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samedi, novembre 21, 2009

LA GUERRE DES STADES

LA GUERRE DES STADES
C’est aujourd’hui dans le sport que se manifeste le nationalisme. L’identité nationale que l’on prétend extirper d’ailleurs s’y affirme au grand jour. Chassez le nationalisme, il revient au galop.
Quatre incidents récents le démontrent.
L’AFFAIRE DE L’HYMNE SUD-AFRICAIN
Après la défaite en rugby de l'Afrique du Sud face aux Bleus à Toulouse, le sélectionneur des Boks Peter de Villiers a estimé que les Français n'ont «pas respecté» l'hymne national sud-africain, chanté par «quelqu'un qui ne chantait pas bien…Je ne veux pas revenir dessus mais c'est vrai qu'on attend juste un peu plus de respect pour notre hymne national comme partout dans le monde»,
Quant à Victor Mayfield le deuxième ligne sud-africain, il a souligné que «quand on met le maillot des Springboks, qu'on rentre sur le terrain et qu'on entend l'hymne, ça donne une motivation supplémentaire car on représente son pays. La manière dont il a été joué ce soir a été risible et d'ailleurs, les Français se sont mis à rire avant la fin. Ca a peut-être eu une influence sur la rencontre»,
En d’autres termes c’est la mauvaise exécution de l’hymne national qui aurait provoqué l’échec des Boks !
LE MATCH ALGERIE EGYPTE
C’est une quasi-déclaration de guerre qui a suivi la victoire de l’Algérie sur l’Egypte en qualification du Mondial 2010. Lors du match aller au Caire, le bus des joueurs algériens a été attaqué et des footballeurs ont été blessés. En représailles, des supporters des Fennecs ont mis à sac le siège algérois de Djezzy, compagnie de téléphonie mobile de l'opérateur égyptien Orascom. D’autres incidents ont sui le match retour qui s’est tenu au Soudan. En réaction l’Egypte a rappelé son ambassadeur en Algérie pour "consultations’’.Quant au Soudan il a convoqué l’ambassadeur égyptien pour lui demander des explications sur les mensonges colportés par la presse égyptienne sur des accrochages entre les supporters égyptiens et algériens. "Le ministère des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur d’Egypte pour l’informer du rejet par le Soudan des informations diffusées par des médias égyptiens concernant les événements d’après-match…Plutôt que de souligner tout ce que le Soudan a fait pour ce match, l’accueil, l’hébergement de près de 25.000 personnes et la sécurité", les médias égyptiens ont diffusé de "fausses" informations, a déclaré à l’AFP le porte-parole officiel de la diplomatie soudanaise, Moawiya Osmane Khalid.

LA VICTOIRE DE L’ALGERIE ET L’IDENTITE FRANCAISE
Sitôt la victoire de l’Algérie connue, les Champs Elysées ont vu déferler une nuée de jeunes Français, originaires d’Algérie, qui dans une sorte de manifestation communautariste ,sont venus fêter la victoire de « leur équipe nationale ».Le ministre Besson a aussitôt manifesté sa surprise en termes choisis : «Et quand des jeunes français font la fête pour l’équipe d’Algérie?
Je ne nie pas les tentations communautaristes, je les combats. Mais je ne veux pas créer d’épouvantail. La liesse est de droit, la joie est normale, les débordements et les casseurs sont inacceptables et il ne faut pas fermer les yeux là-dessus. Plus généralement, si des jeunes Français se sentent Algériens, cela confirme qu’il faut mettre au clair notre identité nationale. Nous devons amener ces jeunes à se revendiquer Français pleinement, dans un parfait équilibre de droits et de devoirs. »
LA MAIN DE THIERY HENRY ET FRANCE- IRLANDE
Une opportune main de Thierry Henry ayant permis à la France d’arracher, au détriment de l’Irlande, sa qualification pour le Mondial, le conflit a tout naturellement dégénéré sur le terrain diplomatique. Le ministre de la justice irlandais a souhaité que la FIFA (Fédération internationale de football) soit «mise au pied du mur» et qu'il fallait demander un autre match. «Je sais que nous ne l'obtiendrons jamais, car nous ne valons pas grand chose dans le monde du football, a-t-il déclaré au quotidien irlandais, l'Irish Times. «Mais nous devons faire la demande pour les milliers de supporteurs irlandais dévastés par l'issue du match».Quant à Nicolas Sarkozy, il a eu une attitude prudente .Il a reconnu s'être entretenu avec le premier ministre irlandais, Brian Cowen. «J'ai dit di à Brian Cowen qui est mon ami, combien j'étais désolé pour lui, combien j'avais apprécié la très vigoureuse et très talentueuse équipe Irlandaise».Mais il s’est refusé à toute autre intervention. «Si je me prononce vous allez encore dénoncer l'hyper président. Ne me demandez pas de me substituer à l'arbitre du match, aux instances du football français, aux instances du football européen». Et d'ajouter, «Allez, laissez-moi à ma place, tranquillement».
L’AFFIRMATION DE LA FIERTE NATIONALE
C’est sans doute parce qu’elle est bridée dans d’autres domaines que la fierté nationale s’exprime dans le domaine sportif. Que les grands événements sportifs remplacent les guerres, ce n’est sans doute pas un mal. A la condition que la fierté nationale n’autorise pas les débordements et les violences et que la guerre sportive des Nations reste civilisée. La loyauté et le respect des autres sont des vertus sportives que le sport business ne doit pas détruire.
Charles Debbasch

vendredi, mai 29, 2009

VIOLENCE SCOLAIRE

VIOLENCE SCOLAIRE
On raconte qu’en Sibérie une fillette de cinq ans a été élevée par plusieurs chiens et chats et ne communique qu'avec le langage des animaux. Elle cherche à se faire comprendre en aboyant. Eduquée par des animaux, il est normal qu’elle se comporte comme eux.
Au moment où l’on débat de l’irruption de la violence dans nos lycées , collèges et écoles, on devrait se poser la question de savoir si les délinquants agressifs ne cherchent pas tout simplement à reproduire les comportements véhiculés par les films, les medias ou les jeux video.
Quand la violence devient un jeu, quand le réel et l’imaginaire s’entremêlent, on comprend que les esprits faibles confondent la règle et la transgression.
Il faut certes sévir sans faiblesse contre les comportements déviants mais aussi cesser de diffuser sans limites une culture de la violence.

Charles Debbasch

lundi, avril 06, 2009

RESURGENCE DE LA VIOLENCE

RESURGENCE DE LA VIOLENCE

On assiste dans ces dernières semaines à une résurgence de la violence sociale.

Les départements d’outre-mer ont connu de véritables insurrections. Plusieurs patrons ont été séquestrés par leurs employés. A Strasbourg la manifestation anti-OTAN a dégénéré et tout un quartier de la ville a été vandalisé. A Bastia, lors d’une manifestation contre les violences policières, huit CRS ont été blessés. Trois se trouvent dans un état grave.

Ces violences ont trouvé quelque soutien dans l’opposition.
Ségolène Royal a justifié les récentes séquestrations des chefs d’entreprises. Elle a déclaré au Journal du Dimanche: "Les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue".Et elle a ajouté :"Ce n'est pas agréable d'être retenu, et c'est illégal de priver quelqu'un de sa liberté de mouvement. Mais on ne les a ni brutalisés ni humiliés. Ceux qui sont fragilisés, piétinés et méprisés, ce sont les salariés à qui l'on ment, avant de les mettre à la porte (...) Les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue : ce discours dominant qui demande aux salariés de subir, et de disparaître en se taisant, d'être licenciés sans faire d'histoires ni de bruit." Olivier Besancenot attribue pour sa part les troubles de Strasbourg aux autorités ce qui est une façon de dédouaner les casseurs. "On a été emmené dans une vraie souricière, c'est-à-dire que des milliers de manifestants ont été emmenés dans une rue avec les deux issues complètement bloquées et on s'est fait canarder à longueur de temps de gaz lacrymogènes, sans interlocuteurs à ce moment-là, avec des tirs tendus, des tirs de flashball, et on a frôlé le drame".

Les partisans de la majorité politique ont quant à eux désavoué la violence.
Xavier Bertrand, le patron de l'UMP, a accusé Ségolène Royal de "mettre de l'huile sur le feu". Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a stigmatisé des propos qui visent à "surfer sur les angoisses des gens, dans l'espoir d'en tirer profit au plan politique et sans se soucier de contribuer ainsi à excuser l'inexcusable".
Le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a appelé"tous les partis" à condamner les actes de violence, à Strasbourg, en Corse ou en marge de la crise économique et sociale.
La violence reste inadmissible dans une société démocratique. Sa résurgence trouve néanmoins des explications qui ne peuvent, en aucun cas constituer des justifications.
Les syndicats encadrent de moins en moins le monde du travail. Ils sont concurrencés par des forces nouvelles autonomes qui ne sont pas rodées aux pratiques de négociation et qui sont donc tentées par les actions sauvages.
La crise et les licenciements qu’elle entraîne créent des inquiétudes et des traumatismes graves qui poussent aux réactions hors normes. Sur ce terreau favorable poussent des mouvements qui souhaitent répliquer à la violence sociale par la violence politique. Il est donc nécessaire de faire baisser les tensions liées à l’exaspération et à ranimer les dialogues dans tous les secteurs pour remplacer le combat par le débat.

Charles Debbasch

mardi, janvier 02, 2007

VIOLENCE A L'ECOLE


HOMMAGE A UN LYCEEN VICTIME DE LA VIOLENCE



Mon cher Carl,



Tu es mort, en décembre 2006, à douze ans, sous les coups de tes camarades dans ce collège de Meaux et je voudrais te rendre hommage et faire en sorte que nous sachions tirer les leçons de ce drame pour protéger toutes les autres victimes potentielles de la violence scolaire.



Comme souvent, nous avons profité de la lâcheté ambiante pour minimiser cette tragédie. Tu aurais eu une malformation cardiaque et ainsi tu aurais été la victime de ton propre corps plutôt que celle des coups qui t’ont été portés. Une façon comme une autre d’inscrire ta mort au débit de la médecine plutôt qu’au déficit de l’école. Explication saugrenue car, sans ces coups et l’émotion qu’ils ont générée, tu serais encore de ce monde.



C’est bien de violence qu’il s’agit et non de pathologie. Tu le sais bien toi qui attirais les coups plus que tout autre. La violence s’est banalisée dans l’enseignement et les élèves comme les professeurs en sont les victimes.



L »idéologie libertaire qui a sévi pendant un bon quart de siècle en est une des causes. Ne nous a-t-on pas expliqué que dans notre siècle des lumières, le raisonnement et la persuasion devaient tout naturellement remplacer le commandement et l’autorité. D’abandon en tolérance, l’ordre scolaire a laissé la place au désordre et aux excès.



Il existait autrefois des médiateurs tout naturels les surveillants . Jeunes étudiants pour la plupart , ils exerçaient une fonction d intermédiation indispensable. Mais c’en était trop pour les partisans de l’insouciance et du libertarisme. J’ai vainement essayé de défendre cet institution lorsque j’étais conseiller de VGE dans les années quatre vingt. Mais ,sous l’impulsion de ces partisans du laissez faire, le ministre Beullac a supprimé la plupart des postes de surveillants et a promu les autres au rang de conseillers l’appellation nouvelle étant plus susceptible de plaire aux adeptes de la permissivité .



Puisqu’il convenait désormais d’interdire d’interdire ,on a livré les établissements scolaires aux petits caïds et autres malfrats en offrant ainsi les faibles à la loi des plus forts et en laissant le désordre s’installer.



C’est cette permissivité , mon cher Carl, qui est à l’origine de ta mort et non ta malformation cardiaque Quand on comptabilisera le poids des péchés de ceux qui t’ont frappé, j’espère que l’on n’oubliera pas les tètes pensantes qui ont armé leur dérive.



Puisse ta mort inutile servir de mise en garde sévère à toute notre société et protéger tous les autres Carl.



Que cette perspective tempère la grande peine de tes parents et allège au ciel les ailes de l’ange que tu es devenu.



Charles Debbasch




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HOMMAGE A UN LYCEEN VICTIME DE LA VIOLENCE

Mon cher Carl,

Tu es mort, en décembre 2006, à douze ans, sous les coups de tes camarades dans ce collège de Meaux et je voudrais te rendre hommage et faire en sorte que nous sachions tirer les leçons de ce drame pour protéger toutes les autres victimes potentielles de la violence scolaire.

Comme souvent, nous avons profité de la lâcheté ambiante pour minimiser cette tragédie. Tu aurais eu une malformation cardiaque et ainsi tu aurais été la victime de ton propre corps plutôt que celle des coups qui t’ont été portés. Une façon comme une autre d’inscrire ta mort au débit de la médecine plutôt qu’au déficit de l’école. Explication saugrenue car, sans ces coups et l’émotion qu’ils ont générée, tu serais encore de ce monde.

C’est bien de violence qu’il s’agit et non de pathologie. Tu le sais bien toi qui attirais les coups plus que tout autre. La violence s’est banalisée dans l’enseignement et les élèves comme les professeurs en sont les victimes.

L »idéologie libertaire qui a sévi pendant un bon quart de siècle en est une des causes. Ne nous a-t-on pas expliqué que dans notre siècle des lumières, le raisonnement et la persuasion devaient tout naturellement remplacer le commandement et l’autorité. D’abandon en tolérance, l’ordre scolaire a laissé la place au désordre et aux excès.

Il existait autrefois des médiateurs tout naturels les surveillants . Jeunes étudiants pour la plupart , ils exerçaient une fonction d intermédiation indispensable. Mais c’en était trop pour les partisans de l’insouciance et du libertarisme. J’ai vainement essayé de défendre cet institution lorsque j’étais conseiller de VGE dans les années quatre vingt. Mais ,sous l’impulsion de ces partisans du laissez faire, le ministre Beullac a supprimé la plupart des postes de surveillants et a promu les autres au rang de conseillers l’appellation nouvelle étant plus susceptible de plaire aux adeptes de la permissivité .

Puisqu’il convenait désormais d’interdire d’interdire ,on a livré les établissements scolaires aux petits caïds et autres malfrats en offrant ainsi les faibles à la loi des plus forts et en laissant le désordre s’installer.

C’est cette permissivité , mon cher Carl, qui est à l’origine de ta mort et non ta malformation cardiaque Quand on comptabilisera le poids des péchés de ceux qui t’ont frappé, j’espère que l’on n’oubliera pas les tètes pensantes qui ont armé leur dérive.

Puisse ta mort inutile servir de mise en garde sévère à toute notre société et protéger tous les autres Carl.

Que cette perspective tempère la grande peine de tes parents et allège au ciel les ailes de l’ange que tu es devenu.

Charles Debbasch