RESURGENCE DE LA VIOLENCE
On assiste dans ces dernières semaines à une résurgence de la violence sociale.
Les départements d’outre-mer ont connu de véritables insurrections. Plusieurs patrons ont été séquestrés par leurs employés. A Strasbourg la manifestation anti-OTAN a dégénéré et tout un quartier de la ville a été vandalisé. A Bastia, lors d’une manifestation contre les violences policières, huit CRS ont été blessés. Trois se trouvent dans un état grave.
Ces violences ont trouvé quelque soutien dans l’opposition.
Ségolène Royal a justifié les récentes séquestrations des chefs d’entreprises. Elle a déclaré au Journal du Dimanche: "Les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue".Et elle a ajouté :"Ce n'est pas agréable d'être retenu, et c'est illégal de priver quelqu'un de sa liberté de mouvement. Mais on ne les a ni brutalisés ni humiliés. Ceux qui sont fragilisés, piétinés et méprisés, ce sont les salariés à qui l'on ment, avant de les mettre à la porte (...) Les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue : ce discours dominant qui demande aux salariés de subir, et de disparaître en se taisant, d'être licenciés sans faire d'histoires ni de bruit." Olivier Besancenot attribue pour sa part les troubles de Strasbourg aux autorités ce qui est une façon de dédouaner les casseurs. "On a été emmené dans une vraie souricière, c'est-à-dire que des milliers de manifestants ont été emmenés dans une rue avec les deux issues complètement bloquées et on s'est fait canarder à longueur de temps de gaz lacrymogènes, sans interlocuteurs à ce moment-là, avec des tirs tendus, des tirs de flashball, et on a frôlé le drame".
Les partisans de la majorité politique ont quant à eux désavoué la violence.
Xavier Bertrand, le patron de l'UMP, a accusé Ségolène Royal de "mettre de l'huile sur le feu". Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a stigmatisé des propos qui visent à "surfer sur les angoisses des gens, dans l'espoir d'en tirer profit au plan politique et sans se soucier de contribuer ainsi à excuser l'inexcusable".
Le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a appelé"tous les partis" à condamner les actes de violence, à Strasbourg, en Corse ou en marge de la crise économique et sociale.
La violence reste inadmissible dans une société démocratique. Sa résurgence trouve néanmoins des explications qui ne peuvent, en aucun cas constituer des justifications.
Les syndicats encadrent de moins en moins le monde du travail. Ils sont concurrencés par des forces nouvelles autonomes qui ne sont pas rodées aux pratiques de négociation et qui sont donc tentées par les actions sauvages.
La crise et les licenciements qu’elle entraîne créent des inquiétudes et des traumatismes graves qui poussent aux réactions hors normes. Sur ce terreau favorable poussent des mouvements qui souhaitent répliquer à la violence sociale par la violence politique. Il est donc nécessaire de faire baisser les tensions liées à l’exaspération et à ranimer les dialogues dans tous les secteurs pour remplacer le combat par le débat.
Charles Debbasch
lundi, avril 06, 2009
RESURGENCE DE LA VIOLENCE
vendredi, novembre 07, 2008
LUTTE DE SUCCESSION AU PS
LA LUTTE DE SUCCESSION AU PARTI SOCIALISTE
Depuis l’annonce du départ de François Hollande, le Parti socialiste vit une dure campagne de succession. Le Congrès du Parti devant se tenir du 14 au 16 novembre, les militants socialistes votaient cette semaine pour la motion de leur choix. Ségolène Royal a créé la surprise en arrivant en tête avec 29% des votes. Bertrand Delanoë et Martine Aubry sont au coude à coude pour la deuxième place avec autour de 25% chacun, Candidat de l'aile gauche du parti, Benoît Hamon est quatrième avec environ 19%. Les deux "petites" motions du pôle écologique et d'Utopia ont recueilli entre 1,5% et 2%.
Ce vote constitue un désaveu pour les poids lourds du parti. En effet, Bertrand Delanoë bénéficiait du soutien du Premier secrétaire sortant François Hollande, de Lionel Jospin, de Michel Rocard ainsi que de nombreux cadres. L'assise populaire de Ségolène Royal reste importante mais elle ne garantit pas son succès final puisque à présent des alliances vont se nouer entre les différents courants pour tenter de contrecarrer sa candidature.
La crise internationale actuelle incite le parti à se gauchir pour profiter des difficultés du libéralisme. Ainsi , Ségolène Royal est amenée à mettre au second plan sa volonté de nouer une alliance avec le Modem tandis que Bertrand Delanoë met un bémol à sa tentation libérale. Il s’agit de ne pas laisser d’espace libre à gauche au bulldozer Besancenot et d’adapter la doctrine du PS à la nouvelle société internationale.
Charles Debbasch
vendredi, octobre 17, 2008
L'IMPREVISION ECONOMIQUE
L’IMPREVISION ECONOMIQUE
Quand au mois de juillet dernier le pétrole dépassait les 147 dollars le baril, les « experts » nous prédisaient un baril à plus de 200 dollars pour les mois à venir. Aujourd’hui, le pétrole est tombé en dessous des 70 dollars et les économistes cartomanciens se taisent piteusement. Voilà de quoi nous faire douter désormais de ces grands savants plus habiles à expliquer les crises une fois qu’elles se sont déclenchées qu’à les prévoir. La prévision économique parait relever du domaine de ces horoscopes dont les prédictions ont autant de chances d’être exactes que de ne pas l’être.
Pourtant, la science économique n’a cessé de faire des progrès. Les instruments d’observation statistique sont précis, divers et performants. Les flux monétaires et financiers sont connus et identifiés.
Pourquoi alors tant d’erreurs dans l’anticipation ?
Les groupes sociaux sont souvent tentés par la facilité et ils préfèrent que les choses ne soient pas différentes de ce qu’ils voudraient qu’elles fussent. Chacun savait que le désordre économique et financier des Etats-Unis générait des déséquilibres difficilement supportables à terme mais tous préféraient se voiler les yeux devant ces réalités pour ne pas remettre en cause leur gestion approximative. La même tendance inspirait en France le recours au déficit pour permettre à la nation de vivre au dessus de ces moyens en faisant supporter la charge des emprunts aux générations futures.
La mondialisation de l’information bouscule avec rapidité les réalités. Un simple incident bancaire ou boursier isolé da ns un Etat se communique instantanément sur toute la planète. Or, il n’existe pas de gouvernement mondial capable de prendre dans l’instant les décisions qui s’imposent. Dés lors, des virus pervers peuvent bouleverser les économies avant que les gouvernements puissent réagir.
ne réagissent.
Les prévisions sont également déformées par les groupes de pression. Aucun gouvernement n’a intérêt à dévoiler des prévisions sombres .Chacun annonce que la sortie du tunnel est pour bientôt et même si l’obscurité se prolonge les politiques préfèrent annoncer des lendemains qui chantent plutôt que des jours douloureux.
Les changements sont alors retardés jusqu’à ce que les réalités les rendent inéluctables. Depuis cinquante ans, les brevets pour permettre la réalisation de voitures électriques ont été raillés par les groupes pétroliers. Ce n’est qu’aujourd’hui, sous le poids des nécessités de protection de la nature et de la raréfaction des sources d’approvisionnement en pétrole, que des productions de véhicules propres sont programmées.
Il faut en être conscient : la prévision économique est aussi aléatoire que nos comportements. L’addition des indéterminations ne peut déboucher sur des certitudes.
Charles Debbasch
mercredi, octobre 15, 2008
LE SUCCES DE BARACK OBAMA
LE NOUVEAU SOUFFLE DES ETATS-UNIS
Ces dernières années les Etats-Unis paraissaient quelque peu essoufflés sur la scène internationale. Dans tous les Etats, la fin d’une présidence est marquée par un certain immobilisme. Ce phénomène était accusé abus Etats-Unis par l’érosion de l’autorité de George Bush .A son engagement désastreux en Irak sur la foi de rapports mensongers s’était ajouté l’effondrement du système financier américain. Le mythe du rêve américain s’était quelque peu effrité et le modèle américain ne récoltait plus les espoirs.
On en venait presque à oublier que les Etats-Unis ont un des systèmes démocratiques les plus perfectionnés de la planète. Une très large participation populaire au pouvoir, un système fédéral qui laisse une très grande autonomie à la base, un président élu au suffrage populaire quasi-direct, deux chambres législatives puissantes et bien outillées et un pouvoir judiciaire très indépendant assurant strictement la protection des droits et des libertés. Il ne fallait pas pour autant négliger les tares de la démocratie américaine : la trop grande puissance de l’argent, le confinement relatif de la minorité noire, la puissance des lobbys.
La compétition électorale qui vient de se terminer par la victoire de Barack Obama illustre l’excellente campagne populaire qui a précédé l’épreuve électorale .Avant de convaincre l’Amérique toute entière, chaque candidat a du s’imposer dans son propre parti. Déjà à ce stade le parti démocrate a démontrés son dynamisme puis que les deux principales figures qui s’affrontaient étaient une femme Hillary Clinton et un américain de race noire Barack Obama. Ce qui constituait deux premières. Après avoir convaincu son parti , Barack Obama a du séduire l’Amérique.
Il a su faire de ses apparentes faiblesses une force. Il n’était ni le représentant des grands trusts ni celui du capital. Il a préféré devenir le représentant des petites gens se disant avec juste raison que les petits ruisseaux forment les grandes rivières. Les dons individuels ont effet été particulièrement importants dans le camp démocrate, Barack Obama a décidé, à la surprise générale, de se passer du financement public prévu par le système électoral américain et de faire appel aux dons individuels. Ainsi, le candidat démocrate a conquis plus de donateurs que son adversaire dans toutes les catégories sociales, les petits donateurs (moins de 200$) représentent 48% des dons reçus, contre 34% pour MC Caïn. Grâce à une large participation populaire-qui augurait déjà de son succès, Obama a ainsi bénéficié d’un budget record : 593 millions, contre 216 pour MC Caïn. La publicité politique lui aura coûté 207 millions contre 119 millions pour son concurrent. Obama s’est ainsi offert 30 minutes de prime-time pour un montant estimé entre 3,5 et 5 millions de dollars.
Armé de son slogan « YES WE CAN », il a su faire de ses racines étrangères et de sa race noire une force. La Constitution américaine est très libérale à cet égard : pour être candidat, il faut être américain de naissance-ce qui exclut les naturalisés- et avoir au moins quatorze ans de résidence aux Etats-Unis et trente-cinq ans d’âge. Agé de 47 ans, né aux Etats-Unis d’un père kenyan et d’une mère américaine Barack Obama remplissait ces conditions théoriques. Il lui restait à vaincre l’apparent handicap d’être le premier Noir à briguer la magistrature suprême. Il lui fallait parachever le combat qu'ont conduit depuis 45 ans les militants des droits civiques avec au premier rang Martin Luther King. Certes des progrès ont été accomplis Près de 10 % des membres du Congrès et des centaines de maires sont des Noirs, et ces derniers sont de plus en plus nombreux à entrer dans la classe moyenne et certaines professions élevées. Mais il restait à franchir la première marche du podium . Barack Obama l’a fait avec détermination et talent
Son élection inspirera de. la fierté à tous les Noirs du monde entier qui ont eu à souffrir de la discrimination. Elle est aussi à porter au crédit de tous les Américains qui ont su vaincre leurs préjugés.
La tache qui attend le nouveau Président est immense. Il doit redonner à son pays la rage de vaincre et la passion de la justice qui étaient quelque peu érodées. Sur le plan international, Barack Obama aura à cœur de mieux entendre la voix des humbles et des déshérités de la croissance. Un nouvel espoir est né.
Charles Debbasch
Charles Debbasch est ministre, conseiller spécial du Président Faure Gnassingbé
Agrégé des Facultés de Droit et des sciences économiques,il est l’auteur d’un nombre considérable d’ouvrages et de publications scientifiques traduits en plusieurs langues et de milliers d’éditoriaux publiés dans la presse française et étrangère .On lira son analyse du régime politique américain dans Droit Constitutionnel et Institutions politiques 1023 p Paris Editions Economica
LA MARSEILLAISE SIFFLEE
LA MARSEILLAISE SIFFLEE
Chaque Nation s’identifie à un hymne, la version musicale du drapeau. En écoutant dans le recueillement et le silence l’hymne national, chacun se réfugie dans ses pensées et s’identifie à la communauté dans laquelle il vit. L’hymne est un concentré des douleurs et des sacrifices, des joies et des espérances qui soudent les citoyens d’un Etat.
Ne pas respecter l’hymne c’est cracher sur la tombe de tous ceux qui sont morts pour la patrie, c’est insulter l’avenir de tous ceux qui espèrent des lendemains meilleurs.
Ce respect doit être partagé. Chacun d’entre nous doit avoir la même considération pour les hymnes des autres Nations. C’est en écoutant les hymnes que les hommes se rapprochent dans une fraternité de destin et un respect mutuel.
Les incidents itératifs que connaît le Stade De France lors de l’exécution de la Marseillaise sont donc inadmissibles et le comportement de ces prétendus sportifs qui ont sifflé la Marseillaise lors du match France-Tunisie doit être condamné sans réserve.
Je ne suis cependant pas certain qu’avoir décidé d’interrompre tout match au cours duquel l’hymne national serait sifflé soit une sage décision. Comme toute sanction collective, elle entrainera des phénomènes de solidarité et risquera de provoquer sur le terrain de graves troubles à l’ordre public au moment où elle sera appliquée. Ce problème doit , à mon avis, relever de l’appréciation des autorités de police. Si elles estiment qu’il y a un risque grave pour l’ordre, la sécurité et le respect du à la Nation, elles doivent tout simplement interdire la manifestation. Si, en revanche, le problème est le fait d’une minorité d’excités, il faut leur appliquer les mêmes sanctions qu’aux violents des matchs et interdire de stade les hooligans de l’hymne.
Charles Debbasch
mardi, octobre 14, 2008
RESOUDRE LA CRISE ECONOMIQUE ET FINANCIERE
UNEACTION CONCERTEE POUR RESOUDRE
LA CRISE ECONOMIQUE ET FINANCIERE
Face à la crise, les grandes puissances ont adopté, dans un premier temps, la stratégie du chacun pour soi. Pourtant, comme l’a souligné dés le départ le Président Sarkozy, seule une action concertée à l’échelle mondiale et européenne pouvait permettre d’espérer panser les plaies de l’ouragan monétaire et financier. Le Chef de l’Etat français s’est dépensé sans compter pour arriver à cette réponse unitaire. Avec les décisions de l’Eurogroupe, l’ordre a été remis dans la maison et, si chaque Etat peut adapter le ton de sa partition, celle-ci est commune à l’ensemble des participants, les dernières réticences allemandes ayant été vaincues.
Pour la France, le plan est clair et équilibré. L’Etat pourra mobiliser jusqu’à 360 milliards d’euros pour sauver le système bancaire. Il apportera une garantie aux prêts interbancaires jusqu’à 320 milliards d’euros. 40 milliards serviront à recapitaliser les banques qui seraient en difficulté. Une société dont l’Etat sera l’unique actionnaire sera créée à cet effet. .
Il ne s’agit pourtant pas de donner un chèque en blanc aux banques .Elles payeront les services que l’Etat leur rendra. La garantie de l’Etat sera payante «à un prix normal du marché». De même, l’Etat «sera rémunéré pour son apport» aux établissements ayant besoin de fonds propres. «Il s’agit de rétablir la confiance et non pas de venir au secours d’établissements qui se trouveraient en difficulté du fait d’une mauvaise gestion.» a précisé Nicolas Sarkozy. Les banques faisant appel à l’Etat auront des obligations de morale financière notamment dans le domaine sensible des rémunérations pour éviter les dérives scandaleuses de ces dernières années telles que les parachutes dorés ou les bonus des traders. Si, dans l’urgence, l’Etat devait voler au secours d’une banque pour qu’elle ne sombre pas, il en prendra le contrôle et sa direction sera changée.
Ce plan clair et équilibré décliné dans tous les pays européens et qui sert de modèle d’inspiration à de nombreux Etats de la planète est de nature à restaurer la confiance. Il reste que les déséquilibres économiques fondamentaux qui sont à l’origine de la crise demeurent. C’est l’aptitude des Etats à les corriger qui permettra d’éviter de nouvelles rechutes.
Charles Debbasch
jeudi, octobre 09, 2008
PAYS EMERGENTS ET ETATS IMMERGES
PAYS EMERGENTS ET ETATS IMMERGES
On a pris l’habitude de qualifier de pays émergents les Etats qui sortent progressivement du sous-développement tirés par une croissance forte, une expansion industrielle, un développement des exportations notamment de matières premières.
On peut se demander si l’actuelle crise financière et boursière- même si l’on fait abstraction de ce qu’elle a d’excessif et de passager – n’est pas le révélateur d’une nouvelle catégorie : celle des Etats surdéveloppés qui sont progressivement en voie de quitter l’ère de l’opulence pour devenir des Etats immergés.
L’Etat immergé est un Etat qui a une forte dépendance de l’extérieur dans le domaine des matières premières et notamment de l’énergie. Il est ainsi vulnérable, économiquement puisqu’il n’a pas la maitrise des prix, et politiquement puisqu’il est à la merci des pressions de ses fournisseurs.
L’Etat immergé est un pays en voie de désindustrialisation. Les uns après les autres ses sites industriels ferment, ruinés par les importations des pays émergents ou se délocalisent. La construction automobile risque d’être en Europe le prochain secteur ravagé comme elle l’est d’ores et déjà aux Etats-Unis.
L’Etat immergé est un Etat dont le déficit commercial s’accroit progressivement. C’est la conséquence de la désindustrialisation et des délocalisations. Au premier semestre 2008, le déficit du commerce extérieur de la France est de 24 milliards d’euros.
L’Etat immergé est un Etat dont la croissance est faible ou négative ; Ce qui va être le cas cette année dans la plupart des pays européens. Que l’on compare ce taux négatif aux 10% de croissance chinoise !
L’Etat immergé est un pays où le taux de chômage se développe et frôle souvent les 10% comme c’est le cas en Espagne.
L’Etat immergé est un pays où les déficits publics sont élevés .La distribution artificielle du pouvoir d’achat permet un temps de dissimuler le déclin des forces productives. Mais elle est génératrice de désordres monétaires et financiers
En conclusion, l’Etat immergé est un pays qui quitte insensiblement les rives de la richesse et du développement pour s’enfoncer dans des marais sombres et incertains.
Charles Debbasch
mardi, octobre 07, 2008
LE TREMBLEMENT DE TERRE FINANCIER
LE TREMBLEMENT DE TERRE FINANCIER
De jour en jour la crise financière n’en finit pas de se répandre et de s’amplifier. Elle désoriente les Etats et les opinions publiques produisant des effets politiques contrastés
UNE CRISE QUI SE GENERALISE
Elle étend son champ géographique. Partie des Etats-Unis, elle a gagné l’Europe puis l’Asie. Elle frappe aujourd’hui le Moyen Orient et les pays du Golfe. « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés »
Elle frappe des domaines de plus en plus larges .Elle touchait au début le seul secteur bancaire .Elle s’est étendue par contagion aux assurances puis aux matières premières. Elle commence à provoquer un désordre monétaire .Avec la réduction des facilités de crédit, elle atteint nécessairement le commerce et l’industrie.
Elle n’est pas cantonnée au monde capitaliste. Dans les premières semaines du déclenchement de la crise, le duo Medvedev-Poutine pouvait fustiger les sociétés occidentales. Aujourd’hui, la bourse russe étant lourdement touchée, les dirigeants russes en appellent à la solidarité mondiale
DES REPONSES MAL COORDONNEES
Les Etats tentent vainement de coordonner leurs politiques. Mais ils sont, avant tout, tentés par l’égoïsme du chacun pour soi.
Les Etats-Unis ont lancé le mouvement de sauvetage des banques sans concertation provoquant un effet reflex dans d’autres pays ;
L’Allemagne a refusé une initiative concertée pour sauver le secteur bancaire mais elle a du, en catastrophe, reprendre une grande banque ;
L’Irlande- l’insolente enfant trublion de l’Europe- a garanti les dépôts bancaires dans les banques irlandaises déstabilisant le système bancaire de Grande Bretagne.
DES REMEDES IMPRECIS
Pour l’instant,, les Etats se contentent de renflouer les banques en situation de découvert. Mais, en réalité, les procédures employées sont très diverses. La procédure préventive consiste pour les Etats à garantir à l’avance les dépôts bancaires des particuliers pour éviter qu’un mouvement de panique amène les déposants à se ruer pour retirer leurs économies. La procédure curative consiste à éviter le dépôt de bilan en injectant des liquidités. Mais, les Etats se gardent bien de parler de nationalisation. Il s’agit d’une prise de participation temporaire de l’Etat prête à être cédée dés qu’une occasion se présente. Ainsi Fortis ,recapitalisée temporairement par les Etat belges et français, a été rapidement recédée à BNP-Paribas.
DES CONSEQUENCES POLITIQUES LOURDES ET IMPREVISIBLES
Les pouvoirs politiques sont naturellement déstabilisés par l’imprévu du quotidien. Ils doivent rassurer leurs opinions publiques pour éviter les contagions. Mais, en même temps ils savent que l’incendie couve et qu’il peut gagner de nouveaux secteurs à n’importe quel moment Rassurer en permanence, alors que chacun sait que tout peut arriver, risque de porter atteinte à la crédibilité des gouvernants en place.
Ceux-ci doivent en appeler au sens civique et à l’unité nationale. Mais, pour les oppositions, l’occasion est trop belle de taper sur les pouvoirs en place. Elles doivent pourtant se montrer prudentes pour ne pas apparaître à l’égard de l’opinion publique comme responsables de la débâcle.
Deux forces donc se combattent : une qui pousse à serrer les coudes autour des gouvernements, une autre qui consiste à imputer la crise à leur débit. Ce second tropisme est dominant et, aux Etats-Unis, il avantage Obama par rapport à Mac Cain.
C’est dire que l’onde de choc du tremblement de terre financier est appelée à se propager dans le champ politique.
Charles Debbasch
jeudi, octobre 02, 2008
REFORMER LA CARTE ADMINISTRATIVE
REFORMER LA CARTE ADMINISTRATIVE
La décentralisation a pour but de rapprocher l’administration des administrés. Mais la carte administrative de la France est si complexe que cet objectif louable est mal atteint. La France compte 26 Régions, 100 départements, 36 000 communes et 18 000 groupements intercommunaux. Dans son discours de Toulon du 25 septembre 2008 Nicolas Sarkozy a justement estimé « Le moment est venu de poser la question du nombre des échelons de collectivités locales dont le nombre et l’enchevêtrement des compétences est une source d’inefficacité et de dépenses supplémentaires ». Et le Président de la République a annoncé une réforme de nos échelons territoriaux.
Les Français ne se reconnaissent plus dans cette carte administrative si complexe que même les spécialistes éprouvent de la difficulté à dire qui fait quoi. Cette superposition de structures est génératrice de dépenses inutiles. Que l’on pense à la gabegie qui a conduit à construire dans la même ville deux immenses bâtiments, l’un destiné à la région et l’autre au département avec leurs centaines de fonctionnaires attachés ! En fait de décentralisation, on a créé des bureaucraties lourdes et souvent inefficaces.
Les voies de la réforme sont pourtant étroites. Les Français sont attachés à leur vie communale ; Les départements sont enracinés dans notre histoire. Le lobby des élus locaux et des prébendiers qui les entourent est puissant. Pourtant, le fruit est mur.
Chacun est convaincu que nos régions sont trop petites et qu’elles gagneraient à se regrouper. Quelques ajustements de départements sont également envisageables. De façon plus audacieuse, les assemblées régionales et départementales pourraient être, dans certaines conditions, rassemblées. Il restera, enfin, à se demander si les administrations centrales ont bien tiré les conséquences de la décentralisation et si elles ne doivent pas également subir une cure d’amaigrissement.
Voilà un vaste chantier mais il est la suite logique de la réforme constitutionnelle. Après avoir effectué l’aggiornamento du cerveau, il convient, à présent, de moderniser les bras du pouvoir.
Charles Debbasch
mercredi, octobre 01, 2008
ARCHEOLOGIE JUDICIAIRE:L'AFFAIRE DES ECOUTES DE L'ELYSEE
ARCHEOLOGIE JUDICIAIRE
Il aura fallu vingt six ans à la Justice pour régler définitivement l’affaire des écoutes illégales ordonnées par l’Elysée sous le premier septennat de François Mitterrand.
La Cour de Cassation a en effet confirmé le 30 septembre 2008 les condamnations des six prévenus qui, mécontents de devoir indemniser les victimes de leur poche, s’étaient pourvus en cassation.
On se rappellera , peut être, qu’entre 1983 et 1986, plusieurs personnalités notamment l'écrivain Jean-Edern Hallier, l'actrice Carole Bouquet, le journaliste Edwy Plenel, notamment - avaient été écoutées illégalement par la cellule de l'Elysée. Parmi les auteurs de ce grave méfait, figuraient plusieurs anciens collaborateurs du chef de l'Etat, notamment son ancien directeur de cabinet Gilles Menage, les gendarmes Barril, et Prouteau, ex-responsables de la cellule de l'Elysée. La Cour a reconnu définitivement qu'ils sont responsables à titre personnel de ces écoutes.et qu’ils doivent donc payer eux-mêmes les frais d'avocats et dommages et intérêts des victimes. Les sanctions pénales, étonnamment clémentes avaient été, quant à elles, définitivement fixées en appel. Aucun des protagonistes n’avait été condamné à plus de huit mois de prison et à 5000 euros d’amende.
Dans une affaire aussi grave pour les libertés publiques, il est anormal qu’il ait fallu autant de temps pour vider le contentieux. L’affaire appartenait il y a vingt six ans à l’actualité judiciaire. Elle relève aujourd’hui de l’archéologie. Elle n’intéresse plus grand monde. Le Président de la République qui a ordonné les écoutes et plusieurs protagonistes sont morts.
La question mérite d’être posée.
A-t-on exactement mesuré le poids des armes dont dispose le pouvoir politique pour étouffer ou retarder le jugement des affaires embarrassantes ?
Charles Debbasch
mardi, septembre 30, 2008
CRISE MONDIALE AUTORITE ET CONFIANCE
LA CRISE MONDIALE, L’AUTORITE ET LA CONFIANCE
Alors que la crise économique mondiale s’amplifie, que les banques s’effondrent les unes après les autres comme des châteaux de cartes, le monde capitaliste parait vaciller sur ses fondations et s’effriter comme il ya moins de vingt années le système communiste. Chacun est alors tenté de donner une clé d’explication unique au désordre financier. Mais, en réalité c’est une conjonction de facteurs qui a généré la situation présente.
Les Etats les plus atteints par la crise sont ceux qui ont tout misé sur les activités financières au détriment des activités de production. Ils ont ainsi , non seulement laissé se créer d’immenses poches de déficit commercial mais, ils ont aussi succombé aux facilités monétaires ou de crédit. Par définition, l’immatériel est plus artificiel que la production industrielle et plus susceptible de manipulations ou de laxisme. Les Etats-Unis financent leur gigantesque déficit commercial par la création monétaire débridée et les excès du crédit. Les pays européens- et en premier la France- maintiennent un niveau de vie au dessus de leurs moyens par l’accroissement des déficits publics.
C’est dire que les purges nécessaires ne portent pas seulement sur les ajustements bancaires. Elles concernent des bases essentielles de nos sociétés et ,de ce fai,t ne seront pas facilement acceptées par les opinions publiques.
Maintenir des activités productives dans les sociétés très développées supposerait que les travailleurs supportent des réductions drastiques de leurs salaires afin d’éviter les délocalisations. On voit mal, en l’état présent, des gouvernants disposer d’une force suffisante pour supporter le choc politique de telles décisions .On entrera dés lors dans une phase de déclin progressif du monde développé face aux puissances émergentes. On a cru que la puissance financière était plus décisive que la force des bras. La revanche des muscles sur le papier monétaire marquera les prochaines décennies.
La crise actuelle impose que l’on repense également les bases idéologiques de nos pouvoirs politiques. L’euphorie économique nous a fait perdre de vue la nécessaire fonction régulatrice de l’Etat. L’autorité de l’Etat- qu’il ne faut pas confondre avec l’accaparement par la puissance publique des entreprises économiques-doit s’exercer pleinement sur le secteur économique. Or, même nos sociétés libérales ont perdu de vue cette nécessité. Elles ont laissé se développer des administrations lourdes mais peu efficaces et l’autorité de l’Etat se diluer. On peut même dire que le pouvoir politique, noyé dans sa propre bureaucratie, se révèle incapable d’exercer sa fonction de régulateur suprême de la société, d’une société où l’Etat ne dépend pas des banques mais où ce sont celles-ci qui doivent respecter la politique de l’Etat.
Mais, pour que cette autorité renouvelée de l’Etat puisse être supportée, il est nécessaire que les politiques transforment leurs types de relations avec les citoyens. Une plus grande transparence, une meilleure définition des objectifs, préférer la réflexion sur les finalités au pragmatisme du quotidien, une pratique démocratique de l’autorité : expliquer et faire comprendre plutôt que réprimer et utiliser la force de la décision exécutoire.
C’est à ce prix que de la tourmente actuelle pourra naître une nouvelle confiance des citoyens à l'égard des pouvoirs politiques.
Charles Debbasch
mercredi, septembre 10, 2008
L'OURAGAN EDVIGE
L’OURAGAN EDVIGE
Avec un nom qui ressemble à celui d’un ouragan le fichier EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) est en voie de déclencher un véritable tsunami.
DE QUOI S’AGIT-IL ?
Un décret du 27 juin 2008 autorise le ministère de l’intérieur à mettre en place une nouvelle base de données intitulée "Edvige" afin de collecter toute une série d’informations notamment sur certaines personnes publiques (politiques, syndicales, religieuses) ou encore sur certains individus (ou groupes) "susceptibles de porter atteinte à l’ordre public".
Collectées en vue d’informer le gouvernement et ses représentants dans les départements et les collectivités, ces données sont enregistrées sur fichiers. Les données enregistrées concernent les personnes âgées de 13 ans et plus. Elles contiennent les éléments suivants :
informations ayant trait à l’état civil et à la profession ;
adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ;
signes physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement ;
titres d’identité ;
immatriculation des véhicules ;
informations fiscales et patrimoniales ;
déplacements et antécédents judiciaires ;
motif de l’enregistrement des données ;
données relatives à l’environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle.
L’enregistrement des données est toutefois plus limité pour les personnalités publiques, l’enregistrement de données relatives aux comportements ou aux déplacements ne touchant pas ces personnalités.
POURQUOI CE DECRET ?
Il ne faut pas imaginer que ces données n’étaient pas stockées jusqu’ici. Les renseignements généraux et les services de police et de gendarmerie collectaient jusqu’ici plus ou moins légalement des données. Mais le souci de protéger les libertés publiques et l’institution de la Commission informatique et Libertés imposaient de faire passer le statut des fichiers de l’informel au formel avec le résultat paradoxal d’ouvrir les portes de la contestation. Ce qui était caché est, en effet, devenu transparent.
OU EN EST-ON LEGALEMENT ?
Théoriquement le décret est publié et applicable. Cependant différentes organisations de défense des droits de l’homme ont formé un recours en annulation en estimant que ce décret qui restreint les libertés publiques est contraire à la Constitution. Les mesures qu’il contient relèveraient selon les auteurs du recours du domaine de la loi. Le recours si le décret n’est pas rapporté avant devrait être jugé au mois de décembre 2008.
LES POINTS DE CONTESTATION
MELANGE DES RESPONSABLES POLITIQUES ET SYNDICAUX ET DES DELINQUANTS C’est une erreur d’avoir mis dans un même texte des personnes visées par des objectifs différents. Pour les responsables politiques et syndicaux, l’objectif est de donner une connaissance aux autorités de l’establishment de la société. Pour les personnes susceptibles de troubler l’ordre et la sécurité, le but recherché est de prévenir et de réprimer la délinquance. Etonnant mélange de la carpe et du lapin.
CARACTERE PERMANENT DU STOCKAGE DES DONNEES Il n’y a pas de droit à l’oubli. Chacun continuera à être suivi ad infinitum par son passé. Ce qui est choquant alors et surtout que le fichage est permis dés l’âge de treize ans.
COLLECTE D’ELEMENTS RELATIFS A LA SANTE ET A L’ORIENTATION SEXUELLE Il s’agit là d’une intrusion inadmissible dans les éléments les plus intimes de la vie privée.
UNE CONTESTATION EN PARTIE JUSTIFIEE
Les progrès de l’informatique justifient certaines des inquiétudes. Bien que les fonctionnaires ayant accès au fichier soient assez strictement définis, il est 2vident que dés lors que des renseignements seront numérisés , ils finiront par être publiés. Il est donc normal d’ëtre vigilant et plus restrictif qu’on ne l’était à l’époque du traitement manuel. C’est pourquoi le mouvement de protestation a eu un grand écho dans l’opinion.
Le Chef de l’Etat a donc organisé une réunion à l’Elysée au cours de laquelle il a demandé à Michèle Alliot-Marie «d’ouvrir rapidement une concertation avec des personnes qualifiées». Cette concertation «sera suivie de décisions pour protéger les libertés.
Charles Debbasch
mardi, septembre 09, 2008
LE PARTI SOCIALISTE DEBOUSSOLE
LE PARTI SOCIALISTE DEBOUSSOLE
Laurent Fabius, interrogé sur RTL, a estimé que le Parti Socialiste est "malade" pour trois raisons, Selon lui, la direction est une "pétaudière", les propositions ne sont "pas assez crédibles", et le parti a besoin d'une "stratégie claire de gauche décomplexée.
Analysons les causes de cette maladie.
LE PS UNE PETAUDIERE
Après douze ans de gouvernement hollande, le Parti Socialiste est à la recherche d’un nouveau leader. Et on se bouscule au portillon parce que les compétiteurs savent que celui qui sera choisi aura de grandes chances d’être le porte-flambeau du PS lors des prochaines présidentielles.
A l’heure actuelle la description de Laurent Fabius est exacte puisqu’aucun courant majoritaire ne se dessine. Il y a à ce jour trois principaux postulants à la succession de François Hollande - Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et, Martine Aubry -. Ils oscillent entre un pic de 25% et un étiage de 20%.C’est dire que chacun est à la recherche d’alliances même contre nature et que cela fait désordre. Mais, cette pétaudière n’est pas inhabituelle. C’est sur une même base dispersée que François Mitterrand a rebâti le PS.
Nous sommes donc dans une situation transitoire les belligérants finiront bien par se découvrir un chef.
DES PROPOSITIONS PAS ASSEZ CREDIBLES
Sur ce point, Laurent Fabius est dans le vrai. Qui peut croire au tableau apocalyptique de la France qu’a dressé à La Rochelle François Hollande ? «Diplomatie brouillonne», «déclassement économique, social et moral», «manquements à la laïcité», «sanctuarisation des gros patrimoines», «paupérisation du service public», «mainmise de l'État sur les médias»… «Voilà la France, un an après l'élection de Nicolas Sarkozy : déclassée, divisée, désespérée»
Bigre ! On pouvait penser qu’après ce constat accablant François Hollande présenterait des propositions solides. Au lieu de cela, on ne trouve que des réflexions brouillonnes sur un nouvel Etat providence dont on voit mal la place dans la société internationale actuelle.
Le PS est à l’évidence en panne idéologique. Mais il l’est parce qu’il est à la recherche de son Nord.
UNE STRATEGIE CLAIRE DE GAUCHE DECOMPLEXEE
Ce Nord pour Laurent Fabius c’est un ancrage à gauche sans complexes. Mais sur ce point les violons du PS sont désaccordés. Ségolène Royal recherche l’alliance avec le centre, Bertrand Delanoë se proclame libéral et Dominique Strauss-Kahn incarne le courant réformateur.
Or tout se tient : comment le PS peut-il refaire son unité, afficher des positions crédibles s’il donne l’impression d’avoir perdu sa boussole ? C’est dire qu’il faudra encore beaucoup de travail au Parti Socialiste pour retrouver une crédibilité nationale.
Charles Debbasch
dimanche, septembre 07, 2008
QUELLE COMPAGNIE SUR UNE ILE DESERTE
QUELLE COMPAGNIE SUR UNE ILE DESERTE ?
Pour dresser le portrait psychologique d’un individu, il est de coutume de lui poser cette question. « Si vous deviez vivre sur une île déserte qui ou quoi emmèneriez vous ? ».Les intellectuels préfèrent partir avec un livre, les buveurs avec une bouteille de champagne ou de whisky, les égrillards avec une playmate. Il manquait une étude scientifique pour déterminer le vœu dominant.
C’est à présent réalisé grâce à un sondage.
Quelque 1.105 propriétaires d'animaux ont été interrogés par Petplan, qui vend des assurances santé pour chiens et chats. Et la réponse est particulièrement instructive. C’est l’animal qui est le meilleur compagnon de l'homme sur une île déserte ? - Plus de deux Américains sur trois préféreraient être envoyés sur une île déserte avec leur animal de compagnie plutôt qu'avec leur partenaire.
Cette enquête indique également que plus de la moitié des sondés organisent des fêtes pour leur animal, près de 70% partagent leur lit avec lui, 63% lui font la cuisine et 68% l'habillent. «Les Américains ont dépensé environ 48 milliards de dollars pour leurs animaux de compagnie en 2007.
Il reste que l’on ne choisit pas lorsque l’on échoue sur une île déserte. Imaginez que Ségolène Royal se retrouve avec François Hollande, Jean-Marie Le Pen avec Olivier Besancenot ou François Bayrou avec Nicolas Sarkozy. L’île serait déjà divisée contre elle-même.
Charles Debbasch
vendredi, septembre 05, 2008
LE SERVICE PUBLIC ET LA POSTE
LE SERVICE PUBLIC ET LA POSTE
Une controverse partage aujourd’hui la classe politique.La Poste doit-elle conserver son statut de service public ou doit-on la privatiser ? Une occasion de se pencher sur le sens et la fonction des services publics.
Sous des dénominations diverses, il existe dans tous les pays des
services permettant de répondre aux besoins collectifs. Le service public
français répond à cette exigence. La construction européenne libérale a
cherché à donner une traduction différente à cette réalité à travers la notion
de service universel .
La politique n’est pas étrangère à ce débat.
Deux courants idéologiques le libéralisme et le socialisme se combattent. .Le premier est favorable à la réduction des services publics. Le second souhaite leur extension. Mais chacun admet cependant que certains services sont nécessairement publics.
Il reste alors deux problèmes à trancher .Quels services ?Gérés dans quelles conditions ?
I - QUELS SERVICES ?
La réponse démocratique est simple. Sont des services publics ceux que
les représentants du peuple ont estimé, à un moment donné, essentiels pour
répondre aux besoins exprimés par la population. Ainsi est marqué le
caractère contingent des services publics : les besoins collectifs évoluent et
les services rendus par la collectivité changent corrélativement. Ainsi
s’exprime aussi la prise en charge politique de la décision de vie et de mort
sur le service public.
Telle est la théorie, mais la pratique constatée s’en éloigne consi-
dérablement.
Au point de vue de la décision tout d’abord. Le processus de création
du service public ne repose pas toujours, loin s’en faut, sur une décision
claire et ordonnée du pouvoir politique. L’administration secrète ses services
comme une couche calcaire qui se surajoute aux strates existantes. Chaque
service lance ses pseudopodes et ces branches acquièrent leur autonomie
sans que nul concepteur préside à leur fécondation.
Le simple constat des services publics existants est rarement effectué.; Il s’agit d’un
recensement où les dédoublements, les fantômes, les enfants naturels ou
adultérins sont si nombreux que la puissance publique a du mal à reconnaître
ses propres limites. Et pourtant un tel recensement est essentiel pour que la
collectivité ne soit pas écrasée par sa propre architecture.
Un tel recensement s’impose d’autant plus que l’Etat qui donne
la vie devrait aussi pouvoir euthanasier ses propres services lorsqu’ils sont
devenus obsolètes, incapables d’assurer leur mission ou, plus simplement,
oppressifs pour ceux qu’ils prétendent servir. Or, l’État -incapable de
reconnaître son propre domaine- est de ce fait inapte à lui donner une
délimitation conforme aux exigences du corps social.Les services se maintiennent assurant leur propre survie, se reproduisant tel un cancer qui ronge le corps social.
Il ne manque pas de forces qui poussent en ce sens fonctionnaires
luttant pour la survie de leur entreprise, groupes de pression qui contrôlent
ces pseudopodes qui ne veulent pas voir disparaître leur raison d’être : des
intérêts particuliers qui se déguisent en défenseurs de l’intérêt général.
Aucun État organisé ne peut se passer pourtant de cette évaluation
permanente de la nécessité des services publics pour prendre dans des
conditions éclairées, sous le regard et le contrôle de l’opinion publique, les
décisions de création ou de suppression qui s’imposent.
II - GÉRÉS DANS QUELLES CONDITIONS ?
Les services publics sont au service des citoyens. Banalité qui exprime
que ces services doivent satisfaire les besoins exprimés dans le respect des
règles démocratiques.
La conception française résume ces exigences dans les concepts de continuité,
d’égalité et d’évolution censés résumer l’étiage des exigences que les services
doivent satisfaire.
Mais, là encore, l’évaluation du degré de satisfaction réelle des
citoyens n’est guère appréciée. Si on voit apparaître des sondages destinés à
mesurer le degré de satisfaction du public, l’administration n’a guère mis au point
ses propres instruments de mesure de l’adéquation entre la vocation affirmée -le
service de l’intérêt général- et l’action réalisée.
Ce bilan coûts-avantages s’impose pourtant dans tous les domaines de l’action administrative pour éviter que, sous le couvert du service public, l’inflation administrative ne progresse et ne s’amplifie.
Cette évaluation s’impose également à tout instant pour mesurer les
avantages et inconvénients respectifs de la gestion publique et de la gestion
privée. Non pour imposer une doctrine mais pour prendre des décisions
éclairées qui répondront aux exigences de l’heure
. Lorsque dans l’avant-guerre, les chemins de fer furent nationalisés en France, c’est parce que les réseaux privés morcelés et mal gérés ne permettaient pas de répondre aux
attentes du public. Cette gestion s’impose-t-elle aujourd’hui et la réponse
peut-elle être la même en France et en Grande-Bretagne où l’état du réseau
privatisé ressemble à celui de la France de 1936 ?
Les audits évaluatifs doivent apporter les réponses qui permet-
tront au pouvoir politique de prendre des décisions éclairées.
Le service public ne doit plus être un pavillon de complaisance mais,
plus simplement, l’étendard de besoins collectifs assumés dans l’excellence.
Et j’en reviens à la question de la Poste : plutôt qu’une réponse abstraite et doctrinale au problème du statut, je préfère que l’on se décide en fonction des besoins et des attentes des citoyens.
Charles Debbasch
lundi, septembre 01, 2008
QUELLE SOLIDARITE ACTIVE ?
LA SOLIDARITE ACTIVE
A partir de juillet 2009 le revenu de solidarité active sera versé chaque mois par les caisses d'Allocations familiales aux personnes en situation de pauvreté et d'exclusion. Les bénéficiaires seront les salariés à temps partiel au Smic (2 millions de personnes), les Rmistes actuels (1,13 million de personnes), les titulaires de l'Allocation parent isolé (217 500 personnes) et les personnes qui retrouvent un travail si elles sont embauchées à un salaire mensuel inférieur à environ 1050 euros net.
L’idée de cette allocation est d’offrir à tous un minimum de revenus et à encourager les individus à accepter un travail en évitant la perte d’argent au moment du retour au travail. Le Revenu de Solidarité active encourage le travail, facilite le retour à l’emploi. Il réduit le nombre de travailleurs pauvres. Il garantit que tout retour au travail donne lieu à une augmentation de revenu et que toute augmentation des revenus du travail se traduit par une vraie amélioration des ressources des familles. Une personne qui n’a pas de revenu du travail continuera de toucher comme actuellement l’équivalent du RMI. C’est le RSA à taux plein, parce qu’il n’y a pas d’autres revenus. Une personne qui a de faibles revenus du travail, qu’elle soit ou non passée par le RMI, bénéficiera également du RSA, comme complément de revenu, dégressif au fur et à mesure que ses revenus du travail augmentent
Le principe du RSA est bon puisqu’il vise à inciter à la reprise du travail. En revanche les modalités de son financement ont ouvert la controverse. En effet, si pour 7 milliards d’euros le RSA sera financé par les moyens existants, les dépenses supplémentaires engendrées-à hauteur de 1,5 milliard d’euros seront financées par une nouvelle taxe de 1,1 % sur les revenus de l’épargne. Une fois de plus, le taux des prélèvements obligatoires s’accroit dans notre société.
La présidente du Medef Laurence Parisot s'est montrée critique face à une "multiplication de primes", décidées dans l'urgence, et financées par les entreprises. Elle s'est ainsi interrogée sur l'opportunité d'une taxe "en plus" pour financer la "bonne idée" du Revenu de solidarité active (RSA). Selon elle, il faut "sortir de cette manie française qui consiste, face à tout sujet, à dire +on crée une taxe en plus+", jugeant le taux d'imposition en France "à peine supportable"."La seule chose qui peut aider les salariés à avoir plus de pouvoir d'achat, c'est une croissance économique forte de notre pays. Selon elle, le problème n'est pas seulement le mauvais chiffre du PIB français du deuxième trimestre (-0,3%), négatif pour la première fois depuis près de six ans, mais aussi la faible croissance des trimestres précédents."Cela fait plusieurs années qu'on a un taux de croissance inférieur à nos partenaires. Il reste en moyenne inférieur à 2-2,5% alors qu'on sait qu'on élève le niveau de vie des gens à partir d'une croissance de 2,5%", a-t-elle ajouté.
Nicolas Sarkozy a justifié sa décision en insistant sur la "révolution complète" opérée par le RSA, qui va permettre à une personne qui reprend un travail de conserver une partie de son allocation ou aux travailleurs "pauvres" de percevoir un complément à leur salaire."Je ne mettrai pas un centime pour financer l'assistanat. J'ai été élu sur une promesse: récompenser le travail", a rappelé Nicolas Sarkozy."J'ajoute qu'à la différence du RMI, où il n'y a aucune obligation, avec le RSA on sera obligé de prendre du travail, et ceux qui refuseront deux offres d'emploi ou de formation seront pénalisés", a-t-il déclaré, "c'est la logique des droits et des devoirs, ça ne doit surprendre personne, c'est toujours ce que j'ai dit, c'est toujours ce à quoi j'ai cru".
"Et le président de la république a insisté sur la nécessité de respecter un certain équilibre social. "J'ai beaucoup fait pour le développement économique de la France. On a supprimé les droits de succession, on a permis la défiscalisation de l'ISF pour les entreprises, on a fait le bouclier fiscal. Il est normal que les revenus du capital puissent aider (...) à ce que les exclus retrouvent du travail. "S'il y a de l'argent pour le haut, il doit aussi y avoir de l'argent pour le bas, pour soutenir le revenu de ceux qui font l'effort de se lever chaque matin. J'assume", ", a soutenu le président.
En réalité, le succès ou l’échec de l’institution du RSA dépendra de trois facteurs.
Il faudra d’abord veiller à la simplification du processus et à éviter qu’il ne sombre dans le technocratique.
Il conviendra également de pourchasser les fraudes et les déviations qui pourraient survenir.
Il faudra enfin éviter les dérapages financiers qui conduiraient chaque année à augmenter le taux du prélèvement sur les revenus du capital.
Il est prouvé que chaque fois que l’on augmente les seuils des aides, on accroit le nombre des « pauvres » ou des « assistés ».c’est dire qu’il conviendra dans l’application d’insister sur le facteur d’activité plutôt que sur celui de la solidarité.
Charles Debbasch
jeudi, août 28, 2008
SARKOZY UNE POLITIQUE ETRANGERE DYNAMIQUE ET AUDACIEUSE
SARKOZY : UNE POLITIQUE ETRANGERE
DYNAMIQUE ET AUDACIEUSE
Une heureuse tradition s’est instaurée. Chaque année les ambassadeurs de France sont réunis à Paris pour se ressourcer. A cette occasion, le Président de la République prononce un discours où il définit les options de la politique étrangère de la France. Le discours de Nicolas Sarkozy le 27 août 2008 devant la seizième Conférence des ambassadeurs restera dans l’histoire comme un modèle du genre. N’esquivant aucun des problèmes qui fâchent, définissant avec audace la modernisation de notre politique étrangère, le président de la République française a tracé les axes essentiels de la diplomatie française en ce début de siècle.
Premier pilier de cette politique, le positionnement résolument atlantiste. Le Chef de l’Etat infléchit sensiblement la politique à l’égard des États-Unis comme il l’avait annoncé lors de sa campagne électorale. Dans un monde devenu multipolaire avec l’émergence de la Chine, de l’Inde ou du Brésil, le Chef de l’Etat remarque justement que la France n’a plus à craindre de subir les effets d’une hégémonie américaine mais qu’elle peut au contraire par sa présence dans l’ensemble atlantique peser sur les décisions et mieux faire entendre sa voix.
Cela ne signifie pas que la France perde sa liberté de décision : la politique suivie au Proche Orient en est un bon exemple. La France a défini clairement sa position. Elle est l’amie d’Israël mais cette amitié lui permet aussi d’affirmer sa position pour une solution juste et durable de la question palestinienne. Même s’il affirme être conscient du risque qu’il prend, le Président justifie la reprise des relations avec la Syrie pour permettre un règlement d’ensemble de la situation dans la région et notamment au Liban.
Après le limogeage du secrétaire d’Etat à la coopération on attendait Nicolas Sarkozy sur la politique africaine. Le Président rejette le procès de la « Françafrique », s’il s’agit de mettre en cause les liens que la France et ses anciennes colonies ont souhaité maintenir après les indépendance. « C’est l’honneur de la France que d’avoir su accompagner, à leur demande, ces nouveaux Etats, avec une aide massive et multiforme. La France est fidèle en amitié. Elle assume sans complexes les liens que l’Histoire a tissés. »Le Chef de l’Etat reconnaît cependant qu’il y a un vrai problème de perception de notre politique notamment au sein des jeunes générations qui sont l’avenir du continent. Celles-ci ont l’image d’une France qui exploiterait à son seul profit les ressources du continent à travers des réseaux indéboulonnables. Même si cette perception est erronée, il faut en tenir compte et corriger ce qui peut être source de malentendus. Vola pourquoi la France doit moderniser ses outils d’aide au développement pour soutenir en priorité le secteur privé.
Cette nouvelle politique africaine doit s’accompagner d’une révision systématique de nos accords de défense et la réduction de nos implantations militaires. La France doit aider à former des unités régionales africaines de maintien de la paix. Elle doit se garder d’intervenir dans des conflits internes et coopérer avec l’ONU, l’Union Africaine et les organisations sous-régionales pour le règlement des conflits, « comme pour la défense et la promotion des principes que les Africains eux-mêmes ont adoptés : refus des coups d’Etat, affirmation de la démocratie et des droits de l’Homme. Notre rôle récent en Mauritanie en offre une parfaite illustration. »
C’est le même volontarisme qui doit marquer la politique européenne.
La France était sur le banc de touche de l’Europe. « Du fait du référendum de 2005, mais pas seulement : notre pays en était resté à une pratique du jeu européen qui avait peut-être ses mérites il y a vingt ans, mais qui était en décalage par rapport aux réalités de l’Europe d’aujourd’hui. »Nicolas Sarkozy a voulu instaurer une collaboration étroite et confiante avec la Commission et son
Président, comme avec le Parlement européen, son Président et les dirigeants des groupes parlementaires .Il a engagé un dialogue systématique avec tous nos partenaires : du Royaume-Uni aux pays d’Europe centrale et orientale. « Dans une Europe à 27, chacun doit pouvoir faire entendre sa voix, doit se sentir écouté et respecté. » C’est grâce à cette ouverture attentive qu’a pu être signé le Traité de Lisbonne.
La Cinquième et dernière rupture annoncée par Nicolas Sarkozy concerne les droits de l’homme. La France s’est engagée dans la
recherche d’une solution au Darfour, elle a aidé au déploiement de la force européenne sur la frontière du Tchad pour protéger des centaines de milliers de réfugiés et de déplacés. « Partout où les troupes françaises sont déployées en opérations, de l’Afghanistan à la Côte d’Ivoire, du Liban au Kosovo, c’est bien pour y promouvoir la paix, la démocratie, les libertés ! »Le fait que la France collabore avec la Russie ou la Chine ne signifie pas qu'elle se désintéresse de la question essentielle des droits de l’Homme, « En me rendant à Moscou le 12 août pour obtenir l’arrêt des combats en Géorgie, n’est-ce pas le sort de dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui était dans la balance ? Et je crois être le premier Président français à avoir publiquement affirmé, devant mon homologue chinois, en conférence de presse, nos positions sur la peine de mort et la liberté des médias. Mais nous devons aborder ces sujets difficiles, et notamment celui des minorités, sur un mode qui conduit à des résultats tangibles et positifs, et non à une confrontation stérile. »
C’est ce réalisme qui a permis la libération des infirmières bulgares en négociant avec le colonel Kadhafi; comme à celle d’Ingrid Betancourt et de plusieurs otages de Colombie en parlant au Président Uribe, mais aussi au Président Chavez.
En conclusion Nicolas Sarkozy a tracé un brillant panorama de l’état du monde.
La crise financière qui a débuté avec le scandale des « subprimes montre les excès d’un capitalisme financier. Le coût de ces errements pour le système bancaire international sera à terme, selon le FMI, de l’ordre de 1.000 milliards de dollars. Le coeur du capitalisme mondial est atteint. L’explosion des prix des matières premières qui sont, globalement, à leur plus haut niveau depuis la seconde guerre mondiale a un effet récessif sur la croissance mondiale.
La pénurie des produits vivriers a eu des conséquences tragiques. Une trentaine de pays ont dû faire face à des émeutes de la faim, de Haïti à la Guinée. Nous sommes entrés, définitivement, dans l’ère de l’énergie rare et chère.
Les changements politiques ne sont pas moins importants. La Chine, la Russie et les pays émergents se sentent plus forts et développent un nouveau nationalisme. « Les pays émergents représentent désormais la moitié de la croissance mondiale. En 2007, la Chine a dépassé les Etats-Unis comme deuxième exportateur mondial. Alors que la population en âge de travailler des Etats-Unis, du Japon et de l’Union Européenne représente au total 500 millions de personnes, ce sont 2,3 milliards de travailleurs des pays émergents qui rentrent progressivement dans un marché du travail globalisé.
Forts de cette nouvelle donne économique, les pays émergents et la Russie veulent intégrer ce nouveau concert des grandes puissances, mais à leurs conditions. Le temps est révolu où l’Occident donnait
seul le ton, servait de référence et imposait sa vision. »
A ces nouveaux défis, Nicolas Sarkozy suggère des réponses audacieuses. Il faut à la fois renforcer l’Europe, indispensable acteur global, et relancer avec détermination les initiatives sur la gouvernance mondiale. La réforme du Conseil de Sécurité doit être relancée et la France soutient le principe d’une solution intérimaire. La transformation du G8 en G13 ou, mieux, en G14 pour permettre la participation d’un pays arabe, est en bonne voie .
Le président français propose d’ouvrir les voies à un nouveau multilatéralisme. Depuis la fin de la seconde guerre, le nombre des Etats a quadruplé et celui des organisations internationales a décuplé. Le système international est fragmenté et nulle part n’existe une vision d’ensemble. Il faut de nouvelles instances de réflexion et d’arbitrage capables de veiller à la cohérence d’ensemble du système multilatéral, Pour les questions de sécurité, c’est le Conseil de Sécurité élargi qui aura vocation à être l’organe de décision.
Pour les sujets économiques et les dossiers globaux, Nicolas Sarkozy propose le futur G13/G14 comme lieu informel mais efficace d’arbitrage, de mise en cohérence, et d’impulsion.
Sur le dossier de la gouvernance mondiale du XXIème siècle, l’Union Européenne peut être la référence et un acteur majeur solide
« Encore faut-il que l’Union se montre digne de l’héritage reçu des pères fondateurs et qu’elle démontre à ses partenaires comme à ses citoyens qu’elle est capable d’ambition, de volonté et de vision.
Telle est la mission fondamentale que s’assigne la France à l’occasion de sa présidence.»
Avec sobriété et détermination le Président français a ainsi tracé les lignes de force d’une politique étrangère moderne et portée vers l’avenir.
Pour l’appliquer, il conviendra aussi de moderniser avec constance les institutions de mise en œuvre de cette politique.
Charles Debbasch
On consultera avec intérêt l’intégralité du discours du président de la République sur le site www.elysee.fr
jeudi, août 21, 2008
MOURIR POUR KABOUL
MOURIR POUR KABOUL
Avec la mort de dix de ses soldats en Afghanistan la France découvre qu’elle est engagée dans une guerre lointaine.
Le prix de la guerre parait toujours trop lourd dans une société en paix. Il faut pourtant savoir parfois payer le prix de la paix en faisant la guerre.
La relative quiétude dont nous bénéficions en France fait trop souvent oublier combien cette situation est fragile. Le monde est assis sur une poudrière. Nous sommes menacés par la poussée des extrémismes et les vagues de la pauvreté. Les expansionnismes ne sont pas morts comme l’illustre l’exemple de la Géorgie. Les fondamentalismes religieux menacent la survie de la planète. Et ils sont à notre porte comme l’illustrent les attentats de ces derniers jours en Algérie. L’effort en faveur de la défense nationale est donc nécessaire .Il est comme l’assurance qui ne paraît chère qu’avant l’accident.
Tout individu qui choisit le métier des armes sait qu’il peut le conduire au sacrifice de sa vie. C’est tout l’honneur et la servitude de la condition militaire. Et c’est pourquoi l’armée mérite la considération de la Nation. Et c’est pourquoi ces dix jeunes fauchés dans la fleur de l’âge ont droit à notre respect et à notre reconnaissance.
Cela ne signifie pourtant pas que nous nous posions la question de savoir pourquoi nous luttons en Afghanistan.
La réponse est simple. Nous sommes aux cites de nos partenaires occidentaux pour défendre la société démocratique et les droits de l’homme contre l’extrémisme des talibans et les terroristes d’Al Quaida En défendant le gouvernement légitime de Kaboul nous cherchons aussi à nous protéger.
Cela n’empêche pas les doutes et les questions. La stratégie de l’Occident est-elle adaptée à la gravité de la menace ? Le pouvoir de Kaboul mérite-t-il toute la considération que nous lui apportons ? Sommes- nous suffisamment associés à la définition des objectifs alors que nous développons notre implication dans le conflit ? Comme le résume fort bien le député Pierre Lellouche, éminent spécialiste des relations internationales, "J'aurais souhaité .., que ce soit une démarche de donnant-donnant : nous augmentons notre contribution à l'effort de guerre, nous sommes impliqués dans les choix stratégiques.".
Voilà pourquoi, après le temps du nécessaire recueillement, viendra le moment où il faudra s’interroger sur la question de savoir s’il est opportun et nécessaire de mourir pour Kaboul.
Charles Debbasch
mercredi, août 06, 2008
SARKOZY LA NOUVELLE ERE
SARKOZY, LA NOUVELLE ERE
Depuis quelques mois, la présidence Sarkozy connaît une nouvelle ère. Tenant compte des critiques et des dysfonctionnements de la première année de son quinquennat, le président de la République a sensiblement modifié sa façon de gouverner. Les frémissements des sondages démontrent que l’opinion commence à ressentir favorablement ce changement d’orientation.
Les changements de l’équipe de l’Elysée
Sous la direction du préfet Claude Guéant, l’équipe de la Présidence était déjà une des plus solides de la Cinquième République. On pense par exemple à deux têtes fortes de la Présidence :Jean-David Levitte , sherpa et responsable de la politique étrangère ou Raymond Soubie, en charge de l’équipe sociale. Il s’agit là des deux meilleurs spécialistes que la France connaisse dans ces secteurs ; Cet aréopage compétent a été complété par l’arrivée du préfet Christian Frémont à la direction du cabinet.
La professionnalisation de l’équipe du président, l’accroissement du nombre de ses collaborateurs illustrent la présidentialisation accentuée du régime. La récente nomination d’un "coordonnateur du renseignement" français, Bernard Bajolet, en est un signe marquant. Le nouveau promu sera le point d'entrée auprès du Président des services de renseignement des ministres chargés de la sécurité intérieure, de la défense, de l'économie et du budget. Il coordonnera et orientera leur action. Il leur transmettra les directives présidentielles. Il sera le point d'entrée des services de renseignement auprès du président de la République. A la tête d’une équipe légère, il assistera ainsi le président dans une fonction de renseignement qui était jusqu’ici l’apanage du premier ministre.
Parallèlement à ce renforcement de l’équipe présidentielle, son efficacité a été renforcée. Dans les premiers mois du quinquennat les collaborateurs du Président avaient quelque peu ruiné l’efficacité de leur action en commettant de nombreuses erreurs de communication, en se contredisant ou en s’écartant de la pensée présidentielle. L’ordre a été remis dans la maison et l’équipe France est désormais solidement tenue en mains.
Il faudrait ajouter à ce tableau le rôle bénéfique de la nouvelle épouse du Président, Carla Bruni. Elle est moins directement impliquée dans la politique et les jeux d’influence des entourages. Elle est plus conforme à la fonction traditionnelle de la première dame : plus sociale, plus représentative. Le charme en plus.
Un nouveau style présidentiel
Même s’il souhaite toujours davantage présidentialiser le régime, Nicolas Sarkozy a notablement changé de braquet. Plus serein, il aborde ses interventions avec une aisance affirmée .Moins agité, il impressionne ses interlocuteurs par sa froide détermination.
Dés lors, il ne faut pas s’en étonner, les succès s’additionnent .On pense en premier au sommet très réussi sur l’Union de la Méditerranée. Mais c’est surtout la victoire que représente l’adoption de la réforme constitutionnelle à la majorité requise qui démontre la réussite du Sarkozy nouveau. Là où chacun avait prédit l’échec la réussite est au bout du chemin avec en plus un pied de nez au PS avec le vote favorable de Jack Lang.
Il ne faut pourtant pas s’y méprendre. De nombreuses difficultés sont devant le président .Il ne s’agit pas seulement des incertitudes tenant à la conjoncture économique. Mais, davantage, du difficile équilibre à tenir entre la nécessaire débureaucratisation de la société et le conservatisme social.
Tout changement inquiète et l’addition des réformes peut générer des tsunamis. Raison de plus pour expliquer et convaincre.
Charles Debbasch
mardi, juillet 22, 2008
UNE REFOR DIABOLISEE PAR LE PARTI SOCIALISTE
UNE REFORME CONSTITUTIONNELLE INUTILEMENT DIABOLISEE
Le vote par le Congrès de Versailles de la réforme constitutionnelle proposée par le Président Sarkozy à la majorité requise des 3/5 est un événement important dans l’histoire de la Cinquième République. Par le contenu même de la réforme qui rééquilibre le jeu des institutions en faveur du Parlement. Par les circonstances dans lesquelles elle est intervenue qui en font un succès politique incontestable pour le Président de la République.
A l’évidence, le Parti Socialiste a offert sur un plateau une victoire politique à Nicolas Sarkozy. Celui-ci souhaitait en effet une réforme consensuelle. La plupart des dispositions figurant dans le projet de réforme constitutionnelles étaient issues de propositions socialistes au point que nombre de grognards de la majorité sarkozyste étaient prêts à s’abstenir ou à voter contre. Mais, le PS qui est entré dans une spirale suicidaire a choisi de s’opposer à la réforme pensant arriver à la paralyser et à faire payer le prix politique de cet échec au Chef de l’Etat. Dés lors, la politisation a joué en faveur de la réforme et les récalcitrants de droite se sont ressoudés et ont fait bloc permettant l’adoption de la révision. Le PS a joué et a perdu. Nicolas Sarkozy a gagné. Cette victoire régénère le pouvoir du Chef de l’Etat et accélère le vieillissement du PS. Détail piquant, le socialiste Jack Lang a permis par son vote le succès de la réforme.
Et pourtant, le contenu de la réforme n’est pas en faveur du Président de la République. Seule avancée pour lui : il pourra dorénavant s’exprimer devant le Congrès mais cette apparition n’a pas grande portée car elle sera exceptionnelle. En revanche, toutes les autres dispositions diminuent les prérogatives du Président . Il ne pourra pas faire plus de deux mandats. La plupart de ses pouvoirs sont plus encadrés comme le recours à l’article 16, le choix des titulaires des postes les plus importants, les prérogatives à l’égard de la justice. C’est le Parlement qui retrouve des prérogatives essentielles dans la fixation de l’ordre du jour, les pouvoirs des commissions, la limitation de l’usage du 49-3.C’est quasiment une Cinquième République bis qui est née. Les citoyens ne sont pas oubliés avec l’extension du referendum , la création d’un défenseur des droits des citoyens et l’institution de l’exception d’inconstitutionnalité. Mais la portée de ces avancées démocratiques sera très dépendante des textes d’application.
Une observation finale s’impose. La méthode de la révision constitutionnelle montre la bonne méthode pour la réforme. Elle a été préparée par l’excellente commission Balladur. Elle a fait l’objet d’une longue campagne d’explication qui a convaincu l’opinion.
Un exemple à suivre.
Charles Debbasch