mercredi, avril 21, 2010

L'AVION ET LE VOLCAN

L’AVION ET LE VOLCAN

Des millions de voyageurs privés d’avion durant plusieurs jours, des millions de dollars perdus par les compagnies aériennes ,tel est le bilan provisoire de cet arrêt de la navigation aérienne provoqué par le nuage de cendres volcaniques projeté dans l’atmosphère par le volcan Eyjafjöll en Islande.il s’agit d’une paralysie du transport aérien encore plus grave que celle qui fut provoquée par les attentats de New York en septembre 2001.Cet évènement appelle plusieurs réflexions.
LA NATURE N’EST PAS TOUJOURS UN EDEN
La première concerne le relatif silence des écologistes. Ceux-ci imaginent que la nature est toujours bonne et que l’influence de l’homme est toujours négative. Or, en l’espèce, c’est un évènement naturel qui est à l’origine de la débâcle aérienne. Une occasion de rappeler que si l’homme doit respecter les grands équilibres de la planète, tout ce qu’il entreprend n’est pas forcément mauvais. Que l’on songe aux efforts pour maîtriser les inondations, aux luttes contre les parasites et les espèces nuisibles. Cette affaire doit être une occasion de remettre en perspective les équilibres en jeu dans notre société et de rappeler que l’écologie n’est qu’un des impératifs du gouvernement des hommes et non un dogme totalitaire.
LE PROGRES SCIENTIFIQUE N’EST PAS CONTINU
Nous nous sommes habitués à la régularité et à la vitesse du transport aérien et nous nous plaignons lorsque notre vol est retardé. Les évènements actuels viennent nous rappeler l’extrême fragilité de cet instrument de transport.
Déjà l’arrêt de Concorde nous avait montré que le progrès n’est pas continu et que nous pouvons connaître des régressions. Depuis cet évènement, plus aucun avion civil ne vole à une vitesse supersonique. L’arrêt provisoire de la circulation aérienne a redonné toute leur vigueur au transport maritime, au train, à la voiture, au taxi. Ce mouvement ne fait que confirmer des évolutions en cours .Ainsi pour des distances de moins de 1000 km le train à grande vitesse est plus performant que l’avion. Pour le tourisme de loisir, les paquebots modernes sont plus confortables et ludiques que l’avion.


L’INSUFFISANCE DE NOS CONNAISSANCES
Le transport aérien s’est développé plus rapidement que l’état de nos connaissances sur le milieu naturel. Certes, le nuage volcanique est dangereux pour les avions. Ses particules riches en silice de moins de deux millimètres, aux arêtes tranchantes, ont un effet abrasif qui érode le fuselage et les ailes . Elles peuvent également provoquer un arrêt des réacteurs. En 1982, à cause de l’éruption du volcan Galungung en Indonésie, un Boeing 747 de la British Airways qui volait à plus de 12 km d’altitude a chuté .Le pilote n’a pu faire repartir les réacteurs qu’au bout de 13 minutes, une fois que les palettes ont pu se débarrasser du dépôt vitrifié.
Mais si le danger est connu il n’a pu faute de moyens d’observation scientifiques adéquats être exactement mesuré en l’espèce. Au point que les compagnies n’ont eu à leur disposition qu’une méthode fort peu scientifique : faire voler un avion sans passagers dans la zone à la dangerosité affirmée. Ce qui, on le reconnaîtra , relève d’un empirisme désuet.

LE PRINCIPE DE PRECAUTION
C’est en définitive au nom d’un principe de précaution largement entendu que les autorités ont pris la décision d’interrompre totalement la circulation aérienne.
Aujourd’hui, parce qu’aucun accident n’est survenu, on serait tenté de le leur reprocher. Mais, en sens inverse, on les aurait sans nul doute mises en cause si elles avaient laissé le trafic s’écouler et qu’un accident se produise.
Il faut cependant se demander si l’application, à tort et à travers, du principe de précaution n’aboutit pas à paralyser les activités humaines les plus modernes et ne bride pas, de façon excessive la créativité et l’esprit d’entreprise sans lesquels l’aviation ne serait pas aujourd’hui ce qu’elle est.
Charles Debbasch

samedi, avril 17, 2010

LA FABLE DE L'ANTI-SARKOZYSME PRIMAIRE

LA FABLE DE L’ANTI-SARKOZYSME PRIMAIRE

La prise de parole du Procureur devant la Cour de Justice de la République chargée de juger Nicolas Sarkozy était fort attendue. Chacun savait que cet ancien collaborateur du Président avait retourné sa veste depuis que la rumeur publique avait décidé d’abattre le Président de la République. Il ne prit donc pas de gants pour flageller le chef de l’Etat.

‘’Je vous demanderai la peine la plus lourde pour M .Nagy-Bocsa s’écria-t-il avec une moue dédaigneuse en prononçant ce nom étranger. Il avait promis de gagner plus en travaillant plus. Mais il n’y a plus de travail.

Les Français se sont appauvris car Nicolas Sarkozy est à l’origine de la crise mondiale .Les subprimes sont le résultat de ses spéculations sur la valeur du terrain de l’Elysée. Et si Renault fait fabriquer ses voitures en Turquie c’est encore sa faute . Si ses ancêtres n’avaient pas chassé l’empire ottoman de la Hongrie, La Turquie serait aujourd’hui membre à part entière de l’Europe et ses salaires seraient équivalents à ceux de la France.

Quant au problème des retraites , c’est encore l’attitude de Sarkozy qui en est la cause .Si Mitterrand a gagné la présidentielle en 1981 et mis en œuvre la retraite à soixante ans , c’est parce que Sarkozy et ses amis n’ont pas été capables de faire réélire Giscard en 1981.La seule vraie réforme des retraites c’est le retrait de Sarkozy du pouvoir. Ainsi madame Aubry aura à régler le problème elle-même.

N’oublions pas le récent péché mortel de Sarkozy : les inondations dans la région de Ségolène Royal sont le résultat du trop plein des larmes versées par l’ancienne candidate à la présidence après son échec.

Quelle décision saugrenue que de vouloir détruire les maisons construites en zone inondable , c’est le signe de la passivité sarkozienne alors qu’il serait si simple d’abaisser le niveau de la mer.

La culpabilité de Sarkozy est si évidente que ses plus proches amis à l’image d’Alain Juppé veulent quitter le navire.

Tout ceci n’est pourtant que broutilles face au pêché majeur commis par le Président.

Il a épousé une femme jolie, brillante et que l’on dit aisée. C’est une insulte faite à tous les Français qui supportent des épouses peu agréables à regarder, sottes et dépensières.

Un Président est fait pour souffrir et non pour être jalousé .Le vent de la rumeur est plus dangereux que les cendres des volcans islandais. Celles-ci empêchent les avions de voler, celui-là ne permet pas aux Français de vivre leur démocratie dans la sérénité.

Voilà le crime de Nicolas Sarkozy : un crime contre la démocratie.

Dans la France moderne, il vaut mieux être plaint qu’envié.’’

Charles Debbasch

mercredi, avril 07, 2010

LE CHOC EN RETOUR DES REGIONALES

LE CHOC EN RETOUR DES REGIONALES
L’échec cinglant de la majorité aux régionales a produit une onde de choc qui atteint le président de la République lui-même.
Une controverse est née sur l’aptitude de l’actuel Président à conduire une compétition présidentielle victorieuse en 2012 .
On peut toutefois se demander si l’analyse des contestataires n’est pas superficielle et s’il ne faut pas aller plus au fond des choses .
I-LA CONTESTATION DU PRESIDENT
Notre société médiatique vit tout entière dans l’anticipation .En cette période de mi-mandat chacun s’interroge donc sur la volonté et sur l’aptitude de Nicolas Sarkozy pour gagner la compétition de 2012 .
-L’ATTITUDE DES PROCHES DU PRESIDENT
Avant son élection ,Nicolas Sarkozy pensait à la présidentielle même en se rasant. Certains observateurs peuvent aujourd’hui se demander si l’exercice de la fonction présidentielle ne « rase » pas l’ancien maire de Neuilly et, si rassasié de s’être montré capable d’emporter la compétition majeure, Nicolas Sarkozy ne souhaitait pas à présent voguer vers d’autres horizons . L’expression des personnes les plus proches de son entourage fait à cet égard naître le doute.
Dans un entretien au Figaro Madame, Carla Bruni a donné son avis sur l’éventualité de la candidature de son mari en 2012."En tant qu'épouse, je ne le souhaite pas vraiment. Peut-être ai-je peur qu'il y laisse sa santé, peut-être ai-je envie de vivre ce qui nous reste à vivre dans une certaine paix", a-t-elle déclaré.
Quant au père de Nicolas Sarkozy il s’est montré réservé sur un second mandat de son fils . «C'est lui qui décidera, mais, personnellement, je pense qu'il aura une vie beaucoup plus tranquille et beaucoup plus confortable s'il ne se représente pas»avant d’ajouter «C'est une opinion de père qui aime son fils et qui aimerait le voir heureux … Je peux imaginer le poids des soucis qu'il porte : entre la crise économique, le chômage, les gens dans la rue...».
Dans la mesure où ces déclarations reposeraient sur la pensée intime du chef de l’Etat, elles font naître un débat qui émousse son autorité politique. Le gouvernement des hommes n’a jamais été une partie de plaisir et le bonheur d’une nation exclut souvent la quiétude et la sérénité des gouvernants .On comprend alors que ces propos viennent s’additionner à la contestation de l’après régionales pour nourrir la sédition à l’égard du président .
-LES REMOUS DANS LA MAJORITE PRESIDENTIELLE
Sur le thème des grenouilles qui se cherchent un roi, les « bonnes volontés » n’ont pas tardé à se manifester. C’est tout d’abord Alain Juppé qui a annoncé sa disponibilité à entrer dans la course présidentielle comme pour ne pas être oublié ou prendre chacun de vitesse .L’ancien ministre du budget, le sénateur UMP , Alain Lambert, a été plus radical . Il estime que Nicolas Sarkozy n'est pas en situation de faire gagner la majorité en 2012. Il appelle les ténors de l'UMP, tels que Juppé, Raffarin, Villepin et Fillon, à se rencontrer pour «envisager toutes éventualités» dans «l'intérêt supérieur du pays».
Thierry Mariani, candidat malheureux à la présidence de région PACA, a boycotté l'invitation lancée par le chef de l'Etat aux députés de la majorité à l'Elysée. «Quand on est pris pour un con, il faut savoir terminer les choses», a-t-il déclaré.

Mais la contestation n’est pas seulement l’affaire d’individualités, ce sont désormais des pans entiers du credo sarkozyste qui sont attaqués.
Le bouclier fiscal, première réforme du nouveau président, est contesté par de nombreux députés. Ainsi, treize parlementaires UMP annoncent le dépot d’une proposition de loi pour suspendre le bouclier fiscal.
La décision de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux est également attaquée alors que les citoyens réclament de meilleurs services publics notamment dans les hopitaux , l’éducation nationale ou la sécurité ;
Quant à l’abandon de la taxe carbone, il est applaudi pas certains ou vivement contesté par d’autres comme la secrétaire d’Etat Chantal Jouanno.
Les parlementaires deviennent rétifs devant les réformes et ils contestent pêle-mêle la réforme envisagée de la justice ou même l’éventuel projet de loi sur le voile intégral à propos duquel Bernard Accoyer , président de l’Assemblée nationale observe"Il y a des priorités plus pressantes, qui sont celles de l'emploi et du pouvoir d'achat. La loi doit être applicable et ne doit pas être annulée par le Conseil constitutionnel ou la Cour européenne des droits de l'homme".
Tout ceci donne une impression de désordre et de fin de rêgne. Des réactions trop rapides et non réfléchies risquent en effet de miner l’édifice sarkozyen plutôt que d’aider à son ravalement. Il faut donc s’attacher à refonder les bases d’une doctrine de la droite.
II-LA NECESSAIRE REFONDATION
A l’évidence , le discours politique de la droite comme de la gauche ne correspond pas à l’attente des électeurs .
-LE DESARROI DES FORCES POLITIQUES TRADITIONNELLES
Quand la moitié des électeurs négligent d’accomplir leur devoir électora !il ne suffit pas d’invoquer un trouble passager. Il faut prendre conscience de la gravité du malaise des citoyens qui ne trouvent pas dans les partis politiques traditionnels une réponse à leurs attentes .
D’autant qu’à notre avis il faut ranger également le vote écologiste dans le même clan du refus .Je m’explique. Il ne s’agit pas de railler la préoccupation écologique qui doit imprégner tout programme politique. Il s’agit d’affirmer haut et fort que l’écologie est une des composantes nécessaires d’une doctrine politique mais qu’elle ne peut être la finalité globale et synthétique d’une action politique .Il ne faut pas confondre la partie et le tout .Il faut confronter en permanence la donnée écologique avec les autres exigences du gouvernement des hommes comme le progrés économique, la création des emplois, l’innovation des techniques. La dictature écologique n’a pas de sens. Bloquer au nom de l’écologie les changements ou le progrés technique n’a pas de sens.Transformer la France en une principauté écologique dont le chef de l’Etat serait le grand prince est une régression .La majorité provisoire qui s’est formée au lendeman des régionales entre le PS et génération Ecologie est un leurre.Elle se brisera nécessairement devant les réalités du gouvernement. Qui pourra accepter, par exemple, qu’au lendemain d’un éventuelle victoire de ce panaché disparate, la France soit conduite à renoncer à l’électricité d’origine nucléaire ?
En ce sens, le vote écologique ne peut être considéré que comme une manifestation protestataire, un refus de choisir entre les deux principaux partis .
De même la vigueur retrouvée de la gauche ne doit pas dissimuler que le parti socialiste n’a pas de programme précis sur les orientations qu’i compte donner à la politique de la France.Le PS n’est plus collectiviste et étatiste.Il est plutôt l’expression de tous les conservatismes qui sont inquiets devant les changements de la société. Il bénéficie de la crise économique qui est toujours attribuée aux gouvernements en fonction . Mais le mauvais exemple de l’Espagne et de la Grèce-deux pays gouvernés par des majorités socialistes- démontre que le PS au pouvoir ne fait pas mieux que la droite et qu’il est, au contraire , plus prisonnier qu’elle des déficits publics. La droite est donc loin d’être condamnée à la condition qu’elle sache se réformer.
-LA NECESSAIRE REFORME DE LA DROITE
Les fondamentaux qui avaient inspiré la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy ont profondément évolué. La crise économique a conduit à la contestation du laisser-faire et a revalorisé le rôle de l’Etat .Le chômage et l’appauvrissement qu’il entraine ont renforcé les exigences de solidarité et d’égalité. Est-ce pour autant qu’il faille jeter le libéralisme dans la même fosse que le collectivisme loin de là
-QUEL PROGRAMME POUR LA DROITE
- la crise économique a remis l’Etat fort en évidence. Mais c’est un Etat garant des grands équilibres économiques et sociaux et non un Etat gérant.
-le dégraissement de l’Etat doit être poursuivi mais en période de crise, il faut tenir compte des exigences de l’opinion concernant le maintien des services publics essentiels : éducation , santé, ordre public.
-il faut développer les droits et libertés dont disposent les citoyens et passer d’une société administrée à une société de participation
-Sauf s’il venait à renoncer à se présenter, le candidat naturel de la Droite à la présidentielle est Nicolas Sarkozy. Le seul qui ait une chance réelle de l’emporter.
Charles Debbasch

vendredi, mars 26, 2010

LA FABLE DE L'APRES REGIONALES

LA FABLE DE l’APRES REGIONALES
Le grand faiseur de fromages français « La fourme de Sarkozye»’était revenu fort marri du Salon de l’Agriculture.
Le public avait boudé sa dernière création’’’le Regional’’ et lui avait préféré la pâte de son concurrent ‘’L’Aubryac’’ qui se disait plus proche de la nature , plus ecolo en somme.
Savoir pourquoi les clients, jusque là fidèles de la fourme de sarkozye, s’en étaient écartés n’était guère difficile.La composition du produit variait sans cesse : tantôt un peu plus de sel, tantôt un peu plus de poivre. Tous ceux qui appréciaient la traditionnelle mixture poivre et sel ne s’y retrouvaient plus. Ils boudaient le produit ou achetaient de préférence celui de la concurrence. Les mauvaises langues prétendaient mezzo voce que l’addition de carbone rendait le produit impropre à la consommation.
Retourné dansa grande ferme que chacun nommait ‘’Elysée moi’’, le chef fromager déversa sa colère sur le chien de garde du troupeau le bon Fillon qui n’avait cessé de veiller sur le troupeau durant toute la durée du salon. Ce chien fidèle était devenu la coqueluche des publicitaires qui ne manquaient jamais une occasion de l’opposer à son patron. Mais celui-ci se fit comminatoire.
Il fallait en tout premier sacrifier le bouc ‘’Dar-Causse’’. Celui-ci n’était pour rien dans la nouvelle mixture. Il s’était depuis longtemps investi avec talent dans l’éducation du troupeau et dans la mise à la retraite de ses brebis les plus âgées .Mais, chargé de collecter le lait sur les terres d’Aquitaine que l’on savait pourtant tout entières attribuées à l’Aubryac, il n’avait pu ramener les quantités de lait souhaitées.
Pour régénérer la fourme de Sarkozye, on chargea le gardien Fillon de ramener au bercail trois brebis égarées dans des pâturages amis ou concurrents : plutôt que du poivre ou du sel, on ajouta un peu de lait de Chirac, une once de Dominique de et une pincée du concentré de centre.
Ayant ainsi régénéré son produit, le grand producteur fromager espérait un retour en faveur au prés de la clientèle avant la sortie en 2012 de sa cuvée quinquennale
C’était compter sans le grand paon Villepin. Celui-ci s’était toujours distingué par la puissance de son cri qui paraissait l’éblouir lui-même. Grand solitaire, il aimait crier plus fort et jouer au chien de berger .Il rêvait de détrôner le chef fromager. Courant après l’échec de la Sarkozye, il tenta de pousser un cri encore plus puissant pour annoncer la production d’un nouveau fromage. Il n’en connaissait encore ni le nom, ni la composition .Il promit simplement qu’il serait meilleur que celui qui venait de connaître une désaffection.
Il annonça que le nouveau produit des gourmets serait lancé le 19 juin. Il voulait en toute vanité se placer dans le sillage du Chester de Gaulle. Il oubliait sans doute que l’on n’imite pas impunément les produits d’exception.
Charles Debbasch

dimanche, mars 21, 2010

L'ENJEU NATIONAL DU SECOND TOUR DES REGIONALES

L’ENJEU NATIONAL DU SECOND TOUR DES REGIONALES
Si on pouvait encore en douter au soir du premier tour des régionales, il n’est plus possible de tergiverser après ce vote du 21 mars 2010, les électeurs ont envoyé un message clair d’avertissement au pouvoir.
LA VICTOIRE DE LA GAUCHE
La gauche sort victorieuse du second tour .Avec 54,3%des suffrages elle distance largement la droite (36,1%).L’alliance avec les écologistes et la nouvelle gauche s’est révélée fructueuse. En revanche, la droite- malgré l’augmentation de prés de 4% des votants (51% des abstentionnistes du premier tour ayant voté au second ont soutenu une liste de gauche contre 39% seulement pour la droite.) -connait un plongeon historique accentué par la nouvelle percée du Front National. La formation de Jean-Marie Le Pen qui n’était présente que dans certaines régions se situe sur le plan national au-dessus de 9% mais fait, la où elle est présente, des scores impressionnants En Provence-Alpes-Côte d'Azur, Jean-Marie Le Pen rassemble près d'un quart des suffrages (23,8%), derrière l'UMP Thierry Mariani (32,6%) et le socialiste Michel Vauzelle (43,3%). Dans le Nord-Pas-de-Calais, Marine Le Pen obtient un score de près de 22%,
La gauche prend la Corse qui était détenue par la droite depuis 26 ans avec 36,6% des voix pour la liste de Paul Giaccobi contre 27,6% pour la liste de Camille de Rocca Serra. Fait remarquable en Corse, la forte poussée des nationalistes modérés, qui recueillent 26% des suffrages.
Maigre consolation pour la droite : elle conserve l’Alsace et prend La Réunion.
En Alsace, enjeu symbolique de ce second tour, la liste UMP conduite par Philippe Richert l'emporte avec 47% contre 39% à la liste de gauche et 14,5% à la liste Front national.
A La Réunion, le député-mairUMP du Tampon Didier Robert- dont la liste était opposée dans une triangulaire à celle du président du conseil régional sortant Paul Vergès (PCR), 85 ans,- la liste PS s'étant maintenue- l’emporte largement.

ET MAINTENANT
On ne peut négliger malgré toutes les singularités de ce vote régional, le fait qu’il s’agit du dernier sondage grandeur nature avant les présidentielles de 2012.
Quelles conséquences est-il alors possible de tirer de ce scrutin ?
La première observation essentielle est que les rapprochements se font beaucoup plus facilement à gauche qu’à droite. Le PS dispose des forces des écologistes et de la nouvelle gauche qui sont susceptibles de se rallier à lui dans une optique de second tour tandis que la droite fait le plein au premier tour et elle ne peut compter que sur le ralliement éventuel d’abstentionnistes. Le MODEM est en perte de vitesse et, en tout état de cause, François Bayrou jouera plutôt le parti de la gauche. Quant au Front National, ostracisé, il préférera la stratégie du pire.
Mais les projections présidentielles restent cependant hasardeuses car il ne faut pas commettre l’erreur de Lionel Jospin qui, obnubilé par les alliances de second tour, en oublia qu’il fallait franchir le premier.
Le risque pour le PS est en effet de voir les candidatures s’émietter au premier tour : des écologistes à la nouvelle gauche en passant par les radicaux. Quant à la droite , l’addition d’une déchirure définitive avec les villepinistes, de la dispersion vers l’électorat Bayrou et de l’empiètement du Front National pourraient lui faire courir un danger réel de ne pas figurer au second tour.
On reste cependant pour l’instant dans la politique fiction car il y a trois inconnues.
La première est celle de la situation économique. A l’évidence, une embellie économique renforcerait la droite tandis qu’une aggravation de la crise la plomberait.
La seconde inconnue est le choix du candidat socialiste et l’évaluation de son aptitude à fédérer les forces de gauche.
Enfin, la dernière inconnue est celle de Nicolas Sarkozy lui-même. Car c’est de lui que dépendra en grande partie l’issue de la compétition. C’est dire que des questions essentielles se posent à présent au Chef de l’Etat.
Jusqu’ou peut-il réformer sans mettre en péril ses possibilités de réélection ?
Quelles forces humaines nouvelles est-il en situation d’injecter dans son système pour redorer son image auprès de l’opinion ?
Quelle est la bonne dose d’ouverture à transfuser dans sa majorité sans provoquer de thrombose.
Une étape nouvelle du quinquennat s’ouvre au lendemain de ces régionales. Selon les options choisies ce sera ou bien’’ Au secours la gauche revient’’ ou ‘’Chronique d’une réélection annoncée.’’
Charles Debbasch

samedi, mars 20, 2010

FRANCOPHONIE:FORCES ET FAIBLESSES

FRANCOPHONIE : FORCES ET FAIBLESSES
A l'occasion du quarantième anniversaire de la francophonie, Nicolas Sarkozy a insisté sur les succès de l'univers francophone.
UNE FRANCOPHONIE RAYONNANTE
Le 20 mars 1970 à Niamey, 21 pays seulement avaient créé l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT). Cette instance -devenue en 2005 l'Organisation internationale de la francophonie (OIF)- rassemble aujourd'hui 70 Etats et gouvernements (56 membres et 14 observateurs) qui totalisent 870 millions d'habitants, soit 13% de la population mondiale. Un pays membre de l'Onu sur trois est aujourd'hui membre de l'OIF ou observateur. Il y a 200 millions de francophones de par le monde.
Le président Sarkozy a appelé les membres de l'Organisation internationale de la francophonie à faire de celle-ci une arme internationale contre le "monolinguisme" et la "monoculture" du monde anglo-saxon.
Il a également plaidé pour une transformation de cette organisation en bras politique des pays francophones. Elle doit rassembler derrière sa bannière tous ceux qui se sentent menacés par l'"aplatissement du monde" et porter des combats politiques comme la réforme de la gouvernance internationale, la lutte contre les changements climatiques, la réforme de l'Onu, le développement."A quoi cela servirait-il d'avoir des valeurs communes si nous ne transformions pas cette adhésion (...) en prise de positions politiques ?" a-t-il fait valoir. "Je vous garantis qu'à ce moment-là, on ne sera pas un sur trois à l'Onu, on sera beaucoup plus forts."
La défense de la francophonie doit aussi permettre d'assurer la diversité culturelle "Défendre notre langue, défendre les valeurs qu'elle porte, c'est au fond se battre pour la diversité culturelle de notre monde", a déclaré le chef de l'Etat français. "Le problème n'est pas l'anglais, le problème c'est le monolinguisme, c'est le prêt-à-porter culturel, c'est l'uniformité''
Nicolas Sarkozy a déploré le "complexe" d'une francophonie qui serait "la seule à ignorer sa force". Pour lui, nous ne sommes pas dans une forteresse assiégée.''
UNE FRANCOPHONIE DECLINANTE
Il n'empêche la francophonie ne se porte pas bien.
Notre diplomatie n'y a jamais vraiment adhéré. Les chantres de la francophonie furent de grands africains comme Senghor ou Bourguiba plutôt que des Français. Ce sont des politiques qui l'imposèrent au Quai d'Orsay dont la bureaucratie se complait dans un mondialisme dans, lequel la France se perd. .Nicolas Sarkozy a justement relevé l'"espèce de snobisme" des diplomates français "qui sont tellement heureux de parler anglais". "La francophonie est pour la diplomatie française une priorité. Encore faudrait-il que tous les diplomates français y croient", a-t-il déclaré. Il a invité les dirigeants des pays de l'OIF à défendre le statut de langue de travail du français dans les organisations internationales et exhorté leurs représentants à y être les "ambassadeurs de l'intransigeance francophone".
Le recul du français dans la vie internationale est consternant.
On ne recense actuellement que 200 millions de francophones dans le monde, dont 72 millions de "locuteurs partiels". Le français est la 9e langue de la planète, la 3e sur la Toile: 5% des pages internet sont rédigées en français, contre 45% en anglais et 7% en allemand.
La langue française perd de l'influence partout, sauf sur le continent africain, qui compte à lui seul 96,2 millions de francophones. A la Commission européenne, selon l'OIF, la part des documents d'origine rédigés en français est passée de 40,4% en 1997 à 28% en 2003 et sans doute un quart aujourd'hui.
La France, enfermée dans une vision trop hexagonale est souvent tentée de considérer le ''glacis'' francophone comme une charge plutôt que comme une chance. Les moyens de la francophonie ne sont pas à la hauteur des ambitions. Par exemple, les besoins pour la reconstruction d'Haïti se montent pour 2010 à un milliard d'euros. L'OIF elle n'a pu envoyer que 100000 euros.
Une langue forte doit être portée par une économie puissante.
Le déclin de la francophonie n'est guère que le reflet du déclin économique de la France.

Charles Debbasch

mercredi, mars 17, 2010

LA TRIPLE SANCTION DES REGIONALES

LA TRIPLE SANCTION DES REGIONALES
Le premier tour des élections régionales sonne comme une triple sanction.
E n s’abstenant à prés de 53% , les Francais ont montré leur désintérêt pour l’échelon régional. A l’évidence , la décentralisation telle qu’elle est pratiquée ne satisfait pas les électeurs. Elle devait permettre une plus large participation des citoyens au pouvoir, elle n’a eu pour effet que d’augmenter les impôts .Peu de Français connaissent les attributions des régions. Le désordre local avec ses bureaucraties départementales et régionales surajoutées aux compétences mal définies est presque unanimement condamné.
Le désaveu sonne aussi pour les socialistes. Gouvernant 20 sur 22 des régions métropolitaines, ils n’ont pas su convaincre les électeurs de l’efficacité de leur action politique régionale.
Quant à la majorité UMP, elle subit comme c’était prévisible les effets de la crise économique qui est toujours défavorable aux gouvernements en place. L’UMP est distancée de prés de trois points par le Parti socialiste. A la différence du PS, elle ne dispose pas de réserve de voix et elle ne peut compter que sur un vote de sursaut des abstentionnistes.
Le paysage politique se transforme progressivement. Le PS doit compter avec les écologistes et la nouvelle gauche mais a conclu dans la plupart des régions des accords avec ces forces tandis que la droite va devoir affronter douze triangulaires avec la présence du Front National.
Les résultats du second tour seront donc fonction du comportement des abstentionnistes.
Charles Debbasch