UN NOUVEAU LIVRE DU DOYEN DEBBASCH
AUX EDITIONS L’HARMATTAN
L’ENTREE EN SARKOZYE
VERS UNE NOUVELLE FRANCE
En ce mois de février 2008 parait un nouveau livre du Doyen Debbasch(L’entrée en Sarkozie 170 pages. 16,50 Euros)
Entre septembre 2006 et septembre 2007, la France a connu un basculement historique. La société politique paraissait engourdie, enfermée dans ses conservatismes de gauche ou de droite. Mais, au-delà des apparences des idées nouvelles cherchaient à sourdre des profondeurs. La recherche d’un renouvellement profond de l’élite dirigeante pour secouer la monotonie des reconductions politiques. La quête confuse d’un modèle social plus individualiste mais toujours solidaire. L’ouverture à de nouveaux types de comportement social, moins hypocrites et plus tolérants. L’appétit pour l’esprit d’innovation et d’entreprise devant la constatation de l’échec de notre modèle économique bureaucratique. L’affirmation d’une nouvelle solidarité française ouverte et tolérante mais ni complaisante ni démagogue devant les tentations communautaristes
C’est cette lente émergence d’une nouvelle société que révèle cet essai «L’ENTREE EN SARKOZYE. »L’auteur riche d’une longue expérience éditoriale-qui l’a conduit du journal Le Monde au Figaro en passant par Jeune Afrique et le groupe de presse Rhône-Alpes y livre ses réflexions sur les mutations de la France dans cette année charnière marquée par la campagne présidentielle et la victoire de Nicolas Sarkozy ; Cette chronique écrite d’une plume alerte et sans complaisance aidera à mieux comprendre les lignes de force de la France en mouvement.
Charles Debbasch a poursuivi une brillante carrière universitaire et politique. Agrégé des Facultés de Droit à 24 ans. Il est ensuite le plus jeune Doyen de Faculté, puis, le plus jeune Président d’Université à Aix-Marseille. Membre du Cabinet d’Edgar Faure à l’Education nationale, il est Conseiller à la Présidence de la République sous le septennat giscardien. Spécialiste des médias il a notamment dirigé pendant dix ans le groupe de presse Dauphiné Libéré-Lyon Matin Auteur d’une cinquantaine d’ouvrages, il est aujourd’hui ministre, conseiller spécial du Président de la République togolaise Faure Gnassingbé
samedi, février 09, 2008
L"ENTREE EN SARKOZIE UN NOUVEAU LIVRE DE CHARLES DEBBASCH
mercredi, février 06, 2008
LA CRISE DE LA SOCIETE GENERALE
SOCIETE GENERALE
LE TROU D'AIR DU TRADER
Un jeune trader, Jérôme Kerviel, vient de faire vaciller la Société Générale, une des plus grandes banques françaises en générant 5 milliards d'euros de pertes. La question se pose de savoir comment un seul employé peut causer un tel désastre.
La fonction même du trader est génératrice de risque. Le trader passe en effet des ordres d'achat et de vente d'actifs et contrats financiers sur un marché organisé ou de gré à gré .Le trader, en jouant sur des écarts de cours,doit maximiser son profit en minimisant son risque. C'est une sorte de jeu financier auquel on peut naturellement se brûler. Voilà pourquoi les banques encadrent strictement leurs traders en fixant des plafonds à leurs opérations.
Dans la présente affaire, les premiers résultats des investigations laissent présumer que, pour se soustraire à ces contraintes, Jérôme Kerviel se serait livré à des "abus de confiance", "faux et usage de faux", et "introduction dans des systèmes de données informatiques" L'intéressé reconnaît les faits mais, pour se justifier, avance qu'il bénéficiait d'une autorisation tacite de la banque.
Il y a eu en tout cas dans cette affaire une singulière défaillance des contrôles internes à l'établissement bancaire. Mais, la réflexion doit aller au-delà.
L'activité de trading est un des éléments essentiels de la spéculation financière qui déstabilise les marchés. Il est devenu aujourd'hui plus rentable de jouer en bourse que d'investir. Le financier a pris le pas sur l'industriel. C'est une déviation dangereuse dont la crise américaine des subprimes n'est qu'une des facettes.
Cette affaire illustre aussi la vulnérabilité des systèmes informatiques. Il ne s'agit pas de citadelles imprenables mais de toiles d'araignée qu'un spécialiste intelligent peut facilement transpercer.
Les progrès de l'informatique et de l'Internet sont si rapides que le juriste est souvent en retard par rapport au technicien. Veillons donc à faire en sorte que chaque nouveau pas de la technique soit encadré par des normes et que toute violation de celles-ci soit sanctionnée pénalement.
Charles Debbasch
lundi, février 04, 2008
le mariage de nicolas sarkozy
LE MARIAGE DE NICOLAS SARKOZY
NICOLAS ET CARLA UNISSENT LEURS FORCES ET LEURS FAIBLESSES
Ainsi, pour la première fois dans l'histoire de la Cinquième république, un chef d'état divorce et se remarie pendant le cours de son mandat. Même si l'institution du mariage est en déclin, il était difficile pour un Président de la République d'associer à sa vie professionnelle sa compagne sans en être le légitime époux. Ce ne sont pas seulement les problèmes qui se posaient lors des voyages à l'étranger qui expliquent l'union mais aussi le jugement des Français qui commençaient à être inquiets devant l'instabilité affective de leur Président. Dés lors, la relation Nicolas-Carla passe du sulfureux à l'institutionnel
La discrétion de l'union démontre aussi un changement de comportement. La relation est passée d'Eurodisney à l'Elysée, de la foire à l'Etat, de la grivoiserie à la romance. Vola qui fera rêver dans les chaumières et conduira les observateurs à jauger les partenaires de cette union qui additionnent leurs forces et leurs faiblesses.
Il est l'homme le plus puissant de France. Il a triomphé de tous ses adversaires. Il s'est imposé à ses amis. Il a conquis le RPR contre son propre fondateur, Jacques Chirac. Bulldozer, il écrase de son poids tous les obstacles sur son passage. Il veut, non seulement changer la société mais aussi bâtir les fondements d'une nouvelle civilisation. Il sillonne la planète, réussit à transformer la construction européenne, délivre les otages, manifeste sa présence sur tous les fronts.
Elle a reçu le don de la beauté mais aussi celui de l'intelligence sans laquelle l'esthétique n'est qu'un désert Elle a la puissance de séduction que lui donne ce cocktail explosif qui illumine son regard. Toutes les femmes l'envient. Tous les hommes sont à ses pieds. Comme Nicolas, elle multiplie les secteurs irradiés par sa présence. Après avoir été la madone des grands défilés de mode, la couverture préférée des magazines, elle s'est lancée dans la chanson. Ses textes finement ciselés illustrent son talent. Elle a toujours un regard d'ange, une pureté, une tendresse qui séduisent
.Même sa nudité ne choque pas. Elle offre à nos regards l'innocence de ses formes. Une femme nue ? Non: la transparence de l'âme. On comprend qu'une telle créature ait réussi à transpercer la cuirasse Sarkozy.
C'est que chacun de ces tourtereaux a aussi ses faiblesses.
Gagner la présidence n'est pas une mince affaire, c'est le sacrifice de toute une vie, une addition de renoncements, une priorité qui annihile toutes les autres préférences ; Une sorte de prison dans laquelle la destinée vous enferme et qui fait souhaiter d'autres compensations. Une fois que l'objectif est atteint c'est là que tout devrait commencer mais c'est la aussi que le Président nouvellement élu se retrouve dans une sorte de vide de projet.
Il éprouve un besoin de défoulement celui de mener une vie ordinaire, d'user de sa liberté pour se mouvoir, pour aimer, pour se nourrir. Mais la présidence est une nouvelle prison.
Giscard s'était invité cher l'habitant ou s'était promené dans Paris à l'heure du laitier. Sarkozy s'en est allé avec sa compagne à Petra ou à Eurodisney. Mais ces escapades sont jugées par le bon peuple comme des incartades et le titulaire du mandat suprême est vite rappelé à l'ordre par ses électeurs. Et il y a les drames de la vie privée. Un homme politique n'est plus propriétaire de son temps. Michel Debré lors de sa remise d'épée d'académicien s'est excusé auprès de sa famille pour toutes les cérémonies familiales auxquelles il n'avait pas pu assister en raison de ses fonctions publiques qui imposent souvent un renoncement à de grands pans de la vie privée. Les épouses d'hier – les tantes Yvonne- l'acceptaient. Les femmes modernes non. Et puis il y a l'océan des tentations que procure le vedettariat : toutes les suffragettes de France rêvent de coucher dans leur lit un homme connu. Voilà alors notre homme politique qui est tenté de vivre dans l'instant ;
Il en va de même pour la femme bénie par la beauté et l'intelligence. Sa force de séduction est une faiblesse dans laquelle elle peut perdre son âme.
Nicolas et Carla cumulent les forces et les faiblesses. On ne peut que souhaiter que la puissance de l'un contrebalance la faiblesse de l'autre et que la faiblesse de l'un des conjoinTs l'aide à combattre les excès de la puissance de l'autre. C'est le secret d'une union réussie.
Charles Debbasch
mercredi, janvier 23, 2008
SARKOZY: LES MUNICIPALES NATIONALES OU LOCALES
LES MUNICIPALES : DES ELECTIONS LOCALES NATIONALISEES
En visite à Pau le 21 janvier 2008 Nicolas Sarkozy a déclaré à propos des prochaines élections municipales :
«Je n'ai pas à me mêler de la campagne municipale »et, il a ajouté «Je ne veux pas me mêler du détail des municipales dans chacune des villes de France, ce n'est pas mon travail. Je ne vais pas m'engager sur chacun des combats municipaux.
»Certains commentateurs ont estimé que ces propos étaient en contradiction avec ceux tenus par le Chef de l’Etat le 8 janvier , lors de ses vœux à la presse, lorsqu’il affirmait: «je m'engagerai parce que le concept même d'élections dépolitisées est absurde»,
Il n’y a, à vrai dire, aucune incohérence dans ces propos successifs :les municipales sont des élections locales nationalisées !
DES ELECTIONS LOCALES
Les élections municipales sont des élections locales au cours desquelles les citoyens recherchent des édiles compétents et proches d’eux. Ce qui explique que des électeurs qui votent à droite sur le plan national puissent opter pour un choix à gauche pour les locales ou l’inverse.
.
Dans plusieurs enquêtes d'opinion récentes, les électeurs disent leur refus de faire des municipales un scrutin national. Ainsi en ce début d’année 2008 73% des sondés de l’enquête Figaro Opinionway jugent qu'elles représentent un enjeu «local» et seuls 26% d'entre eux souhaitent les «nationaliser».
C’est ce qui explique que, lors des municipales, de nombreux élus mettent leur carte partisane dans leur poche et concluent des alliances qui apparaîtraient contre nature lors des législatives.
En ce sens, Nicolas Sarkozy a raison de dire qu’il n’a pas à s’en mêler :
DES ELECTIONS NATIONALISEES
Et pourtant les élections municipales sont liées au débat politique national.
Sauf exception, ce sont les partis politiques qui confèrent les investitures /Même s’ils doivent tenir compte des poids locaux, ils cherchent à se rattacher le maximum de candidats/ N-oublions pas que les élus locaux participent entre autres à l’élection des sénateurs c'est-à-dire d’élus nationaux/
Quant aux électeurs, s’ils s’inspirent principalement de facteurs locaux, ils n’en tiennent pas moins compte de leurs préférences politiques et plus la ville est grande et plus ce facteur est prépondérant. C’est dire que, si une évolution des opinions politiques se produit, elle entraine nécessairement des gains ou des pertes pour l’un ou l’autre des camps politiques. On estimera alors que les électeurs ont, selon le cas, envoyé un avertissement au pouvoir en place ou confirmé le parti majoritaire.
C’est ce qui explique, qu’au lendemain des municipales, chaque parti engrangera ses succès ou comptabilisera ses défaites ce qui est bien la marque d’un scrutin national comme l’a dit, en d’autres termes, le Président de la République.
Charles Debbasch
lundi, janvier 21, 2008
SARKOZY ET LA RELIGION
SARKOZY ET LA RELIGION
Par petites touches et sans crainte de bousculer les idées reçues ,Nicolas Sarkozy a tenté ces dernières semaines de modifier la position française sur la laïcité.
Il existe pourtant un consensus sur une conception française de la laïcité. Celle-ci s'est construite dans la volonté de soustraire l'Etat à l'influence de l'Eglise catholique. Les religions relèvent de la sphère privée et la République ne doit subventionner aucun culte. Le libre exercice des religions porte en contrepartie la stricte neutralité des autorités publiques par rapport à toutes les croyances.
La France connaît un grande diversité religieuse (v la Croix 18 janvier 2008)
On recense 40 millions de catholiques soit 64,6 % de la population Les catholiques pratiquants réguliers (qui vont à la messe au moins une fois par mois) représentent 8,6 % de la population française, soit 5,3 millions de personnes.Il y a 1,8 million de musulmans soit 3 % de la population française. Le nombre de personnes d'origine musulmane est estimé à 4 millions.On compte 1,3 million de protestants soit 2,15 % de la population française, de 500 000 à 600 000 juifs soit environ 1 %, de 400 000 à 500 000 chrétiens des différents rites orientaux, dont 300 000 orthodoxes et 475 000 bouddhistes. Les agnostiques et les athées se situeraient autour de 15 millions, soit 24,5 % de la population. 14 % des Français se déclarent « athées convaincus » (Le Monde des Religions, janvier février 2006).Les seuls débats qui sont apparus dans la sphère publique dans ces dernières années ont porté sur les controverses suscitées par certains courants liés à l'Islam tendant à imposer des signes extérieurs de la religiosité comme le voile que la République a réglementés au nom de la laïcité.
Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, a pourtant tenté de modifier la conception française de la laïcité. En organisant un Conseil du culte musulman, il a, pour la première fois ,introduit l'Etat dans l'organisation religieuse.
Dans son intervention à Saint Jean de Latran ,Nicolas Sarkozy a tenté d'aller plus loin et de défendre une conception positive de la laïcité où l'Etat épaulerait les religions et s'appuierait sur elles dans l'encadrement social. En insistant sur les racines chrétiennes de la France Nicolas Sarkozy ajoute"Un homme qui croit c'est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent","La France a besoin de catholiques", a-t-il affirmé et il a fustigé une laïcité qui aurait tenté "de couper la France de ses racines chrétiennes.
A l'évidence, un grand nombre de valeurs de la société française tirent leurs sources de la chrétienté mais intégrées dans les pratiques sociales et le droit elles se sont en quelque sorte laïcisées. On peut se demander si les rattacher à nouveau à leurs sources ne risque pas de raviver de vieilles controverses aujourd'hui apaisées ou de conduire d'autres religions à tenter d'imposer à leur tour à l'Etat leurs valeurs.
La force de la République tient justement dans la cohabitation de tous dans un même creuset de valeurs. Celles-ci ne supposent pas l'adhésion à un dogme. Traduites dans la loi, elles sont des règles de comportement communes détachées de tout conformisme spirituel.
Si Nicolas Sarkozy a raison de souligner que l'hostilité qui avait présidé en 1905 à la séparation de l'Eglise et de l'Etat n'a plus de raison d'être, sa hiérarchisation entre le rôle du religieux et du laïque est plus que contestable..
Dans une expression qui fera date- et qui parait devoir être mise en parallèle avec sa formule à Dakar sur l'homme africain-, Nicolas Sarkozy n'a pas craint d'affirmer- "dans la transmission et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur"
C'est oublier que l'éducateur et le pasteur n'ont pas la même fonction. Le pasteur recherche l'adhésion à une vérité révélée. Sa mission se situe dans le domaine de l'irrationnel. L'éducateur délivre un savoir fondé sur la raison. Le prêtre exclut, l'éducateur rassemble.
Dans une époque où les intolérances se multiplient, il n'est pas sain d'encourager la parcellisation de la société française.
Charles Debbasch
vendredi, janvier 18, 2008
LES MUTATIONS DE LA POPULATION FRANCAISE
UNE POPULATION EN MUTATION
Le tableau démographique 2007 de l'Insee révèle les tendances lourdes des évolutions de la société française.
Pour la première fois en France , les naissances hors mariage sont majoritaires. En 2007, les naissances hors mariage ont représenté 50,5% du total des naissances contre 48,4% en 2006.
C’est la conséquence du lent déclin du mariage. 266 500 unions ont été enregistrées en France métropolitaine et dans les dom tom, contre 274 084 en 2006 et 305 385 en 2000.Lorsqu’ils se marient les Français le font de plus en plus tard. L'âge moyen au mariage, de 31,3 ans pour les hommes et 29,3 ans pour les femmes, a augmenté d'une année entière en moins de cinq ans. L’allongement de la durée des études et le travail des femmes sont à l’origine de ce phénomène.
Par ailleurs, l’institution du mariage a vieilli. Le thème de l’indissolubilité du mariage n’est plus de saison et les Français conscients de la précarité des unions et de la lourdeur et du coût des divorces hésitent à s’engager durablement.
Il est vrai qu’une institution parallèle le PACS poursuit son bonhomme de chemin avec 350 000 déclarations depuis sa création en novembre 1999. La progression des contrats conclus se poursuit à un rythme de 25 %, Il est à noter que contrairement à ce qui avait été envisagé à sa création le PACS concerne surtout des couples hétérosexuels dont l'Insee estime le nombre à 90 000 sur 2007, soit l'équivalent d'un mariage sur trois.
Les bébés sont revenus à la mode. Les vedettes du showbiz se flattaient voilà vingt ans de leurs avortements. Elles exhibent aujourd’hui leurs ventres ronds et leurs jeunes enfants. Le nombre de naissances a atteint globalement 816.500, .Ces enfants vivront de plus en plus vieux : : les plus jeunes Français ont gagné trois mois d'espérance de vie. Un garçon né en 2007 devrait vivre 77,5 ans et une fille 84,4 ans- le record européen de longévité.
Les françaises procréent de plus en plus tard. L'âge moyen des mères a augmenté à 29,8 ans en 2007 contre 29,7 les deux années précédentes .La proportion de nouveau-nés de mères âgées de 35 ans ou plus a atteint 21,1 % du total des naissances, contre 20,5 % l'année précédente et 15,5 % il y a dix ans.
Certes, la population française continue de vieillir mais moins que dans les autres pays européens.
C'est une France nouvelle qui se dégage de cette enquête. Une France plus libérale, moins emprisonnée dans les tabous sociaux. Des Français aussi qui hésitent entre un individualisme exacerbé et la recherche d’un bonheur à deux vécu dans une plus grande modernité.
CHARLES DEBBASCH
mercredi, janvier 16, 2008
SARKOZY UNE IMAGE SUREXPOSEE
SUREXPOSITION PRESIDENTIELLE
La politique de la République ne se fait pas en fonction des sondages. Mais, ceux-ci sont des indicateurs précieux des frémissements de l’opinion. Or, pour la première fois depuis son élection, le nombre de Français mécontents du président (48 %) dépasse celui des satisfaits (45 %) (Sondage BVA-Orange pour L'Express du 17 janvier, effectué auprès de 1 050 personnes).En quelques semaines, la cote de confiance qui était largement positive s’est effritée. Les causes de cette descente au purgatoire sont multiples.
Les Français ont élu un Président, au parcours politique atypique qui a promis de dire la vérité aux Français. Ils ne lui ont pas fait reproche de sa vie privée agitée tant la sincérité leur est apparue préférable au mensonge. Mais le mélange de la vie privée et de la vie publique leur apparaît quelque peu inconvenant. L’éloge public du rôle de Cecilia a séduit mais il est apparu trop proche du divorce. Le "Avec Carla Bruni c’est du sérieux" est venu trop vite suivre la séparation avec la première première dame. Ce télescopage d’évènements donne quelque peu le tournis et nourrit l’impression que la vie privée a pris le pas sur la vie publique.
Le même désordre s’est installé dans la communication élyséenne. S’il n’est pas choquant que le secrétaire général ou le porte parole du Président s’expriment ;il est incongru de voir la « plume » du Président expliquer ce qu’il a voulu dire dans « ses »discours. Je ne connais qu’une expression écrite ou orale c’est celle du Chef de l’Etat et je me moque bien de savoir qui lui a suggéré telle phrase ou telle tournure. Dés que le président s’est approprié un texte, celui-ci constitue la parole présidentielle .Pour avoir rempli, ce rôle de plume de plusieurs Chefs d’Etat, je sais que cette fonction requiert la modestie : -il faut toujours savoir rester à l’ombre du président-, la malléabilité- il faut sans cesse s’adapter à ce que veut le Président- et l’extrême effacement car il ne faut jamais se glorifier du travail que l’on a fait. Dés lors que le discours est prononcé , il est la parole du Président car celui-ci n’est pas le perroquet de son nègre C’est réduire la fonction présidentielle que s’en approprier des pans entiers. Les Français ont élu Nicolas Sarkozy et non Henri Guaino ou tel autre.
Enfin, si les Français ont choisi un Président actif, ils s’inquiètent de la suractivité qui donne l’impression de la fragilité. En photographie, une image surexposée est difficile à percevoir. Il en va de même dans la vie des Etats. .L’image d’une Présidence au pas de course fatigue l’opinion et donne parfois l’impression d’une absence de consistance.
Charles Debbasch