LE RENVOI DE JACQUES CHIRAC EN CORRECTIONNELLE
Ce vendredi 30 octobre 2009 marque une première dans l’histoire de la Ve République : l'ancien président de la République Jacques Chirac a été renvoyé par la juge d’instruction Simeoni, devant le tribunal correctionnel, pour "abus de confiance" et "détournement de fonds publics", dans le cadre de l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris.
La première réaction que provoque cette décision est le regret. Regret qu’un homme qui a rendu de si grands services à la France soit aujourd’hui inquiété si longtemps après les faits dans une affaire où il n’a tiré aucun profit personnel.
On ne peut cependant imputer cette lenteur au débit de la justice. Le retard s’explique tout simplement parce que, bénéficiant d’une immunité constitutionnelle en raison de ses fonctions présidentielles de 1995 à 2007, Jacques Chirac n’a pu être poursuivi qu’après l’expiration du délai de protection constitutionnelle.
Sur le fond et sans préjuger de la décision finale que rendra éventuellement la juridiction de jugement –si l’ordonnance de renvoi n’est pas frappée d’appel-, une observation s’impose. A l’époque des faits ; tous les responsables politiques avaient recours aux mêmes techniques de financement et notamment à la rémunération par la collectivité de permanents des partis. C’est une erreur collective de la classe politique, lorsqu’elle a remis de l’ordre dans le financement des partis, de ne pas avoir amnistié ces faits.
Dés lors, on ne peut reprocher à la justice d’appliquer la loi et de poursuivre...même un ancien chef de l’Etat.
Charles Debbasch
vendredi, octobre 30, 2009
LE RENVOI DE JACQUES CHIRAC EN CORRECTIONNELLE
vendredi, février 27, 2009
LES CHIENS DES PRESIDENTS
LE CHIEN DES PRESIDENTS
Pendant la campagne électorale, Michelle Obama avait promis à ses filles de leur offrir un chien. Restait à choisir la race de l’animal. Le choix était compliqué en raison des allergies de l'une des deux filles du couple présidentiel qui souffre d’une intolérance aux poils de chiens. Le nouveau First Dog sera de la race des chiens d'eau portugais. L'épouse du Président a expliqué son choix.Ces chiens «sont censés avoir bon caractère. Au niveau de la taille, ils sont un peu intermédiaires, ce n'est pas un petit chien, mais ce n'est pas non plus un gros chien. Et les gens que nous connaissons qui en ont s'extasient à leur sujet. Donc on penche pour ce choix-là."
Le labrador est lui le chien favori des Présidents de la République français. : Georges Pompidou - Valéry Giscard d’Estaing - François Mitterrand en ont possédé un. C’est bien la preuve que cette race est consensuelle au dessus des opinions politiques.Nicolas Sarkozy lui-même a possédé un labrador, Indie, couleur sable. Pour l’instant, il n’y a pas d’hôte canin permanent à l’Elysée. Mais on a pu voir le 21 juin dernier Nicolas Sarkozy exhiber le chihuahua à poils long de son fils.
Les chiens s’habituent tellement à l’environnement présidentiel qu’ils sont désorientés lorsque le mandat de leur maître s’achève. Sumo le gentil bichon du président Chirac vient ainsi de mordre le Chef d’Etat sortant. Quant à Baltique, le labrador femelle de François Mitterrand, elle se tenait droite et respectable à l'entrée de l'église de Jarnac, le jour des funérailles de son maître.
C’est sans doute le caractère impitoyable de la vie politique qui explique cet engouement des chefs d’Etat pour leurs chiens.
Dans l’univers politique féroce où la part faite aux sentiments est des plus réduites, c’est dans l’affection de leurs chiens que les hauts responsables trouvent une part d’humanité.
Les chiens leur permettent aussi de lancer un clin d’œil à l’opinion en montrant qu’eux aussi -comme tout un chacun - sont sensibles à l’amour des « toutous ».
Charles Debbasch
jeudi, novembre 22, 2007
LA MISE EN EXAMEN DE JACQUES CHIRAC
JACQUES CHIRAC MIS EN EXAMEN
Ce mercredi 21 novembre 2007 marque un évènement majeur du fonctionnement de la justice française.
Pour la première fois, un ancien Président de la République française a été mis en examen. Au terme de trois heures d’audition au pôle financier du palais de justice de Paris, où il avait été convoqué comme n’importe quel citoyen, Jacques Chirac a été mis en examen par la juge Xavière Simeoni pour «détournements de fonds publics» dans le dossier des chargés de mission de la mairie de Paris. ll est reproché à l’ancien maire de Paris de 1977 à 1995 d’avoir recruté par complaisance des personnes qui n’occupaient pas d’emplois réels à la Mairie de Paris. Cette mise en examen a été rendue possible par l’expiration de l’immunité dont disposait l’ancien Chef de l’Etat.
On peut regretter que l’on vienne ainsi chercher noise, si longtemps après les faits, à un homme qui a occupé les fonctions les plus hautes de l’Etat et qui siège aujourd’hui en tant que membre de droit au Conseil Constitutionnel. Et , pourtant, la procédure suivie ne recèle rien d’anormal.
Rappelons tout d’abord que la mise en examen- qui a remplacé l’ancienne inculpation- laisse subsister la présomption d’innocence et ne préjuge pas de la décision qui sera prononcée au terme de l’instruction et de l’éventuel jugement. Regrettons simplement que la mise en examen soit trop souvent interprétée comme une déclaration de culpabilité.
Mais, pour le reste, il n’y avait pas dans la procédure d’autre issue que celle-là. Dans cette affaire, plusieurs anciens directeurs de cabinet du maire de Paris étaient mis en examen depuis cinq ans. Dés lors que Jacques Chirac perdait son immunité, il était évident qu’il ne pouvait avoir un sort différent que celui de ses collaborateurs.
Cependant il faut bien se rendre compte que cette affaire pose deux types de problèmes.
Nous sommes dans l’archéologie judiciaire. La mise en examen est prononcée pour des faits dont certains remontent à plus de trente ans. Est-ce bien le rôle de la justice de se prononcer avec autant de retard ? Alors et surtout que les mœurs et les lois ont évolué.
Ce qui est reproché à Jacques Chirac : utiliser des employés de la ville pour des fonctions politiques était courant à l’époque. Tous les partis politiques y avaient recours.
Mais , on ne peut reprocher aux magistrats de faire leur travail. La responsabilité de cette situation repose sur la classe politique et donc en partie sur Jacques Chirac lui-même.
Lorsque ont été votées les nouvelles dispositions sur le financement des partis politiques, personne n’a osé y inclure une amnistie pour les faits passés. Chacun a pensé être à l’abri de l’orage et a abandonné à leur triste sort les Emmanuelli ou autres Juppé qui ont été victimes de la rigueur de la justice. C’est cette attitude hypocrite qui est à l’origine de l’affaire Chirac et non la malveillance des magistrats.
Charles Debbasch
lundi, juin 18, 2007
CHIRAC DEVANT LES TRIBUNAUX ?
La France va-t-elle se payer le ridicule de traduire devant les tribunaux son ancien Président de la République ?
La réponse ne peut être que positive. En perdant l’immunité attachée à ses fonctions, Jacques Chirac ne peut plus échapper à la justice qui l’attend depuis douze ans pour l’entendre sur de nombreux dossiers. L’opinion ne s’y trompe pas : pour 80% des Français, Jacques Chirac doit être considéré comme un justiciable comme un autre. 16% des personnes interrogées seulement souhaitent que la justice prenne en compte son statut d'ancien Chef d’Etat. Désormais, Jacques Chirac peut être convoqué parla justice, mis en examen, traduit devant les tribunaux.
On ne peut que regretter cette situation et trouver qu’elle est difficilement compatible avec les fonctions que la Constitution confère à un ancien Chef d’Etat. Membre de droit du Conseil Constitutionnel, il est regrettable qu’il ne soit pas mieux protégé.
Jacques Chirac ne peut cependant que s’en prendre à lui-même. L’origine de toutes ces affaires se trouve dans d’anciens dossiers relatifs au financement politique. Tous les partis ont eu recours à ces pratiques. Mais , avec hypocrisie, la classe politique n’a pas voulu l’admettre laissant à la loterie judiciaire le soin de poursuivre ceux de ses membres que la justice retenait dans ses filets.
Jacques Chirac n’a pas échappé à la règle. Plusieurs de ses proches collaborateurs –comme Alain Juppé ou Michel Roussin- ont été traduits devant les tribunaux et condamnés. Or, il était évident qu’ils avaient agi pour son compte et sur ses instructions.
Pour n’avoir pas eu le courage de faire voter une large amnistie, le pouvoir a laissé le loto judiciaire s’exercer. Il est à présent très tard -peut être trop tard- pour réviser cette bévue. Certains diraient même cette lâcheté.
Charles Debbasch
lundi, mars 12, 2007
LES ADIEUX DE CHIRAC
Il n’est jamais facile de quitter un mandat électif. A plus forte raison quand on exerce la fonction suprême et que l’on est immergé dans l’action publique depuis quarante ans.
Après deux mandats présidentiels, l’un de sept ans, l’autre de cinq ans Jacques Chirac s’apprête à quitter le devant de la scène. Son allocution télévisée traduisait son émotion. C’est la gorge nouée que le Président de la République a annoncé qu’il ne se représenterait pas. C’est avec autorité qu’il a présenté son testament politique.
Comme c’est la tradition en fin de mandat, les attaques et les insultes ont fusé sur l’ancien député de Corrèze. Mitterrand avait connu les mêmes agressions alors qu’il était affaibli. Les journalistes sont courageux mais pas téméraires. Ils préfèrent tirer sur une ambulance que sur un homme puissant. Les torrents de boue déversés contre Jacques Chirac ont sans doute blessé l’intéressé. C’est pourquoi. il a fait lui-même le bilan de son action en se situant sur les hauteurs d’une France audacieuse conquérante et tolérante.
Habile à conquérir à la hussarde les mandats en 1995 et en 2002, il a moins brillé dans les autres consultations populaires. Il compte à son passif une dissolution et un referendum européen ratés. Mais, il a su surmonter ces échecs et a imprimé sa propre marque à l’action publique.
L’homme a changé à l’exercice du pouvoir. Il est passé du gaullisme en 1968, au libéralisme débridé en 1986 et à une sorte de radicalisme laïque et tolérant adversaire de la fracture sociale dans son dernier mandat. Si ses adversaires l’ont classé à droite, son exercice du pouvoir le situe plutôt au centre gauche.
Représentant de la technocratie qui gouverne la France, il a renforcé l’Etat et n’a pas vraiment réduit les prélèvements obligatoires.
L’histoire jugera son action. Loin des polémiques et des excès.
mercredi, novembre 29, 2006
CHIRAC NON CANDIDAT
Au moment où Jacques Chirac fête son soixante quatorzième anniversaire, il feint de laisser planer un doute sur sa possible candidature aux prochaines présidentielles. Les commentateurs ne manquent d’ailleurs pas de signaler la nouvelle ardeur du Chef de l’Etat qui multiplie les déclarations solennelles .et les gestes forts comme pour marquer un territoire qu’il n’envisage pas de laisser à d’autres.
Pourtant, sauf évènement exceptionnel toujours possible dans la vie politique, Jacques Chirac ne sera pas candidat aux prochaines présidentielles.
Ce serait tout d’abord une belle inconséquence pour un Président qui a fait réduire la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans afin de permettre à la vie politique d’être plus aérée de solliciter un troisième mandat. On ne peut pas à la fois marquer sa volonté de renouveler les élites grâce à des mandats plus brefs et chercher à s’incruster au pouvoir.
Une seconde raison interdit pratiquement à Jacques Chirac de se représenter. Il existe dans l’opinion publique un puissant courant rénovateur qui aspire au changement. La France a perdu confiance dans sa classe politique et cherche d’autres valeurs et d’autres responsables pour les incarner. Une candidature Chirac dans ces conditions serait suicidaire pour le Président sortant qui risquerait d’être sorti sans ménagement. Cette situation bloque naturellement la candidature Chirac.
Jacques Chirac est trop fin politique pour ne pas le percevoir. La dissimulation de ses intentions a donc d’autres raisons.
Il s’agit de ne pas gaspiller la dernière année du mandat présidentiel. Cinq ans c’est court mais quatre ans c’est encore plus court si le Président laisse son mandat tomber dans le débat des prochaines présidentielles. Chirac, par son attitude, démontre qu’il entend user son mandat jusqu’à la dernière minute quitte à surprendre et à impatienter.
Le comportement de Jacques Chirac signifie aussi qu’il n’entend, en rien, faciliter la tache de son ami et concurrent de l’UMP Nicolas Sarkozy. Loin de l’installer sur une rampe de lancement, l’actuel Président multiplie les coups de frein et les feux rouges à l’égard du ministre de l’Intérieur comme s’il attendait un effondrement éventuel de ce dernier pour dévoiler ses préférences.
Enfin, et c’est le plus difficile, Jacques Chirac cherche à utiliser ces derniers mois de mandat pour imprimer sa marque dans l’histoire en s’efforçant de régénérer les vertus républicaines. Mais, il a beaucoup de mal à se faire entendre dans le brouhaha et l’effervescence de la campagne déjà plus qu’entrouverte.
Charles Debbasch