LES INCIDENCES POLITIQUES DE LA CRISE ECONOMIQUE
Lors des premiers frémissements de la crise économique, on avait pu penser qu’il s’agissait d’un coup de vent passager. C’était une vue trop optimiste. Aujourd’hui, on se rend compte que l’on est face à un bouleversement économique durable qui entraîne nécessairement des conséquences politiques.
En période d’abondance, les égoïsmes triomphent et le règne du chacun pour soi l’emporte. L’expansion économique avait dévalorisé le rôle de l’Etat et provoqué une déferlante libérale. La crise économique, elle, exige une action accrue de l’Etat. Elle revalorise l’interventionnisme. L’Etat apparaît comme le seul régulateur suprême de la vie économique face à un marché défaillant. Dans une société où les forts deviennent plus faibles, les faibles se transforment en exclus que l’Etat doit protéger. Régulation et assistance retrouvent leurs lettres de noblesse dans les fonctions étatiques.
Il s’en suit inévitablement une revalorisation du rôle de la fonction publique chargée d’exercer des missions revivifiées. Les sondages démontrent que l’image de la fonction publique s’améliore en période de crise. D’après un sondage de l’institut Obea-Infraforces pour 20 Minutes et France-Info, publié le 3 mars, les fonctionnaires ont une bonne image auprès de 72% de la population. 57,2% des personnes interrogées (un échantillon national représentatif de 1.057 personnes) ont une «assez bonne» image des fonctionnaires et 15,2% une «très bonne» image. 11,9% en ont une «assez mauvaise» image et 4,3% une «très mauvaise». 11,1% disent que l’image qu’ils s’en font «dépend des fonctionnaires, des métiers» et 0,4% ne se prononcent pas.
Très logiquement les administrés pensent qu’il y a trop de fonctionnaires dans les administrations classiques comme les impôts, les préfectures, les mairies mais ils pensent que: leur nombre doit être augmenté dans les hôpitaux (pour 92,5% des personnes), dans la recherche (72,4%), dans l’enseignement (68,2%) et dans les forces de l’ordre (49,6%).Dans un tel contexte, le gouvernement ne doit pas renoncer à son plan de modernisation de la fonction publique notamment par la récompense des mérites .Mais il doit agir avec prudence dans le domaine de la réduction du nombre de fonctionnaires en ne touchant pas aux secteurs jugés prioritaires par l’opinion publique.
La crise entraînant un développement de l’inquiétude face à l’avenir, le pouvoir doit rassurer et pour ce faire il doit encore mieux expliquer et convaincre .
Cela ne signifie pas qu’il faut renoncer aux réformes mais qu’il faut chaque fois mieux en faire comprendre l’intérêt. Il faut aussi éviter d’ouvrir trop de fronts qui ne peuvent que renforcer le trouble de l’opinion publique. En d’autres termes, il ne faut pas ajouter au désordre économique le désordre politique.
Personne ne conteste l’autorité du Président de la République sur les mécanismes institutionnels. Mais sa présence en première ligne sur trop de dossiers ne permet pas toujours aux autres organes de l’Etat comme le premier ministre ou les ministres de jouer le rôle d’amortisseur ou de conduite assistée qui est le leur. Or la crise économique tend les rapports politiques et exige donc un pilotage sans failles de l’appareil de l’Etat.
Toute crise économique nuit au pouvoir en place qui devient un bouc émissaire pour toutes les misères qu’elle entraîne. Le pouvoir apparaît ainsi plus vulnérable et les mouvements de rue sont plus faciles à conduire. Il est probable que sans cette crise l’agitation dans les départements d’outre-mer n’auraient pas pris l’ampleur que l’on constate. De même , les forces révolutionnaires ou autonomes se réveillent. D’où un foisonnement à gauche de mouvements divers sur les décombres du parti communiste. Le parti socialiste malgré ses profondes déchirures n’est pas mal placé pour les consultations européennes et régionales à venir. L’UMP, le parti du Président est en voie de rénovation. Elle doit concilier sa fidélité au chef de l’Etat et sa compréhension des aspirations populaires.
En tout état de cause, la crise est économique .Le verdict le sera aussi. C’est de l’aptitude du pouvoir à apporter les réponses économiques adaptées que dépendra l’évolution politique.
Charles Debbasch
mercredi, février 25, 2009
LES CONSEQUENCES POLITIQUES DE LA CRISE ECONOMIQUE
mardi, octobre 14, 2008
RESOUDRE LA CRISE ECONOMIQUE ET FINANCIERE
UNEACTION CONCERTEE POUR RESOUDRE
LA CRISE ECONOMIQUE ET FINANCIERE
Face à la crise, les grandes puissances ont adopté, dans un premier temps, la stratégie du chacun pour soi. Pourtant, comme l’a souligné dés le départ le Président Sarkozy, seule une action concertée à l’échelle mondiale et européenne pouvait permettre d’espérer panser les plaies de l’ouragan monétaire et financier. Le Chef de l’Etat français s’est dépensé sans compter pour arriver à cette réponse unitaire. Avec les décisions de l’Eurogroupe, l’ordre a été remis dans la maison et, si chaque Etat peut adapter le ton de sa partition, celle-ci est commune à l’ensemble des participants, les dernières réticences allemandes ayant été vaincues.
Pour la France, le plan est clair et équilibré. L’Etat pourra mobiliser jusqu’à 360 milliards d’euros pour sauver le système bancaire. Il apportera une garantie aux prêts interbancaires jusqu’à 320 milliards d’euros. 40 milliards serviront à recapitaliser les banques qui seraient en difficulté. Une société dont l’Etat sera l’unique actionnaire sera créée à cet effet. .
Il ne s’agit pourtant pas de donner un chèque en blanc aux banques .Elles payeront les services que l’Etat leur rendra. La garantie de l’Etat sera payante «à un prix normal du marché». De même, l’Etat «sera rémunéré pour son apport» aux établissements ayant besoin de fonds propres. «Il s’agit de rétablir la confiance et non pas de venir au secours d’établissements qui se trouveraient en difficulté du fait d’une mauvaise gestion.» a précisé Nicolas Sarkozy. Les banques faisant appel à l’Etat auront des obligations de morale financière notamment dans le domaine sensible des rémunérations pour éviter les dérives scandaleuses de ces dernières années telles que les parachutes dorés ou les bonus des traders. Si, dans l’urgence, l’Etat devait voler au secours d’une banque pour qu’elle ne sombre pas, il en prendra le contrôle et sa direction sera changée.
Ce plan clair et équilibré décliné dans tous les pays européens et qui sert de modèle d’inspiration à de nombreux Etats de la planète est de nature à restaurer la confiance. Il reste que les déséquilibres économiques fondamentaux qui sont à l’origine de la crise demeurent. C’est l’aptitude des Etats à les corriger qui permettra d’éviter de nouvelles rechutes.
Charles Debbasch