BOURRAGE PRIMAIRE
Martine Aubry élue avec 102 voix d’avance à la tête du Parti socialiste a sans doute volé sa victoire à Ségolène Royal. C’est ce que soutient documents à l’appui un livre Hold-ups, arnaques et trahisons d'Antonin André et Karim Rissouli.
Selon ce livre les résultats de la fédération du nord ont été manipulés pour donner dans tous les cas la victoire à la maire de Lille.
«Claude Bartolone, Christophe Borgel, François Lamy et Jean-Christophe Cambadélis, les quatre mousquetaires de Martine Aubry, sont installés dans des bureaux de l’Assemblée nationale. Leur consigne est claire: ne pas lâcher les résultats du Nord tant que ceux de toute la France ne sont pas remontés. A mesure que les chiffres tombent, ils sont rentrés dans un logiciel qui calcule automatiquement l’écart entre Royal et Aubry et fait varier les résultats "virtuels" du Nord afin qu’ils assurent la victoire à Martine Aubry. Claude Bartolone, plusieurs semaines après, reconnaîtra d’ailleurs avoir bloqué les résultats du Nord "dans le but de s’assurer que, même si la Guadeloupe et la Martinique votaient à 100% pour Royal, l’avance de Martine ne permettait pas qu’on la rattrape". En clair: les résultats du Nord sont gelés pour pouvoir être "ajustés" jusqu’au dernier moment afin d’assurer une avance suffisante à Martine Aubry. »
Ces révélations relancent la guerre à l’intérieur du PS et redonnent des ailes à Ségolène Royal.
Elles démontrent que les partis français et notamment le PS ont encore beaucoup à apprendre des partis américains dans l’organisation et le fonctionnement démocratique. Chacun connait les cartes d’adhérents fictives et les cotisations «bidon ».
Elles viennent également détruire l’idée de primaires à gauche lancée par le PS.
Quelle crédibilité pourra-t-on en effet accorder à des primaires élargies à toute la gauche alors que le PS n’est même pas capable d’organiser des élections internes convenables ?
L’autodestruction dans laquelle est lancée le PS n’est pas prés de s’achever.
Charles Debbasch
vendredi, septembre 11, 2009
BOURRAGE PRIMAIRE
dimanche, mai 10, 2009
LES DEUX ANS DE NICOLAS SARKOZY
LES DEUX ANS DE NICOLAS SARKOZY
Si l’on voulait une démonstration probante de l’erreur que fut le passage du septennat au quinquennat, il suffirait de contempler les débats qui entourent le deuxième anniversaire du mandat de Nicolas Sarkozy .Chacun se situe déjà en 2012 et tente d’anticiper les résultats de la future présidentielle.On en est pourtant loin et rien ni personne ne peut prévoir avec un degré sérieux de fiabilité les chances à la prochaine présidentielle de tel ou tel autre candidat.
I UNE APPARENCE DE SONDAGES CONTRADICTOIRES –
Pour l’heure des sondages en apparence contradictoires témoignent des hésitations de l’opinion.
Selon une première vague de sondages le président de la République serait le mal aimé des Français. D’aprés un sondage TNS Sofres Logica pour « Métro », 63 % d'entre eux perçoivent négativement son bilan .65 % se disent déçus par son action. Seul Jacques Chirac, en 2004, deux ans après sa réélection et après neuf ans de pouvoir, affichait une cote de confiance aussi basse. En mai 1997, après deux ans de mandat le fondateur du RPR disposait encore de 38 % de soutien. Quant à François Mitterrand, il comptait, lui, sur la confiance de 53 % de Français en 1984 et de 49 % en 1990, au même stade de l'exercice de la fonction.
Et pourtant, deux récents sondages donnent Nicolas Sarkozy très largement en tête au premier tour de l'élection présidentielle devant ses principaux adversaires de 2007, avec autour de 30 % des voix contre 21 % seulement à Ségolène Royal et 20 % à François Bayrou. Ainsi, le prétendu mal aimé est en tête dans les intentions de vote.
Ces sondages n’ont que l’apparence de la contradiction car ils reposent sur deux types de réponses différentes. Dans le premier cas, les Français manifestent leur impatience et leur désarroi devant la situation de notre économie et ils en font porter en partie la responsabilité sur les épaules du premier magistrat .Dans le second, ils manifestent clairement qu’en l’état actuel des choses Nicolas Sarkozy est néanmoins le meilleur candidat possible et que, si les élections avaient lieu demain, il serait sans doute reconduit.
II-DES CANDIDATURES QUI NE CONVAINQUENT PAS
En l’état actuel si la droite dispose en la personne du président d’un candidat incontesté, la gauche n’arrive pas à dégager un leader qui s’impose.
En raison de l’émiettement même des forces de gauche : Besancenot et Mélenchon font mouvement à part. Ils peuvent recueillir des suffrages mais n’ont aucune chance de se situer dans les deux premiers rangs.
Quant au Parti Socialiste, il traîne comme un boulet Ségolène Royal qui forte de son précédent score cherche à se perpétuer dans les premiers rangs mais une nuée de candidats potentiels qui va de Aubry à Fabius sans oublier Strauss-Kahn attend que l’audience de la Présidence de Poitou-Charentes s’érode définitivement Tout ceci fait désordre et ne laisse pas pour l’instant de porte ouverte au succès.
Là réside l’espoir de François Bayrou qui compte sur l’émiettement des forces de gauche pour forcer la porte du second tour et devenir le héraut d’un gaucho centrisme pour l’emporter sur Nicolas Sarkozy.
Si loin de l’élection, toute prédiction relève de la magie plutôt que de la science. Car il est vrai que tout dépendra de la situation économique mondiale et de l’équation personnelle de Nicolas Sarkozy dans trois ans.
III-LES MOINS ET LES PLUS DE SARKOZY
Toute politique de réforme provoque à mi-parcours l’impopularité car ceux qui souffrent des réformes sont touchés tandis que ceux qui en profiteront n’en ressentent pas encore les effets.
Il reste cependant que la conjoncture économique a quelque peu déséquilibré le Président et ses partisans.
Inspirés majoritairement par une culture économique libérale, ils doivent mettre en place des politiques interventionnistes pour conjurer la crise.
Partisans de la promotion de l’individu, ils doivent renforcer les solidarités pour protéger les faibles des effets douloureux de la situation économique mondiale.
Soucieux de réduire le poids de l’Etat et de la fonction publique, ils ne trouvent pas dans le secteur privé affaibli les forces de substitution nécessaires.
Il est alors inévitable que, malgré les incantations, les réformes proposées lors de la campagne présidentielle soient difficiles à mettre en œuvre et que dans une société traumatisée toute mutation déclenche son faisceau de divergences.
Il faut cependant mettre au crédit du volontarisme présidentiel le succès de la Présidence Française de l’Europe et le nouvel élan donné à la construction européenne. .De nombreuses mesures ont été prises en faveur des petites et moyennes entreprises. Le combat contre les délocalisations s’est accentué. La réforme des Universités a été lancée malgré les résistances.
Il faudrait certes que les nombreuses réformes engagées soient mieux pilotées dans leur mise en œuvre. Mais, enfin, le socle du changement se construit de jour en jour.
Et, jusqu’ici, la gauche qui critique s’est révélée incapable de présenter à l’opinion des alternatives crédibles. Ce qui explique que, même pour ceux qui n’approuvent pas sa politique, Nicolas Sarkozy reste le meilleur Président par défaut.
Charles Debbasch
dimanche, avril 19, 2009
LES EXCUSES DE SEGOLENE ROYAL A NICOLAS SARKOZY
LES EXCUSES DE SEGOLENE ROYAL A NICOLAS SARKOZY
Le feuilleton des excuses de Ségolène Royal au nom de la France s’alimentait un peu plus chaque jour.
Après avoir au nom de la France demandé pardon aux Africains pour le discours de Dakar de Nicolas Sarkozy, l’ancienne candidate à l’élection présidentielle, dans une lettre adressée au Premier ministre espagnol, Jose Luis Zapatero, lui avait présenté des « excuses » pour des « propos injurieux » supposés prononcés par Nicolas Sarkozy n'engageant « ni la France, ni les Français ».
Sur sa lancée d’excuses, l’ancienne compagne de François Hollande avait écrit au Président Obama pour s’excuser sur les propos qu’aurait tenus Nicolas Sarkozy en se rasant sur la race des chiens portugais dont la famille Obama venait de choisir un rejeton. Le message avait étonné.
Mais ce fut un coup de tonnerre quand on apprit que la candidate du PS avait écrit à la Reine Elisabeth pour excuser la France d’avoir exécuté son Roi Louis XVI. Cette missive fut suivie d’un courrier adressé au Président du Mexique Felipe Calderón Hinojosa pour s’excuser de l’expédition guerrière à Puebla de Napoléon III.
Les lettres d’excuses se multipliaient au point que le Canard enchainé avait ouvert une rubrique spéciale en première page »ROYALES EXCUSES AU NOM DE LA FRANCE ».
Jusqu’à ce matin où les Français apprirent sur les premiers journaux la nouvelle suivante .La nuit, sur le coup de deux heures, Ségolène Royal s’était présentée à la porte de l’Elysée et avait sollicité d’y entrer. Au gendarme qui l’interrogeait, elle avait répondu qu’elle souhaitait regagner ses appartements de la Présidence. Devant le refus qui lui avait été opposé, elle avait menacé de faire intervenir la police au nom de la France. Ce n’est qu’après une demi-heure de palabres qu’elle avait consenti à se retirer.
Tandis que chacun s’étonnait de cet incident incongru, on apprit que Ségolène Royal avait adressé une brève lettre d’excuses au Président Sarkozy dans laquelle elle faisait valoir qu’elle venait de traverser une période de grande fatigue. Elle y déclarait notamment « J’avais oublié que vous m’aviez battue au second tour de l’élection présidentielle. Je confirme que vous êtes le Président légitime des Français seul habilité à parler au nom de la France. »
Charles Debbasch
lundi, avril 06, 2009
RESURGENCE DE LA VIOLENCE
RESURGENCE DE LA VIOLENCE
On assiste dans ces dernières semaines à une résurgence de la violence sociale.
Les départements d’outre-mer ont connu de véritables insurrections. Plusieurs patrons ont été séquestrés par leurs employés. A Strasbourg la manifestation anti-OTAN a dégénéré et tout un quartier de la ville a été vandalisé. A Bastia, lors d’une manifestation contre les violences policières, huit CRS ont été blessés. Trois se trouvent dans un état grave.
Ces violences ont trouvé quelque soutien dans l’opposition.
Ségolène Royal a justifié les récentes séquestrations des chefs d’entreprises. Elle a déclaré au Journal du Dimanche: "Les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue".Et elle a ajouté :"Ce n'est pas agréable d'être retenu, et c'est illégal de priver quelqu'un de sa liberté de mouvement. Mais on ne les a ni brutalisés ni humiliés. Ceux qui sont fragilisés, piétinés et méprisés, ce sont les salariés à qui l'on ment, avant de les mettre à la porte (...) Les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue : ce discours dominant qui demande aux salariés de subir, et de disparaître en se taisant, d'être licenciés sans faire d'histoires ni de bruit." Olivier Besancenot attribue pour sa part les troubles de Strasbourg aux autorités ce qui est une façon de dédouaner les casseurs. "On a été emmené dans une vraie souricière, c'est-à-dire que des milliers de manifestants ont été emmenés dans une rue avec les deux issues complètement bloquées et on s'est fait canarder à longueur de temps de gaz lacrymogènes, sans interlocuteurs à ce moment-là, avec des tirs tendus, des tirs de flashball, et on a frôlé le drame".
Les partisans de la majorité politique ont quant à eux désavoué la violence.
Xavier Bertrand, le patron de l'UMP, a accusé Ségolène Royal de "mettre de l'huile sur le feu". Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a stigmatisé des propos qui visent à "surfer sur les angoisses des gens, dans l'espoir d'en tirer profit au plan politique et sans se soucier de contribuer ainsi à excuser l'inexcusable".
Le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a appelé"tous les partis" à condamner les actes de violence, à Strasbourg, en Corse ou en marge de la crise économique et sociale.
La violence reste inadmissible dans une société démocratique. Sa résurgence trouve néanmoins des explications qui ne peuvent, en aucun cas constituer des justifications.
Les syndicats encadrent de moins en moins le monde du travail. Ils sont concurrencés par des forces nouvelles autonomes qui ne sont pas rodées aux pratiques de négociation et qui sont donc tentées par les actions sauvages.
La crise et les licenciements qu’elle entraîne créent des inquiétudes et des traumatismes graves qui poussent aux réactions hors normes. Sur ce terreau favorable poussent des mouvements qui souhaitent répliquer à la violence sociale par la violence politique. Il est donc nécessaire de faire baisser les tensions liées à l’exaspération et à ranimer les dialogues dans tous les secteurs pour remplacer le combat par le débat.
Charles Debbasch
mercredi, février 25, 2009
RECONCILIATION D'OPPORTUNITE AU PARTI SOCIALISTE
RECONCILIATION D’OPPORTUNITE
AU PARTI SOCIALISTE
Après la période de brouille et d’exclusion, le temps de la réconciliation est venu au Parti Socialiste. Une dizaine de proches de Ségolène Royal sont entrés à la direction du PS. Le secrétariat national du Parti socialiste est complété ainsi par sept secrétaires nationaux, dont six reviennent à des "royalistes".Le sénateur David Assouline devient secrétaire national (SN) auprès de la première secrétaire; Najat Belkacem, adjointe au maire de Lyon, devient SN chargée des questions de société; Philippe Doucet, maire d'Argenteuil (Val d'Oise), est chargé des droits des consommateurs; la députée Aurélie Fillipetti est chargée des questions énergétiques; le député Jean-Patrick Gilles est chargé de la Famille et le député Gaëtan Gorce prend en charge l'exclusion. Parmi les 20 secrétaires nationaux adjoints, figurent d'autres "royalistes", notamment Carlos Da Silva (rénovation) et Patrick Mennucci (animation et du développement des fédérations).Le député Jean-Louis Bianco devient co-président du Forum des territoires.
Ségolène Royal a elle-même précisé qu’elle est "disponible pour exercer des responsabilités" si on lui en propose.
Il était difficile pour le Ps de continuer à vivre une guerre interne. Certes, la rivalité reste très grande entre les deux têtes féminines du Parti, mais ce retour au bercail des royalistes est une solution d’apaisement qui va faire tomber la fièvre dans le parti.
Assez paradoxalement , ce sont les difficultés que rencontre à l’heure actuelle la politique du président Sarkozy qui ont favorisé le rapprochement. Le PS veut se tenir prêt dans le cas où un mouvement social d’ampleur soulèverait la France à prendre la relève du pouvoir. C’en est bien fini de l’union sacrée face à la crise. Les socialistes veulent exploiter le mécontentement populaire pour se rapprocher de la prise du pouvoir.
En d’autres termes le PS se réunifie pour se présenter en force de gouvernement crédible.
Charles Debbasch
lundi, décembre 01, 2008
A GAUCHE ON SE BOUSCULE
A GAUCHE, ON SE BOUSCULE
Moins la gauche a de chances de gouverner la France et plus elle se s’éparpille et se divise. Moins elle a de cohérence dans le discours et plus elle se disperse en ruisseaux qui ont du mal à se transformer en rivière.
Le parti communiste est quasiment exsangue ; Cela n’empêche pas Robert Hue de tirer à dia et de s’en écarter. Dans une lettre adressée à Marie-George Buffet, l'ancien président du parti communiste français annonce son départ du Comité central du PCF et estime "qu'il est temps de revenir aux valeurs qui ont fondé l'idéal communiste".
"J'annoncerai donc, dans peu de temps, une initiative qui me donnera la possibilité de poursuivre autrement et reprendre plus activement mon combat pour un monde plus juste et plus humain", explique l'ancien candidat communiste à la présidentielle.
"Ma décision de ne plus appartenir au Conseil national du PCF est l'expression de la distance politique qui, pour moi, s'est progressivement creusée entre mon attachement à des valeurs de libération humaine (...) et l'évolution du Parti communiste français d'aujourd'hui".
Devant la déliquescence du Parti communiste, Olivier Besancenot s’efforce de ressusciter les valeurs révolutionnaires de l’extrême gauche et de créer un nouveau mouvement en s’appuyant sur le potentiel médiatique qu’il a fait fructifier.
Il est concurrencé sur ce terrain par le sénateur Jean-Luc Mélenchon qui vient de porter sur les fonts baptismaux son parti de gauche(PG)
L’ancien socialiste a appelé à «rassembler une nouvelle majorité de gauche pour gouverner le pays», .Il a appelé à«une démarche militante» pour «la fondation d’un parti creuset» et a proposé une «stratégie à vocation majoritaire, la stratégie du front de gauche».
Au Parti Socialiste, lui-même, la victoire de Martine Aubry peut apparaître comme un succès de l’aile gauche du parti.
Les électeurs auront d’autant plus de mal à s’y reconnaître qu’au même moment la droite de la gauche- menée par le ministre Bockel rallié à Nicolas Sarkozy- tenait congrès et tentait de rallier les membres du PS frustrés de pouvoir. Cette gauche moderne fructifie sur les décombres du parti socialiste et se nourrit des traumatismes que la lutte de Martine Aubry et Ségolène Royal a générés.
Il faudra du temps à la gauche massacrée à la tronçonneuse pour refaire son unité. Pour l’instant, elle se contente de l’incantation. Il lui reste à trouver une doctrine adaptée à notre époque.
Charles Debbasch
samedi, novembre 22, 2008
DALLAS AU PARTI SOCIALISTE
DALLAS AU PARTI SOCIALISTE
La victoire contestée de Martine Aubry- avec seulement 42 voix d’avance sur Ségolène Royal -ouvre pour le PS une phase de trouble, d’incertitude et peut-être même de déchirement. Déjà le Congrès de Reims avait été le théâtre d’affrontements et de luttes intestines. Les différents courants qui s’étaient évalués avant les Assises n’avaient pu se mettre d’accord sur le nom d’un Premier secrétaire. C’est donc le vote direct de militants qui devait trancher le débat. Mais, après un premier tour remporté par la Présidente de Poitou Charentes- les trois leaders distancés Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Benoit Hamon se sont regroupés sous la houlette du maire de Lille. C’est donc une alliance « Tout sauf Ségolène » qui l’aurait emporté d’une courte tête.
LA RESERVE A CHOISIR UN PRESIDENTIABLE
A l’évidence, ce n’était pas seulement le choix du premier secrétaire qui était en jeu. La question non posée mais qui était sans cesse sous-jacente était de savoir quel serait le futur candidat du PS aux présidentielles. Les poids lourds du parti comme Laurent Fabius ou Dominique Strauss-Kahn s’opposaient à Ségolène Royal non pour le danger qu’elle pouvait représenter à l’appareil du parti mais parce que l’investir était se lier à l’avance dans le choix du présidentiable D’où la tendance pour évacuer le problème à vouloir détacher la question du gouvernement du parti de celle relative au choix du candidat à la présidentielle. Ce qui, à l’évidence est une absurdité : le titulaire du parti aura en effet vocation à être le candidat du PS à la présidentielle.
LE HEURT ENTRE LES APPARATCHIKS ET LES MILITANTS
L’état major traditionnel du parti est apparu dépassé. François Hollande n’a réussi aucune de ses manœuvres et il laisse après une décade de gouvernement le parti divisé. Faute de consensus, il n’a pas prononcé à Reims le discours de clôture qu’il avait préparé. On imagine aussi qu’il n’a pas été simple pour lui de voir son ancienne compagne le braver publiquement et les regards qu’échangeaient de temps à autre Ségolène Royal et François Hollande avaient quelque chose de pathétique.
Visiblement la base du parti s’est progressivement détachée de ses dirigeants et aspire à un profond renouvellement du mouvement mais le PS reste contrôlé par les apparatchiks tandis que Ségolène plus médiatique prenait racine dans les medias et les nouveaux militants.
L’ECHEC DE DELANOE
Le maire de Paris qui apparaissait comme le meilleur présidentiable du PS avant Reims est sorti affaibli de l épreuve. Sa motion est arrivée en troisième position et ses partisans étaient mêmes dans l’hésitation quant à l’attitude à adopter. Certains étaient prêts à entrer dans le front commun contre Ségolène et d’autres comme François Hollande. Le refusait dans un premier temps avant de s’y rallier.
Il faut dire que Bertrand Delanoë avait quelque peu agi à contretemps. Quelques semaines avant la crise financière, il se ralliait à un certain libéralisme alors que l’ébranlement de l’économie mondiale allait en montrer les limites. Dés lors, le maire de Paris désavoué par les militants, renonçait à être candidat.et déclarait "Je ne pose aucune revendication de pouvoir ou de personne», tout en insistant sans succès auprès de ses partenaires potentiels pour que le candidat commun soit issu de sa motion. C’est que la question des alliances était au centre des débats.
LA QUERELLE SUR LES ALLIANCES
Les adversaires de Ségolène Royal l’ont attaquée sur la question des alliances. « Je ne pense pas que cela soit sérieux de renvoyer à un entre-deux-tours présidentiel la question de savoir si oui ou non nous gagnerions avec le Modem à une élection nationale », estimait Benoit Hamon le leader de la gauche du parti. Et il attaquait la main tendue de Royal à François Bayrou entre les deux tours de la présidentielle de 2007. Sur ce point Ségolène Royal essayait de se dégager du piège en estimant sur TF1que cette question [de l'alliance avec le Modem « se posera dans le futur entre-deux tours de l'élection présidentielle, et franchement on en est loin." » Mais elle n’a pas réussi à convaincre. C’est sur sa gauche que la présidente de Poitou-Charentes a été débordée.
A GAUCHE TOUTES
La coalition gagnante du PS a misé sur le « Tout à gauche ».Le discours de Martine Aubry -qui pourtant gouverne la mairie de Lille avec le MODEM- avait des allures de lutte des classes et ressemblait aux propos tenus dans l’euphorie de la victoire de 1981.
Cet ancrage à gauche s’explique par la volonté d’exploiter les craintes qu’inspire à la population les difficultés du capitalisme. Il se justifie aussi par le souci que cause au PS le succès d’Olivier Besancenot. Il ne faut pas lui laisser le champ libre et il faut donc occuper le terrain qu’il est en voie de conquérir. Mais cet ancrage à gauche du PS est quelque peu incantatoire et ne s’accompagne d’aucun discours économique crédible.
ET MAINTENANT
Tout est à présent envisageable y compris une scission du Parti.
L’extrême gauche du PS avec Jean-Luc Mélenchon est déjà allée batifoler ailleurs.
Les centristes du parti peuvent être tentés de rejoindre le Modem.
Le grand désordre du Parti accélérera aussi les ralliements de grands anciens comme Claude Allègre ou Jack Lang à Nicolas Sarkozy.
Pour l’instant, c’est Dallas qui se joue au PS.
Charles Debbasch
vendredi, novembre 07, 2008
LUTTE DE SUCCESSION AU PS
LA LUTTE DE SUCCESSION AU PARTI SOCIALISTE
Depuis l’annonce du départ de François Hollande, le Parti socialiste vit une dure campagne de succession. Le Congrès du Parti devant se tenir du 14 au 16 novembre, les militants socialistes votaient cette semaine pour la motion de leur choix. Ségolène Royal a créé la surprise en arrivant en tête avec 29% des votes. Bertrand Delanoë et Martine Aubry sont au coude à coude pour la deuxième place avec autour de 25% chacun, Candidat de l'aile gauche du parti, Benoît Hamon est quatrième avec environ 19%. Les deux "petites" motions du pôle écologique et d'Utopia ont recueilli entre 1,5% et 2%.
Ce vote constitue un désaveu pour les poids lourds du parti. En effet, Bertrand Delanoë bénéficiait du soutien du Premier secrétaire sortant François Hollande, de Lionel Jospin, de Michel Rocard ainsi que de nombreux cadres. L'assise populaire de Ségolène Royal reste importante mais elle ne garantit pas son succès final puisque à présent des alliances vont se nouer entre les différents courants pour tenter de contrecarrer sa candidature.
La crise internationale actuelle incite le parti à se gauchir pour profiter des difficultés du libéralisme. Ainsi , Ségolène Royal est amenée à mettre au second plan sa volonté de nouer une alliance avec le Modem tandis que Bertrand Delanoë met un bémol à sa tentation libérale. Il s’agit de ne pas laisser d’espace libre à gauche au bulldozer Besancenot et d’adapter la doctrine du PS à la nouvelle société internationale.
Charles Debbasch
mardi, septembre 09, 2008
LE PARTI SOCIALISTE DEBOUSSOLE
LE PARTI SOCIALISTE DEBOUSSOLE
Laurent Fabius, interrogé sur RTL, a estimé que le Parti Socialiste est "malade" pour trois raisons, Selon lui, la direction est une "pétaudière", les propositions ne sont "pas assez crédibles", et le parti a besoin d'une "stratégie claire de gauche décomplexée.
Analysons les causes de cette maladie.
LE PS UNE PETAUDIERE
Après douze ans de gouvernement hollande, le Parti Socialiste est à la recherche d’un nouveau leader. Et on se bouscule au portillon parce que les compétiteurs savent que celui qui sera choisi aura de grandes chances d’être le porte-flambeau du PS lors des prochaines présidentielles.
A l’heure actuelle la description de Laurent Fabius est exacte puisqu’aucun courant majoritaire ne se dessine. Il y a à ce jour trois principaux postulants à la succession de François Hollande - Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et, Martine Aubry -. Ils oscillent entre un pic de 25% et un étiage de 20%.C’est dire que chacun est à la recherche d’alliances même contre nature et que cela fait désordre. Mais, cette pétaudière n’est pas inhabituelle. C’est sur une même base dispersée que François Mitterrand a rebâti le PS.
Nous sommes donc dans une situation transitoire les belligérants finiront bien par se découvrir un chef.
DES PROPOSITIONS PAS ASSEZ CREDIBLES
Sur ce point, Laurent Fabius est dans le vrai. Qui peut croire au tableau apocalyptique de la France qu’a dressé à La Rochelle François Hollande ? «Diplomatie brouillonne», «déclassement économique, social et moral», «manquements à la laïcité», «sanctuarisation des gros patrimoines», «paupérisation du service public», «mainmise de l'État sur les médias»… «Voilà la France, un an après l'élection de Nicolas Sarkozy : déclassée, divisée, désespérée»
Bigre ! On pouvait penser qu’après ce constat accablant François Hollande présenterait des propositions solides. Au lieu de cela, on ne trouve que des réflexions brouillonnes sur un nouvel Etat providence dont on voit mal la place dans la société internationale actuelle.
Le PS est à l’évidence en panne idéologique. Mais il l’est parce qu’il est à la recherche de son Nord.
UNE STRATEGIE CLAIRE DE GAUCHE DECOMPLEXEE
Ce Nord pour Laurent Fabius c’est un ancrage à gauche sans complexes. Mais sur ce point les violons du PS sont désaccordés. Ségolène Royal recherche l’alliance avec le centre, Bertrand Delanoë se proclame libéral et Dominique Strauss-Kahn incarne le courant réformateur.
Or tout se tient : comment le PS peut-il refaire son unité, afficher des positions crédibles s’il donne l’impression d’avoir perdu sa boussole ? C’est dire qu’il faudra encore beaucoup de travail au Parti Socialiste pour retrouver une crédibilité nationale.
Charles Debbasch
mercredi, juillet 09, 2008
SEGOLENE CAMBRIOLEE: C'EST LA FAUTE A SAEKOZY
C’EST LA FAUTE À SARKOZY
Je me suis réveillé la tête lourde, un peu groggy. Je n’étais pas dans un état normal. Je me suis bien gardé d’y voir une conséquence du dîner trop arrosé pris la veille en compagnie d’un ami dans une auberge alsacienne .Mais, je me suis tout de suite souvenu qu’au cours du repas j’avais critiqué la couleur de la chemise que portait le président Sarkozy lors de son entretien avec le président russe Medvedev .J’en ai tout de suite déduit que la police secrète de l’UMP avait du m’entendre et tenter de m’empoisonner.
Ce qui m’a conforté dans mon opinion c’est que lorsque j’ai rencontré ma secrétaire en arrivant au bureau, elle était toute bouleversée. Elle venait de rompre avec son fiancé. Alors qu’il refusait le soir de remplir son devoir conjugal au motif qu’il avait un travail urgent à faire sur son ordinateur, elle l’avait surpris en train de regarder les photos de Carla Sarkozy sur Internet ; C’était bien encore la faute de Sarkozy.
Mon voisin de bureau, quant à lui, avait une main bandée. Il était dans le hall de la gare Saint Lazare et, distrait par la vue d’un magazine people dont la une affichait le couple Sarkozy, il avait raté une marche et perdu l’équilibre. Une fois encore à cause de Sarkozy.
Ce qui m’a convaincu définitivement de cette culpabilité sarkozyenne, c’est Ségolène Royal elle-même. La malheureuse vient d’être cambriolée et elle a trouvé le coupable .elle a établi "un rapport" entre la "mise à sac" de son appartement et son accusation de "mainmise du clan Sarkozy sur la France"."J'observe que la semaine dernière, le lendemain où j'ai dit qu'il fallait mettre fin à la mainmise du clan Sarkozy sur la France, mon domicile a été mis à sac (...) Je fais un rapport entre les deux. ", a affirmé l'ex-candidate PS à l'élection présidentielle.
Un peu plus tard , les brumes de l’alcool se sont dissipées et j’ai retrouvé ma lucidité. J’ai appris que Ségolène Royal était la seule à ne pas s’être associée à l’élan de joie qui a entouré la libération d’Ingrid Betancourt. Et , au lieu d’incriminer Nicolas Sarkozy, je me suis dit que la prétendante au premier secrétariat du PS paraissait avoir quelque peu, perdu sa boussole.
Charles Debbasch
samedi, mai 17, 2008
LE PARTI SOCIALISTE PETAUDIERE OU ARMEE MEXICAINE
LE PARTI SOCIALISTE, PETAUDIERE OU ARMEE MEXICAINE ?
A six mois du Congrès du PS à Reims."Le PS se transforme en véritable pétaudière", a estimé le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang, a surenchéri : "l'inflation de candidatures au sein du Parti socialiste donne parfois le tournis. ‘’ Tous deux faisaient référence aux luttes internes qui se déroulent actuellement pour le contrôle du parti.
Ségolène Royal a clairement dévoilé son ambition : "Si les militants en décident ainsi et l'estiment utile pour le Parti socialiste, j'accepterai avec joie et détermination d'assumer cette belle mission de chef du parti".
Deux principaux courants s’opposent pour la désignation du premier secrétaire du Ps. Certains veulent dissocier ce choix de l’investiture d’un présidentiable D’autres, sans doute avec raison, estiment que la personne qui contrôlera le parti sera celle qui aura le plus de chances d’être choisie comme leader de la présidentielle.
Sur ce terrain Ségolène Royal est inquiète de voir un bulldozer défricher une voie impériale. Bertrand Delanoë, fort de son succès parisien, a mis en place une stratégie pour couper la route à la candidate de 2007. Et la mayonnaise prend. Selon un sondage IPSOS pour le Point, le maire de Paris devance Mme Royal de plus de 10 points parmi les "sympathisants" socialistes pour diriger le PS, avec 52% contre 40%, et de 14% pour être président de la République, Or l’exemple de Ségolène Royal l’a prouvé :si cette tendance dans les sondages se confirme Bertrand Delanoë aura toutes les chances de se voir choisi pour diriger le Parti ; A moins que la coalition des rivaux parmi lesquels on trouve Dominique Strauss-Kahn, Julien Dray, Laurent Fabius, Pierre Moscovici mais aussi Laurent Fabius, Manuel Valls, et François Hollande ne réussisse à imposer une solution peu probable d’intérim.
Et la doctrine dans tout ça ? Et le programme ? Ils sont balayés pour l’instant par le déferlement des ambitions.
Alors le PS une pétaudière ? Non, plutôt une armée mexicaine.
Charles Debbasch
mercredi, juin 20, 2007
L'EFFACEMENT DE LA VIE PRIVEE LE CAS HOLLANDE ROYAL
S’il fallait trouver un exemple de la fragilité de la cloison qui sépare la vie privée et la vie publique, le cas Hollande-Royal mériterait de figurer au premier rang.
La séparation du couple , annoncée au soir du second tour des élections législatives, démontre en effet que le parcours du PS lors de la dernière élection présidentielle ne peut pas être compris si l’on ne le restitue pas dans le contexte d’un couple qui traversait une crise grave
Au nom du respect de la vie privée, les journalistes ont du s’abstenir pendant toute la campagne de parler du divorce qui s’était produit entre François Hollande et Ségolène Royal. Or, cette rupture permettait de comprendre pourquoi ces deux personnages ne marchaient pas du même pas dans la campagne. La plus éclatante des contradictions s’était produite lorsque le premier secrétaire du PS annonçait une augmentation des impôts quand Ségolène Royal parlait de geler la fiscalité. Mais, c’est toute la tiédeur de l’appareil du Ps à soutenir Madame Royal qui peut aussi être mieux comprise. Au point que l’on peut se poser la question de savoir si François Hollande souhaitait vraiment la victoire de la candidate du PS.
A l’évidence, la rupture consommée entre les deux protagonistes de ce drame sentimental relevait de la vie publique et non de la vie privée.
On est alors amené à nuancer notre position traditionnelle sur l’interdiction pour la presse de parler de la vie privée. Elle devrait être révisée chaque fois que les événements de la vie privée débordent sur la vie publique.
Charles Debbasch
jeudi, mai 03, 2007
LE DUEL TELEVISE ROYAL-SARKOZY
Au terme d’une campagne présidentielle, le duel télévisé prend toujours une grande importance. Il est l’un des instruments de la démocratie directe qui permet aux électeurs de juger, de jauger les candidats. Le duel Royal -Sarkozy n’a pas échappé à la règle. Précédé par un torrent médiatique qui a fait monter la fièvre électorale, il a amené chacun des candidats à se révéler, à se dévoiler.
Ségolène Royal, souriante et fort à l’aise devant les cameras, a tenu dés le départ un discours politique électoraliste et ciblé. Recherchant les voix de toutes les catégories sociales, elle a fait de nombreuses promesses. Habile, elle a cherché à énerver son concurrent sans y parvenir. Elle a commis une première bévue en soutenant que les fonctionnaires femmes devraient être raccompagnées à la fin de leur service par un de leurs collègues…Quand le débat est venu sur le terrain de la scolarisation des enfants handicapés, elle a voulu manifester sa colère face au candidat de l’UMP mais elle y a ajouté une dose excessive de véhémence qui faisait penser plus à un habillage qu’à une émotion sincère.
Nicolas Sarkozy, tendu et trop technique au début du débat, a vite trouvé ses marques. Parfaitement maître de lui-même, au fait de tous les dossiers, il a tracé avec clarté ses options et ses choix.
Sur le fond, le débat n’a pas apporté de révélations majeures. Royal rêve à une sixième République dont on voit mal le sens tandis que Nicolas Sarkozy se contente de réformes institutionnelles limitées. Chacun des candidats veut réformer l’Etat.
A la mode socialiste pour Royal , avec plus de fonctionnaires. A la façon libérale pour Sarkozy, avec moins d’agents publics. Plus d’impôts pour Royal, moins de taxes pour Sarkozy.
Le débat s’est situé plus sur le terrain de la vie quotidienne que sur celui de la philosophie. Il n’empêche. Les enjeux sont clairs. Ségolène Royal se positionne sur l’horizon socialiste défini par François Hollande. Nicolas Sarkozy se place sur le terrain d’un libéralisme moderne et rénové.
Charles Debbasch
mercredi, avril 18, 2007
FIN DE CAMPAGNE PRESIDENTIELLE
Fin de campagne
C’est une fin de campagne morne et languissante à laquelle nous assistons.
Tout parait avoir été dit. Les candidats s’essoufflent à rassembler les électeurs qui ont toujours autant de mal à se déterminer. En ce printemps c’est l’automne de la présidentielle. Sans doute, la campagne a-t-elle commencé trop tôt .Mais plus sûrement c’est la période d’entre deux que nous connaissons qui explique la morne plaine que nous traversons.
La France est à la veille de grandes mutations mais ni les candidats, ni les électeurs n’ont le courage de voir cette réalité en face.
Alors faute de proposer le règlement des vrais problèmes, chacun s’accorde à disserter de l’ancien. La fonction publique et pléthorique et inadaptée mais qui peut avoir le courage de le dire au risque de perdre des millions de voix ? Le système d’assistanat généralisé ruine l’économie française mais qui osera se priver des suffrages des assistés ? L’école a besoin d’une révolution mais qui peut penser porter atteinte à la corporation des enseignants en période électorale ?
Les vrais débats étant esquivés, il reste alors à servir la même potion. Droite et gauche s’affrontent dans le désordre crée par des candidatures de témoignage. Le classicisme ce serait le duo probable en tête Sarkozy Royal. La surprise serait l’émergence de Bayrou.
Charles Debbasch
lundi, avril 02, 2007
PRESIDENTIELLE:LE RETOUR DES PARTIS
La campagne présidentielle avait, à ses débuts, des velléités innovatrices. Ségolène Royal paraissait se présenter en candidate libre de toute allégeance partisane. Nicolas Sarkozy cherchait ses références chez Jaurès. On ne reconnaissait plus les traditionnels clivages partisans.
Voici qu’à présent, dans la dernière ligne droite, le débat revient au traditionnel combat droite gauche. Ségolène Royal fait désormais meeting commun avec le leader du PS, François Hollande, tandis que Nicolas Sarkozy durcit son discours et se fait le champion de l’ordre et de la lutte contre l’immigration. Du coup, François Bayrou, pris en sandwich entre les deux camps, se trouve compressé dans une espace politique de plus en plus étroit.
L’explication de cette évolution est simple. Elle repose, tout d’abord, sur la nécessite pour les candidats pour réussir leur campagne de s’appuyer sur un appareil politique puissant. Or, les partis sont plus représentatifs de l’état actuel de la société politique que de son avenir. Le conservatisme de la société française explique aussi cette évolution. Les Français sont avides de changement mais aussi prisonniers de leurs habitudes électorales. Ils préfèrent l’existant au saut dans l’inconnu.
Il n’y a pas eu dans cette campagne l’émergence d’un homme nouveau susceptible de transcender les clivages actuels. François Bayrou a un instant occupé cet espace d’innovation .Mais il était trop lié à l’ancien système pour pouvoir le transcender et aussi, sans doute, la société française n’était pas encore mure pour un grand changement. Ce sera une des responsabilités majeures du futur Président de tracer les routes de la grande mutation politique dont la France a besoin.
Charles Debbasch
mercredi, mars 21, 2007
LES DOUZE DE LA PRESIDENTIELLE
La démocratie repose sur deux exigences contradictoires. La justice qui impose que tous les courants de pensée puissent influencer le processus de décision. L’efficacité qui suppose que les acteurs politiques soient appelés à se rassembler pour qu’un pouvoir solide et stable émerge.
Les conditions de la candidature à l’élection présidentielle cherchent à concilier ces deux exigences. Tous les candidats à la présidentielle sont traités de façon rigoureusement égale. Mais, pour être candidat, il faut disposer au moins de cinq cents signatures d’élus dans 30 départements.
On est étonné que pendant la pré campagne la démagogie ait conduit à considérer que cette exigence était trop restrictive. Car, au bout du compte, nous voici avec douze candidatures validées par le Conseil Constitutionnel. Quatre candidatures d’extrême gauche :Olivier Besancenot (Ligue communiste révolutionnaire), Arlette Laguiller (Lutte ouvrière) Gérard Schivardi (Parti des travailleurs), José Bové (altermondialiste) .. Un communiste Marie-George Buffet (Parti communiste). Un écologiste Dominique Voynet (Verts). Un socialiste Ségolène Royal (Parti socialiste). Et en allant du centre à l’extrême droite, François Bayrou (UDF), Nicolas Sarkozy (UMP Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), Frédéric Nihous (Chasse, Pêche, Nature et Traditions), Jean-Marie Le Pen (Front national),
On peut remarquer que si le nombre de candidats est inférieur à celui de 2002 (16), il est supérieur à ceux de 1995 (9), 1988 (9), et 1981 (10). Il y avait eu 12 candidats en 1974, sept en 1969 et six en 1965.
Tous ceux qui craignaient de voir se restreindre le nombre de candidats vont peut être à présent se plaindre que toutes les personnes qui briguent le mandat présidentiel disposent de l'aide financière de l'Etat et de l'accès aux moyens de communication», L'égalité des temps de parole entre les candidats est en effet la règle sur les chaînes de télévision et les radios.
On pourra alors s’étonner que trois candidats trotskystes, aux audiences infinitésimales dans l’opinion, cumulent au bénéfice de leur tendance trois fois plus de temps de parole que chacun des grands candidats.
On dit que l’élection doit être une photographie de l’opinion. La campagne télévisée va ressembler plutôt aux miroirs des foires qui déforment de façon ridicule telle ou telle autre partie du corps…électoral.
Charles Debbasch
vendredi, mars 16, 2007
LES TROIS PRESIDENTIABLES ET LES PARTIS
La situation des trois principaux candidats par rapport aux formations politiques est assez différente
Nicolas Sarkozy a une position claire. Président de l’UMP, il a été investi par cette formation qu’il contrôle parfaitement .Il bénéficie ainsi d’une puissante structure de soutien.
La position de Ségolène Royal est plus délicate. Elle vient de l’avouer elle-même en déclarant. « J'ai eu beaucoup de liberté dans le débat interne. J'ai été moins libre parce que je suis appuyée par une organisation politique. [...] Je suis dans la dernière ligne droite. Je reprends toute ma liberté. » En d’autres termes, sa campagne a connu trois phases. Dans la première étape de gestation de sa candidature -celle qui a le mieux fonctionné-, elle s’est considérée comme libre par rapport au PS. Investie ensuite par ce parti, elle est devenue la prisonnière de ses éléphants. Ce rétrécissement lui a nui dans l’opinion : voilà pourquoi, elle tente à présent de retrouver sa liberté. Mais, il n’est pas sur que cette politique d’aller et retour ne désoriente pas l’opinion
François Bayrou, même s’il est le président de l’Udf, présente sa candidature comme transcendant les courants politiques. Il souhaite briser le clivage droite gauche et donc faire explose le système bipartisan actuel.
Le problème est qu’il y a un après élections. La position qui est la plus confortable pour être élu –ne pas être enfermé dans un parti –est aussi la plus inconfortable pour gouverner après l’élection. Des trois candidats Nicolas Sarkozy est le seul qui, s’il était élu, disposerait d’une majorité parlementaire. Les deux autres candidats devraient obligatoirement dissoudre après leur éventuelle victoire. Une dissolution Royal nous placerait dans un affrontement classique droite gauche. François Bayrou tenterait pour sa part de dynamiter les clivages actuels. Mais,les partis ont la peau dure et il est probable que , dans un laps de temps aussi court, le seul résultat serait l’implosion de l’UMP et des ralliements individuels qui amorceraient l’éventuelle recomposition.
Si les partis ne font pas toujours la loi, il n’en existe pas moins une implacable loi des partis.
Charles Debbasch
mardi, février 20, 2007
BAYROU LE TROISIEME HOMME DE LA PRESIDENTIELLLE
DE LA PRESIDENTIELLE
François Bayrou est à l’évidence le troisième «homme » -Ségolène Royal nous pardonnera de la masculiniser ainsi.-de la compétition présidentielle Il progresse constamment dans les sondages et une étude récente montre que s’il parvenait à franchir e cap du second tour il battrait aussi bien Royal que Sarkozy
Cette envolée est due sans conteste aux qualités personnelles du candidat à sa foi, à sa force de conviction. Elle est aussi l’expression de tendances plus profondes.
Depuis le début de la cinquième République, la bipolarisation de la vie politique est plus subie qu’acceptée par l’électorat. Celui-ci ressent que le clivage droite gauche et le manichéisme qu’il entraîne ne correspondent pas aux exigences de la société française. Et il est vrai qu’il est largement obsolète. Les facteurs traditionnels de division entre la droite et la gauche sont brouillés. Il suffit de remarquer, par exemple, que la droite défend les avancées sociales et que la gauche s’est ralliée à la promotion du secteur privé. L’opposition droite gauche apparaît donc comme la défense d’une situation dépassée par ceux qui sont installés dans le confort de leurs camps respectifs. François Bayrou situé au point des convergences recueille de ce fait naturellement les effets bénéfiques de ce courant consensuel .Et cela d'autant plus fortement que Ségolène Royal rattrapée par les éléphants du PS abandonne son image consensuelle et s’arc-boute sur le socialisme pur et dur.
Mais, pour transformer son essai, le patron de l’UDF doit vaincre des pesanteurs vivaces. Le système électoral législatif favorise la bipolarisation. Les députés centristes s’ils ne veulent pas être laminés aux élections doivent bénéficier d’alliances politiques à droite. Ce rouleau compresseur électoral a broyé naguère Lecanuet. Il a contrecarré le giscardisme. Il freine les volontés émancipatrices de l’UDF.
Une surprise est cependant toujours possible. S’il parvenait au second tout, Bayrou pourrait lancer un grand rassemblement centriste pour répondre à l’attente conciliatrice de l’électorat.
Charles Debbasch
lundi, février 19, 2007
PRESIDENTIELLE ET DEMOCRATIE DIRECTE
Alors que la campagne présidentielle officielle n’a pas encore débuté, des modifications majeures sont apparues dans le style et dans le fond de la compétition Elles marquent, d’ores et déjà, une nouvelle étape dans l’évolution démocratique française.
La première mutation concerne les organes de médiation entre l’opinion publique et les candidats. Cette médiation était, jusqu’ici, l’œuvre quasi exclusive des journalistes qui jugeaient ou jaugeaient les attentes des électeurs et les réponses des politiques. Progressivement, les journalistes sont en voie de perdre ce monopole. Ils souffrent d’un manque de crédit. Ils sont jugés pas assez indépendants et on leur reproche de confondre trop souvent leur opinion personnelle et la relation des faits. L’irruption de l’internet permet aujourd’hui aux groupes organisés comme aux simples citoyens d’intervenir dans le débat et de faire valoir leur opinion. Ce journalisme citoyen révolutionne la campagne. Il interpelle les candidats aussi bien que les organes d’information.
Un deuxième phénomène illustre les mutations. Le besoin que ressentent les candidats de recueillir directement les souhaits des citoyens ; Segolène Royal a cherché à travers ses débats participatifs à moissonner les desiderata des électeurs .Quant à Nicolas Sarkozy, il est allé au-devant des divers groupes sociaux pour en tirer la substantifique moelle. TF1 ne se contente plus de faire interroger les candidats par des journalistes mais fait appel à un panel d’électeurs. Les sondages eux-mêmes se sont affinés : ils scrutent les attentes avec précision et rigueur.
Une sorte de démocratie directe parait remplacer la démocratie participative.
Il n’est pas certain que cette évolution n’ait que des conséquences positives.
L’addition des vœux contradictoires de l’opinion ne constitue pas une politique. La société française a besoin de réformes de structures qui heurtent les intérêts alors que la photographie de l’opinion est conservatrice. Les politiques qui se calent sur les revendications des groupes sociaux se verront demain reprocher de n’avoir pas été assez audacieux et de ne pas avoir crié haut et fort que le système de sécurité sociale, le régime des retraites, l’éducation nationale vont droit dans le mur si des réformes drastiques ne sont pas initiées le plus vite possible.
Il est vrai que l’homme politique qui annoncerait toutes ces réformes mécontenterait tellement de catégories sociales qu’il aurait peu de chances d’être élu. Il restera alors demain au futur président à ouvrir avec les citoyens le débat de la nécessaire réforme que la campagne électorale n’aura pas permis d’aborder.
Charles Debbasch
lundi, février 12, 2007
SEGOLENE ROYAL RETROUVE LE PS
En dévoilant son programme ce 11 février 2007, Ségolène Royal a, comme l’annonçaient déjà ses dernières prises de position, revêtu les couleurs du socialisme .Sa tenue vestimentaire rose renforçait son choix à l’image Ainsi, s’ouvre la nouvelle phase de la candidature Royal.
Pour s’imposer dans la pré campagne aux éléphants du PS, Ségolène Royal s’était appuyée sur l’opinion publique contre l’appareil de son parti .Pour ce faire, elle avait tenu un discours vague, attrape-tout, destiné à séduire la plus large partie de l’opinion. Elle avait ainsi triomphé des éléphants du PS. Mais, ceux-ci ont bien vite retrouvé la puissance de leurs défenses. Dans le dur match présidentiel, la candidate Royal est apparue trop faible et peu expérimentée. Elle a accumulé des bévues qui l’ont fragilisée. Par ailleurs, la multiplication des candidatures à gauche lui faisait courir le risque majeur d’un émiettement des voix susceptible de l’écarter du second tour de la présidentielle. Il fallait donc remobiliser l’électorat de gauche.
Le discours de Villepinte sonne le retour au classicisme : la candidate Royal est rentrée dans le rang. Elle est désormais la représentante du peuple de gauche et ses 100 propositions rappellent les 110 mesures du candidat Mitterrand. Le catalogue est classique et peu innovateur : La priorité sera donnée au social avec l’abrogation du CNE, la revalorisation immédiate des petites retraites, le smic à 1 500 euros "le plus tôt possible dans la législature", une conférence nationale sur les salaires dès 2007. La candidate cible la "vie chère", et les tarifs bancaires excessifs. Elle insiste sur le droit au logement, souhaite promouvoir les services publics. Tout ceci est d’un classicisme de gauche bon teint.
Le bilan électoral de ce discours sera contrasté. S’il va contribuer à ressouder le PS autour de Ségolène Royal, il va également écarter les électeurs qui recherchaient chez la présidente de Poitou- Charente un vent nouveau loin des clivages politiques traditionnels. La candidate était trop fragile pour porter sur ses seules épaules le poids de la campagne. La voici à présent sur le dos des éléphants qui la conduiront vers leurs sentiers traditionnels.
Charles Debbasch