mercredi, mai 21, 2008

LES VERTIGES DE L'ARGENT DU SPORT

LES VERTIGES DE L’ARGENT DU SPORT
Les chiffres de l’argent du sport figurent à présent au livre des records.
Au premier rang, on trouve le célèbre champion de golf Tiger Woods. Celui-ci n’exige pas moins de deux millions de dollars pour s’aligner au départ d’une compétition. Tiger Woods sera le premier sportif de tous les temps à atteindre dès 2010 le milliard de dollars de gains. Le champion a déjà empoché 650 millions de dollars en onze années sur le circuit professionnel.
Le milliardaire russe Roman Abramovitch peut, quant à lui, aligner sans sourciller 450 millions de dollars en faveur de son club de foot Chelsea. Il est vrai qu’il a reçu en 2005 la somme de 13 milliards de dollars en revendant la majorité des parts de sa compagnie pétrolière au géant Gazprom.
Les joueurs ne sont pas en reste : le joueur moyen de la principale ligue de football britannique gagne la somme de 1,4 million d'euros. Le contrat de David Beckam avec les Los Angeles Galaxy est d'une valeur prévue de 176,2 millions d'euros sur cinq ans.
Les clubs ont du mal à suivre. Ils se transforment en sociétés commerciales avec quantité de produits dérivés .La plus riche équipe du monde, le Real de Madrid, a développé en 2007 un chiffre d'affaires de 256,3 millions d'euros l'an dernier,
C’est sans doute le vertige de cet argent du sport qui explique l’erreur commise par Orange France. En effet, le club de natation des Dauphins à Toulouse a eu la surprise de recevoir une facture de téléphone de plus de 371 millions d'euros. Certes ce club connaît des succès puisque quatre de ses nageuses ont été sélectionnées pour les jeux Olympiques de Pékin .Mais, celles-ci sont loin d’avoir les salaires de Tiger Wood et la dette téléphonique n’était que de seulement 697 euros !

Charles Debbasch

mardi, mai 20, 2008

LE PS ET SON PROGRAMME

LE PS ET SON PROGRAMME : LE TEMPS DE L’HESITATION

Les affrontements de personnes que connaît aujourd’hui le Parti socialiste ne doivent pas dissimuler les hésitations du parti sur sa doctrine et sur son programme.

Les grands fondamentaux du PS sont morts. Plus personne ne soutient l’idée d’une économie administrée par les nationalisations. Plus aucun hiérarque ne rêve de supprimer l’école libre. Et sur la réduction du temps de travail, le parti est plus qu’hésitant. Le parti s’interroge même sur l’actualité des trente cinq heures. Les plus audacieux vont jusqu’à applaudir à l’allongement de l’âge de la retraite et s’interrogent sur les voies et moyens utilisables pour casser le déséquilibre des comptes sociaux.

Une grande révision s’impose.

Mais, elle est difficile pour un parti qui a fait des mesures sociales son fonds de commerce. Tout au plus peut-il souhaiter que la droite sarkozyste fasse le « sale boulot »de remise en ordre pour pouvoir disposer en 2012 de grain à moudre.

La même hésitation règne sur les alliances. Le Parti communiste déclinant ne dispose plus d’une force d’appoint suffisante. Lors des élections municipales de Paris, Bertrand Delanoë a montré qu’il pouvait obliger les Verts à mesurer leur poids réel. Et si Ségolène Royal est prête à s’allier avec le Modem, celui-ci n’est pour l’instant qu’un fétu de paille écrasé par le mode de scrutin.

Les difficultés du sarkozysme avaient occulté les sables mouvants du PS. Voici que l’on redécouvre que le malheur des uns ne fait pas toujours le bonheur des autres.


Charles Debbasch

samedi, mai 17, 2008

LE PARTI SOCIALISTE PETAUDIERE OU ARMEE MEXICAINE

LE PARTI SOCIALISTE, PETAUDIERE OU ARMEE MEXICAINE ?

A six mois du Congrès du PS à Reims."Le PS se transforme en véritable pétaudière", a estimé le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang, a surenchéri : "l'inflation de candidatures au sein du Parti socialiste donne parfois le tournis. ‘’ Tous deux faisaient référence aux luttes internes qui se déroulent actuellement pour le contrôle du parti.

Ségolène Royal a clairement dévoilé son ambition : "Si les militants en décident ainsi et l'estiment utile pour le Parti socialiste, j'accepterai avec joie et détermination d'assumer cette belle mission de chef du parti".

Deux principaux courants s’opposent pour la désignation du premier secrétaire du Ps. Certains veulent dissocier ce choix de l’investiture d’un présidentiable D’autres, sans doute avec raison, estiment que la personne qui contrôlera le parti sera celle qui aura le plus de chances d’être choisie comme leader de la présidentielle.

Sur ce terrain Ségolène Royal est inquiète de voir un bulldozer défricher une voie impériale. Bertrand Delanoë, fort de son succès parisien, a mis en place une stratégie pour couper la route à la candidate de 2007. Et la mayonnaise prend. Selon un sondage IPSOS pour le Point, le maire de Paris devance Mme Royal de plus de 10 points parmi les "sympathisants" socialistes pour diriger le PS, avec 52% contre 40%, et de 14% pour être président de la République, Or l’exemple de Ségolène Royal l’a prouvé :si cette tendance dans les sondages se confirme Bertrand Delanoë aura toutes les chances de se voir choisi pour diriger le Parti ; A moins que la coalition des rivaux parmi lesquels on trouve Dominique Strauss-Kahn, Julien Dray, Laurent Fabius, Pierre Moscovici mais aussi Laurent Fabius, Manuel Valls, et François Hollande ne réussisse à imposer une solution peu probable d’intérim.

Et la doctrine dans tout ça ? Et le programme ? Ils sont balayés pour l’instant par le déferlement des ambitions.

Alors le PS une pétaudière ? Non, plutôt une armée mexicaine.

Charles Debbasch

CONTRIBUABLES PRIVES DE NICHES

CONTRIBUABLES PRIVES DE NICHE

Le gouvernement souhaiterait priver les contribuables de quelques niches fiscales. On entend par là ces domaines où les redevables pensent se mettre à l’abri du fisc. Exemple type : la loi Malraux qui permet en investissant dans des biens à caractère historique et culturel de bénéficier d’abattements fiscaux.

Il est vrai que ces niches n’ont jamais vraiment protégé les citoyens. Elles ont en effet le don d’irriter les fonctionnaires des impôts qui vont chercher ceux qui croient être tranquilles dans leurs niches et dirigent de préférence contre eux les contrôles.

Je trouve surprenant cette utilisation du vocable de niche. Elle ramène le contribuable au rang d’un animal apeuré qui cherche dans un abri de fortune une protection contre le dinosaure fiscal. Vous me direz que les contribuables en ont assez d’être tondus comme des moutons. Peut être.

Mais, n’y a-t-il pas d’autre remède ? Ne serait-il pas plus simple de ramener l’ogre étatique à de plus justes proportions ? Au lieu d’être vorace comme un lion, on souhaiterait qu’il se satisfasse d’un appétit d’oiseau. L’Etat ressemble à un restaurateur qui charge tant ses additions qu’il finit par perdre ses clients ; Chassés de leurs niches, les contribuables seront tenté de gagner des espaces mieux protégés .Ainsi se vérifiera cette loi implacable des finances publiques. Plus le taux d’imposition est fort et moins les rendements sont élevés ; Comme on l’a justement affirmé : les gros taux tuent les totaux.

Charles Debbasch

dimanche, mai 11, 2008

ROULEAUX DE PRINTEMPS

ROULEAUX DE PRINTEMPS

Une grave affaire secoue depuis quelques jours le palais de justice de Bruges. Le fournisseur de papier toilette n’ayant pas été réglé par l’Etat a suspendu ses livraisons.

De ce fait, les juges, procureurs, greffiers et autres employés sont priés d'apporter leur propre papier toilette .La question est immédiatement remontée au niveau politique. Le porte parole du ministre de la justice a estimé que "Ce qui s'est passé est un héritage du précédent gouvernement et ce n'est pas acceptable.

On ne peut que l’approuver. Imaginez le désarroi d’un procureur qui découvre trop tard l’absence de papier dans les toilettes obligé de solliciter l’assistance d’un justiciable. Celui-ci pourra légitimement imaginer qu’il est , dés lors, dans les petits papiers de la justice. Pensons au désarroi du juge qui va être obligé de sacrifier les feuilles d’un jugement à un usage insolite.

Rassurons nous cependant : dans un Etat qui est secoué par la concurrence entre flamands et wallons voici, enfin, une question qui rassemble. Pour une fois, le problème à résoudre n’est pas d’ordre linguistique. La Belgique rassemblée sera d’accord pour doter les magistrats de Bruges de leurs rouleaux de printemps.

Charles Debbasch

mardi, mai 06, 2008

L'AN I DE NICOLAS SARKOZY

L’AN I DE NICOLAS SARKOZY

Lorsque l’on fera plus tard l’analyse de cette première année du quinquennat de Nicolas Sarkozy, on ne pourra pas ne pas être frappé par la rapidité avec laquelle l’extraordinaire concert louangeur qui a accueilli son investiture a été suivi par un ouragan de critiques voire de dérision. On ne manquera pas alors de s’interroger sur les causes de cette brutale inversion. On fera alors inévitablement un partage entre ce qui résulte des erreurs du nouveau président et ce qui est la conséquence de la crise économique mondiale.

Qu’il soit permis pour l’instant de se départir de l’actuel « assassinat » médiatique du Chef de l’Etat pour tenter un bilan plus équilibré.

Le désamour actuel avec l’opinion publique, il est vrai est indiscutable et les médias ne font que refléter les mouvements de l’opinion. Ainsi, selon un sondage OpinionWay du 3 mai 2008 dans "Le Figaro". seuls 32% des sondés sont satisfaits des résultats de la politique menée (contre 66% de mécontents), 36% sont satisfaits du respect des engagements de campagne (contre 61% de mécontents), 35% sont satisfaits de la manière dont M. Sarkozy exerce la fonction (contre 63% de mécontents) et 40% sont satisfaits des réformes engagées (contre 58% de mécontents). - 62% des Français pensent que la France va traverser une grave crise d'ici la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, et plus d'un Français sur deux (55%) ne souhaite pas qu'il se représente en 2012, selon un sondage CSA pour l'hebdomadaire Marianne.
Le constat est net et sans indulgence. Pour l’instant, les Français ne sont pas convaincus du caractère bénéfique de l’action du nouveau Président.

Si le Président a eu du mal, dans cette première année de mandat, à trouver son style c’est en grande partie parce qu’il a traversé un drame personnel. Tous ses efforts pour retenir sa femme, Cecilia, ont été vains. Or, celle-ci n’était pas que son épouse, elle était aussi sa principale collaboratrice avec ses exigences propres et sa Cour. Les tumultes de la séparation ont donc dépassé les limites de la chambre à coucher. Mais l’opinion publique devenue très tolérante sur la vie des couples n’a pas apprécié que succède à ce tumulte l’exhibitionnisme de sa nouvelle relation : l’effet Disneyland fut à cet égard désastreux.

Plus négative encore fut la tentative du président de désacraliser la fonction présidentielle. Tous les chefs d’Etat qui ont succédé au Général de Gaulle ont tenté de débarrasser, dans les premiers mois de leur investiture, la présidence de sa pompe. Ils sont vite retournés au classicisme ; mais Nicolas Sarkozy a chargé la barque en ce sens un peu fort. Et le ‘con’ du Salon de l’agriculture restera comme un excessif couac.

Mais, tout ceci n’aurait été que fétu de paille si Nicolas Sarkozy n’avait pas cherché à bouleverser le jeu des institutions acceptées par les Français remplaçant les ministres par ses collaborateurs personnels, ravalant son Premier ministre à un rang non pas subordonné mais indéterminé. Ce faisant, le chef de l’Etat portait atteinte à des institutions auxquelles les Français sont attachés. Il s’exposait aussi inutilement La nouvelle vague de l’élite sarkozyste n’avait pas encore assimilé toutes les ficelles du pouvoir pour assumer le rôle que le Président voulait lui voir jouer.

Nous sommes cependant, d’ores et déjà, dans l’archéologie : le Président a reconnu ses erreurs et a considérablement modifié sa façon de gouverner. On doit désormais juger le fond et non plus la forme.

Le Président n’a pas renoncé à sa volonté de réforme malgré la crise économique mondiale et, sur ce point, on ne peut que l’approuver. Les structures de la France sont sclérosées et elle s’enfoncera dans le déclin si elle ne sait pas se moderniser. Il n’y pas, à cet égard, d’autre alternative que d’alléger les structures de l’Etat, de transformer les règles du jeu social, de dynamiser l’économie. Bien entendu , ces réformes ne sont pas indolores et exigent du temps pour produire leurs effets. Mais elles sont en chantier et ceci est à porter à l’actif du chef de l’Etat.

Le président a engagé la diminution du train de vie de l’Etat et a commencé à réduire le poids de la fonction publique. Pour 2008, l'objectif a été retenu de ne pas remplacer un fonctionnaire sur trois, soit 22.900 suppressions de postes. En 2009 , l’objectif de ne pas remplacer un poste de fonctionnaire sur deux partant à la retraite sera respecté. La carte judiciaire a été réformée et prés de 250 tribunaux ont été supprimés. Une nouvelle loi a modernisé avec succès le statut des universités. Grâce à un brillant ministre de l’Education Nationale, un important mouvement de remise à niveau des écoles, collèges et lycées a été largement initié. - La suppression de la carte scolaire a été engagée La loi sur le service minimum en cas de grève dans les transports est entrée en vigueur.
D’importantes réformes visant à réorganiser la protection sociale sur des bases plus saines ont été lancées. Les régimes spéciaux de retraite ont été réformés. La durée de cotisation passera de 37,5 à 40 ans dès 2012. Elle sera de 41 ans en 2016. Les franchises médicales s'appliquent depuis le 1er janvier 2008 pour 45 millions d'assurés sociaux, qui doivent prendre en charge 50 centimes par boîte de médicaments et par acte paramédical.
Le souci de redonner confiance à l’initiative et à la libre entreprise a dicté de nombreuses mesures. Le paquet fiscal a quasiment supprimé les droits de succession et porté le bouclier fiscal à 50%. Un crédit d'impôt bénéficie aux personnes ayant acheté leur logement après le 6 mai 2007. . La défiscalisation des heures supplémentaires est entrée en vigueur. Le chômage a baissé de 0,8 point en 2007.Il s’établit à 7,8% de la population active malgré une conjoncture internationale désastreuse.
Le rétablissement de la sécurité et du contrôle des frontières a été largement entrepris. Un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale a été créé et une nouvelle loi durcissant les conditions du regroupement familial a été adoptée. Les peines plancher pour les récidivistes et la remise en cause de l'excuse de minorité dans certains cas pour les mineurs ont été adoptées. Le placement en rétention de sûreté des criminels restés dangereux à l'issue de leur peine qui a été voté ne sera cependant constitutionnel que pour les condamnations prononcées avant l'adoption de la loi, le 7 février 2008.
L’action internationale du Président est largement approuvée par l’opinion ; Il a renforcé des liens malmenés par Dominique de Villepin avec les Etats-Unis et le Royaume uni. C’est grâce aux initiatives de Nicolas Sarkozy qu’a été adopté le Traité simplifié modernisant l’Union Européenne.
On le voit le bilan de Nicolas Sarkozy est loin d’être négatif et très loin de la présentation caricaturale qui en est faite.
Restent pour l’avenir deux interrogations majeures
La première dépend du Président ; aura-t-il la sagesse de s’en tenir à son nouveau style et au respect de l’équilibre institutionnel de la Cinquième République. A cet égard, une grande partie de la réforme constitutionnelle - notamment ‘’l’apparition’’ du chef de l’Etat devant le Parlement- devrait être abandonnée.
La seconde est tributaire de l’environnement économique. L’opinion jugera en fonction de l’évolution du pouvoir d'achat. Et dans ce domaine tout est encore dans l’indétermination.
Rendez-vous dans l’an II !
Charles Debbasch

dimanche, mai 04, 2008

QUAND L'ECONOMIE COMMANDE LA POLITIQUE

QUAND L’ECONOMIE COMMANDE LA POLITIQUE

Apparemment, ces faits n’ont aucun point commun.

En Italie, la gauche est défaite et la droite de Berlusconi l’emporte.

En Grande Bretagne, les travaillistes de Gordon Brown sont sévèrement sanctionnés et le parti conservateur de Cameron redore son blason.

En France, la gauche l’emporte haut la main aux élections locales infligeant un sérieux revers aux troupes sarkozistes.

Tandis que la droite progresse en Italie et en Grande Bretagne, c’est le PS qui avance en France.

On peut trouver des explications à ces résultats dans le désordre : le manque de charisme de Gordon Brown, l’absence de leader incontesté d la gauche italienne face à Berlusconi, les fautes de style et de communication de Nicolas Sarkozy .Mais ce n’est là que de l’écume.

Le fond des choses est que toutes ces élections ont été défavorables aux gouvernements en place parce que c’est à eux que les opinions publiques imputent les conséquences de la dégradation de la situation économique.

De la même façon, les électeurs français avaient fait payer, en 1981, à Valery Giscard d’Estaing les conséquences négatives du premier choc pétrolier.

Tout ceci doit conduire les politiques à la modestie. La politique est plus tributaire de l’économie que celle-ci de celle-là.

Un enseignement à en tirer pour la France.

Si la conjoncture économique se renverse favorablement, tous les reproches faits à Nicolas Sarkozy s’évanouiront.

Si elle continue à se dégrader, toutes les ressources du volontarisme sarkozien ne seront pas suffisantes pour redresser la situation.

Charles Debbasch