UN NOUVEAU LIVRE DU DOYEN DEBBASCH
LA
SARKOZYE GOUVERNANTE
2008 avait été l’année de l’apprentissage. En 2009, se fixent les grands équilibres du nouveau pouvoir. Le style de l’action présidentielle a été remis au diapason des souhaits des électeurs : moins impulsif et plus rigoureux. L’équipe de l’Elysée maîtrise, à présent, parfaitement la conduite de l’appareil de l’Etat.. La révision constitutionnelle accroit considérablement les pouvoirs du parlement et contrebalance heureusement la tentation présidentialiste. Le pouvoir exécutif n’est plus le maître absolu du jeu. Il doit désormais composer avec les parlementaires, y compris ceux appartenant à sa propre majorité. Miné par une guerre de succession, le PS est affaibli et il peine à retrouver les lignes d’un nouveau programme. La décrépitude du PC ajoute à la confusion à gauche. Ce champ de ruines laisse une large place à l’extrême gauche La crise économique et financière peut, cependant, à terme, permettre à l’opposition de retrouver quelque vigueur unitaire. Nicolas Sarkozy avait souhaité être le président du pouvoir d’achat. Il doit à présent chercher à redonner à l’Etat un rôle moteur dans l’économie pour surmonter la crise. C’est cette lente émergence d’une nouvelle société que révèle cet essai «LA SARKOZYE. GOUVERNANTE »L’auteur riche d’une longue expérience éditoriale-qui l’a conduit du journal Le Monde au Figaro en passant par Jeune Afrique et le groupe de presse Rhône-Alpes y livre ses réflexions sur les mutations de la France dans cette année de maturation du nouveau pouvoir Cette chronique écrite d’une plume alerte et sans complaisance aidera à mieux comprendre les lignes de force de la France en mutation.
Charles Debbasch a poursuivi une brillante carrière universitaire et politique. Agrégé des Facultés de Droit à 24 ans. Il est ensuite le plus jeune Doyen de Faculté, puis, le plus jeune Président d’Université à Aix-Marseille. Membre du Cabinet d’Edgar Faure à l’Education nationale, il est Conseiller à la Présidence de la République sous le septennat giscardien. Spécialiste des médias il a notamment dirigé pendant dix ans le groupe de presse Dauphiné Libéré-Lyon Matin Auteur d’une soixantaine d’ouvrages, il est aujourd’hui ministre, conseiller spécial du Président de la République togolaise Faure Gnassingbé
L’HARMATTAN ISBN : 978-2-296-11278-0 • février 2010 • 246 pages
version numérique (pdf texte) : 6 656 Ko
Prix éditeur : 22,5 € / 148 FF
samedi, février 06, 2010
UN NOUVEAU LIVRE DU DOYEN DEBBASCH: LA SARKOZYE GOUVERNANTE
LE SEXE DE L'AMBASSADEUR
LE SEXE DE L’AMBASSADEUR
C’est un Ambassadeur pakistanais. Diplomate confirmé, il a rempli de nombreuses missions importantes.
Bien qu'ayant servi depuis plusieurs années en tant que fonctionnaire des affaires étrangères de son pays, il n'a pas reçu l'agrément pour être nommé ambassadeur du Pakistan en Arabie saoudite.
Ses compétences ne sont pas en cause. On lui reproche simplement son patronyme. Il s’appelle Akbar Zeb ce qui signifie en langue arabe gros sexe. Pour les mêmes motifs , le Pakistan qui avait déjà proposé Akbar Zeb pour les postes d'ambassadeur aux Emirats Arabes Unis et au Bahreïn avait été recalé. Le journal Arab Times précise : «On peut penser que le fait de proposer le nom de Zeb à des pays de langue arabe est une forme de punition de la part du ministère pakistanais des Affaires étrangères, ou le résultat d'une boulette particulièrement flagrante.»
En France, une telle discrimination par le nom ne serait pas possible. Akbar Zeb pourrait saisir la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité. pour la discrimination dont il est victime. En effet, parmi les 18 critères de discrimination interdits figure le patronyme.
Il n’empêche. On peut imaginer que chaque apparition d’un tel ambassadeur dans un lieu public provoquera quelque curiosité. Il n’y a pas de fumée sans feu.
Charles Debbasch
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lundi, février 01, 2010
la caf et le drame du togo
CAF....OUILLAGES
LES QUATRE FAUTES D'ISSA HAYATOU
En décidant la suspension du Togo pour les deux prochaines Coupes d'Afrique (suspension pour 4 ans et une amende de 26.250.000 fcfa)le président Hayatou de la Confédération africaine de football a pris une décision indigne qui ne fait que s'ajouter à une longue suite de fautes.
PREMIERE FAUTE LA DESINFORMATION
Lorsque la délégation togolaise est mitraillée au Cabinda, les instances de la CAF parlent d'abord de l'éclatement d'un pneu,Puis, lorsque l'attaque est dévoilée par les medias, Hayatou reproche à l'équipe du Togo d'être venue en bus et non en avion;Or l'équipe s'était bien rendue au Congo voisin en avion et avait l'encadrement militaire de l'Angola pour faire ces quelques kilomètres en bus.
DEUXIEME FAUTE LA TENTATIVE DE CORRUPTION DE L'EQUIPE
Lorsque les joueurs décident de rentrer au Togo, des émissaires de la CAF viennent proposer des sommes d'argent conséquentes à l'équipe du Togo pour l'inciter à rester dans la compétition. Contrairement à ce que dit Hayatou, ce n'est pas le gouvernement seul qui a demandé à l'équipe de rentrer au Togo mais c'est une décision concertée avec l'équipe que la CAF a tenté de remettre en cause,
TROISIEME FAUTE LA NON PARTICIPATION DE LA CAF AUX OBSEQUES DES TOGOLAIS
Issa Hayatou s'est abstenu de participer aux obséques. Quant au ministre angolais des Sports , il s'est déconsidéré en se déclarant satisfait du déroulement de la Coupe et en parlant simplement de petits incidents.
QUATRIEME FAUTE LA SANCTION
Il ne manquait plus pour parachever la dérive de la CAF qu' à punir le Togo d'avoir été mitraillé alors que la CAF n'avait pas été capable de maintenir l'ordre public. Hayatou a osé le faire entraînant de vives réactions des joueurs.Emmanuel Adebayor capitaine de la sélection du Togo, est monté au créneau pour tancer les dirigeants de la CAF. Pour lui, Issa Hayatou « doit dégager » avant d’expliquer « nous avions perdu deux membres de notre délégation dans la fusillade de Cabinda, et nous étions obligés de rentrer. Le pire, c’est qu’Issa Hayatou était venu nous rencontrer et nous avait promis de soutenir notre décision. C’est ce que je ne comprends pas. Aujourd’hui, je le dis haut et fort : c’est un irresponsable ».
Dés lors il ne reste plus au Togo que les voies de la justice.
L'instruction pénale révèlera à coup sur le poids des interêts qui ont guidé Hayatou dans son délire.
Charles Debbasch
samedi, janvier 30, 2010
L'AFFAIRE CLEARSTREAM,LA VICTIME,LES COUPABLES ET LE PROCUREUR
L'AFFAIRE CLEARSTREAM, LA VICTIME,LES COUPABLES ET LE PROCUREUR
Le tumulte assourdissant qui a entouré le jugement rendu par le Trbunal de Paris le 28 janvier 2010 dans l'affaire Clearstream où s'entremêlent des données juridiques et l'affrontement politique Sarkozy-Villepin trouble la compréhension du dossier au point que l'on en arrive à confondre les victimes et les coupables,Tenons-nous en donc aux simples données juridiques.
LA VICTIME :NICOLAS SARKOZY ET AUTRES
Pour mettre en cause Nicolas Sarkozy et diverses autres personnalités, des commanditaires aidés par des complices ont falsifié des listings bancaires de la banque Clearstream en y ajoutant plusieurs noms dont celui de l’actuel Président de la République. Ont été également visées plusieurs personnalités politiques ayant exercé des responsabilités dans l'industrie, la défense ou au ministère de l'intérieur - Alain Madelin, Jean-Pierre Chevènement, Dominique Strauss-Kahn, Charles Pasqua . Il s'agissait de faire croire à l'opinion publique que toutes ces personnes détenaient des comptes bancaires cachés à l'étranger,Nicolas Sarkozy était principalement visé par la manipulation,L'objectif recherché était de l'exclure de la compétition présidentielle.
L'actuel chef de l'Etat est donc dans l'affaire Clearstream la victime principale .C'est lui que des manipulateurs ont voulu atteindre par la falsification et la manipulation.On aurait tort d'oublier cet aspect essentiel de l'Affaire.
LES COUPABLES CONDAMNES PAR LE TRIBUNAL
Deux condamnations principales touchent les responsables de la falsification des listings ou de leur divulgation.
Jean-Louis Gergorin ,l'ancien vice-président exécutif d'EADS, corbeau de l'affaire, a été condamné à trois ans de prison, dont 21 mois avec sursis, et 40.000 euros d'amende pour dénonciation calomnieuse, usage de faux et recel d'abus de confiance.Le parquet,pour sa part, avait requis trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 45.000 euros à son encontre.
Imad Lahoud, le mathématicien falsificateur des listings Clearstream, a été condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et 40.000 euros d'amende pour complicité de dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux et recel d'abus de confiance.
Pour sa part,le parquet avait requis deux ans de prison, dont six mois avec sursis, et 45.000 euros d'amende à son encontre pour dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux et recel d'abus de confiance.
LA RELAXE DE DOMINIQUE DE VILLEPIN
La Justice avait la difficile tache d’établir si Dominique de Villepin avait simplement souhaité faire établir la vérité des faits ou s’il avait, au contraire, appuyé sur l’accélérateur pour mettre en cause Nicolas Sarkozy.
L'ancien premier ministre bénéficie d'une double relaxe.
Le tribunal estime d'une part que la preuve n’est pas rapportée à l’encontre de Dominique de VILLEPIN de l’existence tant d’une instruction, donnée en connaissance de cause, de commettre le délit de dénonciation calomnieuse dont il aurait été l’instigateur, que d’une abstention d’empêcher la réitération de la dénonciation qu’il aurait su calomnieuse, susceptible de constituer un acte de complicité .
D'autre part, le tribunal estime qu'il résulte de l’information et les débats que Dominique de VILLEPIN ignorait jusqu’au 15 octobre la provenance exacte des documents ; que la preuve n’est pas rapportée qu’il les ait eus matériellement en sa possession ; qu’il n’est pas établi que Dominique de VILLEPIN ait concouru par l’instruction de saisir le juge Renaud VAN RUYMBEKE, à la remise à ce magistrat des documents de provenance frauduleuse au travers des envois des 3 mai, 14 juin, 20 août et 4 octobre 2004 ; qu’il s’ensuit que le délit de recel n’est pas constitué à son encontre.
Il convient en conséquence de renvoyer Dominique de VILLEPIN des fins de la poursuite engagées à son encontre du chef d’une part de complicité d’usage de faux et d’autre part de recel de vol et d’abus de confiance
Le procureur pour sa part avait conclu à la responsabilité de Dominique de Villepin estimant que l'on avait affaire à une"manipulation complexe d'une ampleur exceptionnelle… l'intrication délibérée du vrai et du faux, l'association réfléchie de faits réels et de calomnie". Les acteurs de cette affaire entretiennent tous "un rapport altéré à la vérité ".
L'APPEL DU PARQUET
Alors que Nicolas Sarkozy avait manifesté son intention d'en rester là, le Procureur de la République a immédiatement relevé appel du jugement entraînant des réactions véhémentes de l'ancien premier ministre. Pourtant, il s'agit d'une procédure habituelle dans des instances où plusieurs protagonistes sont poursuivis simultanément. Il est difficile en appel de saucissonner le dossier.L'appel du Parquet doit permettre un réexamen global de l'Affaire.L'appel du parquet est une décision évidente, selon le Procureur. "Je n'ai pas changé d'opinion, le dossier apporte la preuve irréfutable qu'à la mi-juillet 2004, M. de Villepin savait que les listings étaient faux. Il n'y a pas eu de stratégie concertée avec l'Elysée. Ne retrouver devant la cour d'appel que les seuls Gergorin et Lahoud, c'était un procès tronqué. Je suis cohérent, j'ai une conviction, c'est la conception que j'ai de mon métier."
Ainsi, malgré la personnalité des protagonistes, cette Affaire se situe dans le droit commun de la procédure pénale.
Charles Debbasch
mercredi, janvier 27, 2010
SARKOZY DANS LA FOSSE AUX LIONS
SARKOZY DANS LA FOSSE AUX LIONS
Les gouvernants -et particulièrement le Président de la République -font toujours l’objet de critiques contradictoires. S’ils se contentent de définir les lignes générales de la politique, on leur reproche d’être « éloignés des gens ».S’ils traitent des problèmes de terrain, on estime qu’ils perdent la majesté de leurs fonctions.
Voilà sans doute pourquoi Nicolas Sarkozy a découpé son intervention sur TF1 du lundi 25 janvier 2010 en deux séquences : au Journal télévisé pour définir les principes et face à un panel de Français pour montrer sa proximité avec les problèmes du quotidien
.Cette seconde partie était évidemment la plus difficile pour le Président. La conjoncture est morose et la crise touche les entreprises et les citoyens. Le Chef de l’Etat paraissait voué à être mangé tout cru dans la fosse aux lions.
Rien de cela n’est advenu. Malgré les redoutables attaques de certains de ses interlocuteurs-notamment celle d’un syndicaliste de l’automobile, Nicolas Sarkozy a réussi à convaincre.
Il est vrai qu’il possédait remarquablement ses dossiers. Il n’a jamais été pris en défaut.
Par ailleurs, il a su rester très calme et ne pas entrer dans les voies de la polémique.
Au total, le Président de la République a réussi une opération de communication particulièrement difficile. 8,6 millions de téléspectateurs en moyenne ont suivi l'émission du président de la République sur TF1.57% de ces Français ont été convaincus.
Cette performance remarquable est à elle seule un événement qui éclipse quelque peu les deux annonces importantes faites par le Président : le maintien de la retraite par répartition et la prévision de la baisse du chômage.
Le Sarkozy de TF1 était du meilleur cru.
Charles Debbasch
mardi, janvier 19, 2010
HAITI EN DETRESSE
HAITI EN DETRESSE
Le terrible tremblement de terre qui vient de frapper Haïti s’est produit dans un Etat dont les structures sociales et politiques sont disloquées. L’ONU y exerce une sorte de tutelle .Devant la défaillance de l’Etat, l’Organisation y entretient depuis quatre ans une lourde mission : 7 000 soldats et 2 000 fonctionnaires cherchent à assurer la gestion et la sécurité d'Haïti.
UNE SITUATION DE CRISE AVANT MEME LE TREMBLEMENT DE TERRE
La mauvaise gouvernance mine les structures de l’Etat. La corruption atteint des niveaux considérables. La sécurité n’est pas assurée. La misère se développe. 80% des Haïtiens vivent en dessous du seuil de pauvreté .76% de la population dispose de moins de 2 dollars par jour. Haïti est classée au 149ème rang sur 182 du développement humain dressé par le PNUD.La déforestation aggrave les dérèglements climatiques. Des ouragans dévastateurs se succèdent. L'ouragan de septembre 2004 a détruit les plantations et a eu de lourdes conséquences humaines : plus de 1 160 morts et 1 250 disparus. Quatre cyclones, en 2008, ont fini de détruire ce qui restait des infrastructures et ont ravagé le secteur agricole. C’est dire que le tremblement de terre de ce 14 janvier est survenu dans une situation déjà profondément dégradée.
LE DRAME DU TREMBLEMENT DE TERRE
Le 12 janvier 2010 un tremblement de terre de magnitude 7 a frappé la capitale et l’Ouest du pays. Les principaux centres de décision du pays dont la présidence ont été touchés. Plusieurs membres du gouvernement sont morts .Plus de 150 casques bleus dont le chef de mission Hédi Annabi et son adjoint sont morts ou portés disparus. Les morts dans la population civile se comptent par dizaine de milliers et les survivants manquent pratiquement de tout.
L’aide internationale qui était supplétive devient à présent la seule solution pour endiguer l’anarchie. Les Etats-Unis aidés par la proximité géographique sont en voie d’y déployer une dizaine de milliers d’hommes pour rétablir l’ordre et dispenser des secours. L’Europe a arrêté également un important programme d’aide.
QUAND UN ETAT DISPARAIT
A l’évidence aucun Etat n’est à l’abri de cataclysmes d’une telle ampleur. Imaginons, par exemple, ce que serait un tel événement se produisant à Nice ou à Los Angeles. Dans un monde moderne où les catastrophes produisent de plus terribles conséquences que dans une société pastorale, il faut mettre en place, à l’échelle internationale, une institution chargée de gérer l’exceptionnel, un plan ORSEC à l’échelle de la planète.
Mais, il faut aussi considérer qu’en Haïti, la dissolution de l’Etat aggrave le problème et qu’au-delà de l’assistance il va falloir élaborer un plan international d’assistance pour la reconstruction de l’Etat haïtien.
Charles Debbasch
jeudi, janvier 07, 2010
PHILIPPE SEGUIN L'UNIVERSITAIRE
PHILIPPE SEGUIN L’UNIVERSITAIRE :UN DES PLUS BRILLANTS ETUDIANTS D’AIX-EN-PROVENCE
C’est sans aucun doute l’un des plus grands privilèges de la condition enseignante ; voir éclore des talents dans la fleur de l’âge, les aider à s’épanouir puis, ce qui est plus rarement le cas, les suivre dans leur vie professionnelle .
C’est ma carrière à la Faculté de droit et à l’institut d’études politiques d’Aix-en- Provence qui me permet d’avoir un premier contact dans les années 1966-67 avec le jeune Philippe Seguin.
Le futur magistrat de la Cour des Comptes est alors un ‘’petit‘’pigiste au Provençal de Gaston Defferre et suit à ce titre les activités universitaires. Il me fait part de ses préoccupations. Il poursuit des études littéraires mais souhaite présenter le concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’administration il lui faut donc acquérir un minimum de bases juridiques .
Je lui conseille de s’inscrire à l’Institut d’études politiques d’Aix qui est une excellente passerelle généraliste. Timide , il m’aborde avec un sourire pénétrant et me demande à lui apprendre à affronter les épreuves d’exposé discussion qui sont parmi les plus redoutées des compétitions dans les IEP ou les épreuves de classement de l’ENA. Il me surprend parce qu’il parait avoir déjà tout appris et tout compris .
Il fait partie de ces étudiants qui sont déjà les maîtres de leurs propres professeurs. Mais, le candidat est modeste. Il travaille comme un bulldozer et avale les livres tout en ayant une vie sociale active. Il ne fait pas partie de ces enfants gâtés du septième ou du seizième arrondissement de Paris qui reçoivent dés leur berceau l’ENA en don naturel. Il est un fils de la République, pupille de la Nation, qui a besoin d’être aimé, qui recherche la considération sociale. Il défie le temps à grandes enjambées.
Le voilà reçu à l’ENA alors que j’y officie en qualité de membre des jurys en 1968 et 1969.Nous nous retrouvons parfois pour discuter je suis alors membre du Cabinet d’Edgar Faure qui est considéré comme le diable par la droite universitaire. Philippe Seguin est, comme moi ,perturbé par le mai 1968. Profondément gaulliste, il n’admet pas le nihilisme de la contestation mais sa fibre sociale l’incline à ne pas jeter la pierre aux étudiants et aux ouvriers en colère. Il sort de l’ENA en 1970 dans un rang brillant qui lui permet d’entrer à la Cour des Comptes et je n’aurai heureusement pas à le noter :je viens d’être élu doyen de la Faculté d’Aix-en- Provence et n’ai plus le temps de participer aux jurys de la Rue des Saints Pères. Fréquemment, je vais voir débouler dans mon bureau de président d’Université à Aix le jeune énarque dont la belle famille réside dans le Midi.
C’est une époque agitée dans la vie universitaire de la Cité du Roi René. A la défaveur des découpages universitaires, la Faculté de droit et l’IEP d’Aix ont été englobés dans une Université médicale dont les grands patrons ne comprennent pas grand chose aux sciences économiques et sociales. Nous conduisons alors un grand combat pour la création d’une troisième Université dans la région marseillaise. La lutte est âpre car Gaston Deferre a comme rival le maire socialiste d’Aix Félix Ciccolini et il veut garder le siège de toutes les Universités à Marseille.C’est en 1974 un décret signé Gerge Pompidou qui crée U3.
..La grande histoire retiendra que c’est un jeune conseiller du président de la République qui l’a convaincu. Il s’appelle Philippe Seguin.
L’attachement de Seguin à son Université d’Aix ne se démentira jamais. Il y enseignera à plusieurs reprises et encore à sa mort il présidait le Conseil d’administration de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en- Provence.
Il y avait beaucoup de fidélité dans ce grand homme.
Charles Debbasch
Doyen honoraire
Président honoraire de l’Université de Droit, d’Economie et des Sciences d’Aix-Marseille