mercredi, avril 16, 2008

LES SUPPRESSIONS DE POSTERIEURS DANS L'ECOLE

LE NU COUTE CHER

En ces temps de grève dans les lycées pour cause de suppression de postes ou d’insuffisance de crédits, sept mères de famille espagnoles avaient cru trouver un moyen pour récolter des fonds pour la petite école rurale de leurs enfants. Elles avaient posé nues pour un calendrier gentiment érotique.
Dévoilant de mois en mois une partie de leur anatomie, elles se retrouvaient dans la page de décembre revêtues de simples guirlandes sans boules.
Mais n’est pas Pamela Anderson qui veut. Est-ce le défaut de leurs plastiques ou leurs faibles talents publicitaires, elles se retrouvent aujourd’hui avec un stock de 5000 invendus et près de 10.000 euros de dettes.
On ne peut qu’être apitoyé devant l‘échec de leurs efforts.
Elles espéraient être portées aux nues et elles se retrouvent à découvert.
Leur calendrier devait faire date et il a fait des dettes. Le pilon l’attend.
On pense que les syndicats de l’enseignement espagnols vont porter plainte pour suppression de postérieurs.

Charles Debbasch

samedi, avril 12, 2008

CONTRE LE BRUIT ANTI-JEUNES

LA NOUVELLE MINORITE DE L’OUIE
Toutes les oreilles n’ont pas, c’est bien connu, la même sensibilité. Certaines se délectent de la neuvième symphonie. D’autres sont bercées par le hard rock. Il est des pavillons sensibles et des durs de l’oreille.
Certains ultrasons ne peuvent être entendus que par les jeunes. C’est en s’appuyant sur cette sensibilité que les concepteurs du Mosquito ont conçu leur répulsif anti-jeunes. Cet émetteur d’ultrasons ultra puissant crée une telle gêne pour les adolescents capables de les percevoir qu’ils sont obligés de déguerpir. Finis alors les rassemblements au bas des immeubles ou devant des cafés. La société devient régulée par le son.
Cet appareil a été conçu à l’origine par un ingénieur pour écarter les voyous de sa fille. .Plus de 300 Mosquito sont installés dans une soixantaine de municipalités des Pays-Bas. La ville de Rotterdam par exemple avance que leur utilisation aurait fait baisser la délinquance. La France s’interroge sur leur introduction.
Dans notre société en voie de parcellisation où chaque minorité s’enorgueillit de ses particularités, voici une nouvelle catégorisation par l’ouïe. Il convient donc de mesurer les différences d’audition de chacun et de classer les citoyens en fonction de leurs capacités auditives. Imaginons un club londonien qui voudra écarter les femmes de ses fauteuils, il lui suffira d’émettre le son qui chasse les membres du sexe féminin et il n’y aura plus de nécessité de contrôles. Pour les films interdits aux moins de dix huit ans, plus besoin de carte d’identité : à l’entrée de la salle de spectacles le Mosquito fera le tri.
Les citoyens seront toujours égaux en droit mais différenciés par l’audition.
Je trouve cependant que baser la différenciation sur un principe de répulsion est bien triste. Je préfère une société où le son rassemble plutôt qu’il divise.

Depuis que l’humanité existe, elle a assemblé les sons pour charmer les oreilles. Elle a construit les harmonies, différencié les instruments, perfectionné les solfèges.

Le mosquito construit des ghettos. La musique rassemble. Elle humanise. Elle rapproche.

Remplissons les salles de concerts au lieu de faire la chasse aux jeunes.

vendredi, avril 11, 2008

LES JEUNES DANS LA RUE :LA QUERELLE DE L'ECOLE

LES JEUNES DANS LA RUE

Je n’aime pas beaucoup voir les jeunes défiler dans la rue. Je sais que, derrière chaque jeune qui manifeste, il y a souvent un adulte qui tire les ficelles. Je sais aussi que les établissements scolaires ont besoin de sérénité et de calme, qu’ils doivent être des cadres de tolérance et non des lieux d’exclusion, des espaces de formation et non des chambres d’endoctrinement. Je sais aussi que c’est une faiblesse des adultes de penser que les jeunes ont toujours raison et que le laisser faire doit remplacer la nécessaire autorité.

Je n’ignore pas moins que l’explication doit toujours être préférée à la force, que, si des mauvais esprits manipulent les jeunes, c’est aussi parce que les bons esprits ne se manifestent pas assez ou que certains, dans le trouble actuel de la majorité, veulent se payer le bon soldat Darcos En d’autres termes, je me demande si la majorité politique a bien compris que le débat présent dans les écoles est une conséquence de sa défaite aux municipales et que l’opposition cherche, tout simplement, à pousser son avantage.

Alors précisons bien les éléments du débat. Deux questions sont agitées.

La première porte sur la suppression de postes dans les lycées. Celle-ci se situe dans un cadre général de réduction des dépenses publiques .Elle repose sur une évolution de la démographie : il y aura 40 000 élèves de moins en 2008-2009 et donc les 11 200 suppressions de postes dont 8 800 dans le secondaire ne modifient pas "le taux d'encadrement".
Xavier Darcos explique à juste raison qu’à la rentrée 2007, les collèges et lycées comptaient 5 371 368 élèves. Sur un effectif de 1 065 327 agents rémunérés par le ministère de l'éducation nationale, 511 485 professeurs exerçaient dans le second degré Le ratio est donc de 10,5, Il faut, bien sur, tenir compte des malades, des classes dédoublées, des différences selon les cycles. Mais, en mettant les choses au pire, on se situe selon les classes autour d’une moyenne de trente élèves. Est-ce vraiment si déraisonnable ? A ce stade deux éléments s’imposent.
Les syndicats contestataires ont tort de réduire le débat scolaire à une querelle de moyens. C’est la passion d’enseigner qui assure la promotion des jeunes et non les querelles de chiffres. Pour sauver l’école, il faut redonner cette foi aux enseignants et non s’enfermer dans le misérabilisme des chiffres. Cinq élèves en classe de plus ou de moins ne transformeront jamais le désert en oasis ou la médiocrité en excellence.
Les finances ont, de leur côté tort de réduire le débat à une évolution démographique. L’école a besoin de considération et d’estime. Puisque Nicolas Sarkozy a expliqué que le « serrage de ceinture » serait différencié, pourquoi ne pas avoir appliqué à l’avance un traitement de faveur à l’école en expliquant que sa modernisation supposait un traitement d’exception ?
Un second débat- éclipsé à l’heure actuelle par la contestation lycéenne- porte sur la réforme des programmes du primaire. Xavier Darcos a raison de remettre l’accent sur les fonctions essentielles de l’école ; lire, écrire, compter .Il suggère, après une large concertation, des réformes dans les programmes .C’est aussitôt une levée de boucliers syndicale.

Les plus avancées des organisations sont d’accord pour changer la société mais leur aspiration révolutionnaire s’arrête à la limite de leurs disciplines. Il faut pourtant sortir le débat sur l’école du corporatisme. C’est la Nation dans son ensemble qui doit participer à la construction d’un enseignement moderne et adapté aux besoins du monde présent.

Ouvrons donc avec ferveur ce débat et sortons l’école des lamentations rétrogrades.

Charles Debbasch

dimanche, avril 06, 2008

LE PET DU KANGOUROU SAUVERA-T-IL LE MONDE

LE PET DU KANGOUROU SAUVERA T IL LE MONDE ?

Dans un de ces articles savants dont il s’est fait une spécialité Le Monde rapporte l’étonnante découverte d’un chercheur australien qui peut à terme réduire le réchauffement de la planète.
Le constat est simple. Les flatulences et éructations de nos troupeaux sont un fléau pour la Terre. A l'échelle mondiale, chaque année, les troupeaux déversent dans l'atmosphère , par leurs flatulences et éructations, une centaine de millions de tonnes de méthane : un gaz à effet de serre, dont l'impact sur le réchauffement planétaire est plus de trente fois supérieur à celui du dioxyde de carbone.

Or, un chercheur australien a découvert que le kangourou, lui , ne dégage pas de méthane grâce à une particularité de sa flore intestinale .Elle comporte. en lieu et place des bactéries méthanogènes des bactéries acétogènes, productrices d'acétate. Ce qui assure également à cet herbivore une digestion plus sereine et énergétiquement plus rentable.

L’idée du chercheur est donc toute simple.Il faut transférer dans la panse des vaches et des moutons, ces bactéries et le problème sera réglé.

Je ne suis pas certain que cette idée ne mène pas aux mêmes errements que la transformation de l’alimentation des bovidés qui conduisit naguère à la maladie de la vache folle .

Ne risque-t- on pas aussi d’engendrer d’autres modifications de comportements des bovidés.

Qui peut nous assurer que la saccade des sauts du kangourou n’est pas en rapport avec la composition de ses gaz et comment pourra t on désormais garder les troupeaux s’ils se mettent à leur tour à bondir.

Laissons donc les vaches ruminer en pet.

Le jour même où Le Monde exposait le changement révolutionnaire envisagé de la flatulence des bovidés, sa direction annoncait un important plan de licenciement de ses journalistes.

Il y a décidément de l’eau dans le gaz.

Charles Debbasch

samedi, avril 05, 2008

LE PLAN DE VIGUEUR DE NICOLAS SARKOZY

LE PLAN DE VIGUEUR DE NICOLAS SARKOZY
LE RETOUR DU VOLONTARISME PRESIDENTIEL


Il y a quelque chose de comique dans les interventions télévisées de François Hollande .Il parait pressé d’annoncer un plan de rigueur gouvernemental à la place de François Fillon .Ses contradicteurs de l’UMP ne paraissent pas mieux inspirés.

La réalité est pourtant toute simple. L’Etat français vit au dessus de ses moyens et il doit assainir ses finances et réduire ses déficits La conjoncture internationale morose ne l’y aide pas.

La responsabilité de cette situation est collective.

La gauche, en arrivant au pouvoir en 1981, a alourdi les structures de l’Etat notamment en recrutant un million et demi de fonctionnaires

.La droite a continué à creuser les déficits en multipliant les allocations multiples.

Le résultat est consternant .La France a la structure bureaucratique’ la plus lourde de tous les Etats libéraux.

Retrouvant son inspiration réformatrice, Nicolas Sarkozy vient de présenter 166 mesures pour réformer l'Etat et économiser 7 milliards d'euros

Le plan d’économie étalé sur trois ans portera pour moitié sur le non-remplacement d'un fonctionnaire de l'Etat sur deux partant à la retraite. 105 000 emplois seront ainsi supprimés.
La seconde moitié des économies devrait résulter de la révision à la baisse des grandes politiques d'intervention économiques et sociales,-allant de la formation professionnelle à l’emploi en passant par le logement.
Nicolas Sarkozy récuse tout plan de rigueur pour 2009. «La rigueur, c’est un coup de rabot sur les dépenses qui touche tout le monde de la même façon. Nous, nous faisons la réforme.» a dit le Président.
Il ne s’agit pas seulement de dégraisser l’Etat mais de le moderniser et Nicolas Sarkozy a donné en exemple la réforme réussie du ministère des Finances. Il s’est rendu à Bercy pour installer la nouvelle direction générale des finances publiques et saluer le succès de la fusion des anciennes directions générales des impôts et de la comptabilité publique.
Bien entendu, cette politique de réforme va provoquer de nombreuses oppositions.

Chaque secteur concerné va proposer d’être épargné par la réforme. Il faudra choisir des priorités et s’y tenir en expliquant avec une grande pédagogie les raisons des choix.

Il conviendra aussi, dans chaque cas, de se rappeler que le but de la réforme doit être d’améliorer la vie des citoyens et d’alléger le poids de la bureaucratie. Est-il par exemple admissible dans un Etat de droit que plus de quinze années s’écoulent entre le moment où un particulier subit une contrôle fiscal et celui où la juridiction administrative se prononce sur son dossier ?

Il faut débureaucratiser la société française. L’opinion publique ne soutiendra la réforme que si elle perçoit que l’action de modernisation de l’Etat lui rend la vie plus facile.

Charles Debbasch
>

lundi, mars 31, 2008

PS ET UMP DEUX ARMEES MEXICAINES?

LES DEUX ARMEES MEXICAINES DE LA MAJORITE ET DE L’OPPOSITION


Le parti socialiste n’a pas plus tôt digéré son succès aux élections locales que
déjà les courants, contre-courants et courants d’air menacent de faire voler le mouvement en éclats. L’ancien secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer Christian Estrosi, qui vient d’être élu maire de Nice, il voit, quant à lui, dans l’UMP "une armée mexicaine, sans véritable chef». Les raisons de ces deux situations sont pourtant très différentes.

Le Parti socialiste, depuis qu’il a perdu la présidentielle, est lancé dans une double recherche. Il doit à l’évidence tenté de renouveler doctrine et programmes frappés de désuétude. Dans cette recherche, il lui faut concilier deux tendances : une favorable au maintien de la marxisation et de l’alliance à gauche et une autre ouverte aux sirènes centristes. Cette hésitation se double d’une lutte pour le leadership. L’échec de Ségolène Royal laisse le débat ouvert. Faut-il laisser la Présidente de Poitou -Charente en pole position ? Elle le pense maxi tous ne sont pas de cet avis à commencer par son ancien compagnon, François Hollande qui se verrait bien dans l’habit présidentiel tandis que Bertrand Delanoë, fort de son succès parisienn laisse pour l’instant les sondages favorables parler pour lui.

La situation de l’UMP est plus complexe. Un parti qui détient la Présidence de la République est dans une situation ambiguë. Son chef naturel est à l’Elysée. Il ne peut donc avoir à sa tète un leader puissant qui pourrait concurrencer le Chef de l’Etat. Mais, d’un autre coté, il a besoin d’une existence autonome. Pour permettre cette conciliation Nicolas Sarkozy a fait en sorte de diluer le pouvoir à l’intérieur de l’UMP mais dés lors, comme le souligne Christian Estrosi, il existe un grand désordre au sein du parti majoritaire.

En d’autres termes, le PS est une armée mexicaine qui se cherche un Chef. L’UMP, quant à elle est une armée mexicaine parce que son chef est à l’Elysée et qu’elle est, de ce fait, quelque peu orpheline.


Charles Debbasch(

vendredi, mars 28, 2008

SARKOZY QUEL CHANGEMENT DE STYLE?

SARKOZY : QUEL CHANGEMENT DE STYLE ?

Dans un entretien accordé à la BBC, Nicolas Sarkozy, en visite à Londres, assure qu'il a tenu compte des critiques qui lui ont été adressées sur son style.
«Moi, je ne suis pas le genre d’homme à écouter les compliments et à mépriser les critiques. Je tiens compte des deux», a-t-il affirmé. Encore faut-il s’entendre sur le contenu des reproches de style faits au président français.

Certains portent sur le comportement jugé peu présidentiel du Chef de l’Etat, sa trop grande familiarité voire sa verdeur, le caractère ostentatoire de sa vie privée. On cite pèle mêle les quelques incartades qui lui ont été reprochées :sa croisière sur un yacht à Malte peu après son élection, sa sortie avec sa nouvelle conquête à Eurodisney, ses vacances en Egypte avec Carla Bruni, sa sortie triviale au Salon de l’agriculture. Les Français attendent du Président plus de hauteur et Nicolas Sarkozy, sauf rechute, a entendu leur message. Une majorité de Français (58%) estime que Nicolas Sarkozy a changé plutôt en bien depuis quelques semaines sa manière d'exercer la fonction de président de la République, selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI.

Mais, à notre avis, la critique la plus forte adressée au Président est ailleurs.

Les Français reprochent au Président de ne pas se comporter comme le serviteur des institutions de la Cinquième République mais comme le Chef d’une nouvelle République imprécise.

Dans sa volonté de présidentialiser le régime, Nicolas Sarkozy a porté atteinte à un équilibre institutionnel auquel les citoyens sont attachés. En d’autres termes, ils reprochent à Nicolas Sarkozy d’avoir mis en lumière ses conseillers plus que ses ministres, d’avoir rogné les prérogatives du Premier ministre, d’avoir placé la présidence dans les miasmes du quotidien plus que dans les hauteurs de l’Olympe. Les Français souhaitent que le Président exerce la fonction traditionnelle du Chef de l’Etat de la Cinquième République et non celle, non encore définie, de Président d’un futur système présidentiel.

C’est ce changement de style qui reste encore à venir.

Charles Debbasch