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dimanche, octobre 18, 2009

LA DROITE FRANCAISE EST-ELLE MASOCHISTE?

LA DROITE FRANCAISE EST-ELLE MASOCHISTE ?
La majorité politique aura à affronter, dans moins de six mois, des difficiles élections régionales. Elle doit donc mobiliser ses forces et éviter de prêter le flanc à des critiques de son électorat en particulier et de l’opinion publique en général. Or, les derniers sondages illustrent un désarroi de son corps électoral.
On se souvient qu’au lendemain des élections présidentielles, l’électorat de Nicolas Sarkozy s’était quelque peu effrité dans l’entre deux tours des élections législatives. C’est l’attitude de certains ministres du gouvernement Fillon qui avait provoqué ce swing électoral. En engageant prématurément et imprudemment un débat sur la TVA sociale, ils avaient effrayé les Français pour lesquels cet impôt est un épouvantail. Ils avaient réédité l’erreur du premier gouvernement Juppé qui , élu sur un programme libéral, avait, dés ses premiers pas, augmenté la fiscalité.
Or, voici que sont annoncés des bouleversements fiscaux qui troublent les Français. La suppression annoncée de la taxe professionnelle laisse ouvert le débat sur son remplacement. La nouvelle taxe carbone inquiète tandis que sont annoncées à longueur de semaine de nouvelles taxes ou mesures fiscales mal expliquées.
Tout se passe comme si la majorité politique souhaitait faire souffrir son électorat. Certes on ne peut négliger que l'heure est difficile, que les finances publiques additionnent les déficits et que dans une société en crise la pression égalitaire est accentuée. Mais tout ceci n’explique pas les insuffisances de l’explication, les lacunes de la communication.
Il ne faut donc pas s’étonner qu’il y ait de la jacquerie fiscale dans l’air. Alors et surtout que la protection juridictionnelle des Français face à l’oppression fiscale est inexistante. Que valent en effet des recours devant la juridiction administrative qui sont jugés souvent plus de quinze ans après le déclenchement des poursuites ?
Mais ce n’est pas seulement la communication qui est en cause. La droite française est plus technocratique que libérale. Elle s’appuie sur les réseaux de la haute fonction publique qui ne voient le salut que dans l’expansion de l’Etat. C’est ce qui explique les difficultés pour mettre en œuvre une politique de debureaucratisation et les désillusions successives des électorats du centre et de la droite français qui, au lendemain de leurs succès électoraux , ont toujours l’impression d’avoir été floués.
Charles Debbasch

mercredi, août 19, 2009

LE TOUR DE CHAUFFE DES PARTIS POLITIQUES

LE TOUR DE CHAUFFE DES PARTIS POLITIQUES



Les Universités d'été des partis politiques ressemblent aux tours de chauffe des courses de Formule 1. Avant la rentrée, les partis politiques rodent leurs expressions et leurs comportements avec un zeste d'audace et d'expérimentation supplémentaires par rapport aux normes habituelles.

La rentrée au sein de la majorité est marquée par plusieurs traits. Le premier est la position quasi-inexpugnable de Nicolas Sarkozy. Ayant trouvé le style présidentiel adéquat, il plane au dessus de la mêlée avec autorité au point de commencer à envisager les conditions d'une réélection en 2012.Mais, auparavant, il lui faut gagner les prochaines élections régionales alors que la plupart des régions sont aux mains de la gauche,que les élections intermédiaires sont souvent défavorables aux majorités en place et que la crise économique continue à sévir. C'est dans cette perspective que se situent les rapprochements de l'UMP avec Philippe de Villiers du Mouvement pour la France et de Frédéric Nihous Chasse, Pêche, Nature, Traditions.Il s'agit d'éviter les déperditions de voix de droite qui pourraient faire basculer plusieurs régions.Quelques réactions défavorables ont suivi ces rapprochements.

Christine Boutin, présidente du Parti chrétien démocrate, formation associée à l'UMP, a dénoncé une volonté de "mélanger l'eau et le feu". "A force de tendre la corde, elle finira par rompre", a averti l'ex-ministre du Logement, déplorant ne pas trouver "chez ces nouveaux-venus" la "dimension sociale, qui est très forte chez nous".
L'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, président de la Gauche moderne, alliée de l'UMP, n' pas non plus apprécié cette ouverture à droite. "Qu'on ne perde pas l'aile gauche de la majorité", a mis en garde le secrétaire d'Etat.

Pourtant, avec raison, le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a mis en exergue l'objectif de l'ouverture: "constituer le rassemblement le plus large possible" sans que "personne ne renonce à ses valeurs et à ses convictions".Quant ministre de l'Immigration Eric Besson, président des Progressistes il ne voit aucun inconvénient à l'opération. Selon lui, l'arrivée des villieristes ne fera "pas basculer le centre de gravité" de la majorité ni bouger "d'un iota la politique migratoire" du gouvernement.

La sérénité ne rêgne pas, en revanche, au parti socialiste.Aprés un congrès de Reims déchiré par les courants, après l'échec des élections européennes, les socialistes sont à la recherche du renouvellement et du rassemblement. Mais, pour l'instant, chacun fait bande à part.Vincent Peillon qui ne s'entend plus avec Ségolène Royal organise des ateliers de travail à Marseille. Arnaud Montebourg tente de ranimer la rose à Frangy. Quant à la Présidente de Poitou-Charentes, elle a prévu d'organiser en septembre sa Fête de la fraternité à Montpellier. C'est dire qu'il faudra beaucoup d'énergie à Martine Aubry,lors de l'Université d'été de la Rochelle pour recoller les pièces brisées du Parti socialiste .

La Scuderia socialiste donne du fil à retordre à ses managers tandis que le Team UMP maîtrise la tête de la course.

Charles Debbasch

 
 

dimanche, juillet 26, 2009

ORAGES AU PARTI SOCIALISTE

ORAGES AU PARTI SOCIALISTE

C'est un véritable front du refus qui est en voie de se constituer contre Martine Aubry. Le PS apparaît miné à la fois de l'extérieur et de l'intérieur,

LES PORTES SE FERMENT A L'EXTERIEUR

Martine Aubry aurait souhaité constituer une maison commune avec les autres forces de gauche. Elle avait envoyé une lettre en ce sens aux responsables des formations d'opposition. La maire de Lille proposait un rassemblement de la gauche dès les élections régionales de l'année prochaine, avant de préparer un projet commun pour 2012.Elle n'a pas rencontré d'échos favorables.Les écologistes en premier, suivis par les radicaux de gauche puis par Jean-Luc Mélenchon, président du parti de gauche ont rejeté la proposition du maire de Lille. Jean-Luc Mélenchon souhaite s'unir avec le parti communiste et l'extrême gauche. «Une entente qui s'élargit, et qui seule permettra de renverser le rapport de force en passant devant le PS.» Le Parti de Gauche et le Nouveau parti anticapitaliste ont décidé de travailler à l'élaboration de listes communes pour les élections régionales. «Les deux formations estiment indispensable d'unir les forces de gauche et des écologistes qui rejettent la logique du système capitaliste aux élections régionales»,
Les Verts ne sont pas plus sensibles aux appels au rassemblement de la première secrétaire. Ils ont décidé de se présenter seuls au premier tour des régionales.
Le PS parait avoir perdu sa force de rassemblement. S'il n'arrive pas à convaincre à l'extérieur c'est qu'il est affaibli de l'intérieur.

LES DECHIRURES S'ACCENTUENT A L'INTERIEUR

La guerre des chefs et la multiplication des courants ont fini par miner le Parti Socialiste de l'intérieur. Au point que certains demandent même que soit officialisé l'acte de décès du PS. Bernard-Henri Lévy estime que la première secrétaire Martine Aubry est le «gardien» d'une «maison morte».A son avis, il faut dissoudre le PS et en finir le plus vite possible avec ce grand corps malade. «J'ai rarement vu des politiques mettre autant d'énergie à s'autodétruire»,
affirme le philosophe. «Si ça ne concernait qu'eux, ce ne serait pas trop grave. Mais il s'agit de l'alternative à Nicolas Sarkozy, de l'espérance des gens. Or, ce PS n'incarne plus l'espérance de qui que ce soit. Il ne provoque plus que la colère et l'exaspératiom>.Berna rd-Henri Lévy compare la situation du PS à l'effondrement du Parti communiste. «A quoi bon se voiler Ia face ? On est à la fin d'un cycle. Le PS est dans la situation du PCF de la fin des années 1970, quand la désintégration s'amorçait et qu'on tentait de la conjurer par des formules incantatoires sur - déjà - la refondation, la rénovation».Et le philosophe porte l'estocade. «Le PS va mourir ? Non. II est mort. Personne, ou presque, n'ose le dire. Mais tout le monde, ou presque, le sait» ...II est comme le cycliste d'Alfred Jarry qui pédalait alors qu'il était déjà mort. Ou comme le chevalier d'Italo Calvino dont l'armure était vide. Il est mort».
Ce constat est relayé par de nombreuses voix à l'intérieur du Parti. Manuel Valis critique est menacé d'exclusion. Jack Lang est entré en dissidence Et Julien Dray, peu soutenu par la direction du parti dans ses difficultés judiciaires, se venge en attaquant durement Martine Aubry.
Impuissance», «amateurisme», «incapacité à entendre», «autisme hautain et suicidaire».Le député socialiste de l'Essonne dresse un bilan accablant du début de mandat de la première secrétaire. «En l'espace d'une semaine, par la publication de deux lettres, Martine Aubry a résumé et confirmé les grandes caractéristiques de son début de mandat : l'impuissance, l'amateurisme, et surtout une étonnante incapacité à entendre ce qui se passe et dans son parti, et dans la société».
Pour Julien Dray, «autant se l'avouer, le bilan comme les perspectives sont sombres. II semble bien que l'on soit réduit à boire jusqu'à la lie le calice du congrès raté de l'automne dernier. Nous n'en finissons pas de subir les conséquences de cette absence fondamentale de projet, qui fait du parti socialiste un grand corps non seulement malade, mais a la dérive. Et ce ne sont pas quelques coups de menton, qui sont autant d'aveux d'impuissance, qui y changeront quelque chose».

LES RAISONS DU DECLIN DU PS

Comment un parti qui gouverne les plus grandes régions et les principales villes françaises peut-il être dans cet état catastrophique ? Sans doute parce qu'il est aux prises avec deux problèmes qu'il n'arrive pas à résoudre.
Le premier est celui de la doctrine. Le socialisme classique qui repose sur l'appropriation publique des entreprises et la fonctionnarisation de la société est mort. Il faut imaginer des thèmes nouveaux pour une gauche nouvelle.
Le second est celui du leadership. Dans le système politique de la Cinquième République, un parti ne rencontre l'adhésion que s'il dispose d'un leader incontesté pour mener le combat présidentiel. Ce n'est pas le cas du parti socialiste.
Le PS n'est plus en situation de peser sur les autres mouvements. Il ne peut pas davantage mobiliser ses partisans.
Il manque à ce parti le ciment d'un grand présidentiable.

Charles Debbasch

mercredi, décembre 10, 2008

LE DANGER DES MOUVEMENTS POLITIQUES INCONTROLES

LE DANGER DES MOUVEMENTS POLITIQUES INCONTROLES

La vie politique n’est jamais un long fleuve tranquille. Souvent l’imprévu arrive…et il est difficile à prévoir. Tout au plus est-il possible d’analyser les situations à risques. Le cas de la France actuelle mérite à cet égard l’analyse.

La crise économique est à l’évidence, à elle seule, un facteur de risque. L’augmentation du chômage, sa concentration dans certaines zones géographiques créent de lourds sentiments de frustration. L’inquiétude se répand chez ceux qui possèdent un emploi et craignent de le perdre. Les jeunes ont des difficultés à trouver un emploi. Ceux d’entre eux en formation sont inquiets pour leur avenir.

Il y a donc un terreau favorable à la contestation. Celle-ci est, de moins en moins, encadrée par les syndicats et par les partis.

Les récentes élections prud’homales illustrent le déclin des syndicats. Les trois quarts des salariés du privé n'ont pas voté. Le taux de participation s'est établi à 25,5% dans le collège «salariés», soit une abstention de 74,5% La participation, qui avait déjà chuté de 63,2% en 1979 à 32,7% en 2002, a atteint ainsi son plus bas niveau en trente ans. En d’autres termes, les syndicats n’arrivent plus à encadrer les salariés et seuls les mouvements extrémistes et protestataires progressent ;
Il en va de même dans les partis politiques. Le parti communiste et le parti socialiste sont en crise et seule l’extrême gauche d’Olivier Besancenot progresse.

Dans une telle situation, les extrémistes et les « autonomes »ont un champ libre qui explique qu’il y ait dans notre société un danger réel de mouvements politiques incontrôlés.

Charles Debbasch