SARKOZY ET L’EUROPE RESSUSCITEE
C’est avec une certaine jubilation que Nicolas Sarkozy est venu annoncer à la télévision les trois premières nominations aux postes de commandement dans la nouvelle Europe du Traité de Lisbonne.
L’enthousiasme du Chef de l’Etat doit être partagé.
Après l’échec de la construction du traité de Nice, il fallait relancer la machine européenne. C’est ce qu’a fait Nicolas Sarkozy avec succès en faisant adopter le traité simplifié. Le non de l’Irlande à cette nouvelle mouture paraissait à nouveau bloquer le processus institutionnel. A prés des négociations acharnées tout au long de la présidence française, Nicolas Sarkozy a en effet obtenu que Dublin organise un nouveau référendum . C’est le succès de cette consultation qui a enfin permis à la nouvelle construction européenne de se mettre en marche à partir du 1 décembre prochain.
Le choix équilibré des nouveaux dirigeants européens doit également beaucoup à la stratégie de rapprochement avec l’Allemagne conduite de main de maître par le Président français.
A l’heure où les orages intérieurs grondent, il y a la matière à réflexion pour le président français.
Les grandes réalisations politiques exigent fermeté dans les objectifs, finesse dans la mise en œuvre, équipe d’appui soudée et compétente, prudence dans l’expression et une grande dose de patience.
L’Europe ressuscitée par Nicolas Sarkozy doit servir de modèle d’inspiration pour les grandes réformes intérieures.
Charles Debbasch
jeudi, novembre 19, 2009
SARKOZY ET L'EUROPE RESSUSCITEE
lundi, juin 16, 2008
LES LECONS DU NON IRLANDAIS AU TRAITE DE LISBONNE
LES LECONS DU NON IRLANDAIS
Il va falloir très vite tirer les leçons du non de l’Irlande au traité simplifié de Lisbonne.
Certes, on peut trouver qu’il témoigne de quelque ingratitude de la part des électeurs d’un petit pays qui a largement profité de son intégration dans l’Europe.
Certes, on peut trouver qu’il est anormal qu’un seul pays puisse bloquer un processus désiré par tous les autres.
Mais on doit aussi tirer les leçons de ce rejet.
Pourquoi, en effet, les autres Etats ont-ils choisi de ne pas soumettre au referendum la question de l’adoption du Traité simplifié et ont préféré la voie parlementaire. ?
Tout simplement, parce qu’ils savaient que le risque était grand de voir les peuples se prononcer contre l’adoption. On peut être tenté de penser que les élites parlementaires sont plus avancées dans la connaissance de l’Europe que les opinions publiques et que c’est pour cette raison que l’on écarte le choix direct par les électeurs. Mais une démocratie ne doit jamais avoir peur des citoyens.
En réalité, l’Europe est devenu un monstre technocratique auquel les citoyens ne comprennent plus rien. Bien que simplifié le Traité ne comprenait pas moins de 350 pages. Est- ce bien raisonnable ?
L’Europe est lancée dans une fuite en avant qui peut l’entraîner à sa perte. L’élargissement trop rapide à de nouveaux membres avant qu’ait été réalisé l’approfondissement démocratique préalable fut une erreur grave.
Il faut sortir l’Europe de la technocratie et la réconcilier avec les citoyens.
Telle devrait être la tache essentielle de la Présidence française qui s’ouvre dans les prochains jours.
Charles Debbasch
dimanche, décembre 16, 2007
EUROPE LE TRAITE DE LISBONNE
UNE NOUVELLE EUROPE
Le jeudi 13 décembre 2007, les dirigeants européens ont signé avec solennité le traité de Lisbonne. Ce document remplace la défunte constitution européenne, qui avait été rejetée par référendum en France et aux Pays-Bas il y a deux ans.
La méthode suivie à l’initiative du Chef de l’état français a été plus pragmatique et moins ambitieuse que la précédente. On ne parle plus de constitution, terme qui laissait penser à une intégration des Etats membres dans un ensemble unitaire. On se fixe des objectifs plus limités. Mais, le but poursuivi ne change pas. Comment accélérer l’intégration européenne ? Comment permettre une meilleure prise de décision ?
Car il est vrai qu’une Union à vingt sept membres ne pouvait plus se gouverner avec la lourde procédure de l’unanimité.
Désormais, sur un grand nombre de questions dont la coopération judiciaire et policière, l'éducation ou la politique économique., il suffira d'avoir 55% des États (donc 15 sur 27) qui représentent au moins 65% de l'ensemble de la population pour qu'une décision soit prise. C’est un progrès considérable. L'unanimité restera cependant la règle pour la politique étrangère, la sécurité sociale, la fiscalité et la culture.
Un Président du Conseil européen sera nommé pour deux ans et demi, renouvelable une fois.
Le haut représentant pour la politique étrangère-que l’on n’appellera pas ministre- présidera le Conseil des Affaires générales et des Relations extérieures. A partir de 2014, la Commission sera réduite. Le nombre de commissaires ne sera plus égal à celui des Etats membres. La Commission européenne comptera 18 commissaires (soit les deux tiers du nombre des Etats membres). Les Commissaires seront choisis sur un système de rotation égalitaire entre les Etats membres pour un mandat de 5 ans. Le nombre de parlementaires européens ne dépassera pas 750. Le nombre de députés par pays sera fixé par un système proportionnel dégressif avec un maximum de 96 et un minimum de 6 pour chaque pays.
Il faudra certes que ces dispositions soient ratifiées par les vingt- sept Etats membres pour entrer en vigueur. Mais, chacun a admis que ce serait la procédure parlementaire qui serait utilisée pour cette ratification et non le referendum populaire.
C’est déjà un aveu de faiblesse. L’Europe est perçue par les populations de l’Union plus comme une machine bureaucratique que comme une Nation expression d’un vouloir vivre collectif. Enfermée dans un jargon technocratique et dans des procédures complexes, elle reste difficilement intelligible pour la plupart des citoyens européens. Quant aux gouvernants des Etats membres, ils sont souvent tentés par un double jeu : solliciter l’aide de l’Europe pour disposer des moyens, blasphémer l’Europe pour se décharger de leurs responsabilités lorsque quelque chose va mal.
Certes Paris ne s’est pas fait en un jour. Mais, en faisant passer l’élargissement avant l’approfondissement, les stratèges de l’Europe ont crée les conditions d’une vulnérabilité de l’Union européenne devant de gros orages.
Le traité simplifié est néanmoins un grand pas dans la bonne voie.
Charles Debbasch