SARKOZY DANS LA FOSSE AUX LIONS
Les gouvernants -et particulièrement le Président de la République -font toujours l’objet de critiques contradictoires. S’ils se contentent de définir les lignes générales de la politique, on leur reproche d’être « éloignés des gens ».S’ils traitent des problèmes de terrain, on estime qu’ils perdent la majesté de leurs fonctions.
Voilà sans doute pourquoi Nicolas Sarkozy a découpé son intervention sur TF1 du lundi 25 janvier 2010 en deux séquences : au Journal télévisé pour définir les principes et face à un panel de Français pour montrer sa proximité avec les problèmes du quotidien
.Cette seconde partie était évidemment la plus difficile pour le Président. La conjoncture est morose et la crise touche les entreprises et les citoyens. Le Chef de l’Etat paraissait voué à être mangé tout cru dans la fosse aux lions.
Rien de cela n’est advenu. Malgré les redoutables attaques de certains de ses interlocuteurs-notamment celle d’un syndicaliste de l’automobile, Nicolas Sarkozy a réussi à convaincre.
Il est vrai qu’il possédait remarquablement ses dossiers. Il n’a jamais été pris en défaut.
Par ailleurs, il a su rester très calme et ne pas entrer dans les voies de la polémique.
Au total, le Président de la République a réussi une opération de communication particulièrement difficile. 8,6 millions de téléspectateurs en moyenne ont suivi l'émission du président de la République sur TF1.57% de ces Français ont été convaincus.
Cette performance remarquable est à elle seule un événement qui éclipse quelque peu les deux annonces importantes faites par le Président : le maintien de la retraite par répartition et la prévision de la baisse du chômage.
Le Sarkozy de TF1 était du meilleur cru.
Charles Debbasch
mercredi, janvier 27, 2010
SARKOZY DANS LA FOSSE AUX LIONS
dimanche, février 08, 2009
SARKOZY A LA TELEVISION :APAISER LES INQUIETUDES AIDER LES PLUS FAIBLES
SARKOZY A LA TELEVISION :
APAISER LES INQUIETUDES ET AIDER LES PLUS FAIBLES
L’intervention du Chef de l »Etat à la télévision répondait à une profonde attente des Français. De ceux qui sont déjà touchés dans leur situation par la crise. De ceux aussi qui craignent d’en être les victimes ; Tous attendent du président qu’il leur trace les lignes de force d’un avenir plus rieur. Voilà pourquoi l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy sur la crise a réuni jeudi soir 15,1 millions de téléspectateurs sur TF1, France 2 et M6, selon les chiffres de Médiamétrie. «Nous traversons une crise comme on n'en a pas connue depuis un siècle» a, déclaré le président de la République. «Que les Français soient inquiets, c’est normal».
L’exercice était particulièrement périlleux pour Nicolas Sarkozy. La crise repose , en majeure partie,sur des causes extérieures à la France. Elle n’a pas fini de déployer ses effets. Ce qui rend toute prévision périlleuse et toute action nécessairement mouvante. D’un ton calme et mesuré, le docteur Sarkozy a rassuré, expliqué, proposé. Et il a semble-t-il été entendu puisque 53% des téléspectateurs l’ont jugé convaincant.
Au lendemain des grandes manifestations de rues, il ne s’agissait pas cependant de décréter mais il fallait plutôt lancer un dialogue avec les partenaires sociaux. Même si l’opposition de gauche de façon désordonnée cherche à tirer profit de la crise, le pouvoir ne doit pas s’enfermer dans sa vérité. Il doit rester à l’écoute des vœux des Français et ne refuser aucune suggestion. La proposition de Nicolas Sarkozy d’un dialogue social élargi doit donc être considérée avec faveur. Le président a annoncé qu'il recevra les partenaires sociaux le 18 février, pour discuter notamment d'une amélioration de l'indemnisation du chômage partiel.
Le souci majeur du Chef de l’Etat est d’aider les plus faibles à surmonter les difficultés du moment. Pragmatique, le Président s’est contenté de tracer quelques pistes de réflexion. Nicolas Sarkozy a affirmé que l'Etat était "prêt à faire un effort" pour "mieux protéger" les jeunes chômeurs. Il a ensuite évoqué «plusieurs pistes» pour aider le «bas des classes moyennes». «Faut-il supprimer la première tranche de l’impôt sur le revenu ? ça concerne environ 2 millions de contribuables». Le Président évoque aussi «la possibilité de supprimer le deuxième tiers de l’impôt sur le revenu.» «Ou alors, faut-il augmenter les allocations familiales ?»
Mais, avec raison, Nicolas Sarkozy a maintenu le cap sur les réformes. «Nous allons continuer à réformer le pays». Les réformes restent «d'actualité», elles seront conduites «au même rythme». La réforme du lycée «se fera».
L’argumentaire du président est convaincant."Est-ce que les réformes que la France doit mettre en œuvre, pour avoir le plein emploi lorsque nous serons sortis de la crise, est-ce que ces réformes restent d'actualité? La réponse est oui". "Si on doit arrêter, comme cela s'est si souvent fait dans le passé, chaque réforme quand il y a une manifestation, alors mieux vaut ne faire aucune réforme. Et comme cela on est tranquille". La rupture, "c'est la rupture avec cette habitude".
Cette grande intervention du président de la République se situe à une sorte de mi-temps. Il s’agit d’éviter, dans cette période, à la fois les gesticulations et l’inaction tout en répondant aux urgences les plus douloureuses.
Charles Debbasch
jeudi, juillet 10, 2008
LE DERNIER JOURNAL TELEVISE DE PATRICK POIVRE D'ARVOR
LE DERNIER JOURNAL DE PATRICK POIVRE D’ARVOR
Au moment où il présente son dernier journal télévisé sur TF1 un sondage publié dans le Journal du Dimanche après l'annonce de son éviction sondage doit faire chaud au cœur de Patrick Poivre d’Arvor. Il révèle qu’une majorité de téléspectateurs (55%) ont désapprouvé la décision de la direction de TF1 de mettre fin à ses fonctions et les 2/3 ont souhaité que PPDA présente à la rentrée prochaine un JT sur une autre chaîne. C’est qu’en 21 ans de carrière et plus de 4500 journaux présentés, Patrick Poivre d'Arvor avait su donner avec brio l’illustration des différentes facettes de son talent et était devenu un familier des Français dans les foyers desquels, il s’introduisait tous les soirs.
On ne demeure pas si longtemps sur le devant de la scène sans un travail constant, des grandes qualités de présentation et de clarté et une immense gentillesse. C’est pourquoi les rares faux pas de cet artiste ne méritent même pas d’être mentionnés. On est sûr que celui qui, à 61 ans, est resté encore presque un jeune homme trouvera bien vite à s’employer ailleurs et autrement et qu’il abordera sa nouvelle carrière avec bonheur.
Ceci dit le départ de PPDA marque la fin d’une époque. En 21 ans, le monde a changé, la télévision a connu une révolution et une nouvelle génération de téléspectateurs a pris les commandes.
A l’évidence, la société que contemplent les téléspectateurs n’est plus la même. La France n’est plus le centre du monde .La mondialisation est passée par là. Dans la nouvelle société planétaire la mise en valeur des évènements a changé. L’image a pris le pas sur la parole. Un nouveau style d’information plus sobre et plus dépouillé s’est imposé. Le rôle du présentateur s’est réduit. En ce sens, PPDA n’aura pas de véritable successeur.
La grande messe du vingt heures s’étiole de plus en plus. Le monopole de TF1 s’érode de jour en jour. Les chaines d’information grignotent et bientôt dévoreront l’audience de la chaîne de Bouygues qui ne craint pas d’ailleurs avec LCI de se cannibaliser elle-même.
Enfin, la manière même de s’exprimer a changé comme elle se modifie à chaque génération. Lorsque j’étais étudiant en droit dans les années cinquante, un de nos professeurs nous remplissait d’admiration. Il ne préparait pas beaucoup ses cours mais s’exprimait avec un style «vieille France » si alambiqué et précieux qu’il finissait par nous séduire. Quelques années plus tard, alors que j’étais devenu doyen de Faculté de droit dans l’après 68, je vis venir vers moi ce professeur qui était devenu mon collègue. Il me demanda de le décharger de son cours dans un grand amphi. Son style qui imposait le respect à mon époque était devenu soudainement désuet et provoquait les rires et les chahuts.
De même, dans la société du troisième millénaire, les modes d’expression ont changé. Et c’est sans doute cette mutation que tente d’accompagner TF1 avec quelque brutalité.
Ce qui ne nous empêche pas d’avoir un serrement de cœur en regardant le dernier journal de PPDA. Notre dernier journal.
Charles Debbasch