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lundi, avril 30, 2007

IMMIGRATION,AUTORITE OU GENEROSITE

L’IMMIGRATION
ENTRE LA GENEROSITE ET L’AUTORITE

Si le débat sur l’immigration est au centre de la campagne présidentielle française, c’est pour deux raisons essentielles La France inquiète devant la mondialisation et les délocalisations recherche son lieu géométrique et aspire à se recadrer sur son identité Sur le chemin de la reconquête de son sens national, elle rencontre les grands mouvements de populations, qui poussent les ressortissants des pays pauvres vers les grandes puissances .Il existe, dés lors, un heurt entre l’aspiration à l’unité française et la multiplication des pôles de diversité communautaristes.

Pour résoudre ce problème, il y aurait deux grands camps.

Les partisans de la générosité qui souhaitent régulariser le plus grand nombre d’immigrés et leur donner le même statut que les Français. On trouverait dans l’autre camp les partisans de l'autorité qui souhaitent restreindre l’aspiration des immigrés vers le sol français et régler par des mesures de police et l’intégration dans un moule uniforme les difficultés engendrées par les immigrés.

Les positions sont en réalité plus nuancées et la herse qui sépare les deux camps se transforme en un caramel mou.

La générosité impose que l’on respecte l’égalité constitutionnelle des citoyens français quelle que soit leur origine. Il faut reconnaître à tous les citoyens les mêmes droits y compris à ceux originaires de l’immigration. Elle ne signifie pas, en revanche, que la France ait l’obligation d’accueillir sur son sol tous ceux qui souhaiteraient s’y implanter. Une immigration incontrôlée provoque des réactions de rejet et ruine l’assimilation.

L’autorité impose que tous les citoyens respectent la loi de la République. Les comportements déviants doivent être pourchassés et les incivilités réprimées. Et cela dans l’intérêt même des immigrés qui ne doivent pas subir dans leur majorité les conséquences des actes répréhensibles qui sont le fait d’une minorité. La trop grande tolérance génère l'intolérance. La permissivité porte en germe le développement du racisme.

Autant dire que le futur gouvernement de droite ou de h=gauche devra tout à la fois aider à une meilleure intégration des immigrés et faire respecter par tous la loi de la République.

IL faut donc respecter la diversité sans tuer l’unité et ne pas confondre la générosité et le laxisme.

Charles Debbasch

mardi, mars 06, 2007

QUELS CLIVAGES POLITIQUES A LA VEILLE DE LA PRESIDENTIELLE

LA FRANCE A LA VEILLE DE LA PRESIDENTIELLE
QUELS CLIVAGES POLITIQUES ?

La France connaît depuis les débuts de la Vé République un clivage manichéen droite- gauche. Le système à dominante bipartisane est le résultat des modes de scrutin. Pour les présidentielles au second tour, deux seuls candidats restent en lice. Ce dualisme oblige aux regroupements et écarte les petits partis qui avaient fait la loi sous la IVe République. Ce système favorise les jeux de balancier et les brusques mutations politiques. Longtemps favorable à la droite, il a procuré l’avantage à la gauche à partir de 1981.

Pourtant se système s’est progressivement essoufflé. Les électeurs ont montré leur agacement par différents signaux.

Alors que l’on pensait que les majorités parlementaires et présidentielles coïncideraient toujours ,les électeurs ont crée des situations de cohabitation. Au détriment de Mitterrand en 1986, au passif de Chirac après la dissolution ratée de 1997.Par une sorte de revanche sur un système électoral contraignant, les électeurs obligent la droite et la gauche au compromis en créant une situation de cohabitation.

L’élection présidentielle de 2002 est encore plus significative. Les électeurs éliminent du second tour le candidat du PS ;Ils dispersent leurs voix sur de petits candidats ; Cette rébellion permet au FN d'être présent au second tour et oblige la gauche et la droite à réunir leurs suffrages sur le candidat Chirac .La progression fulgurante du candidat Bayrou dans l’actuelle présidentielle est également le signe du rejet progressif par l’opinion du système clanique.

Il est vrai que s’il existe plus qu’un papier de cigarette entre les programmes de droite et de gauche, le ravin qui séparait les deux grands clans politiques s’est transformé en une dunette qui se transforme au gré du vent.

Le transfert progressif des pouvoirs vers l’Union européenne affadit les clivages. L’instauration progressive d’une économie ouverte et régulée par l’euro interdit les virages à angle droit. La folie dépensière de 1981 ne serait plus aujourd’hui possible. Le libéralisme échevelé ne pourrait pas davantage s’instaurer. La mondialisation de l’économie impose des contraintes qui remettent en cause les choix idéologiques. Que pèsent les 35 heures face aux risques de délocalisation?

Les grands débats de société voient s’effriter les lignes de fracture Face à la question de l’immigration , l’opinion est partagée par une ligne qui n’est pas celle de la frontière droite –gauche. L’école n’est plus la propriété de la gauche et les enseignants affrontés au pays réel ne se sentent plus esclaves d’un seul camp.

Les partis eux-mêmes ressentent ces transformations. Les sondages inspirent davantage l’action de leurs dirigeants que leurs programmes politiques. Les électeurs par cette démocratie directe redeviennent les maitres du jeu .A force de coller aux sondages , les partis se ressemblent pour tenter de mieux rassembler.

Et pourtant, dans les propos télévisés, les meetings, les deux grands camps continuent à faire comme si rien n’avait changé. Ils profèrent les mêmes anathèmes, les identiques exclusions, les sempiternelles excommunications. C’est qu’ils tiennent à leur pré carré électoral. La loi électorale les oblige pour survivre de continuer à s’affronter pour mieux dominer. Il suffit de constater les tirs croisés de la droite et de la gauche contre Bayrou. L’essentiel de l’argumentation repose sur l’impossibilité de traduire la troisième voie sur le terrain électoral.

Ce clivage entre ce qui est ressenti par l’opinion comme une division obsolète et la nécessité pour la droite et la gauche de s’opposer pour survivre explique en grande partie le désenchantement de l’opinion face aux grands partis et le recherche confuse et désordonnée d’espaces de respiration politique hors des champs traditionnels.

Nous vivons à l’évidence la fin d’une période politique. Des mutations se préparent qui imposeront un renouvellement profond du paysage politique et, sans doute, une modification de la loi électorale.

Doyen Charles Debbasch



lundi, février 19, 2007

PRESIDENTIELLE ET DEMOCRATIE DIRECTE

CAMPAGNE PRESIDENTIELLE : VERS LA DEMOCRATIE DIRECTE

Alors que la campagne présidentielle officielle n’a pas encore débuté, des modifications majeures sont apparues dans le style et dans le fond de la compétition Elles marquent, d’ores et déjà, une nouvelle étape dans l’évolution démocratique française.

La première mutation concerne les organes de médiation entre l’opinion publique et les candidats. Cette médiation était, jusqu’ici, l’œuvre quasi exclusive des journalistes qui jugeaient ou jaugeaient les attentes des électeurs et les réponses des politiques. Progressivement, les journalistes sont en voie de perdre ce monopole. Ils souffrent d’un manque de crédit. Ils sont jugés pas assez indépendants et on leur reproche de confondre trop souvent leur opinion personnelle et la relation des faits. L’irruption de l’internet permet aujourd’hui aux groupes organisés comme aux simples citoyens d’intervenir dans le débat et de faire valoir leur opinion. Ce journalisme citoyen révolutionne la campagne. Il interpelle les candidats aussi bien que les organes d’information.

Un deuxième phénomène illustre les mutations. Le besoin que ressentent les candidats de recueillir directement les souhaits des citoyens ; Segolène Royal a cherché à travers ses débats participatifs à moissonner les desiderata des électeurs .Quant à Nicolas Sarkozy, il est allé au-devant des divers groupes sociaux pour en tirer la substantifique moelle. TF1 ne se contente plus de faire interroger les candidats par des journalistes mais fait appel à un panel d’électeurs. Les sondages eux-mêmes se sont affinés : ils scrutent les attentes avec précision et rigueur.

Une sorte de démocratie directe parait remplacer la démocratie participative.

Il n’est pas certain que cette évolution n’ait que des conséquences positives.

L’addition des vœux contradictoires de l’opinion ne constitue pas une politique. La société française a besoin de réformes de structures qui heurtent les intérêts alors que la photographie de l’opinion est conservatrice. Les politiques qui se calent sur les revendications des groupes sociaux se verront demain reprocher de n’avoir pas été assez audacieux et de ne pas avoir crié haut et fort que le système de sécurité sociale, le régime des retraites, l’éducation nationale vont droit dans le mur si des réformes drastiques ne sont pas initiées le plus vite possible.

Il est vrai que l’homme politique qui annoncerait toutes ces réformes mécontenterait tellement de catégories sociales qu’il aurait peu de chances d’être élu. Il restera alors demain au futur président à ouvrir avec les citoyens le débat de la nécessaire réforme que la campagne électorale n’aura pas permis d’aborder.

Charles Debbasch

jeudi, février 01, 2007

JOSE BOVE CANDIDAT

A QUI NUIT JOSE BOVE ?

Fort des 30.000 signataires de son manifeste qui lui ont demandé d’être candidat, José Bové a annoncé sa présentation à la magistrature suprême.

Sa décision est à l’opposé du choix de Nicolas Hulot. L’écologiste a préféré imposer ses idées plutôt que sa personne. José Bové, lui, s’est lancé dans un combat frontal contre l’establishment politique.

L’idéologie qu’il véhicule est connue : c’est celle de l’alter mondialisme, même si elle reste vague, empreinte d’un anarchisme anti libéral et antimoderniste. A l’évidence cette candidature retiendra les voix de tous ceux qui se sentent exclus du système et qui aspirent à un nouveau grand soir.

Le problème est maintenant d’évaluer, en termes électoraux, le changement qu’induit cette nouvelle candidature. José Bové définit sa base électorale comme celle » d'un rassemblement de forces et de citoyens issus du mouvement social, du monde syndical, de courants politiques et des associations de l'immigration qui aspirent à l'unité de cette gauche-là".
C’est donc à gauche qu’il cherche ses électeurs. Il est donc peu probable qu’il enlève des voix à Nicolas Sarkozy même si quelques déçus du chiraquisme peuvent songer à lui apporter des suffrages sans risque. A gauche, la candidature Bové va distraire des voix au trotskysme et au communisme. Par sa présence médiatique, ce candidat du refus peut également aspirer des voix non négligeables dans l’électorat socialiste comme il peut capter les voix de certains éléphants du PS et de leurs entourages qui n’ont aucun intérêt politique à la victoire de Ségolène Royal.

José Bové peut ainsi devenir le candidat des déçus de tous horizons. un alter candidat en agissant un peu à la manière de Coluche lors de la campagne qu’il avait naguère amorcée.

Charles Debbasch

vendredi, janvier 05, 2007

BLOG CHARLES DEBBASCH DROITE GAUCHE MEME COMBAT ?

DROITE, GAUCHE MEME COMBAT ?

Tout parait concourir en France à la disparition du clivage entre la droite et la gauche. Les grands facteurs de division se sont en effet singulièrement estompés.

Sur le plan économique la gauche a abandonné sa revendication de nationalisation et s’est ralliée à l’entreprise privée. La droite ne défend plus le capitalisme sauvage et elle souhaite mâtiner la loi du marché de considérations sociales. Au demeurant, l’intégration économique européenne et l’euro réduisent les options et toute majorité doit prendre en compte la politique économique arrêtée à Bruxelles. Hier, la gauche était laique et la droite proche de l’Eglise. L’évolution de la société française a amené chacun à s’accorder sur une saine application de la laïcité. Sur le plan des mœurs, hier la gauche était libertaire et la droite rigoriste. Aujourd’hui chacun convient de laisser la vie privée hors du champ du débat politique. Hier la droite était atlantiste et la gauche soudée au bloc de l’Est. Aujourd’hui, chacun opte pour une France intégrée à l’Europe et défendant ses intérêts propres.

Certes sur tous ces points il existe des voix divergentes. Chevènement à gauche est souverainiste comme de Villiers à droite. Sarkozy est plus atlantiste que Chirac. Mais tout ceci ne réduit pas à néant le courant de convergence de la droite et de la gauche.

Mais, voici qu’à l’occasion de la campagne présidentielle ressurgit une profonde ligne de fracture : tandis que Chirac annonce de futurs allègements d’impôts, la gauche incorrigible propose un nouvel alourdissement de la fiscalité. Dans le progrès économique, continuent à se combattre deux philosophies. Pour la droite, il faut enrichir les pauvres tandis que la gauche souhaite appauvrir les riches. Ce sera là un débat clé de la campagne électorale.

Charles Debbasch