LA DROITE FRANCAISE EST-ELLE MASOCHISTE ?
La majorité politique aura à affronter, dans moins de six mois, des difficiles élections régionales. Elle doit donc mobiliser ses forces et éviter de prêter le flanc à des critiques de son électorat en particulier et de l’opinion publique en général. Or, les derniers sondages illustrent un désarroi de son corps électoral.
On se souvient qu’au lendemain des élections présidentielles, l’électorat de Nicolas Sarkozy s’était quelque peu effrité dans l’entre deux tours des élections législatives. C’est l’attitude de certains ministres du gouvernement Fillon qui avait provoqué ce swing électoral. En engageant prématurément et imprudemment un débat sur la TVA sociale, ils avaient effrayé les Français pour lesquels cet impôt est un épouvantail. Ils avaient réédité l’erreur du premier gouvernement Juppé qui , élu sur un programme libéral, avait, dés ses premiers pas, augmenté la fiscalité.
Or, voici que sont annoncés des bouleversements fiscaux qui troublent les Français. La suppression annoncée de la taxe professionnelle laisse ouvert le débat sur son remplacement. La nouvelle taxe carbone inquiète tandis que sont annoncées à longueur de semaine de nouvelles taxes ou mesures fiscales mal expliquées.
Tout se passe comme si la majorité politique souhaitait faire souffrir son électorat. Certes on ne peut négliger que l'heure est difficile, que les finances publiques additionnent les déficits et que dans une société en crise la pression égalitaire est accentuée. Mais tout ceci n’explique pas les insuffisances de l’explication, les lacunes de la communication.
Il ne faut donc pas s’étonner qu’il y ait de la jacquerie fiscale dans l’air. Alors et surtout que la protection juridictionnelle des Français face à l’oppression fiscale est inexistante. Que valent en effet des recours devant la juridiction administrative qui sont jugés souvent plus de quinze ans après le déclenchement des poursuites ?
Mais ce n’est pas seulement la communication qui est en cause. La droite française est plus technocratique que libérale. Elle s’appuie sur les réseaux de la haute fonction publique qui ne voient le salut que dans l’expansion de l’Etat. C’est ce qui explique les difficultés pour mettre en œuvre une politique de debureaucratisation et les désillusions successives des électorats du centre et de la droite français qui, au lendemain de leurs succès électoraux , ont toujours l’impression d’avoir été floués.
Charles Debbasch
dimanche, octobre 18, 2009
LA DROITE FRANCAISE EST-ELLE MASOCHISTE?
samedi, mai 17, 2008
CONTRIBUABLES PRIVES DE NICHES
CONTRIBUABLES PRIVES DE NICHE
Le gouvernement souhaiterait priver les contribuables de quelques niches fiscales. On entend par là ces domaines où les redevables pensent se mettre à l’abri du fisc. Exemple type : la loi Malraux qui permet en investissant dans des biens à caractère historique et culturel de bénéficier d’abattements fiscaux.
Il est vrai que ces niches n’ont jamais vraiment protégé les citoyens. Elles ont en effet le don d’irriter les fonctionnaires des impôts qui vont chercher ceux qui croient être tranquilles dans leurs niches et dirigent de préférence contre eux les contrôles.
Je trouve surprenant cette utilisation du vocable de niche. Elle ramène le contribuable au rang d’un animal apeuré qui cherche dans un abri de fortune une protection contre le dinosaure fiscal. Vous me direz que les contribuables en ont assez d’être tondus comme des moutons. Peut être.
Mais, n’y a-t-il pas d’autre remède ? Ne serait-il pas plus simple de ramener l’ogre étatique à de plus justes proportions ? Au lieu d’être vorace comme un lion, on souhaiterait qu’il se satisfasse d’un appétit d’oiseau. L’Etat ressemble à un restaurateur qui charge tant ses additions qu’il finit par perdre ses clients ; Chassés de leurs niches, les contribuables seront tenté de gagner des espaces mieux protégés .Ainsi se vérifiera cette loi implacable des finances publiques. Plus le taux d’imposition est fort et moins les rendements sont élevés ; Comme on l’a justement affirmé : les gros taux tuent les totaux.
Charles Debbasch
samedi, janvier 13, 2007
LE DUEL SEGOLENE ROYAL FRANCOIS HOLLANDE
Georges Brassens dans une de ses plus spirituelles chansons évoquait le malheur d’avoir un mari bricoleur. De là même façon, Ségolène Royal doit tous les matins, en se brossant les dents, se plaindre d’avoir un compagnon socialiste. Car, tandis qu’elle cherche à donner à sa candidature une coloration moderne et centriste, son compagnon cherche à l’enfermer dans le carcan du parti socialiste et de son programme traditionnel.
Que l’on en juge plutôt. Interviewé le 11 janvier 2007 François Hollande relance le débat sur la fiscalité en se prononçant pour des hausses d'impôts pour les contribuables touchant un salaire de plus de 4.000 euros nets par mois., Cette déclaration est aussitôt une aubaine pour la droite. Le ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, réplique en effet que cette mesure toucherait de plein fouet les "classes moyennes", estimant que 1,2 million de personnes seraient concernées.
Dés lors Ségolène Royal est obligée de réagir et de promettre qu'il n'y aurait "pas de fiscalité nouvelle qui décourage le travail" ni de hausse des prélèvements obligatoires, si elle est élue. "Il faudra rééquilibrer la fiscalité, l'alléger sur le travail et peut-être la renforcer sur le capital si l'on veut résorber les déficits. Mais cela se fera sans augmentation des prélèvements obligatoires", dit-elle.
Il existe donc un affrontement réel entre deux courants. Celui qu’incarne la candidate Royal qui souhaite laisser le plus de flou dans ses propositions pour ratisser large et une tendance socialo-socialiste qui veut enfermer la compagne de François Hollande dans l’orthodoxie socialiste.
Quand la fracture ne passe pas seulement dans un courant mais dans un ménage, cela ne peut que plomber quelque peu l’envolée moderniste de l’actuelle présidente de région.
Charles Debbasch