LE DUEL MC CAIN-OBAMA
Ainsi John Mac Cain, sénateur de l'Arizona, est officiellement le candidat républicain à l'élection américaine, dont le scrutin aura lieu le 4 novembre prochain. C’est un anti-Obama que le parti de George Bush a choisi pour affronter le candidat démocrate.
Mc Cain se veut un homme ancré dans la tradition, dans l’Amérique profonde. Obama veut incarner la mutation, l’évolution vers une Amérique moderne et décomplexée.
Mc Cain se targue d’être conservateur des valeurs civiques et familiales tandis qu’Obama est le favori des partisans de l’évolution des mœurs.
Chacun des candidats apporte sa dose de clin d’œil aux « minorités visibles ».Obama s’il est élu sera le premier président noir. En revanche, si Mc Cain est élu, pour la première fois une femme, sa colistière Sarah Palin, figurera dans le couple exécutif.
Mc Cain a une longue expérience politique dans la direction exécutive des affaires publiques.Obama lui, a, la seule pratique du législatif sénatorial.
Mc Cain incarne les valeurs patriotiques profondes. Héros de la guerre du Vietnam, il défend la puissance de son pays. Obama cherche à jouer la carte d’un pays ouvert et pacifique.
Avec emphase, Sarah Palin a déclaré à la convention républicaine de Saint Paul : "En politique, il y a des candidats qui utilisent le changement pour promouvoir leur carrière. Et il y en a d'autres, comme John Mc Cain, qui utilisent leur carrière pour promouvoir le changement». Et pour mieux critiquer Obama qui est le chou chou des medias, elle a affirmé qu'elle n'irait pas à Washington pour rechercher l'approbation des médias mais "pour servir le peuple de ce pays".
Deux Amériques se font maintenant face. Les Etats-Unis comme tous les peuples hésitent entre la continuité et le changement. Clinton et Bush ont été tour à tour les chefs de file de chacun de ces courants. C’est, à présent, au tour d’Obama et de Mc Cain de tenter de faire triompher leur credo devant le peuple.
Charles Debbasch
jeudi, septembre 04, 2008
LE DUEL MC CAIN OBAMA
vendredi, août 29, 2008
DARCOS UNE RENTREE SCOLAIRE VOLONTARISTE
DARCOS UNE RENTREE SCOLAIRE VOLONTARISTE
Il fut un temps où le ministre de l’Education Nationale ne détenait aucun pouvoir réel de décision. Les syndicats du monde enseignant étaient si puissants qu’aucune décision ne pouvait être prise sans leur accord préalable. Les textes officiels n’étaient que la formulation de leurs désirs. Malheur à celui qui s’écartait de ce principe de soumission. La condamnation syndicale valait sortie du gouvernement au prochain remaniement.
Progressivement, les choses ont changé. De nouveaux partenaires ont obligé le monde enseignant à sortir de son corporatisme. Avec la généralisation de l’éducation, les problèmes de l’école sont devenus ceux de la société. Les parents ont réclamé leur part du pouvoir dans l’école. Les élevas, hier sujets de l’univers scolaire. ont aspiré à en devenir les citoyens. Le pouvoir politique dispensateur des crédits ne s’est plus contenté de reconduire les yeux fermés les budgets. Il a souhaité orienter, apprécier le rapport entre les moyens investis et les résultats obtenus. La nouvelle génération des enseignants, elle-même, est sortie de sa coquille et a ouvert les yeux sur le monde qui l’entoure.
Tout ceci explique que le poids des syndicats de l’éducation n’est plus ce qu’il était. Mais, par une sorte d’inertie les ministres de l’éducation continuaient à croire à sa toute puissance.
Enfin Darcos vint.
Le nouveau ministre a parfaitement assimilé la nouvelle donne. Il respecte les syndicats mais n’en est pas l’esclave. Il définit la politique éducative en fonction des besoins de la Nation et non à l’aune des revendications syndicales. C’est ce qui lui permet de réaliser une réforme audacieuse de l’école.
Les réformes en cours en cette rentrée 2008 sont d’une importance capitale. Elles visent à promouvoir une école plus juste qui fait progresser les libertés et les droits des élèves et de leurs familles.
La liberté des familles s’exprime dans la suppression de la carte scolaire c'est-à-dire dans le droit de pouvoir choisir l'établissement scolaire le mieux adapté. Les demandes de dérogation ont progressé de 17% cette année ; elles ont été satisfaites dans 88% des cas et le nombre d'élèves boursiers ayant obtenu l'affectation qu'ils sollicitaient a progressé de plus de 30%.
A la demande du ministre le parlement a adopté une loi qui impose la continuité absolue de l'accueil des enfants dans les écoles en cas d'absence de leurs professeurs, y compris les jours de grève où l'Etat financera l'organisation par les communes d'un dispositif d'accueil approprié.
Pour mieux assurer l’égalité de tous devant l’école, des stages gratuits de soutien scolaire et de remise à niveau sont organisés pour les élèves en difficulté des classes de C.M. 1 et de C.M. 2 - rien que cet été, ces stages ont accueilli près de 115 000 élèves volontaires .Devant le succès de ce dispositif voulu par le Président de la République, ce soutien a été étendu aux lycées en difficulté. Prés de 6 000 lycéens volontaires issus de quelque 200 lycées réputés difficiles ont pu en bénéficier au mois d'août.
Des enquêtes montraient de façon concordante, qu'une proportion très importante d'élèves, de l'ordre de 15 à 20%, sortaient de l'école primaire avec de graves lacunes dans la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul. C’est pourquoi l’accent a été mis sur ces apprentissages fondamentaux.
Jusqu’à présent, plus d'un élève sur deux quittait son parcours de formation après le B.E.P. sans poursuivre jusqu'au baccalauréat professionnel. Avec la généralisation progressive de la préparation du baccalauréat professionnel en 3 ans, les élèves pourront s'engager dans des parcours de formation et plus cohérents, dans lesquels ils seront mieux guidés vers leur future insertion professionnelle ou vers une formation complémentaire de l'enseignement supérieur.
La réforme du lycée donnera plus d'autonomie et de responsabilité pour les élèves, moins de rigidité dans l'organisation des cursus, plus de spécialisation pour ceux qui le souhaitent.
Affranchie des contraintes du corporatisme l’éducation retrouve, sous l’impulsion de Xavier Darcos, les chemins de la modernisation dans le respect de tous les partenaires du monde éducatif et notamment des enseignants.
Charles Debbasch
vendredi, août 15, 2008
LA GUERRE EN GEORGIE ET LES RAPPORTS EST OUEST
A PROPOS DE LA GUERRE EN GEORGIE.RETOUR A LA POLITIQUE DES BLOCS ?
La guerre de Géorgie doit inciter à réviser quelques lieux communs qui avaient cours dans l’appréciation des relations internationales.
On pensait que la dislocation de l’URSS avait mis à néant les capacités offensives du bloc soviétique.On imaginait que la Russie avait définitivement perdu la main sur ses anciennes colonies. On supposait que l’usage de la force était désormais banni dans les rapports Est-Ouest .Sur tous ces points le conflit géorgien nous oblige à nuancer les idées acceptées jusqu’ici.
La Russie vient de rappeler brutalement que l’on ne touche pas impunément à son glacis. Depuis plusieurs mois, appuyé par l’administration Bush, le Président Saakachvili cherchait à ancrer son pays dans le giron atlantique et souhaitait même le voir adhérer à l’Otan. A plusieurs reprises, la Russie avait mis en garde l’allié américain. Par son irruption brutale , la Russie rappelle que l’on ne doit pas aller trop loin dans le flirt avec l’oncle Sam quand on appartient à son ancien Empire.
L’emploi de la force pour donner une leçon au parent infidèle sonne comme un avertissement à tous ceux qui seraient tentés de s’émanciper. La Russie a voulu donner une leçon armée à la Géorgie afin que nul n’en ignore. Elle n’hésitera pas désormais à utiliser la force pour armer sa politique étrangère. Poutine n’est pas Kroutchev qui avait assisté les bras croisés à la dislocation de l’Empire.
Dans ce nouveau contexte de confrontation, les Etats-Unis ont presque été réduits au rôle de spectateurs. Le risque d’un
Affrontement direct avec l’armée soviétique était trop grand. C’est un signe de faiblesse pour les autres pays issus des jupes communistes. Ils se rendent compte que si les Etats-Unis les engagent à aller trop loin, ils risquent de devoir en supporter seuls les conséquences comme le Président géorgien.
Quant à l’Europe elle a joué, grâce à l’impulsion de Nicolas Sarkozy, un rôle utile de médiation. Mais elle n’est pas en état de garantir l’intégrité territoriale de la Géorgie.
Ce n’est pourtant pas à un retour de la guerre froide que nous assistons. Tout au long de leur action, la Russie et ses dirigeants ont mené une action de communication pour expliquer leur action. La Russie ne veut pas se couper du monde extérieur. Elle a besoin d’échanges commerciaux, industriels et financiers. Elle lutte avec l’Occident contre le terrorisme international.
Certes tout peut encore déraper. Mais il est peu probable que la Géorgie marque une rupture définitive des excellents rapports construits depuis 15 ans entre les deux blocs. Le refroidissement actuel va simplement obliger les deux géants américain et russe à rebâtir le socle de leurs relations.
Charles Debbasch
samedi, août 09, 2008
LA CINE,LES JEUX OLYMPIQUES ET LES DROITS DE L'HOMME
LA CHINE,LES JEUX OLYMPIQUES
ET LA POLITIQUE
L’éblouissante ouverture des Jeux Olympiques que la Chine a offerte à des centaines de millions de spectateurs est déjà, à elle seule, une réponse à tous ceux qui auraient voulu au nom des droits de l’homme et de la défense du Tibet fermer le rideau avant que les trois coups ne soient frappés. On peut penser qu’en obligeant la Chine à s’ouvrir et à faire ses preuves à l’égard du monde extérieur un pas irréversible a été fait dans la bonne direction et que cette ouverture contaminera progressivement l’ensemble de la société chinoise.
Cette opinion n’est cependant pas partagée par les irrédentistes des droits de l’homme qui voient au contraire dans la participation à la cérémonie d’ouverture une « collaboration » inexcusable avec un régime autoritaire. Le débat est aussi vieux que le monde et il n’appelle pas de réponse facile.
Les pessimistes voient dans chaque échange avec les « méchants » un encouragement à leur déviance tandis que les optimistes espèrent que la main tendue permettra de tirer les « déviants » hors de leur marécage.
S’agissant de la Chine, on devrait peut être se remettre en mémoire le débat que le monde libre a connu dans la décennie soixante. Les partisans de la démocratie pluraliste soutenaient alors Formose et excluaient la Chine populaire de la société internationale au nom des libertés et des droits de l’Homme.
Edgar Faure soutenait une opinion inverse. Après un voyage en Chine, il suggérait, dans son ouvrage Le Serpent et la Tortue, qu'il serait bon pour la France de reconnaître cet Etat. Il pensait en effet qu'il était absolument grotesque que la plupart des grands pays ignorent purement et simplement ce continent. Ses propos intéressèrent le général de Gaulle qui, de retour au pouvoir, lui confia la mission de renouer avec la Chine. Edgar Faure précise dans ses Mémoires : «lorsque je suis arrivé à Paris, le général de Gaulle avait pu déjà étudier tout le dossier. Et le jour où il m'a reçu, il m'a indiqué qu'il avait l'intention de suivre mes conclusions, lesquelles tendaient à la reconnaissance diplomatique de la Chine. En tout état de cause, on voit aujourd'hui combien le Général a été un précurseur. Il a fallu attendre huit ans pour que le président des Etats-Unis fasse le même raisonnement que lui. Mais je crois que, bien que le délai ait été assez long, notre initiative de 1964 a été un début, un précédent dont l'existence a pu jouer par la suite. »
Qui peut aujourd’hui prétendre que cette reconnaissance a été une erreur ? Elle a au contraire civilisé le régime chinois qui n’a plus rien à voir avec ce qu’il était à l’époque. Cette page d’histoire doit être méditée par tous.
J’y ajouterai une expérience plus personnelle.
J’ai participé, à la fin de la décennie soixante dix alors que j’étais conseiller du président Giscard d’Estaing, à l’organisation d’une conférence sur les droits de l’homme avec Edgar Faure. Nous étions alors critiqués d’y accueillir l’URSS dont le régime était alors fort autoritaire. Edgar Faure me précisa alors avec intelligence (v Charles Debbasch, Mémoires du Doyen d’Aix-en-Provence, Editions du Jaguar1996 p.117) : « je suis présenté dans la presse d’extrême droite comme un cryptocommuniste, parfois même comme un agent infiltré de l’’Union Soviétique. Ces imbéciles ne se rendent pas compte que je fais plus pour le monde libre que tous les envoyés qui veulent en découdre avec l’URSS.J’accueille chez moi tous les hauts responsables communistes. Ils me font confiance. Je leur fais rencontrer notre propre establishment. Nous préparons ainsi, comme je l’ai fait pour la Chine, les voies de la décrispation. »
Un précédent que l’on ne peut ignorer.
Charles Debbasch
Charles Debbasch a été chargé de mission auprès du Président Edgar Faure alors ministre de l’Education Nationale de juin 1958 à juin 1959 et coorganisateur de la conférence Armand Hammer, Paix et droits de l’Homme –Droits de l’Homme et Paix initiée par Edgar Faure
lundi, août 04, 2008
LA MORT D'ALEXANDRE SOLJENITSYNE L'HOMME QUI A TUE LE SYSTEME COMMUNISTE
LA MORT D'ALEXANDRE SOLJENITSYNE
L’HOMME QUI A TUE LE SYSTEME COMMUNISTE
Alexandre Soljenitsyne qui vient de mourir à 89 ans restera dans l’histoire moins comme un grand écrivain récompensé par le prix Nobel de littérature que comme l’homme qui a révélé à l’humanité entière que le côté libérateur du communisme était une énorme mystification.
Jusqu’à Soljenitsyne, les intellectuels -de bonne ou de mauvaise foi- voyaient dans la société communiste une libération de l’homme, un mythe purificateur. Le régime de l’URSS leur apparaissait comme une société affranchie du règne de l’argent promouvant les droits humains. Lorsqu’on leur exposait les tares du régime communiste, ils criaient au complot capitaliste. Il était à la mode alors d’être dans leur sillage. Les bien pensants de la société occidentale affichaient leur sympathie pour le régime de Moscou.
Pourtant, des renseignements de plus en plus précis et concordants commençaient à transparaître mais les zélotes du communisme n’y voyaient que le résultat d’un complot fasciste.
Et puis vint Soljenitsyne et son archipel du Goulag. Ce fut le début d’une autre époque. Par la force de son témoignage, il démontrait aux yeux du monde entier le caractère concentrationnaire du régime soviétique. Il n’était dés lors plus possible de ne pas le croire. Il n’était plus tolérable de tolérer l’intolérable. Les yeux s’ouvrirent. Les communistes des sociétés occidentales abjurèrent leur foi. Les régimes communistes déjà gangrenés s’effondrèrent. L’ensemble de l’univers communiste s’ébranla.
La force de Soljenitsyne est là. Il est l’homme qui a tué le système communiste en rendant désormais impossible la validation de sa légitimité.
Charles Debbasch
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jeudi, juillet 10, 2008
LE DERNIER JOURNAL TELEVISE DE PATRICK POIVRE D'ARVOR
LE DERNIER JOURNAL DE PATRICK POIVRE D’ARVOR
Au moment où il présente son dernier journal télévisé sur TF1 un sondage publié dans le Journal du Dimanche après l'annonce de son éviction sondage doit faire chaud au cœur de Patrick Poivre d’Arvor. Il révèle qu’une majorité de téléspectateurs (55%) ont désapprouvé la décision de la direction de TF1 de mettre fin à ses fonctions et les 2/3 ont souhaité que PPDA présente à la rentrée prochaine un JT sur une autre chaîne. C’est qu’en 21 ans de carrière et plus de 4500 journaux présentés, Patrick Poivre d'Arvor avait su donner avec brio l’illustration des différentes facettes de son talent et était devenu un familier des Français dans les foyers desquels, il s’introduisait tous les soirs.
On ne demeure pas si longtemps sur le devant de la scène sans un travail constant, des grandes qualités de présentation et de clarté et une immense gentillesse. C’est pourquoi les rares faux pas de cet artiste ne méritent même pas d’être mentionnés. On est sûr que celui qui, à 61 ans, est resté encore presque un jeune homme trouvera bien vite à s’employer ailleurs et autrement et qu’il abordera sa nouvelle carrière avec bonheur.
Ceci dit le départ de PPDA marque la fin d’une époque. En 21 ans, le monde a changé, la télévision a connu une révolution et une nouvelle génération de téléspectateurs a pris les commandes.
A l’évidence, la société que contemplent les téléspectateurs n’est plus la même. La France n’est plus le centre du monde .La mondialisation est passée par là. Dans la nouvelle société planétaire la mise en valeur des évènements a changé. L’image a pris le pas sur la parole. Un nouveau style d’information plus sobre et plus dépouillé s’est imposé. Le rôle du présentateur s’est réduit. En ce sens, PPDA n’aura pas de véritable successeur.
La grande messe du vingt heures s’étiole de plus en plus. Le monopole de TF1 s’érode de jour en jour. Les chaines d’information grignotent et bientôt dévoreront l’audience de la chaîne de Bouygues qui ne craint pas d’ailleurs avec LCI de se cannibaliser elle-même.
Enfin, la manière même de s’exprimer a changé comme elle se modifie à chaque génération. Lorsque j’étais étudiant en droit dans les années cinquante, un de nos professeurs nous remplissait d’admiration. Il ne préparait pas beaucoup ses cours mais s’exprimait avec un style «vieille France » si alambiqué et précieux qu’il finissait par nous séduire. Quelques années plus tard, alors que j’étais devenu doyen de Faculté de droit dans l’après 68, je vis venir vers moi ce professeur qui était devenu mon collègue. Il me demanda de le décharger de son cours dans un grand amphi. Son style qui imposait le respect à mon époque était devenu soudainement désuet et provoquait les rires et les chahuts.
De même, dans la société du troisième millénaire, les modes d’expression ont changé. Et c’est sans doute cette mutation que tente d’accompagner TF1 avec quelque brutalité.
Ce qui ne nous empêche pas d’avoir un serrement de cœur en regardant le dernier journal de PPDA. Notre dernier journal.
Charles Debbasch