vendredi, juillet 04, 2008

A QUI TRANSMETTRE LE MISTIGRI DE LA HAUSSE DES CARBURANTS ?

A QUI TRANSMETTRE LE MISTIGRI DE LA HAUSSE DES CARBURANTS ?
En ces temps de hausse vertigineuse du prix de l’essence chacun cherche à se prémunir comme il peut.
Les professionnels se retournent contre l’Etat en lui demandant des allègements de taxes. Les routiers, les pécheurs.les taxis se sont ainsi rappelés de façon bruyante à l’attention du gouvernement. D’autres professions transfèrent le supplément de charges sur les usagers. C’est le cas des compagnies aériennes qui augmentent le prix de leurs billets d’une surcharge carburant. Mais, comme toujours, c’est des Etats-Unis qu’est venue la réaction la plus originale. Certaines municipalités commencent à appliquer une surcharge "essence" sur les amendes pour excès de vitesse afin de financer le plein des patrouilles de police, La ville de Holly Springs, dans la banlieue d'Atlanta (sud-est), applique, depuis le 1er juillet, une surtaxe de 12 dollars sur les amendes pour infraction au code de la route. Cette surcharge de 12 dollars devrait rapporter environ 20.000 dollars à cette ville de 7.700 habitants.
Il y a là naturellement une idée à creuser pour le ministère des Finances français. Imaginons que l’on fasse subir aux automobilistes une sorte de double peine. Ils paieraient pour remplir leurs réservoirs et ils paieraient pour remplir ceux de la police chargée de les pourchasser.
Le ministre Borloo, quant à lui,avait institué un bonus pour les voitures économes et un malus pour les autos gourmandes. Mais il y avait trop de bénéficiaires du bonus. Ne voila-t-il pas qu’il propose que le malus qui était acquitté une seule fois lors de l’acquisition du véhicule devienne annuel ?
On peut bien entendu continuer dans cette voie jusqu’au jour ou les constructeurs automobiles menaceront de mettre sur le pavé quelques milliers de leurs employés si l’Etat ne leur accorde pas une subvention par véhicule produit.

Charles Debbasch

jeudi, juillet 03, 2008

LA LIBERATION D'INGRID BETANCOURT

LA LIBERATION D’INGRID BETANCOURT

La libération d’Ingrid Betancourt, grâce à l’action du gouvernement légitime de Colombie sous l’impulsion du Président Alfonso Uribe, a été unanimement louée et il faut s’en réjouir.

Il ne manquait pourtant pas de voix, il y a quelques semaines encore, pour soutenir qu’il fallait traiter avec les FARC. C’est qu’il existe de doux rêveurs qui applaudissent à des révolutionnaires de pacotille, violents et sanguinaires, financés par la drogue. Depuis que les visages du Che fleurissent sur les tee-shirts des jeunes bourgeois occidentaux, un mythe de la légitimité insurrectionnelle s’est forgé.

Mais, cette sympathie était combattue par les mouvements de soutien à Ingrid Betancourt. Un gigantesque chaîne de solidarité s’était forgée pour défendre cette héroïne aux mains pures devenue un personnage de roman, une pasionaria des droits de l’homme, le visage de l’angélisme face aux puissances du mal.

Mais, paradoxalement, la célébrité d’Ingrid Betancourt rendait sa libération difficile. Le poids de l’otage donnait du relief à l’action des FARC qui la retenaient prisonnière et donnait à ce mouvement une puissante monnaie d’échange.

La libération d’Ingrid Betancourt porte un coup décisif à l’action des FARC ; Elle est un brillant succès pour tous ceux qui n’ont cessé d’espérer. Dans un hommage collectif, l’ex-otage leur a, avec émotion, témoigné sa reconnaissance.

Charles Debbasch

mardi, juillet 01, 2008

QUEL AUDIOVISUEL PUBLIC ?

QUEL AUDIOVISUEL PUBLIC ?

Le débat actuel sur le financement de l’audiovisuel public a le grand mérite d’inciter à une réflexion plus globale sur le secteur public de l’audiovisuel.

En proposant d’éliminer la publicité des chaines publiques, le Président Sarkozy a lancé un grand pavé dans la mare.

Les arguments échangés à ce propos ne sont pas tous inspirés de la meilleure bonne foi. Par exemple, la gauche s’accroche aujourd’hui au financement publicitaire des chaines publiques alors qu’elle soutenait , en 1967, que le secteur public devait être exclusivement financé par des ressources fiscales ou parafiscales. Quant à la droite qui rêve de réduire les prélèvements obligatoires, ne voilà-t-il pas qu’elle propose de créer une nouvelle taxe sur les opérateurs téléphoniques pour financer les chaines publiques.

Les controverses illustrent la profonde évolution que connait la communication audiovisuelle qui n’est pas prés de s’achever.

De nouveaux acteurs apparaissent qui concurrencent les empires installés. Les nouvelles techniques -et notamment la TNT et la télévision par internet- viennent bouleverser les situations acquises.TF1 vacille et avec elle c’est une époque de la télévision qui se clôt. Celle d’un public unique regardant le même programme au même moment. Désormais les audiences se parcellisent. Ce n’est plus la chaine qui impose son programme à son heure mais le citoyen qui bâtit son programme à la demande. Le foyer n’est plus le cadre exclusif de la réception. Les récepteurs sont devenus mobiles. Une nouvelle concurrence se noue entre les chaines privées et de nouveaux acteurs se développent.

Quant à la télévision publique, elle a du mal à définir sa spécificité. Le financement public la soustrait aux pressions commerciales mais l’expose à un renforcement de la tutelle publique. La recherche de la qualité ne doit pas l’inciter à l’ésotérisme. Comment garder son public et son audience sans perdre son âme
En novembre 2005, Thierry Vedel, rédacteur du rapport sur la télévision en France, note que « la télévision publique est soumise à une injonction contradictoire : on attend d’elle des émissions exigeantes et des grilles originales, mais on la compare continuellement à la télévision privée en termes de taux d’audience, de performance économique ou de management ».

Tôt ou tard on se rendra comptez que le secteur public de l’audiovisuel est hypertrophié en France. En matière de télévision , il est constitué de la holding France télévision (France 2, France 3, France 4, France 5 et réseaux d’Outre mer avec RFO) .Il faut ajouter à la holding France télévision, la chaîne culturelle ARTE, issue du traité du 2 octobre 1990, la chaîne parlementaire (LCP), détenue par les deux assemblées, la chaîne internationale francophone, TV5 Monde, détenue pour 2/3 par les entreprises publique, et la chaîne de télévision française d’information internationale, France 24.Quant au secteur public radiophonique, il est composé de Radio France,( un réseau constitué de radios nationales, telle que France inter et France info, de radios régionales ou locales, telle que France Bleue, et de France culture. ) et d’autre part par Radio France internationale.

A l’évidence, il faudra un jour ou l’autre dégraisser ce mammouth public qui n’a plus de raison d’être et qui n’est qu’une des illustrations de l’hypertrophie de l’appareil de l’Etat en France.

C’est dire que le débat actuel sur le financement du secteur public n’est que l’amorce d’une réflexion plus globale sur la consistance même du secteur public de l’audiovisuel.

Charles Debbasch

jeudi, juin 19, 2008

RAYMOND DOMENECH ET LES ASTRES

RAYMOND DOMENECH ET LES ASTRES

L’Euro 2008 vient de se terminer en catastrophe pour la France et chacun s’interroge sur l’aptitude réelle de l’entraîneur national Raymond Domenech. De multiples questions sont soulevées et les réponses ne sont pas évidentes.
Dans les moments difficiles, deux types de sorties sont possibles. Il y a la voie rationnelle : il faut alors analyser la capacité réelle d’un entraîneur qui n’a jamais connu le succès, le vieillissement d’une équipe qui conjugue sa gloire au passé. Mais, il y a une autre explication qui relève de l’irrationnel : il faut interroger les astres. C’est ce qu’a tenté de faire le magazine suisse L’illustré qui a demandé ses prédictions à Elisabeth Tessier. L'astrologue avait prédit la victoire... de l'équipe de France à l'Euro-2008 et "un moment unique dans la vie" du sélectionneur Raymond Domenech, "Le ciel de Raymond Domenech, comparé à celui de la finale de l'Euro, m'a éblouie", écrit Elizabeth Teissier."Ce verseau ascendant vierge vit un moment unique dans sa vie, à l'instar d'Alain Prost en 1985, lorsque je lui ai annoncé qu'il serait champion du monde. De là à conclure que la France va gagner l'Euro, il n'y a qu'un pas, que je franchis allégrement!" ajoute-t-elle.
Comble de malchance pour l’astrologue cette chronique a été publiée au lendemain de l'élimination de l'équipe de France de l'Euro. On voudrait pourtant absoudre la Madone des horoscopes. Elle a pensé que Raymond Domenech vivait sur la planète Terre alors qu’il parait le plus souvent dans la Lune.

Il est significatif qu’après l’échec de son équipe, il ait demandé publiquement devant des journalistes sa compagne en mariage. Je pense que l’erreur de prédiction d’Elisabeth Tessier s’explique parce qu’elle n’avait pas pris conscience de l’état d’esprit de l’entraîneur .Le management des joueurs l’intéressait moins que la nouvelle étape de son ménage. Tel était « le moment unique dans la vie» que s’apprêtait à vivre Raymond Domenech. Elisabeth Tessier s’était simplement trompée de terrain de jeu : il ne s’agissait pas d’un stade mais d’une chambre à coucher. Il faut savoir d’une façon ou d’une autre tirer au but.

Voilà comment on est passé des astres au désastre.

Charles Debbasch

lundi, juin 16, 2008

LES LECONS DU NON IRLANDAIS AU TRAITE DE LISBONNE

LES LECONS DU NON IRLANDAIS

Il va falloir très vite tirer les leçons du non de l’Irlande au traité simplifié de Lisbonne.

Certes, on peut trouver qu’il témoigne de quelque ingratitude de la part des électeurs d’un petit pays qui a largement profité de son intégration dans l’Europe.

Certes, on peut trouver qu’il est anormal qu’un seul pays puisse bloquer un processus désiré par tous les autres.

Mais on doit aussi tirer les leçons de ce rejet.

Pourquoi, en effet, les autres Etats ont-ils choisi de ne pas soumettre au referendum la question de l’adoption du Traité simplifié et ont préféré la voie parlementaire. ?

Tout simplement, parce qu’ils savaient que le risque était grand de voir les peuples se prononcer contre l’adoption. On peut être tenté de penser que les élites parlementaires sont plus avancées dans la connaissance de l’Europe que les opinions publiques et que c’est pour cette raison que l’on écarte le choix direct par les électeurs. Mais une démocratie ne doit jamais avoir peur des citoyens.

En réalité, l’Europe est devenu un monstre technocratique auquel les citoyens ne comprennent plus rien. Bien que simplifié le Traité ne comprenait pas moins de 350 pages. Est- ce bien raisonnable ?

L’Europe est lancée dans une fuite en avant qui peut l’entraîner à sa perte. L’élargissement trop rapide à de nouveaux membres avant qu’ait été réalisé l’approfondissement démocratique préalable fut une erreur grave.

Il faut sortir l’Europe de la technocratie et la réconcilier avec les citoyens.

Telle devrait être la tache essentielle de la Présidence française qui s’ouvre dans les prochains jours.

Charles Debbasch

jeudi, juin 12, 2008

QUEL AVENIR POUR L'UMP ?

L’UMP A LA RECHERCHE DE SON IDENTITE

Il n’est jamais aisé d’être le parti du Président. L’UMP le ressent particulièrement à l’heure actuelle.

Son positionnement par rapport au Chef de l’Etat est particulièrement difficile. A l’égard de l’opinion , le parti du Président porte la responsabilité de la politique gouvernementale et donc en assume totalement l’actif mais aussi le passif. Ce qui, en période de crise économique, est lourd à porter. D’où la tentation de se distinguer quelque peu de la position des ministres pour acquérir une volonté propre. C’est ce que tente de faire, avec plus ou moins de succès, Patrick Devedjian .Mais la mesure est difficile à tenir puis qu’il faut se distinguer sans s’opposer, être original sans être dissonant.

La situation du Président de la République n’est guère plus facile. Il doit, à tout prix, garder le contrôle de son parti .C’est lui qui l’a aidé à prendre le pouvoir. C’est lui qui l’aidera à le conserver. Mais, le maintien de ce contrôle est difficile. Les plus fidèles sont devenus des ministres qui disposent de moins de temps pour l’action politique. Les plus ambitieux ne font pas davantage l’affaire car ils aideraient le parti à se distinguer du chef de l’Etat. Nicolas Sarkozy n’a pas laissé une seule personne diriger le parti à sa place. Il a dilué les responsabilités pour permettre aux ambitions de se heurter. Ce qui n’a pas manqué de se produire au prix d’une certaine perte de l’efficacité.

La responsabilité même du Président de la République l’écarte d’une gestion étroitement partisane. Président de tous les Français, il doit se montrer ouvert et disponible pour tous. Il lui faut donc parfois sacrifier les siens sur l’autel de l’ouverture ce qui fait grincer les dents à l’UMP.

L’UMP doit donc être étroitement tenue en main. La bataille pour son contrôle est plus vive que jamais. La situation n’est pas nouvelle. Georges Pompidou était devenu après la dissolution de 1968 le vrai chef du parti gaulliste et avait éclipsé le général de Gaulle. Lionel Jospin avait pris ses distances par rapport à François Mitterrand au nom de la politique d’inventaire. Et Nicolas Sarkozy s’est emparé du parti gaulliste à la barbe de Jacques Chirac.

C’est en réalité par l’action et la proposition que l’UMP trouvera ses propres marques

Charles Debbasch

jeudi, juin 05, 2008

LA VICTOIRE DE BARACK OBAMA

LA VICTOIRE DE BARACK OBAMA

Après une longue période de confrontation avec Hillary Clinton, Barack Obama a obtenu l’’investiture du parti démocrate pour la prochaine élection présidentielle américaine. Il s’agit d’un choix important pour la grande puissance américaine et aussi pour l’ensemble de la société internationale.

Cette compétition a été marquée par une double novation .Pour la première fois un noir et une femme se disputaient la candidature pour la Présidence. Le double mouvement pour l’émancipation des femmes et pour le non discrimination à l’égard des citoyens américains de race noire a produit ses fruits. Il est quand même singulier que ces deux libérations se soient trouvées en compétition. . Pour la première fois, un Africain-Américain va se présenter sous les couleurs de l'un des deux grands partis dans la bataille présidentielle. "Président noir", ces deux mots ne sont plus inconciliables, a souligné le Washington Post.

C’est, sans doute, la singularité de l’Amérique de nous surprendre. Et de nous faire rêver aussi. On est en effet loin des investitures en catimini à la française. Les candidats américains sont contraints à une dure compétition, Etat après Etat, qui favorise la participation populaire c'est-à-dire la démocratie. Prés de trente sept millions de citoyens ont participé au choix du candidat et non, comme en France quelques milliers. Certes le système a un coût mais, à tout prendre, il est infiniment digne et respectable.

Cette longue compétition de six mois révèle les qualités et les défauts des candidats. Elle les aguerrit afin de les rendre dignes du pouvoir. Elle leur permet de roder les aspérités de leurs programmes et de les adapter aux vœux des électeurs Au point qu’à la fin de la compétition, les programmes se ressemblent pour mieux rassembler. Comme l’écrivait Alexis de Tocqueville, en Amérique « C’est donc réellement le peuple qui dirige, et, quoique la forme du gouvernement soit représentative, il est évident que les opinions, les préjugés, les intérêts et même les passions du peuple ne peuvent trouver d’obstacles durables qui les empêchent de se produire dans la direction journalière de la société. »

L’investiture de Barack Obama illustre l’émergence d’une nouvelle Amérique, un melting pot où les Whasps ne monopolisent plus le pouvoir.

A présent, une nouvelle compétition s’ouvre qui opposera le candidat démocrate à John Mac Cain, le candidat républicain. Barack Obama va avoir besoin des femmes américaines qui avaient rêvé voir la féminité gouverner à la Maison Blanche. A ce titre, Hillary Clinton peut-être un bon appui et donc une personne à honorer de quelque façon que ce soit. On comprend alors l’hommage que Barack Obama a rendu à sa rivale. « La sénatrice Hillary Clinton est entrée dans l'Histoire dans cette campagne, pas seulement parce qu'elle est une femme qui a accompli ce qu'aucune femme n'avait accompli avant, mais parce qu'elle est un leader qui inspire des millions d'Américains par sa force, son courage, et son engagement. (…) Notre parti et notre pays sont meilleurs grâce à elle, et je suis un meilleur candidat pour avoir eu l'honneur de faire campagne contre Hillary Rodham Clinton. » Traumatisée par l’échec, la compagne de Bill n’a donc pas tout perdu.

Charles Debbasch