UNE POPULATION EN MUTATION
Le tableau démographique 2007 de l'Insee révèle les tendances lourdes des évolutions de la société française.
Pour la première fois en France , les naissances hors mariage sont majoritaires. En 2007, les naissances hors mariage ont représenté 50,5% du total des naissances contre 48,4% en 2006.
C’est la conséquence du lent déclin du mariage. 266 500 unions ont été enregistrées en France métropolitaine et dans les dom tom, contre 274 084 en 2006 et 305 385 en 2000.Lorsqu’ils se marient les Français le font de plus en plus tard. L'âge moyen au mariage, de 31,3 ans pour les hommes et 29,3 ans pour les femmes, a augmenté d'une année entière en moins de cinq ans. L’allongement de la durée des études et le travail des femmes sont à l’origine de ce phénomène.
Par ailleurs, l’institution du mariage a vieilli. Le thème de l’indissolubilité du mariage n’est plus de saison et les Français conscients de la précarité des unions et de la lourdeur et du coût des divorces hésitent à s’engager durablement.
Il est vrai qu’une institution parallèle le PACS poursuit son bonhomme de chemin avec 350 000 déclarations depuis sa création en novembre 1999. La progression des contrats conclus se poursuit à un rythme de 25 %, Il est à noter que contrairement à ce qui avait été envisagé à sa création le PACS concerne surtout des couples hétérosexuels dont l'Insee estime le nombre à 90 000 sur 2007, soit l'équivalent d'un mariage sur trois.
Les bébés sont revenus à la mode. Les vedettes du showbiz se flattaient voilà vingt ans de leurs avortements. Elles exhibent aujourd’hui leurs ventres ronds et leurs jeunes enfants. Le nombre de naissances a atteint globalement 816.500, .Ces enfants vivront de plus en plus vieux : : les plus jeunes Français ont gagné trois mois d'espérance de vie. Un garçon né en 2007 devrait vivre 77,5 ans et une fille 84,4 ans- le record européen de longévité.
Les françaises procréent de plus en plus tard. L'âge moyen des mères a augmenté à 29,8 ans en 2007 contre 29,7 les deux années précédentes .La proportion de nouveau-nés de mères âgées de 35 ans ou plus a atteint 21,1 % du total des naissances, contre 20,5 % l'année précédente et 15,5 % il y a dix ans.
Certes, la population française continue de vieillir mais moins que dans les autres pays européens.
C'est une France nouvelle qui se dégage de cette enquête. Une France plus libérale, moins emprisonnée dans les tabous sociaux. Des Français aussi qui hésitent entre un individualisme exacerbé et la recherche d’un bonheur à deux vécu dans une plus grande modernité.
CHARLES DEBBASCH
vendredi, janvier 18, 2008
LES MUTATIONS DE LA POPULATION FRANCAISE
mercredi, janvier 16, 2008
SARKOZY UNE IMAGE SUREXPOSEE
SUREXPOSITION PRESIDENTIELLE
La politique de la République ne se fait pas en fonction des sondages. Mais, ceux-ci sont des indicateurs précieux des frémissements de l’opinion. Or, pour la première fois depuis son élection, le nombre de Français mécontents du président (48 %) dépasse celui des satisfaits (45 %) (Sondage BVA-Orange pour L'Express du 17 janvier, effectué auprès de 1 050 personnes).En quelques semaines, la cote de confiance qui était largement positive s’est effritée. Les causes de cette descente au purgatoire sont multiples.
Les Français ont élu un Président, au parcours politique atypique qui a promis de dire la vérité aux Français. Ils ne lui ont pas fait reproche de sa vie privée agitée tant la sincérité leur est apparue préférable au mensonge. Mais le mélange de la vie privée et de la vie publique leur apparaît quelque peu inconvenant. L’éloge public du rôle de Cecilia a séduit mais il est apparu trop proche du divorce. Le "Avec Carla Bruni c’est du sérieux" est venu trop vite suivre la séparation avec la première première dame. Ce télescopage d’évènements donne quelque peu le tournis et nourrit l’impression que la vie privée a pris le pas sur la vie publique.
Le même désordre s’est installé dans la communication élyséenne. S’il n’est pas choquant que le secrétaire général ou le porte parole du Président s’expriment ;il est incongru de voir la « plume » du Président expliquer ce qu’il a voulu dire dans « ses »discours. Je ne connais qu’une expression écrite ou orale c’est celle du Chef de l’Etat et je me moque bien de savoir qui lui a suggéré telle phrase ou telle tournure. Dés que le président s’est approprié un texte, celui-ci constitue la parole présidentielle .Pour avoir rempli, ce rôle de plume de plusieurs Chefs d’Etat, je sais que cette fonction requiert la modestie : -il faut toujours savoir rester à l’ombre du président-, la malléabilité- il faut sans cesse s’adapter à ce que veut le Président- et l’extrême effacement car il ne faut jamais se glorifier du travail que l’on a fait. Dés lors que le discours est prononcé , il est la parole du Président car celui-ci n’est pas le perroquet de son nègre C’est réduire la fonction présidentielle que s’en approprier des pans entiers. Les Français ont élu Nicolas Sarkozy et non Henri Guaino ou tel autre.
Enfin, si les Français ont choisi un Président actif, ils s’inquiètent de la suractivité qui donne l’impression de la fragilité. En photographie, une image surexposée est difficile à percevoir. Il en va de même dans la vie des Etats. .L’image d’une Présidence au pas de course fatigue l’opinion et donne parfois l’impression d’une absence de consistance.
Charles Debbasch
mercredi, janvier 09, 2008
LA CIVILISATION SARKOZY
LA CIVILISATION SARKOZY
Les hommes politiques forgent les lois et les règlements. Ils tentent parfois de modifier les comportements.
Lorsqu’ils sont plus audacieux, ils s’efforcent de changer la vie et parfois la société.
Leur empreinte sur la civilisation est plus difficile à mesurer. L’ensemble des comportements et des facteurs dominants qui constituent une civilisation s’inscrivent dans le marbre des siècles là ou le pouvoir du politique se dilue dans la poussière des années. Soixante ans de communisme ont changé la société russe. Ils n’ont pas vraiment modifié la civilisation russe.
Aussi l’étonnement fut grand lorsque Nicolas Sarkozy lors des vœux de nouvel an émit la prétention d’inscrire son action dans une perspective de civilisation. C’est pour répondre à cette interrogation que le Chef de l’Etat a consacré 45 minutes de sa conférence de presse du 8 janvier 2008 à expliquer son ambition.
"J'ai été élu en promettant un changement en profondeur, une véritable rupture", a-t-il martelé en expliquant que "la politique de la civilisation" est pour lui "la politique de la vie".
Les gouvernants dans les sociétés contemporaines au fonctionnement complexe se contentent le plus souvent de s’occuper de la gestion. Ce qui laisse une grande place aux bureaucraties et à l’immobilisme. Nicolas Sarkozy cherche à retrouver le fondement éthique de l’action gouvernementale. Il veut substituer une politique des valeurs à l’administration du quotidien
Sur ce terrain éthique, il souhaite promouvoir "l'amour, l'ouverture aux autres, l'humanisme, le respect". Dans la même veine, il a promis de faire inscrire avec l'aide de Simone Veil, l'égalité entre hommes et femmes, le respect de la diversité, l'intégration et les questions de bioéthique dans le préambule de la Constitution.
A l’évidence, cette recherche du sens de l’action est essentielle. Nos sociétés contemporaines ressemblent trop à des bateaux ivres qui se rendent résolument mais on ne sait où. Enfermées dans la quête du profit matériel, elles ont pour seul point d’ancrage la recherche du taux de croissance.
Mais il ne faut pas non plus oublier que l’homme politique n’est pas un prêtre. Il lui est difficile de se réfugier dans l’Olympe là où les électeurs l’attendent dans la rue. Il doit donc se préoccuper de l’intendance. Et après avoir disserté sur la philosophie de l’action Nicolas Sarkozy a du redescendre au niveau des taxes et redevances et de la publicité sur les chaines publiques.
Il n’est pas cependant indifférent que le Président de la République s’efforce d’introduire une nouvelle clé de cohérence dans l’action publique.
Charles Debbasch
J’ai théorisé la politique giscardienne dans mon livre L’ETAT CIVILISE paru chez Fayard en 1978
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samedi, janvier 05, 2008
FUMER EST DANGEREUX VIVRE EST UN RISQUE
LES RAILS DE LA NOUVELLE SOCIETE
Depuis le 1 janvier, il est interdit de fumer dans les lieux publics. Une nouvelle contrainte pèse désormais sur les citoyens. Nul ne peut contester que cette mesure repose sur des raisons impérieuses de santé publique. Cette nouvelle interdiction vient s'ajouter à la longue liste des réglementations qui visent à protéger les citoyens contre eux-mêmes comme l'obligation du port de la ceinture ou du casque, le cortège de mesures destinées à limiter la consommation d'alcool. Voici à présent que d'aucuns cherchent à dicter le contenu de nos assiettes ou notre degré d'activité physique.
Après tout, il n'ya là rien que de très normal. Les Français de 2008 veulent vivre plus vieux. Pourquoi ne pas les faire bénéficier des progrès de la recherche médicale en leur expliquant les moyens de progresser en âge dans la meilleure forme.
Pourtant là où le problème se pose c'est le moment ou la préconisation devient une prescription légale sanctionnée pénalement. De jour en jour, ces nouvelles obligations de comportement viennent limiter les libertés individuelles. Or ce sont les régimes les plus libéraux qui les initient : les pays anglo-saxons sont les inventeurs des mesures anti-tabac.
Il parait donc y avoir une singulière contradiction entre l'idéologie affichée de libéralisme et l'usage répété de la contrainte légale.
C'est en réalité la collectivisation des risques qui explique ce décalage. Dans la mesure où dans nos sociétés l'Etat ou des organismes collectifs deviennent, de plus en plus , les assureurs tous risques des aléas de la vie, ils sont tentés de réglementer nos comportements pour réduire la facture à payer. Une société qui assure contre la maladie cherche, c'est bien normal, à réduire le nombre de malades et donc à faire en sorte que les bien-portants se comportent sagement. Ainsi, progressivement, les citoyens deviennent des motrices posées sur des rails qui dictent le parcours de la vie.
Du moins tant que ces robots acceptent de se voir ainsi guidés. La vie est un risque et un être humain est-il encore tel lorsqu'il est protégé de tout.
La rigidité des réglementations porte en germe pour demain de belles rébellions.
Charles Debbasch
jeudi, décembre 27, 2007
MISS FRANCE ET MONSIEUR SARKOZY
Elle s'appelle Valérie Bègue .Elle est originaire de La Réunion, ce sublime département français de l'Océan Indien. Elle a triomphé d'une lourde compétition. Elle a été sacrée Reine des françaises. La voilà hissée sur un piédestal chargée d'incarner la beauté française dans le monde entier. On imagine sa joie , sa fierté et celle de toute la population de sa région.
Et puis patatras, voici que l'on découvre qu'elle s'est laissée naguère photographiée nue ce qui choque la responsable de la compétition la très autoritaire madame de Fontenay qui ne songerait jamais à exhiber ses formes si ce n'est revêtue de son célèbre couvre-chef. Voilà notre Reine menacée d'être détrônée. Car une Reine de beauté doit faire rêver. Elle doit incarner la pureté, l'innocence même si l'on imagine que, pour en arriver là, elle a du affronter l'atmosphère souvent glauque de ces studios photos où errent des prédateurs avides de chair fraiche et de photos volées. Mais, l'essentiel est que cela ne se sache pas. On comprend la rigidité de Madame de Fontenay. Une Majesté ne doit jamais montrer les faiblesses de sa cuirasse. Elle doit convaincre qu'elle est autre. Le rêve collectif est à ce prix.
Il s »appelle Nicolas Sarkozy. Il est le Président de tous les Français élu haut la main après une compétition loyale et respectable. Le Président de la République est un véritable monarque républicain. Dans la conception française du pouvoir, il est au dessus et en dehors des autres. Les Chefs d'Etat n'en sont pas moins des êtres humains de chair et de sang. Ils ont leurs passions et leurs faiblesses L'essentiel est que le bon peuple n'en sache rien et continue d'imaginer que son Roi est d'une essence différente.
L'usage voulait donc que ses monarques fussent discrets sur leur vie privée. Ils pouvaient avoir compagnes et maitresses mais les citoyens devaient l'ignorer.
Arrive Nicolas Sarkozy qui décide de nous faire vivre en direct sa passion contrariée avec Cecilia puis sa liaison avec la sublime Carla Bruni. Un tel exhibitionnisme ne relève pas de l'accident. C'est de façon délibérée que le Président dévoile au grand jour sa vie privée. Il a compris que la société a changé et que dans la société de communication moderne le secret n'est plus possible. Mais l'attitude de Nicolas Sarkozy a une motivation plus profonde. Il souhaite désacraliser le pouvoir, le rendre plus accessible à chacun. Il souhaite donner l'image d'un Président qui mène une vie semblable à celle de ses compatriotes. Il se prive de la majesté de ses fonctions et s'expose sans réserve.
Miss France est une majesté à laquelle on reproche sa nudité. Nicolas Sarkozy abandonne son vêtement monarchique pour laisser percevoir sa nudité républicaine.
Charles Debbasch
lundi, décembre 24, 2007
LA CULTURE FRANCAISE EN QUESTION
LA CULTURE FRANCAISE EST-ELLE MORIBONDE ?
S’il fallait un exemple du repli hexagonal, le quasi silence qui a suivi la publication dans l’important magazine Times d’un article provocateur sur la mort de la culture française en constituerait une excellente illustration. Car, enfin, un pays qui se flatte d’être le berceau de la culture universelle ne peut être indifférent à un jugement même, exagéré ou partial, que porte sur lui l’extérieur.
Le constat dressé par l’auteur DON MORRISSON mérite d’être examiné. 727 nouveaux romans sont en librairie à la rentrée 2007, mais moins d'une douzaine sont traduits aux Etats-Unis chaque année. Près de 200 films sont produits chaque année dans l'Hexagone, mais près de 50 % des recettes du box-office reviennent au cinéma américain .La création musicale déserte Paris et le marché de l’art s’est enfui à l’étranger.Et pourtant le budget de la culture est un des plus importants au monde (1,5 % du PNB, contre 0,7 % en Allemagne, 0,5 % au Royaume-Uni, 0,3 % aux Etats-Unis). La culture est largement subventionnée par l'Etat, les régions ou les municipalités. Elle a peu de rayonnement hors des frontières.
Aucun auteur français ne se dégage du marais littéraire : où sont donc les Camus ou Malraux ? Les films français restent intimistes et confidentiels. La cote des peintres français reste faible. Qui connaît à l’étranger un autre chanteur français que Johny Halliday ? La génération des Trenet, Piaf ou Aznavour s’éteint sans descendance.
On peut trouver ce constat exagéré, il, n’en traduit pas moins une réalité incontestable. La culture française est en déclin. La France est en crise de création.
A l’image de la société française, la culture est bureaucratisée. Le pouvoir y appartient à une cohorte de fonctionnaires qui distribuent aides et subventions sans égard pour le marché. Des coteries se sont constituées dans les régions et à Paris dont l’art de capter les aides publiques est plus fort que les talents. Tout ce système s’est forgé ses codes de comportement et s’est arrogé le pouvoir de parler au nom d’une culture ésotérique et élitiste. Comme ces grands prêtres ne sont pas surs que le public épouse leurs choix ils ont forgé des barrières de protection. Supprimer une subvention relève du sacrilège et voit se dresser les signataires de manifestes.et si le malade ne veut pas ingurgiter les breuvages ainsi fabriqués, il faut les lui délivrer de force avec la politique des quotas qui est à la culture ce que le gavage est aux oies.
La politique vient à s’en mêler. Le bon adepte de la culture doit être de gauche à, peine d’être rejeté dans le royaume des oubliettes. Il doit éviter de déranger le conformisme idéologique Jusqu'à Soljenitsyne, un bon écrivain se devait d’approuver le marxisme et de considérer Moscou comme la partie des droits de l’homme.
La France a de beaux équipements publics mais elle en est aussi l’esclave. Elle parait préférer les contenants aux contenus. Les réalisations architecturales sont si nombreuses qu’elles absorbent une grande parie des crédits.
La société littéraire exclusivement parisienne est un concentré de copinages .Membres des comités de lectures, chroniqueurs, et producteurs de radios ou de télés inondent la production de livres qui sont à la littérature ce que le papier journal est au vélin.
Quant au public ; peu s’en préoccupent .Le succès populaire est presque un handicap et les auteurs à succès sont martyrisés par le fisc et s’évadent à l’étranger.
Mais le déclin de la culture française n’est que la traduction d’un déclin plus profond celui de la France elle-même. Le culte de la jouissance immédiate a remplacé la recherche de la perfection. Les hédonistes ont pris la place des créateurs.
La culture est une ascèse : la volonté de dépasser les miasmes du quotidien pour construire la planète des utopies, la recherche désintéressée pour grandir et magnifier l’espèce humaine, la confiance dans la jeunesse, la quête permanente de la vérité en abolissant les conformismes. On est loin des trente cinq heures et du cortège des égoïsmes. Le plus grand ennemi de la culture française c’est un matérialisme qui ne dit pas son nom, c’est le refus du libéralisme innovateur , c’est une bureaucratie paralysante qui emprisonne les volutes de l’esprit, les arabesques du savoir..
Voilà pourquoi le message délivré par le Times mérite d’être pris au sérieux.
Charles Debbasch
dimanche, décembre 16, 2007
EUROPE LE TRAITE DE LISBONNE
UNE NOUVELLE EUROPE
Le jeudi 13 décembre 2007, les dirigeants européens ont signé avec solennité le traité de Lisbonne. Ce document remplace la défunte constitution européenne, qui avait été rejetée par référendum en France et aux Pays-Bas il y a deux ans.
La méthode suivie à l’initiative du Chef de l’état français a été plus pragmatique et moins ambitieuse que la précédente. On ne parle plus de constitution, terme qui laissait penser à une intégration des Etats membres dans un ensemble unitaire. On se fixe des objectifs plus limités. Mais, le but poursuivi ne change pas. Comment accélérer l’intégration européenne ? Comment permettre une meilleure prise de décision ?
Car il est vrai qu’une Union à vingt sept membres ne pouvait plus se gouverner avec la lourde procédure de l’unanimité.
Désormais, sur un grand nombre de questions dont la coopération judiciaire et policière, l'éducation ou la politique économique., il suffira d'avoir 55% des États (donc 15 sur 27) qui représentent au moins 65% de l'ensemble de la population pour qu'une décision soit prise. C’est un progrès considérable. L'unanimité restera cependant la règle pour la politique étrangère, la sécurité sociale, la fiscalité et la culture.
Un Président du Conseil européen sera nommé pour deux ans et demi, renouvelable une fois.
Le haut représentant pour la politique étrangère-que l’on n’appellera pas ministre- présidera le Conseil des Affaires générales et des Relations extérieures. A partir de 2014, la Commission sera réduite. Le nombre de commissaires ne sera plus égal à celui des Etats membres. La Commission européenne comptera 18 commissaires (soit les deux tiers du nombre des Etats membres). Les Commissaires seront choisis sur un système de rotation égalitaire entre les Etats membres pour un mandat de 5 ans. Le nombre de parlementaires européens ne dépassera pas 750. Le nombre de députés par pays sera fixé par un système proportionnel dégressif avec un maximum de 96 et un minimum de 6 pour chaque pays.
Il faudra certes que ces dispositions soient ratifiées par les vingt- sept Etats membres pour entrer en vigueur. Mais, chacun a admis que ce serait la procédure parlementaire qui serait utilisée pour cette ratification et non le referendum populaire.
C’est déjà un aveu de faiblesse. L’Europe est perçue par les populations de l’Union plus comme une machine bureaucratique que comme une Nation expression d’un vouloir vivre collectif. Enfermée dans un jargon technocratique et dans des procédures complexes, elle reste difficilement intelligible pour la plupart des citoyens européens. Quant aux gouvernants des Etats membres, ils sont souvent tentés par un double jeu : solliciter l’aide de l’Europe pour disposer des moyens, blasphémer l’Europe pour se décharger de leurs responsabilités lorsque quelque chose va mal.
Certes Paris ne s’est pas fait en un jour. Mais, en faisant passer l’élargissement avant l’approfondissement, les stratèges de l’Europe ont crée les conditions d’une vulnérabilité de l’Union européenne devant de gros orages.
Le traité simplifié est néanmoins un grand pas dans la bonne voie.
Charles Debbasch