PHILIPPE SEGUIN L’UNIVERSITAIRE :UN DES PLUS BRILLANTS ETUDIANTS D’AIX-EN-PROVENCE
C’est sans aucun doute l’un des plus grands privilèges de la condition enseignante ; voir éclore des talents dans la fleur de l’âge, les aider à s’épanouir puis, ce qui est plus rarement le cas, les suivre dans leur vie professionnelle .
C’est ma carrière à la Faculté de droit et à l’institut d’études politiques d’Aix-en- Provence qui me permet d’avoir un premier contact dans les années 1966-67 avec le jeune Philippe Seguin.
Le futur magistrat de la Cour des Comptes est alors un ‘’petit‘’pigiste au Provençal de Gaston Defferre et suit à ce titre les activités universitaires. Il me fait part de ses préoccupations. Il poursuit des études littéraires mais souhaite présenter le concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’administration il lui faut donc acquérir un minimum de bases juridiques .
Je lui conseille de s’inscrire à l’Institut d’études politiques d’Aix qui est une excellente passerelle généraliste. Timide , il m’aborde avec un sourire pénétrant et me demande à lui apprendre à affronter les épreuves d’exposé discussion qui sont parmi les plus redoutées des compétitions dans les IEP ou les épreuves de classement de l’ENA. Il me surprend parce qu’il parait avoir déjà tout appris et tout compris .
Il fait partie de ces étudiants qui sont déjà les maîtres de leurs propres professeurs. Mais, le candidat est modeste. Il travaille comme un bulldozer et avale les livres tout en ayant une vie sociale active. Il ne fait pas partie de ces enfants gâtés du septième ou du seizième arrondissement de Paris qui reçoivent dés leur berceau l’ENA en don naturel. Il est un fils de la République, pupille de la Nation, qui a besoin d’être aimé, qui recherche la considération sociale. Il défie le temps à grandes enjambées.
Le voilà reçu à l’ENA alors que j’y officie en qualité de membre des jurys en 1968 et 1969.Nous nous retrouvons parfois pour discuter je suis alors membre du Cabinet d’Edgar Faure qui est considéré comme le diable par la droite universitaire. Philippe Seguin est, comme moi ,perturbé par le mai 1968. Profondément gaulliste, il n’admet pas le nihilisme de la contestation mais sa fibre sociale l’incline à ne pas jeter la pierre aux étudiants et aux ouvriers en colère. Il sort de l’ENA en 1970 dans un rang brillant qui lui permet d’entrer à la Cour des Comptes et je n’aurai heureusement pas à le noter :je viens d’être élu doyen de la Faculté d’Aix-en- Provence et n’ai plus le temps de participer aux jurys de la Rue des Saints Pères. Fréquemment, je vais voir débouler dans mon bureau de président d’Université à Aix le jeune énarque dont la belle famille réside dans le Midi.
C’est une époque agitée dans la vie universitaire de la Cité du Roi René. A la défaveur des découpages universitaires, la Faculté de droit et l’IEP d’Aix ont été englobés dans une Université médicale dont les grands patrons ne comprennent pas grand chose aux sciences économiques et sociales. Nous conduisons alors un grand combat pour la création d’une troisième Université dans la région marseillaise. La lutte est âpre car Gaston Deferre a comme rival le maire socialiste d’Aix Félix Ciccolini et il veut garder le siège de toutes les Universités à Marseille.C’est en 1974 un décret signé Gerge Pompidou qui crée U3.
..La grande histoire retiendra que c’est un jeune conseiller du président de la République qui l’a convaincu. Il s’appelle Philippe Seguin.
L’attachement de Seguin à son Université d’Aix ne se démentira jamais. Il y enseignera à plusieurs reprises et encore à sa mort il présidait le Conseil d’administration de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en- Provence.
Il y avait beaucoup de fidélité dans ce grand homme.
Charles Debbasch
Doyen honoraire
Président honoraire de l’Université de Droit, d’Economie et des Sciences d’Aix-Marseille
jeudi, janvier 07, 2010
PHILIPPE SEGUIN L'UNIVERSITAIRE
mercredi, janvier 06, 2010
DES PRECAUTIONS SANS PRINCIPE:LA GRIPPE A
DES PRECAUTIONS SANS PRINCIPE : A PROPOS DU VACCIN DE LA GRIPPE A
Pour se prémunir contre le risque d’une pandémie due au virus de la grippe A(H1N1), la France a acheté 94 millions de doses de vaccins soit 10% des vaccins du monde. La campagne de vaccination et de prévention contre la grippe A aurait coûté près de 2 milliards d'euros, alors que seulement 5 millions de Français ont été vaccinés. Aujourd’hui, il apparait que le risque a été surévalué. Parce que la pandémie n’a pas été aussi sévère que l’on pouvait le craindre. Parce que la population a été réticente devant un jeune vaccin aux effets secondaires méconnus. Parce qu’à l’usage il est apparu qu’une seule dose de vaccin était suffisante alors que l’on avait imaginé que deux seraient nécessaires.
On se trouve donc aujourd’hui devant un stock excessif de vaccins et la France cherche à annuler ma commande de 50 millions de doses de vaccin. Et la polémique alors de naître et de se développer.
LA POLEMIQUE
Le PS et le Nouveau Centre ont demandé une commission d'enquête parlementaire sur la campagne de vaccination. Le socialiste Pierre Moscovici estime que l'achat massif de vaccins est un dérapage "On a acheté trop de vaccins, cela profite à l'industrie pharmaceutique de façon assez éhontée, cela a un coût pour les finances publiques, de un à 2 milliards d'euros, alors que celles-ci sont quand même dans une situation extrêmement difficile…Nous avons sur-réagi, dans des conditions économiques imprévoyantes et des conditions de finances publiques aberrantes", a également jugé Pierre Moscovici. Le professeur Bernard Debré a souligné : "Le coût est plus que le déficit de tous les hôpitaux français, trois fois le plan cancer, il fallait peut-être un peu plus de prudence".
En revanche, William Dab, ancien directeur général de la santé, estime dans un entretien au Monde que la question du surplus est "une mauvaise querelle". "Au moment de la commande, en juin-juillet, il était assez logique de se mettre en position de pouvoir vacciner toute la population, partant sur l'hypothèse de deux doses nécessaires à une bonne efficacité", affirme-t-il.
"N'importe quel ministre aurait pris cette décision, étant donné la grande incertitude dans laquelle nous étions à l'époque…La seule chose constante avec le virus de la grippe est son imprévisibilité".
LE PRINCIPE DE PRECAUTION
Toutes les critiques émises se situent dans le contexte actuel : la grippe A n’a pas beaucoup sévi. On peut estimer que si la situation avait été inverse et si le gouvernement n’avait pas pris de mesures adéquates, la critique se serait portée sur l’imprévoyance gouvernementale. Il y a donc quelque mauvaise foi à critiquer a posteriori une décision qui a été prise au vu d’un constat sanitaire effectué par l’OMS et dont le gouvernement ne pouvait pas ne pas tenir compte.et rapprochons cette affaire de tous les cas où il a été reproché aux autorités de ne pas avoir pris de précautions sanitaires suffisantes comme pour l’affaire du sang contaminé ou de la canicule.
Il n’en demeure pas moins que le dossier de la grippe A démontre que nous avons atteint les limites du principe de précaution. Les citoyens veulent être protégés contre tous les risques sociaux y compris ceux qui sont imprévisibles. Ceci fait peser sur les responsables une pression excessive car aucun pouvoir ne peut protéger la population contre tout et n’importe quoi. Plutôt que de principe de précaution, il faut parler de précautions sans principe.
Il faut en revenir à un principe simple. L’existence est un risque et l’Etat ne peut être l’assureur des risques imprévisibles. On ne peut faire supporter aux responsables le poids d’une société qui aurait perdu tout sens de la responsabilité.
Charles Debbasch
lundi, janvier 04, 2010
SARKOZY:REVEILLER LA FRATERNITE FRANCAISE?
SARKOZY : REVEILLER LA FRATERNITE FRANCAISE
En ce 31 décembre 2009, au moment de présenter ses vœux aux Français Nicolas Sarkozy devait sans aucun doute s’interroger.
Comment expliquer qu’alors que grâce à la politique qu’il conduit , avec l’assistance de son gouvernement et de sa majorité , la France bénéficie d’une situation meilleure que ses principaux voisins, le sentiment des Français soit aussi négatif à son égard ?
Comment comprendre qu’en ce temps de mi-mandat le temps soit déjà venu du lynchage médiatique ?
Comment justifier cette sorte de descente aux enfers ?
Car il faut reconnaitre que le bilan présenté par le Président est largement positif.
Grâce à l’intervention économique de l’Etat le choc de la crise économique mondiale a été moins rude qu’on ne pouvait le craindre : ‘’notre pays a été moins éprouvé que beaucoup d’autres. Nous le devons à notre modèle social qui a amorti le choc, aux mesures énergiques qui ont été prises pour soutenir l’activité et surtout pour que personne ne reste sur le bord du chemin.’’
La France a apporté une contribution décisive à la construction d’une nouvelle société internationale. Le G20 dessine les contours d’une nouvelle organisation du monde. Dans son cadre ont été résolus des problèmes qui minaient les économies comme les paradis fiscaux ou les bonus excessifs. Le sommet de Copenhague , malgré ses insuffisances, a permis de faire prendre par tous les Etats des engagements chiffrés de lutte contre le réchauffement climatique et a décidé d’une assistance financière pour les pays pauvres qui sera assurée par la taxation de la spéculation financière. Grâce à l’action de la France et à l’obstination de Nicolas Sarkozy, l’Europe s’est enfin dotée d’institutions adaptées et efficaces.
La modernisation de notre fiscalité est en route : elle sera plus favorable au travail et à l’investissement grâce à la réforme de la taxe professionnelle.
Dans l’éducation, malgré les résistances, des transformations considérées naguère comme inenvisageables sont en voie d’entrer en application. La réforme des lycées, l’autonomie des universités et la modernisation de la formation professionnelle constituent des progrès incontestables.
Depuis des lustres on dénonçait un système d’aide au chômage qui n’incitait pas à sortir de la précarité. L’heureuse réforme du RSA encourage la reprise d’activité.
La réforme des services publics pour les adapter la nouvelle société française est en cours notamment dans les hôpitaux et dans la justice. La modernisation de notre univers territorial est en cours.
Qui pouvait faire mieux en ces temps difficiles semble affirmer le chef de l’Etat ?
Et d’insister encore sur la protection des auteurs grâce à la loi Hadopi ou sur le Grenelle de l’environnement qui, malgré la censure du Conseil constitutionnel sur la taxe carbone, verra son cap maintenu.
Les explications du scrdit passager ne manquent pas.
Les crises économiques sont toujours défavorables aux gouvernements en place. Les réformes de structure parce qu’elles dérangent les habitudes avant de commencer à produire des effets positifs sont toujours délicates à mettre en œuvre. Ceci ne peut être contesté
Mais il faut aussi se demander lorsque l’on gouverne non pas si on pouvait faire mieux mais si on pouvait faire autrement. Et c’est dans ce domaine que des progrès doivent être faits pour retrouver la confiance.
Trop de réformes sont engagées dans la précipitation sans que toutes les conséquences en aient été examinées. Par exemple, même si l’on estime excessive la censure du Conseil constitutionnel sur la taxe carbone, elle était prévisible et aurait donc du être évitée.
Et que dire du débat sur l’identité nationale justifié mais mal encadré et dirigé surtout vers l’exclusion plutôt que sur l’inclusion.
Comment justifier cette boulimie fiscale d’un gouvernement libéral qui se transforme en un pécheur dont les mailles du filet se resserrent chaque jour allant jusqu’à utiliser des munitions interdites comme le recel de vol.
L’addition des interdits sociaux, l’inflation législative et réglementaire donnent aux Français le sentiment qu’ils sont emprisonnés dans un carcan de plus en plus répressif alors qu’ils aspirent à une société de liberté.
Le pouvoir doit savoir se garder de la boulimie interventionniste et laisser aux Français une plus grande liberté de détermination.
Cela n’exclue pas que nous sachions aussi redonner ‘’ un sens au beau mot de fraternité qui est inscrit dans notre devise républicaine. ‘’ comme l’a justement exprimé le président Sarkozy.
Charles Debbasch
samedi, décembre 26, 2009
LA NOSTALGIE DE L'ENFANCE
La NOSTALGIE DE L’ENFANCE
En Grande-Bretagne -des chercheurs assurent que la plupart des parents passent en moyenne 2 heures et 34 minutes par semaine à jouer avec les jouets de leurs enfants.
Une étude menée sur 2.000 adultes montre que ces derniers s'amusent quotidiennement avec les poupées, les voitures miniatures et les petites figurines pendant environ 22 minutes. Le temps passé à cette activité représente 5 jours par an. Un parent sur cinq aurait admis ramasser les jouets de ses enfants dans le but de se distraire. Les jeux privilégiés à cette occasion seraient les Legos pour 50% d'entre eux, les jeux et les puzzles à 47%, et 25% pour la peinture.
Les chercheurs auraient pu pousser leur étude plus loin et découvrir que la plupart des adultes rêvent de retomber dans leur petite enfance : retrouver le sein maternel, rechercher la chaleur et la tendresse de la gestation.
L’enfant passe son temps à se rêver adulte.
L’adulte a la nostalgie de l’enfance.
Le fil de la vie nous ramène progressivement aux origines de l’espèce.
Charles Debbasch
dimanche, décembre 20, 2009
COPENHAGUE:POURQUOI IL FAUT ETRE OPTIMISTE
COPENHAGUE : POURQUOI IL FAUT ETRE OPTIMISTE
Le bilan en demi-teinte du grand show de Copenhague provoque des réactions contrastées. Pour les uns, la réunion s’est soldée par un échec pour les autres les jalons d’une politique du climat ont été posés.
DES RESPONSABLES DE POIDS
Les naïfs avaient pu croire que la présence de 193 pays soutenus par l’opinion mondiale allait permettre d’imposer une poltique écologique ferme aux grandes puissances.C’était une illusion. On n’efface pas d’un trait de plume écologique les dominants de la société internationale et c’est un duo Chine-USA qui a dicté la solution finale.
LE CONTENU DE L’ACCORD
L'accord de Copenhague contre le réchauffement climatique, validé samedi par la conférence des Nations unies, entend limiter le réchauffement à 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. .Par ailleurs un fonds est crée doté au terme de 2020 de 100 milliards de dollars par an pour aider les pays pauvres à lutter contre les conséquences du réchauffement climatique.
LES FAIBLESSES DE L’ACCORD
La déclaration de Copenhague ne mentionne aucun objectif chiffré à l'horizon .Il ne comporte pas davantage de calendrier pour la signature d'un traité juridiquement contraignant.
Par ailleurs, il n’a pas été possible de créer une instance internationale chargée de vérifier la mise en œuvre des objectifs fixés. Il va donc falloir compter uniquement sur la bonne volonté, des 193 pays, qui se sont engagés à adapter leur législation nationale pour la rendre conforme aux engagements pris.
CE QU’IL FAUT EN PENSER
Les maximalistes de l’écologie n’ont pas manqué de dénoncer l’attitude des Etats. Pour Greenpeace : "Cette déclaration ne vaut pas la feuille de papier sur laquelle elle est écrite. Et les coupables le savent bien, qui se sont vite enfuis en avion, chez eux, la honte au front», En revanche, Ban Ki- moon, le secrétaire général des Nations Unies, a déclaré avec mesure :"Ce n'est peut-être pas tout ce que nous espérions, mais cette décision de la conférence des parties est une étape essentielle",
Le bilan de Copenhague est en effet globalement positif. C’était sans doute une illusion de penser que, du jour au lendemain, les Etats industriels pollueurs accepteraient de se faire hara-kiri. Mais en revanche, il est fondamental de constater que, pour la première fois, le problème du réchauffement climatique a été clairement posé par tous.
Il faut désormais compter sur la pression de l’opinion publique pour contraindre les gouvernements à prendre les mesures adéquates. Copenhague est une première étape nécessaire. On peut décerner aux Etats participants les encouragements…..à mieux faire dans un avenir proche.
Charles Debbasch
dimanche, décembre 13, 2009
RAPATRIES FORCES: BAMBERSKI ET LES EVADES FISCAUX
RAPATRIES FORCES : BAMBERSKI ET LES EVADES FISCAUX
Le 18 octobre 2009, le cardiologue allemand Dieter Krombach a été retrouvé dans une rue de Mulhouse. Quand il a été découvert, il était blessé à la tête, bâillonné et ligoté. Quelques heures auparavant il avait été enlevé près du lac de Constance, non loin de la frontière autrichienne. Il était depuis longtemps recherché par la justice française dans l’affaire de Kalinka Bamberski. Celle-ci avait été retrouvée morte en juillet 1982 au domicile de son beau-père Dieter Krombach .mais la justice allemande avait estimé que ce dernier n’était pas coupable. En revanche, la justice française l’avait condamne, par contumace à quinze ans de réclusion criminelle pour homicide involontaire et avait lancé un mandat d’arrêt international contre lui. Mais, réfugié dans son pays, l’Allemagne, il ne pouvait être extradé. Voilà pourquoi des hommes de mains sont allés le kidnapper la bas pour lui faire franchir par la force une frontière qu’il ne voulait pas passer volontairement. Le père de Kalinka est soupçonné d’avoir organisé ce rapatriement forcé qui a permis l’incarcération en France de Krombach en attendant son jugement.
A l’évidence une redoutable question se posera à la justice. L’acte évidemment illégal d’enlèvement forcé et de rapatriement par la force ne vicie-t-il pas toute la procédure ?
Dans sa lutte légitime contre la fraude fiscale, le gouvernement souhaite obliger les ressortissants français qui détiennent des avoirs dans les banques étrangères à les rapatrier dans leur pays.
Le ministre du budget a affirmé qu’il détient une liste de 3000 Français en infraction et il leur a demandé de régulariser leur situation en les menaçant de poursuites. Voici que l’on apprend qu’une grande partie de la liste dont se prévaut le ministre a été dérobée par un homme, employé par la banque HSBC, à Genève grâce à un piratage informatique, des bases de données de clients de différentes banques suisses. En d’autres termes , c’est grâce à un acte délictueux que le fisc français veut obliger certains Français à rapatrier leurs avoirs en France posant le même problème que dans l’affaire Bamberski. Le délit qui est à l’origine de l’action fiscale n’est-il pas une cause d’annulation de toutes les poursuites qui seront diligentées sur la base de la liste dérobée ?
En droit, la fin ne justifie pas les moyens et une cause juste n’autorise pas le recours à des actes illégaux. Voilà en quoi se rejoignent l’affaire Bamberski et celle des évadés fiscaux.
Charles Debbasch
vendredi, décembre 11, 2009
BARACK OBAMA A OSLO: GUERRE ET PAIX AU 21E SIECLE
BARACK OBAMA A OSLO : GUERRE ET PAIX AU 21E SIECLE
Le président américain présent à Oslo pour recevoir le prix Nobel de la paix se trouvait dans une situation quelque peu paradoxale puis qu’il vient de décider d’envoyer 30.000 soldats supplémentaires pour poursuivre la guerre en Afghanistan. Sachant qu’il était attendu sur ce point, Barack Obama n’a pas esquivé le problème."Nous sommes en guerre, et je suis responsable du déploiement de milliers de jeunes Américains partis se battre dans une terre lointaine. Certains tueront, d'autres seront tués. Alors je viens ici avec le sens aigu du coût d'un conflit armé, plein de questions difficiles sur les rapports entre guerre et paix, et nos efforts pour remplacer l'une par l'autre."
Pour le président américain, plusieurs raisons peuvent justifier le recours à la guerre.
Il y a d’abord le mal qui existe dans le monde "Nous devons repenser les notions de guerre juste et les impératifs d'une paix juste. (...) Nous devons commencer à admettre la dure réalité: nous n'éradiquerons pas le conflit violent de notre vivant. Il y aura des moments où les pays, agissant individuellement ou de concert, considéreront que l'usage de la force est non seulement nécessaire mais moralement justifié."
L’existence des moyens de faire la guerre permet de prévenir les conflits. "Quelles que soient nos erreurs, les faits sont là: les Etats-Unis d'Amérique ont aidé à garantir la sécurité du monde pendant plus de six décennies avec le sang de nos citoyens et la force de nos armes. Alors oui, les instruments de la guerre ont un rôle à jouer dans la protection de la paix. » »
La force peut être également justifiée par des raisons humanitaires." L'inaction déchire notre conscience et peut mener à une intervention ultérieure plus coûteuse. C'est pourquoi tous les pays responsables doivent reconnaître le rôle que peut jouer l'armée dotée d'un mandat précis pour protéger la paix."
Mais ,après avoir justifié la guerre, le président Obama s’est attaché à définir les conditions d’une paix universelle. La paix n'est pas seulement l'absence de conflit visible. Seule une paix juste fondée sur les droits inaliénables et la dignité de chaque individu est vraiment durable.’’ Une paix juste ne suppose pas seulement des droits civiques et politiques, elle doit inclure la sécurité économique et des débouchés."
Il convient également de pourchasser les régimes autoritaires.’ Aucun régime répressif ne peut être mis sur une nouvelle voie si aucune porte ne lui est ouverte (...) Nous devons faire de notre mieux pour trouver un équilibre entre isolement et dialogue, pression et incitation, afin de faire avancer les droits de l'Homme et la dignité."
La lutte contre l’extrémisme religieux est également essentielle."Aucune guerre sainte ne sera jamais une guerre juste (...) Une vision aussi pervertie de la religion n'est pas seulement incompatible avec le concept de la paix mais aussi avec le but de la foi, car la règle au cœur de chacune des grandes religions est que nous traitons les autres comme nous voudrions qu'ils nous traitent."
Ce nouveau traité de guerre et paix au vingt-unième siècle réactualise le vieux débat entre pacifistes et guerriers. Il nous renvoie à l’ancien proverbe ... Si vis pacem, para bellum: Si tu veux la paix, prépare la guerre.
Charles Debbasch