle elle est écrite. Et les coupables le savent bien, qui se sont vite enfuis en avion, chez eux, la honte au front», En revanche, Ban Ki- moon, le secrétaire général des Nations Unies, a déclaré avec mesure :"Ce n'est peut-être pas tout ce que nous espérions, mais cette décision de la conférence des parties est une étape essentielle",
Le bilan de Copenhague est en effet globalement positif. C’était sans doute une illusion de penser que, du jour au lendemain, les Etats industriels pollueurs accepteraient de se faire hara-kiri. Mais en revanche, il est fondamental de constater que, pour la première fois, le problème du réchauffement climatique a été clairement posé par tous.
Il faut désormais compter sur la pression de l’opinion publique pour contraindre les gouvernements à prendre les mesures adéquates. Copenhague est une première étape nécessaire. On peut décerner aux Etats participants les encouragements…..à mieux faire dans un avenir proche.
Charles Debbasch
dimanche, décembre 20, 2009
COPENHAGUE:POURQUOI IL FAUT ETRE OPTIMISTE
lundi, décembre 07, 2009
COPENHAGUE ET LA NOUVELLE ECOLOGIE POLITIQUE
COPENHAGUE ET LA NOUVELLE ECOLOGIE POLITIQUE
Lesommet de l'ONU de Copenhague sur le climat, réuni pour trouver un accord qui permette d'enrayer le réchauffement climatique, rassemble plus de 15.000 délégués officiels de 192 pays. La seule tenue de cette réunion est déjà un succès pour les écologistes.
Pendant longtemps, ces derniers ont été considérés comme des farfelus ou des rêveurs déconnectés des réalités. Le productivisme triomphant leur interdisait l’accès à la décision politique. C’était l’époque du développement à tout va. L’augmentation régulière du niveau de vie suffisait au bonheur des masses qui en oubliaient les problèmes de la biosphère.
Il a fallu deux évolutions pour que l’écologie prenne le pas sur l’économie.
La crise économique a montré les limites du modèle productiviste .La loi du marché s’est révélée un système de régulation insuffisant incapable d’assurer le plein emploi. La liberté d’entreprise était tolérée tant qu’elle assurait une augmentation régulière du niveau de vie. Elle devenait vulnérable dés lors qu’elle enfonçait l’économie dans des dérèglements. Une voie royale s’est ouverte alors pour l’écologie. On acceptait que la nature fût martyrisée dés lors que les satisfactions matérielles étaient présentes. En revanche, la crise économique a rendu audible le discours écologique. Le sacrifice de la nature n’était plus acceptable dés lors que l’augmentation du pouvoir d’achat n’était plus au rendez-vous.
A partir de ce moment, les phénomènes du dérèglement climatique présents depuis longtemps ont commencé à préoccuper les opinions publiques alors que chacun feignait de les ignorer jusqu’ici. Il est vrai que les dérèglements du climat sautaient de plus en plus aux yeux des non initiés. Inondations, tsunami, sécheresse ont maintenant télévision ouverte et sont attribués aux gaz à effet de serre. 26 chercheurs ont conclu que le réchauffement planétaire était plus rapide qu'on ne le pensait et que le niveau des mers pourrait, dans le pire des cas, s'élever de deux mètres avant la fin du siècle. De 2000 à 2008, le Groenland a perdu 1.500 milliards de tonnes de glace et l’image d’un ours blanc perdu sur un ‘’glaçon’’ en fonte a fait le tour du monde. La déforestation, l’épuisement des énergies fossiles inquiètent maintenant les peuples.
Il faudra néanmoins beaucoup d’audace pour passer de l’inquiétude écologique à la décision. Et celle-ci difficile à prendre dans les pays développés sera encore plus ardue à mettre en œuvre dans les Etats émergents.
Il faudra également beaucoup de mesure pour que l’on ne passe pas de l’indifférence écologique à la dictature écologique qui voudrait nous faire retourner à l’économie du temps de la pierre. Il faudra aux dirigeants réunis à Copenhague beaucoup d’esprit de décision mais aussi une grande dose de sagesse.
L’écologie n’est pas la pierre philosophale de la nouvelle économie. Elle n’est qu’un des éléments de la décision politique.
Charles Debbasch