LA MAIN GAUCHE DE FRANCOIS BAYROU
François Bayrou a choisi : il tend la main gauche à l’univers politique. Le temps de l’équilibre entre la droite et la gauche est bien fini, du moins pour l’instant. Les obstacles sont pourtant nombreux sur la route de ce décentrage du parti centriste.
LES RETICENCES DE LA GAUCHE
Pour s’allier avec la gauche encore faut-il être accepté en son sein. Rien n’est moins sûr. Le Parti communiste rejette le Modem à droite.et le PS est bien divisé sur cette question de l’alliance .Si Ségolène Royal la recherche Martine AUBRY parait la fuir même si elle gouverne à Lille avec l’appui du Modem. Vincent Peillon appuie la démarche du leader centriste« Je trouve cela très courageux, assure -t-il. On assiste au décrochage du centre vis-à-vis de la droite. Ils ont tenté le “ ni droite ni gauche ”, mais cette attitude n'a pas résisté au système majoritaire. » Manuel Valls, député-maire d'Evry, estime qu'il faut « bâtir un contrat de quinquennat, un contrat présidentiel » avec le Modem. En revanche Pierre Moscovici,-et avec lui la direction actuelle du PS-, rappelle que « l'avenir de la gauche, c'est d'abord sa propre union ». Le porte-parole du parti, Benoît Hamon pense que le Modem reste « à bien des égards un objet politique difficilement identifiable ». Jean-Christophe Cambadélis va dans le même sens. Pour lui, François Bayrou veut combattre Sarkozy, ce qui est bien, tout en restant à droite, ce qui l'est moins », et de poursuivre de poursuivre : « François Bayrou veut rester l'antisarko de l'autre rive, subordonnant sa tactique à l'objectif stratégique. »
LES APPETITS DE LA DROITE
Si l’appel du pied de François Bayrou à la gauche n’est guère reçu, il déchaine des appétits à droite. Les élus du Modem savent bien qu’ils ont le plus souvent besoin pour l’emporter des voix de droite. Et l’UMP ne manque pas à chaque occasion de le rappeler. Comme le souligne Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. « S’il y a des électeurs, des élus, des grandes figures du Modem qui considèrent que cette politique d’alliance avec la gauche ne correspond pas à leurs convictions et que ce n’est pas cela qu’ils recherchaient, nous pouvons parler ensemble de projets, pour les régionales »Le virage du Modem lui fera immanquablement perdre des voix à droite.
VIRAGE A GAUCHE OU STRATEGIE PRESIDENTIELLE
Au point que l’on peut se demander si la stratégie de François Bayrou n’est pas tout simplement une tentative pour mordre à droite et à gauche lors du premier tour des élections présidentielles pour tenter de distancer le PS et de créer la surprise On comprend alors mieux la méfiance du PS. Comme le souligne justement Henri Emmanuelli « François Bayrou essaie de maintenir l’ambiguïté parce qu’il veut être le troisième homme au moment de l’élection présidentielle et qu’il lui faut prendre des voix à droite et si possible à gauche…la vocation du PS est d’être au second tour et ce que souhaite M. Bayrou, c’est être à la place du Parti socialiste ».
Cette stratégie de second tour suppose, en attendant, que François Bayrou sacrifie tous ses élus qui ont besoin des voix de droite. On peut douter que le Modem suive avec unité ce virage d’opportunité.
Charles Debbasch
vendredi, septembre 11, 2009
LA MAIN GAUCHE DE FRANCOIS BAYROU
BOURRAGE PRIMAIRE
BOURRAGE PRIMAIRE
Martine Aubry élue avec 102 voix d’avance à la tête du Parti socialiste a sans doute volé sa victoire à Ségolène Royal. C’est ce que soutient documents à l’appui un livre Hold-ups, arnaques et trahisons d'Antonin André et Karim Rissouli.
Selon ce livre les résultats de la fédération du nord ont été manipulés pour donner dans tous les cas la victoire à la maire de Lille.
«Claude Bartolone, Christophe Borgel, François Lamy et Jean-Christophe Cambadélis, les quatre mousquetaires de Martine Aubry, sont installés dans des bureaux de l’Assemblée nationale. Leur consigne est claire: ne pas lâcher les résultats du Nord tant que ceux de toute la France ne sont pas remontés. A mesure que les chiffres tombent, ils sont rentrés dans un logiciel qui calcule automatiquement l’écart entre Royal et Aubry et fait varier les résultats "virtuels" du Nord afin qu’ils assurent la victoire à Martine Aubry. Claude Bartolone, plusieurs semaines après, reconnaîtra d’ailleurs avoir bloqué les résultats du Nord "dans le but de s’assurer que, même si la Guadeloupe et la Martinique votaient à 100% pour Royal, l’avance de Martine ne permettait pas qu’on la rattrape". En clair: les résultats du Nord sont gelés pour pouvoir être "ajustés" jusqu’au dernier moment afin d’assurer une avance suffisante à Martine Aubry. »
Ces révélations relancent la guerre à l’intérieur du PS et redonnent des ailes à Ségolène Royal.
Elles démontrent que les partis français et notamment le PS ont encore beaucoup à apprendre des partis américains dans l’organisation et le fonctionnement démocratique. Chacun connait les cartes d’adhérents fictives et les cotisations «bidon ».
Elles viennent également détruire l’idée de primaires à gauche lancée par le PS.
Quelle crédibilité pourra-t-on en effet accorder à des primaires élargies à toute la gauche alors que le PS n’est même pas capable d’organiser des élections internes convenables ?
L’autodestruction dans laquelle est lancée le PS n’est pas prés de s’achever.
Charles Debbasch
samedi, septembre 05, 2009
LA PERILLEUSE TAXE CARBONE
UNE PERILLEUSE TAXE CARBONE
Dans une société idéale, l’état définit ses fonctions essentielles puis détermine la masse des ressources qu’il devra collecter pour les financer et il répartit ces sommes nécessaires entre les divers impôts obligatoires.
Il y a belle lurette que l’Etat moderne a une politique fiscale plus complexe. De plus en plus d’impôts visent à orienter les comportements des citoyens en favorisant ou en pénalisant leurs comportements . Les taxes sur l’alcool ou le tabac sont depuis longtemps dissociées de leur rendement fiscal .Leur objectif de santé publique est essentiel par rapport à leur contribution aux finances publiques. C’est dans le cadre de cette fiscalité comportementaliste que se situe la taxe carbone. Pour protéger l’environnement, et notamment pour lutter contre le réchauffement climatique, elle vise à limiter l’utilisation des énergies fossile productrices de dioxyde de carbone.
Cette taxe carbone figure au premier plan des revendications des écologistes et, en faisant son nouveau cheval de bataille, Nicolas Sarkozy n’entend pas seulement sauver la planète mais il souhaite aussi s’attirer la sympathie des écologistes qui , forts de leur succès aux élections européennes, sont en situation de peser sur les très prochaines régionales.
Le pari est difficile parce que l’institution d’un nouvel impôt est toujours problématique. D’ores et déjà , les deux tiers des français rejettent le principe de la taxe carbone ; L’opposition socialiste tente de surfer sur cette vague hostile en oubliant que TOUS les candidats aux présidentielles ont signé le pacte de Nicolas Hulot qui en prévoyait l’instauration.
C’est dire qu’il faudra beaucoup de pédagogie à l’Etat pour faire accepter ce nouvel impôt.
Il faudra, tout d’abord, démontrer que ce nouvel impôt n’accroit pas la pression fiscale et donc prévoir les allègements de la fiscalité dans d’autres secteurs.
Il faudra, ensuite, organiser sa collecte sans accroître l’injustice sociale. Par exemple, l’augmentation du prix de l’essence défavorise les couches sociales qui vivent loin du centre ville :comment compenser cette situation ?
Il conviendra, également, de s’assurer que la taxe carbone ne défavorisera pas l’industrie française face aux usines de pays moins regardants sur les questions d’environnement.
Il faudra, enfin, que le pouvoir politique démontre à sa majorité que les dégâts électoraux qu’engendre tout nouvel impôt seront compensés et au-delà par la sympathie des écologistes.
La partie est difficile mais l’enjeu pour la planète est si important qu’il mérite tous les sacrifices … sauf peut être le harakiri pour la majorité.
Charles Debbasch
vendredi, septembre 04, 2009
INVENTER LA DEMOCRATIE AFRICAINE
INVENTER LA DEMOCRATIE AFRICAINE
A l’évidence, un demi-siècle après les indépendances, la démocratie africaine reste à inventer.
Au lendemain de la décolonisation, le système politique reposait sur des leaders charismatiques s’appuyant sur un parti unique qui constituait le creuset de la Nation. Puis, se sont imposés progressivement la démocratie pluraliste et le principe majoritaire. Cette transposition de la démocratie occidentale a été la source de conflits et de déchirements. Le gouvernement des majorités laisse les minorités dans la frustration. Dans des pays pauvres, l’essentiel des ressources est dans les mains du pouvoir et, être écarté des cercles de décision, c’est aussi être privé des moyens de subsistance et des emplois publics.
Par ailleurs, le passage du parti unique au multipartisme s’est souvent accompagné de la constitution de partis ethniques ou régionalistes qui sont destructeurs de l’unité nationale et qui engendrent conflits et frustrations.
Dés lors, les pouvoirs africains cherchent confusément des solutions à cette situation.
Puisque le leadership du chef est nécessaire pour l’unité de l’Etat, il ne faut pas se séparer de ce Président. On voit alors les constitutions africaines révisées pour permettre la réélection indéfinie du Président de la République. Mais il faut aussi prévoir la continuité après sa mort. D’ou la tentation de mettre en place des systèmes dynastiques. Puisque la force d’un leader est la seule façon de combattre l’effritement de l’Etat, il faut veiller à ne pas perdre cette aura du chef. On voit alors les fils succéder aux pères dans plusieurs Etats comme le Congo Kinshasa, le Togo, le Gabon.
De même, on recherche d’autres formules comme le partage du pouvoir entre la majorité et l’opposition. La solution, adoptée non sans mal au Kenya, est proposée aujourd’hui pour Madagascar.
Il reste à inventer de nouvelles règles pour la démocratie africaine qui permettent l’association de tous au pouvoir sans porter atteinte à la nécessaire autorité de l’Etat.
Charles Debbasch
mercredi, septembre 02, 2009
LE NOUVEAU COURANT PRIMAIRE AU PS
LE NOUVEAU COURANT PRIMAIRE DU PS
Dans une sorte de fuite en avant, le PS qui n,’arrive pas se hisser au dessus de la liste des courants cherche son salut dans des primaires ouvertes.
DE QUOI S’AGIT-IL ?
Devant la lutte des candidats autoproclamés à la prochaine élection présidentielle, des voix se sont élevées à l’intérieur du PS pour réclamer l’organisation de primaires c'est-à-dire l’organisation d’un vote pour le choix du candidat à l’élection présidentielle. Prônée par les amis de Ségolène Royal et par Arnaud Montebourg, cette revendication a reçu le 27 août l’aval de Martine Aubry. La première secrétaire confirme sa volonté de « changer profondément les pratiques et les règles politiques au sein de notre parti, notamment sur l’organisation de primaires ouvertes pour la désignation de notre candidat ».
DES PRIMAIRES AVEC QUI ?
La maire de Lille, en insistant sur l’ouverture des primaires, espère que les électeurs des autres partis de la gauche participeront à ce vote .Mais, sur !ce point, la proposition d’ouverture, est rejetée par la plupart des autres mouvements politiques de gauche. Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts, a lancé: "On ne s'en sortira pas par un nouveau Meccano électoral…S'inquiéter uniquement des questions de tactique et de stratégie, c'est ne pas être à la hauteur de l'enjeu".
La proposition ne recueille pas plus d’adhésion du côté des communistes. Marie-George Buffet estime que les primaires, "c'est le chemin de la défaite à gauche". alors que "la gauche doit porter une réforme complète des institutions".
Au nom du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon est contre, lui aussi. "Il faut être capable de se rassembler au deuxième tour (de la présidentielle), mais il faut se compter au premier. La meilleure primaire, c'est encore celle-là". Et d'ajouter: "si ce sont des primaires entre socialistes, ça ne nous concerne pas. Si c'est ouvert, ça veut dire que nous serions pris en otage des querelles de famille du PS".
Marielle de Sarnez au nom du MoDem estime que les primaires socialistes ne concernent pas le centre. C’st dire que pour le choix du candidat les socialistes risquent de se retrouver bien seuls.
ERREUR DE METHODE
Dans le système institutionnel français, le choix d’un présidentiable dépend directement du peuple. Pour arriver à être un candidat sérieux à l’élection présidentielle, il faut recueillir l’adhésion de l’opinion publique et ce n’est que si l’on s’impose à celle-ci que l’on arrive à convaincre sa formation politique. C’est parce qu’il n’existe pas pour l’heure un candidat socialiste qui s’impose naturellement que le PS est tenté par une mécanique électorale nouvelle. Mais, tous les primaires ne feront pas d’un candidat impopulaire un élu en puissance.
Charles Debbasch
lundi, août 24, 2009
VIOLENCES INUTILES
VIOLENCES INUTILES
On assure qu’il ne se passe rien durant la trêve estivale. C’est une contrevérité. Que l’on en juge !
En Somalie, les affrontements continuent à Mogadiscio entre insurgés somaliens et soldats pro-gouvernementaux et font plus de cent morts. Les rebelles constitués principalement par la milice Al Chabaab proche d'Al Qaîda, contrôlent de nombreuses parties du pays.
A Gaza le Hamas élimine des alliés d'Al Qaïda et on compte environ 30 morts.
En Algérie des groupes extrémistes constitués d’irréductibles d’Al Quaîda Maghreb sèment constamment la terreur. Le Président Abdelaziz Bouteflika qualifie les groupes armés islamistes de "hordes de renégats".
En Mauritanie, après un attentat suicide revendiqué par Al-Qaïda, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a appelé les Mauritaniens à s'unir contre l'extrémisme .Il a souhaité que chacun contribue à "l’éradication des mauvaises pratiques contraires aux préceptes de la sainte religion qui bannit la violence, l’extrémisme et tout ce qui porte atteinte à l’homme sans raison». Il a rappelé avec à propos que «La religion musulmane prêche la tolérance, la fraternité, la commisération. Seule la faiblesse de la foi induit parfois beaucoup de gens en erreurs fatales».
Sage observation en ce début du mois de Ramadan qui doit unir les fidèles dans la prière et non dans la violence.
Charles Debbasch
samedi, août 22, 2009
EN VERT ET AVEFC TOUS
EN VERT ET AVEC TOUS
Fort du succès remarquable obtenu lors des élections européennes du 7 juin 2009, les Verts s’interrogent sur leur avenir lors des Journées d’été qui se tiennent à Nîmes. Et il est vrai qu’il y a deux interprétations possibles à ce score de 16,3% obtenu au scrutin européen
Pour les uns, il s’agit d’un simple feu de pailles. Les élections européennes ne jouent pas un rôle décisif dans le système politique français. Elles permettent donc aux électeurs de se défouler mais ceux-ci retrouveront leur comportement habituel lors de votes plus importants. Le 7 juin les électeurs ont simplement voulu donner un avertissement sans frais à la classe politique et notamment au PS. Au demeurant, si la préoccupation écologique est fort sympathique, elle ne constitue en aucune manière un programme de gouvernement. Elle n’est qu’une facette d’un programme. Elle ne peut être le tout.
Vous n’y comprenez rien objectent les autres. Les grenouilles socialistes à force de se quereller pour se chercher un roi ont lassé leurs électeurs. Ceux-ci sont prêts à se reporter durablement sur une autre formation.Et, de même que les partis traditionnels ont intégré la préoccupation écologique, les Verts sont capables de construire un programme de gouvernement moderne et synthétique. C’est cette dernière option que soutient Daniel Cohn-Bendit qui réussit un remarquable come back. Pour lui, le PS est ringard et incapable" et il ajoute "Nous sommes à un carrefour où nous devons redonner espoir à la société en incarnant une alternative crédible. La seule manière de battre la droite, c'est qu'une gauche transformée se mette en mouvement", et «si on doit ajouter le Modem, on l'ajoutera".
Le temps est fini où le PS pouvait se contenter de faire l’aumône de quelques sièges aux Verts. Les Verts sont aujourd’hui prêts à chasser le PS de ses terres.
En vert et avec tous.
Charles Debbasch