LE PARTI SOCIALISTE, PETAUDIERE OU ARMEE MEXICAINE ?
A six mois du Congrès du PS à Reims."Le PS se transforme en véritable pétaudière", a estimé le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang, a surenchéri : "l'inflation de candidatures au sein du Parti socialiste donne parfois le tournis. ‘’ Tous deux faisaient référence aux luttes internes qui se déroulent actuellement pour le contrôle du parti.
Ségolène Royal a clairement dévoilé son ambition : "Si les militants en décident ainsi et l'estiment utile pour le Parti socialiste, j'accepterai avec joie et détermination d'assumer cette belle mission de chef du parti".
Deux principaux courants s’opposent pour la désignation du premier secrétaire du Ps. Certains veulent dissocier ce choix de l’investiture d’un présidentiable D’autres, sans doute avec raison, estiment que la personne qui contrôlera le parti sera celle qui aura le plus de chances d’être choisie comme leader de la présidentielle.
Sur ce terrain Ségolène Royal est inquiète de voir un bulldozer défricher une voie impériale. Bertrand Delanoë, fort de son succès parisien, a mis en place une stratégie pour couper la route à la candidate de 2007. Et la mayonnaise prend. Selon un sondage IPSOS pour le Point, le maire de Paris devance Mme Royal de plus de 10 points parmi les "sympathisants" socialistes pour diriger le PS, avec 52% contre 40%, et de 14% pour être président de la République, Or l’exemple de Ségolène Royal l’a prouvé :si cette tendance dans les sondages se confirme Bertrand Delanoë aura toutes les chances de se voir choisi pour diriger le Parti ; A moins que la coalition des rivaux parmi lesquels on trouve Dominique Strauss-Kahn, Julien Dray, Laurent Fabius, Pierre Moscovici mais aussi Laurent Fabius, Manuel Valls, et François Hollande ne réussisse à imposer une solution peu probable d’intérim.
Et la doctrine dans tout ça ? Et le programme ? Ils sont balayés pour l’instant par le déferlement des ambitions.
Alors le PS une pétaudière ? Non, plutôt une armée mexicaine.
Charles Debbasch
samedi, mai 17, 2008
LE PARTI SOCIALISTE PETAUDIERE OU ARMEE MEXICAINE
CONTRIBUABLES PRIVES DE NICHES
CONTRIBUABLES PRIVES DE NICHE
Le gouvernement souhaiterait priver les contribuables de quelques niches fiscales. On entend par là ces domaines où les redevables pensent se mettre à l’abri du fisc. Exemple type : la loi Malraux qui permet en investissant dans des biens à caractère historique et culturel de bénéficier d’abattements fiscaux.
Il est vrai que ces niches n’ont jamais vraiment protégé les citoyens. Elles ont en effet le don d’irriter les fonctionnaires des impôts qui vont chercher ceux qui croient être tranquilles dans leurs niches et dirigent de préférence contre eux les contrôles.
Je trouve surprenant cette utilisation du vocable de niche. Elle ramène le contribuable au rang d’un animal apeuré qui cherche dans un abri de fortune une protection contre le dinosaure fiscal. Vous me direz que les contribuables en ont assez d’être tondus comme des moutons. Peut être.
Mais, n’y a-t-il pas d’autre remède ? Ne serait-il pas plus simple de ramener l’ogre étatique à de plus justes proportions ? Au lieu d’être vorace comme un lion, on souhaiterait qu’il se satisfasse d’un appétit d’oiseau. L’Etat ressemble à un restaurateur qui charge tant ses additions qu’il finit par perdre ses clients ; Chassés de leurs niches, les contribuables seront tenté de gagner des espaces mieux protégés .Ainsi se vérifiera cette loi implacable des finances publiques. Plus le taux d’imposition est fort et moins les rendements sont élevés ; Comme on l’a justement affirmé : les gros taux tuent les totaux.
Charles Debbasch
dimanche, mai 11, 2008
ROULEAUX DE PRINTEMPS
ROULEAUX DE PRINTEMPS
Une grave affaire secoue depuis quelques jours le palais de justice de Bruges. Le fournisseur de papier toilette n’ayant pas été réglé par l’Etat a suspendu ses livraisons.
De ce fait, les juges, procureurs, greffiers et autres employés sont priés d'apporter leur propre papier toilette .La question est immédiatement remontée au niveau politique. Le porte parole du ministre de la justice a estimé que "Ce qui s'est passé est un héritage du précédent gouvernement et ce n'est pas acceptable.
On ne peut que l’approuver. Imaginez le désarroi d’un procureur qui découvre trop tard l’absence de papier dans les toilettes obligé de solliciter l’assistance d’un justiciable. Celui-ci pourra légitimement imaginer qu’il est , dés lors, dans les petits papiers de la justice. Pensons au désarroi du juge qui va être obligé de sacrifier les feuilles d’un jugement à un usage insolite.
Rassurons nous cependant : dans un Etat qui est secoué par la concurrence entre flamands et wallons voici, enfin, une question qui rassemble. Pour une fois, le problème à résoudre n’est pas d’ordre linguistique. La Belgique rassemblée sera d’accord pour doter les magistrats de Bruges de leurs rouleaux de printemps.
Charles Debbasch
mardi, mai 06, 2008
L'AN I DE NICOLAS SARKOZY
L’AN I DE NICOLAS SARKOZY
Lorsque l’on fera plus tard l’analyse de cette première année du quinquennat de Nicolas Sarkozy, on ne pourra pas ne pas être frappé par la rapidité avec laquelle l’extraordinaire concert louangeur qui a accueilli son investiture a été suivi par un ouragan de critiques voire de dérision. On ne manquera pas alors de s’interroger sur les causes de cette brutale inversion. On fera alors inévitablement un partage entre ce qui résulte des erreurs du nouveau président et ce qui est la conséquence de la crise économique mondiale.
Qu’il soit permis pour l’instant de se départir de l’actuel « assassinat » médiatique du Chef de l’Etat pour tenter un bilan plus équilibré.
Le désamour actuel avec l’opinion publique, il est vrai est indiscutable et les médias ne font que refléter les mouvements de l’opinion. Ainsi, selon un sondage OpinionWay du 3 mai 2008 dans "Le Figaro". seuls 32% des sondés sont satisfaits des résultats de la politique menée (contre 66% de mécontents), 36% sont satisfaits du respect des engagements de campagne (contre 61% de mécontents), 35% sont satisfaits de la manière dont M. Sarkozy exerce la fonction (contre 63% de mécontents) et 40% sont satisfaits des réformes engagées (contre 58% de mécontents). - 62% des Français pensent que la France va traverser une grave crise d'ici la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, et plus d'un Français sur deux (55%) ne souhaite pas qu'il se représente en 2012, selon un sondage CSA pour l'hebdomadaire Marianne.
Le constat est net et sans indulgence. Pour l’instant, les Français ne sont pas convaincus du caractère bénéfique de l’action du nouveau Président.
Si le Président a eu du mal, dans cette première année de mandat, à trouver son style c’est en grande partie parce qu’il a traversé un drame personnel. Tous ses efforts pour retenir sa femme, Cecilia, ont été vains. Or, celle-ci n’était pas que son épouse, elle était aussi sa principale collaboratrice avec ses exigences propres et sa Cour. Les tumultes de la séparation ont donc dépassé les limites de la chambre à coucher. Mais l’opinion publique devenue très tolérante sur la vie des couples n’a pas apprécié que succède à ce tumulte l’exhibitionnisme de sa nouvelle relation : l’effet Disneyland fut à cet égard désastreux.
Plus négative encore fut la tentative du président de désacraliser la fonction présidentielle. Tous les chefs d’Etat qui ont succédé au Général de Gaulle ont tenté de débarrasser, dans les premiers mois de leur investiture, la présidence de sa pompe. Ils sont vite retournés au classicisme ; mais Nicolas Sarkozy a chargé la barque en ce sens un peu fort. Et le ‘con’ du Salon de l’agriculture restera comme un excessif couac.
Mais, tout ceci n’aurait été que fétu de paille si Nicolas Sarkozy n’avait pas cherché à bouleverser le jeu des institutions acceptées par les Français remplaçant les ministres par ses collaborateurs personnels, ravalant son Premier ministre à un rang non pas subordonné mais indéterminé. Ce faisant, le chef de l’Etat portait atteinte à des institutions auxquelles les Français sont attachés. Il s’exposait aussi inutilement La nouvelle vague de l’élite sarkozyste n’avait pas encore assimilé toutes les ficelles du pouvoir pour assumer le rôle que le Président voulait lui voir jouer.
Nous sommes cependant, d’ores et déjà, dans l’archéologie : le Président a reconnu ses erreurs et a considérablement modifié sa façon de gouverner. On doit désormais juger le fond et non plus la forme.
Le Président n’a pas renoncé à sa volonté de réforme malgré la crise économique mondiale et, sur ce point, on ne peut que l’approuver. Les structures de la France sont sclérosées et elle s’enfoncera dans le déclin si elle ne sait pas se moderniser. Il n’y pas, à cet égard, d’autre alternative que d’alléger les structures de l’Etat, de transformer les règles du jeu social, de dynamiser l’économie. Bien entendu , ces réformes ne sont pas indolores et exigent du temps pour produire leurs effets. Mais elles sont en chantier et ceci est à porter à l’actif du chef de l’Etat.
Le président a engagé la diminution du train de vie de l’Etat et a commencé à réduire le poids de la fonction publique. Pour 2008, l'objectif a été retenu de ne pas remplacer un fonctionnaire sur trois, soit 22.900 suppressions de postes. En 2009 , l’objectif de ne pas remplacer un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera respecté. La carte judiciaire a été réformée et prés de 250 tribunaux ont été supprimés. Une nouvelle loi a modernisé avec succès le statut des universités. Grâce à un brillant ministre de l’Education Nationale, un important mouvement de remise à niveau des écoles, collèges et lycées a été largement initié. - La suppression de la carte scolaire a été engagée La loi sur le service minimum en cas de grève dans les transports est entrée en vigueur.
D’importantes réformes visant à réorganiser la protection sociale sur des bases plus saines ont été lancées. Les régimes spéciaux de retraite ont été réformés. La durée de cotisation passera de 37,5 à 40 ans dès 2012. Elle sera de 41 ans en 2016. Les franchises médicales s'appliquent depuis le 1er janvier 2008 pour 45 millions d'assurés sociaux, qui doivent prendre en charge 50 centimes par boîte de médicaments et par acte paramédical.
Le souci de redonner confiance à l’initiative et à la libre entreprise a dicté de nombreuses mesures. Le paquet fiscal a quasiment supprimé les droits de succession et porté le bouclier fiscal à 50%. Un crédit d'impôt bénéficie aux personnes ayant acheté leur logement après le 6 mai 2007. . La défiscalisation des heures supplémentaires est entrée en vigueur. Le chômage a baissé de 0,8 point en 2007.Il s’établit à 7,8% de la population active malgré une conjoncture internationale désastreuse.
Le rétablissement de la sécurité et du contrôle des frontières a été largement entrepris. Un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale a été créé et une nouvelle loi durcissant les conditions du regroupement familial a été adoptée. Les peines plancher pour les récidivistes et la remise en cause de l'excuse de minorité dans certains cas pour les mineurs ont été adoptées. Le placement en rétention de sûreté des criminels restés dangereux à l'issue de leur peine qui a été voté ne sera cependant constitutionnel que pour les condamnations prononcées avant l'adoption de la loi, le 7 février 2008.
L’action internationale du Président est largement approuvée par l’opinion ; Il a renforcé des liens malmenés par Dominique de Villepin avec les Etats-Unis et le Royaume uni. C’est grâce aux initiatives de Nicolas Sarkozy qu’a été adopté le Traité simplifié modernisant l’Union Européenne.
On le voit le bilan de Nicolas Sarkozy est loin d’être négatif et très loin de la présentation caricaturale qui en est faite.
Restent pour l’avenir deux interrogations majeures
La première dépend du Président ; aura-t-il la sagesse de s’en tenir à son nouveau style et au respect de l’équilibre institutionnel de la Cinquième République. A cet égard, une grande partie de la réforme constitutionnelle - notamment ‘’l’apparition’’ du chef de l’Etat devant le Parlement- devrait être abandonnée.
La seconde est tributaire de l’environnement économique. L’opinion jugera en fonction de l’évolution du pouvoir d'achat. Et dans ce domaine tout est encore dans l’indétermination.
Rendez-vous dans l’an II !
Charles Debbasch
dimanche, mai 04, 2008
QUAND L'ECONOMIE COMMANDE LA POLITIQUE
QUAND L’ECONOMIE COMMANDE LA POLITIQUE
Apparemment, ces faits n’ont aucun point commun.
En Italie, la gauche est défaite et la droite de Berlusconi l’emporte.
En Grande Bretagne, les travaillistes de Gordon Brown sont sévèrement sanctionnés et le parti conservateur de Cameron redore son blason.
En France, la gauche l’emporte haut la main aux élections locales infligeant un sérieux revers aux troupes sarkozistes.
Tandis que la droite progresse en Italie et en Grande Bretagne, c’est le PS qui avance en France.
On peut trouver des explications à ces résultats dans le désordre : le manque de charisme de Gordon Brown, l’absence de leader incontesté d la gauche italienne face à Berlusconi, les fautes de style et de communication de Nicolas Sarkozy .Mais ce n’est là que de l’écume.
Le fond des choses est que toutes ces élections ont été défavorables aux gouvernements en place parce que c’est à eux que les opinions publiques imputent les conséquences de la dégradation de la situation économique.
De la même façon, les électeurs français avaient fait payer, en 1981, à Valery Giscard d’Estaing les conséquences négatives du premier choc pétrolier.
Tout ceci doit conduire les politiques à la modestie. La politique est plus tributaire de l’économie que celle-ci de celle-là.
Un enseignement à en tirer pour la France.
Si la conjoncture économique se renverse favorablement, tous les reproches faits à Nicolas Sarkozy s’évanouiront.
Si elle continue à se dégrader, toutes les ressources du volontarisme sarkozien ne seront pas suffisantes pour redresser la situation.
Charles Debbasch
vendredi, mai 02, 2008
LA REVISION DE LA CONSTITUTION
LE PROJET DE REVISION CONSTITUTIONNELLE
Le 23 avril 2008 le gouvernement a donné sa forme définitive au projet de révision de la Constitution. Celle-ci est à présent entrée dans le stade parlementaire qui devrait s’achever par un vote du Congrès. La majorité des 3/5 étant requise, son adoption définitive n’est pas assurée.
POURQUOI CETTE 24EME REVISION CONSTITUTIONNELLE
La Constitution de 1958 a été modifiée à vingt-trois reprises depuis sa publication par le pouvoir constituant, soit par le Parlement réuni en Congrès, soit directement par le peuple à travers un vote référendaire. Elle comporte actuellement seize titres, cent quatre articles (dont deux transitoires) et un Préambule. Ce dernier renvoie directement et explicitement à trois autres textes fondamentaux : la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789, le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 (la Constitution de la IVe République) et la Charte de l'environnement de 2004.
Le Président de la République a, par le décret du 18 juillet 2007, confié à un comité de réflexion, composé de personnalités le soin de lui soumettre des propositions sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Ve République. Ce comité, présidé par M. Édouard Balladur, a remis ses conclusions le 29 octobre 2007.
Cette vingt quatrième réforme repose sur la volonté du Président de moderniser les institutions. Sa volonté initiale ayant été d’accentuer la présidentialisation du régime, il a en compensation développé le rôle du parlement et renforcé les garanties des citoyens.
LA RENOVATION DU MODE D’EXERCICE DU POUVOIR EXECUTIF
Dés son élection, Nicolas Sarkozy avait souhaité pouvoir s’exprimer devant les Chambres. Le texte lui donne : désormais la possibilité de s’adresser directement aux parlementaires, son allocution pouvant donner lieu, hors de sa présence, à un débat non suivi d’un vote. Cette procédure nouvelle aurait vocation à n’être mise en œuvre que dans des moments particulièrement solennels de la vie de la Nation.
Cette réforme qui court-circuite quelque peu le Premier ministre introduit une certaine ambigüité. Car ,de deux choses l’une, ou le président dispose d’une majorité à l’assemblée et alors sa parole sera redondante de celle du chef gouvernement, soit on se trouve dans une situation de cohabitation et alors le risque existe que les parlementaires soient tentés de mettre en cause le Président malgré son irresponsabilité.
Par ailleurs, le projet de loi limite le nombre de mandats présidentiels consécutifs à deux .On touche ici du doigt l’absurde institution du quinquennat. Le Président aurait du être autorisé à effectuer deux mandats de sept ans.
Le nombre maximum des ministres figurera désormais dans une loi organique .Cela ne’ parait pas très contraignant, on peut faire confiance à l’imagination juridique pour créer, si le besoin s’en fait sentir, des postes échappant à toute limitation.
Désormais, le pouvoir de nomination du Président de la République à de hautes fonctions sera encadré. Pour certaines des nominations relevant du Président de la République, les emplois ne seront pourvus qu’après avis d’une commission constituée de membres des deux assemblées du Parlement. Il reviendra à une loi organique de fixer la composition de la commission, de poser le principe de l’audition publique des personnalités pressenties et de préciser la liste des emplois concernés. La procédure s’appliquera aussi, aux membres du Conseil constitutionnel, aux personnalités qualifiées visées à l’article 65 de la Constitution relatif au Conseil supérieur de la magistrature par le projet de loi.
Les garanties qui entourent la mise en œuvre de l’article 16 de la Constitution qui donne au Président de la République des pouvoirs exceptionnels en cas de crise d’une extrême gravité sont renforcées. Le texte prévoit non plus seulement la consultation préalable du Conseil constitutionnel, mais aussi la saisine possible de ce dernier par les parlementaires à l’issue d’un délai de trente jours, puis son auto-saisine un mois plus tard et à tout moment au-delà, aux fins de vérifier que les conditions de mise en œuvre de ces pouvoirs sont toujours réunies.
Le droit de grâce ne pourra plus s’exercer à titre collectif. Il n’aura désormais vocation à s’exercer qu’à titre individuel et après avis d’une commission dont la composition sera fixée par la loi.
Sans modifier les articles 5 et 20 de la Constitution, qui définissent les rôles respectifs du Président de la République et du Gouvernement, l’article 8 atténue l’incohérence que représente l’affirmation de l’article 21, selon laquelle le Premier ministre est « responsable de la défense nationale » alors, d’une part, que le Président de la République est le chef des armées, d’autre part, que le Gouvernement est collégialement responsable de l’ensemble de la politique de la Nation devant le Parlement. La rédaction proposée vise à permettre une clarification des responsabilités dans cette matière.
LA REVALORISATION DU ROLE DU PARLEMENT
Plusieurs dispositions visent à revaloriser le rôle du Parlement.
La mission même de la représentation nationale est complétée : il ne s’git pas seulement pour elle de voter la loi mais aussi de contrôler le gouvernement.
Par ailleurs, les prérogatives du Parlement dans l’exercice de ses missions sont renforcées.
Le texte prévoit l’institution d’un partage de l’ordre du jour entre le Gouvernement et le Parlement : chaque assemblée aura la maîtrise de la moitié de son ordre du jour, deux semaines sur quatre étant réservées à l’examen des textes gouvernementaux et un jour de séance par mois étant réservé à l’ordre du jour fixé par l’opposition.
Sauf procédure d’urgence, la discussion en séance d’un projet de loi en première lecture ne pourra intervenir qu’au bout d’un mois après son dépôt et, dans la seconde assemblée, 15 jours après sa transmission.
Le projet de loi limite les cas de recours à la procédure de l’article 49 alinéas 3 (adoption sans vote) qui ne concernera plus que les lois de finances, les lois de financement de la Sécurité sociale et les lois constitutionnelles. Cette restriction est fortement contestée par la majorité sarkozyste
Le projet constitutionnel renforce également la capacité d’initiative du Parlement avec l’introduction de la faculté de voter des résolutions Par ailleurs, le nombre maximum de commissions permanentes passera de 6 à 8 dans chaque assemblée.
Le projet de loi prévoit par ailleurs l’instauration d’un régime d’autorisation parlementaire pour la prolongation d’une intervention militaire extérieure au-delà de six mois.
Plusieurs dispositions visent à accroitre la représentativité du Parlement. Une commission indépendante, dont la loi fixe les règles d’organisation et de fonctionnement, se prononce par un avis public sur les projets et propositions tendant à délimiter les circonscriptions pour l’élection des députés ou des sénateurs ou à répartir les sièges entre elles.les français établis hors de France bénéficieront désormais d’une représentation à l’Assemblée Nationale et la composition du Sénat permettra la représentation des collectivités locales « en fonction de leur population » par le Sénat.
LE RENFORCEMENT DES GARANTIES DES CITOYENS
Plusieurs dispositions visent à renforcer les garanties des citoyens. Mais leur effectivité dépendra des textes d’application à venir.
La composition du Conseil économique et social sera revue. Il devra faire davantage de place aux organisations non gouvernementales, aux jeunes, notamment aux étudiants, et le cas échéant aux grands courants spirituels. Il pourra, par ailleurs être saisi par voie de pétition citoyenne
De façon très timide est introduite l’exception d’inconstitutionnalité. Les justiciables auront la faculté de contester, par voie d’exception, la constitutionnalité de dispositions législatives déjà promulguées, réserve faite des textes antérieurs à 1958.Mais seules les juridictions suprêmes des deux ordres de juridictions auront la faculté de saisir le Conseil Constitutionnel de l’exception.
Un Défenseur des droits des citoyens, pourra être saisi par toute personne s’estimant lésée par le fonctionnement d’un service public ; une loi organique précisera ses modalités d’intervention ainsi que les autres attributions susceptibles, le cas échéant, de lui être dévolues en complément de sa mission constitutionnellement définie. Le périmètre d’intervention sera déterminé selon une approche pragmatique et progressive. Outre celles de l’actuel médiateur, pourraient notamment être reprises, dans un premier temps, les attributions du contrôleur général des lieux de privation de liberté ainsi que celles de la commission nationale de déontologie de la sécurité.
Enfin, l’article 28 du projet organise la refonte du Conseil supérieur de la magistrature. Le Président de la République cessera d’en assurer la présidence. Pour garantir, outre l’indépendance de l’institution, sa nécessaire ouverture, il est également prévu que les magistrats seront désormais minoritaires au sein du Conseil.
LES INTERROGATIONS DE LA REFORME
Le texte gouvernemental assure, sans contestation possible, une modernisation des institutions. S’il arrive à franchir l’obstacle du vote, il est susceptible de rééquilibrer les pouvoirs.
On remarquera cependant que la révision, partie d’une volonté de présidentialiser le régime politique, aboutit, en fait, en renforçant les pouvoirs du parlement, à en accentuer les tendances parlementaires.
Par ailleurs, les avancées en matière de droit des citoyens restent timides alors que le nœud du problème est là : comment redonner aux citoyens des voies de droit simples et efficaces pour combattre les dérives des pouvoirs publics.
Charles Debbasch
lundi, avril 28, 2008
LE ROYAUME DES FRITES
LROYAUME DES FRITES
Pour ceux qui en douteraient, la Belgique n’a pas pour seul ciment unitaire le Roi. Elle reste le royaume incontesté de la frite. Il n’est dés lors pas étonnant que le gouvernement belge vienne d’annoncer l'ouverture d'une enquête pour "clarifier le prix correct d'un cornet de frites" .
Le ministre de l'Economie et de la Simplication administrative, Vincent Van Quickenborne, a chargé les autorités nationales de la concurrence "de mener une enquête préliminaire afin d'expliquer la différence de prix entre les pommes de terre et les cornets de frites". Le porte-parole du ministre s’est étonné que " Les frites s'enchérissent plus vite que les pommes de terre, "Le but de l’enquête est de trouver une explication pour cette différence.
J’ai interrogé les spécialistes et ils m’ont fourni des explications qui ne sont pas toutes convaincantes.
Les uns m’ont soutenu que plus le prix de la patate mont, moins on peut mettre de frites dans le cornet mais la quantité de papier pour le cornet restant la même la part de la valeur du papier par rapport au contenu s’accroit considérablement.
Les autres m’ont soutenu que la faute en revient à l’huile de friture ; moins il ya de frites et plus le coût relatif de l’huile dans le cornet se développe.
Mais, l’explication la plus hardie m’a été fournie par le syndicat belge de la petite friture(SBPT) qui m’a très doctement expliqué que moins il ya de frites par cornet, plus le travail de découpe est délicat. Le nombre de salariés s’accroit au fur et à mesure que le nombre de frites par cornet diminue. Il faut ajouter que l’état moral du personnel devient déplorable car les découpeurs de pommes de terre sont aussi des mangeurs de frites et, renchérissement de la vie oblige, ils sont en manque de leur précieuse drogue. Ils n’ont plus la frite.
Au gouvernement belge alors de proposer une mesure radicale l’institution d’une carte de sécurité sociale donnant droit à un contingent minimum de frites.
Les frites c’est chic !
Charles Debbasch