Affichage des articles dont le libellé est CRISE ECONOMIQUE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CRISE ECONOMIQUE. Afficher tous les articles

lundi, février 08, 2010

LES IMPASSES DES SOCIETES DEVELOPPEES

LES IMPASSES DES SOCIETES DEVELOPPEES
La crise économique que traversent les sociétés développées a des aspects conjoncturels qui sont susceptibles de trouver une solution par la reprise de la croissance. La crise agit cependant comme un révélateur des problèmes idéologiques et structurels que l’euphorie économique de ces dernières années dissimulait.
UN UNIVERS POLITIQUE EN PANNE D’IDEOLOGIE
La mort du communisme avait entrainé une exaltation libérale, le règne de l’initiative privée et du profit. La crise a remis en cause le postulat libéral et revalorisé le rôle des Etats. Elle a crée une situation de vide idéologique. Les deux grands camps socialiste et libéral ont perdu les tables de leur religion et se trouvent à nu. Ce qui explique la montée de mouvements extérieurs à la classe politique traditionnelle comme les altermondialistes ou les écologistes.

LE ROLE DE L’ETAT EN QUESTION
Les Etats développés étaient lancés avant le début de la crise dans un processus de dégraissage. Ils cherchaient à resserrer leur action sur les attributs de souveraineté et à alléger leurs services publics sociaux ou économiques.
Sur ces deux points, la crise remet en cause les réformes envisagées. Le développement de poches de pauvreté, l’augmentation du chômage exigent un renforcement des structures de solidarité. Les risques de désertification industrielle rendent nécessaire l’action salvatrice de l’Etat dans des secteurs de plus en plus nombreux.
Il faut donc tout à la fois augmenter les dépenses et tenter de tailler dans les branches mortes des services publics. Mais cette action est lente et difficile et partout les déficits se creusent et l’endettement se développe. Les Etats sont lancés dans des mécanismes de cavalerie qui reportent à des lendemains qui déchantent ce qu’ils n’ont pas la puissance de faire aujourd’hui.
LE VRAI PROBLEME
Le développement des charges collectives dans les pays développés est tel qu’il entraine un déplacement progressif des forces productives vers les pays émergents. Chacun sait par exemple que l’industrie automobile se déplace vers ces Etats à faible coût de main d’œuvre et les mesuras d’assistance actuelle ne sont que cautères sur jambes de bois. C’est dire que lentement les centres de création de richesses sont en train de se déplacer.
La prise de conscience de cette réalité dans les Etats développés commence à se faire jour. Mais on ne change pas du jour au lendemain les pratiques d’une société habituée à l’abondance.
Il reste alors un bouc émissaire tout trouvé, le pouvoir politique du moment, qu’il est facile de charger de tous les péchés alors que l’hérésie est collective.
Charles Debbasch

mardi, mai 12, 2009

L'ETAT DE LA FRANCE VU PAR DES ANGLAIS

L’ETAT DE LA FRANCE VU PAR DES ANGLAIS
Pour The Economist : la France fait mieux que les Anglo-Saxons

Il est toujours intéressant de prendre en compte le jugement que les étrangers portent sur nous. A cet égard, la dernière livraison de l’hebdomadaire libéral britannique The Economist est particulièrement instructive. Il s’agit en effet d’un journal qui a toujours critiqué le modèle interventionniste français et qui a constamment marqué ses préférences pour le système libéral anglo-saxon.

Or, voici que la crise aidant, les vertus du colbertisme à la française apparaissent au grand jour. Et ce colbertisme a trouvé assez paradoxalement un nouveau chef de file, Nicolas Sarkozy.

The Economist remarque qu’« il a été en partie élu Président de la France en expliquant que le modèle français était moribond, et en vantant les louanges des modèles britannique et américain ».Mais, c'est le même homme qui a pris la tête de la croisade contre « le laisser-faire capitaliste », souligne à juste titre le magazine.

La chance de Nicolas Sarkozy c’est d’avoir hérité d’un système économique hier inadapté aux temps d’abondance et qui se trouve particulièrement convenir à l’époque de crise que nous vivons. La régulation du système économique par l’Etat est revenue à la mode .C’est ce qui permet à la France et aux Français de moins souffrir de la crise que les Anglais ou les Américains.

La thèse de l’hebdomadaire britannique est exacte à une condition prés. Il faut que la France sache faire le tri dans son appareil administratif entre les structures utiles et la mauvaise graisse.

La réforme de l’Etat est nécessaire pour pouvoir tirer profit, demain, de la reprise.

Charles Debbasch

vendredi, mars 20, 2009

CRISE MONDIALE ET POLITIQUE INTERIEURE

CRISE MONDIALE ET POLITIQUE INTERIEURE

Entre 1,2 millions (selon la police) et 3 millions (selon la CGT) de personnes ont défilé dans 229 manifestations à l'appel des huit syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Solidaires, FSU, Unsa). Ce nouveau rassemblement de masse ,après celui du 29 janvier, illustre l’inquiétude des travailleurs face à la dégradation de la situation économique.
L’objectif des syndicats était de conduire le gouvernement à renforcer les mesures de relance de l’économie. Mais, avant même le mouvement de grève, Nicolas Sarkozy avait fait savoir que le plan de relance resterait intangible. Cette position a été confirmée, au soir du 19 mars, par François Fillon. Le Premier ministre a dit comprendre une inquiétude qui est très légitime face à une crise mondiale d'une très grande gravité", Mais, il a exclu tout nouveau plan de relance. Selon lui, il faut "attendre" que le premier plan de relance de 26 milliards d'euros lancé en décembre "produise ses effets" et notamment "des emplois qui vont être sauvés et qui ont déjà été sauvés", "des mesures pour aider la trésorerie des entreprises", une extension du recours au chômage partiel et sa meilleure indemnisation. Un effort important a selon lui déjà été consenti avec la suppression des deux tiers provisionnels de l'impôt sur les revenus 2008 pour les foyers relevant de la première tranche d'imposition et le crédit d'impôt accordé à deux autres millions de contribuables."Six millions de Français vont voir leur impôt sur le revenu diminué en 2009 des deux tiers", a-t-il rappelé."Tous les Français comprennent qu'on ne peut pas aller au delà" car d'une part le déficit public, déjà "doublé" cette année en serait aggravé et "ce serait empêcher la reprise" alors que "des signes" dans ce sens existent "pour l'année 2010".
Trois enseignements peuvent être tirés de cette journée de manifestations.
Sous l’apparence d’un front uni de gauche politico syndical, une fracture existe entre les mouvements traditionnels et les « autonomes » à la mode d’Alain Besancenot qui cherchent à exploiter la crise actuelle pour arriver à un grand soir de révolte. On peut cependant constater que, jusqu’ici, le mouvement de protestation ne s’est pas transformé en révolution et que seuls de petits groupes ont cherché à en découdre avec la police.
Malgré la volonté gouvernementale de démontrer que la crise est importée et ne dépend pas de son action, l’opinion est tentée de faire supporter les conséquences de la crise au gouvernement en place. Le parti socialiste cherche à recueillir les fruits du mécontentement. Mais, les sondages démontrent que ses propositions ne sont pas jugées crédibles par l’opinion publique.
Si la majorité sarkozyste reste unie, il existe cependant en son sein des individualités qui sont tentées par les slogans de gauche visant « à faire payer les riches ».Le bouclier fiscal est devenu une sorte d’enjeu symbolique. Mais le Président Sarkozy a clairement exprimé que l’on ne toucherait pas à un des fondamentaux de sa doctrine.
Qu’il s’agisse de la majorité ou de l’opposition, la crise est en voie de créer de nouvelles lignes de fractures.

Charles Debbasch

vendredi, décembre 19, 2008

LA CRISE ECONOMIQUE ET LES OPPOSITIONS

LA CRISE ECONOMIQUE ET LES OPPOSITIONS
.
La crise économique et financière a poussé, dans un premier temps, à l’unité nationale. Les partis d’opposition ont en général accepté de soutenir les programmes de redressement bancaire.

Mais la prolongation de la crise, l’installation dans la récession créent de profondes insatisfactions que les oppositions tentent de récupérer.

Les jeunes sont la catégorie sociale la plus utilisée pour déstabiliser les gouvernements en place. Les jeunes demandeurs d’emplois sont les plus concernés par la dégradation du marché du travail. Leurs cadets installés dans les écoles ou les universités s’inquiètent pour leur avenir. Il y a donc là un réservoir de troupes prêtes à la contestation.

En Grèce, l’opposition de gauche soutient le mouvement radical des étudiants.

En France, Martine Aubry, la nouvelle première secrétaire du PS, soutient le mouvement des jeunes contre les réformes du ministre Darcos. Ce qui lui a attiré une verte réplique du premier ministre François Fillon. Ce dernier a accusé directement Martine Aubry de vouloir «créer des tensions» dans le pays en appelant ses militants à se joindre aux manifestations des lycéens, qui contestaient la réforme du lycée finalement reportée par le gouvernement. «Ce qui aujourd'hui cloche c'est qu'il y a une tension très forte liée à la crise, qui est liée aussi peut-être à l'attitude de l'opposition», a-t-il affirmé..«Quand Mme Aubry dit que le PS doit manifester avec les lycéens, c'est clairement un choix qui en dit long. Je ne crois pas que le rôle d'un grand parti politique de gouvernement soit d'être dans la rue. Son rôle c'est de faire des propositions, d'être au Parlement, de s'opposer aux textes de la majorité s'il estime devoir s'y opposer. Ce n'est pas de créer des tensions dans le pays au moment où le pays a besoin de se rassembler», a lâché François Fillon, qui a répété que la réforme des lycées n'étaient que reportée et non pas «enterrée. L'enterrer cela voudrait dire que nous renonçons à améliorer les performances des lycées».

Quoi qu’il en soit, la prolongation de la crise renforce l’opposition et permet de faire oublier sa division et son incapacité à forger un programme.

Charles Debbasch

vendredi, octobre 17, 2008

L'IMPREVISION ECONOMIQUE

L’IMPREVISION ECONOMIQUE

Quand au mois de juillet dernier le pétrole dépassait les 147 dollars le baril, les « experts » nous prédisaient un baril à plus de 200 dollars pour les mois à venir. Aujourd’hui, le pétrole est tombé en dessous des 70 dollars et les économistes cartomanciens se taisent piteusement. Voilà de quoi nous faire douter désormais de ces grands savants plus habiles à expliquer les crises une fois qu’elles se sont déclenchées qu’à les prévoir. La prévision économique parait relever du domaine de ces horoscopes dont les prédictions ont autant de chances d’être exactes que de ne pas l’être.
Pourtant, la science économique n’a cessé de faire des progrès. Les instruments d’observation statistique sont précis, divers et performants. Les flux monétaires et financiers sont connus et identifiés.
Pourquoi alors tant d’erreurs dans l’anticipation ?
Les groupes sociaux sont souvent tentés par la facilité et ils préfèrent que les choses ne soient pas différentes de ce qu’ils voudraient qu’elles fussent. Chacun savait que le désordre économique et financier des Etats-Unis générait des déséquilibres difficilement supportables à terme mais tous préféraient se voiler les yeux devant ces réalités pour ne pas remettre en cause leur gestion approximative. La même tendance inspirait en France le recours au déficit pour permettre à la nation de vivre au dessus de ces moyens en faisant supporter la charge des emprunts aux générations futures.
La mondialisation de l’information bouscule avec rapidité les réalités. Un simple incident bancaire ou boursier isolé da ns un Etat se communique instantanément sur toute la planète. Or, il n’existe pas de gouvernement mondial capable de prendre dans l’instant les décisions qui s’imposent. Dés lors, des virus pervers peuvent bouleverser les économies avant que les gouvernements puissent réagir.
ne réagissent.
Les prévisions sont également déformées par les groupes de pression. Aucun gouvernement n’a intérêt à dévoiler des prévisions sombres .Chacun annonce que la sortie du tunnel est pour bientôt et même si l’obscurité se prolonge les politiques préfèrent annoncer des lendemains qui chantent plutôt que des jours douloureux.
Les changements sont alors retardés jusqu’à ce que les réalités les rendent inéluctables. Depuis cinquante ans, les brevets pour permettre la réalisation de voitures électriques ont été raillés par les groupes pétroliers. Ce n’est qu’aujourd’hui, sous le poids des nécessités de protection de la nature et de la raréfaction des sources d’approvisionnement en pétrole, que des productions de véhicules propres sont programmées.
Il faut en être conscient : la prévision économique est aussi aléatoire que nos comportements. L’addition des indéterminations ne peut déboucher sur des certitudes.
Charles Debbasch

mardi, septembre 30, 2008

CRISE MONDIALE AUTORITE ET CONFIANCE

LA CRISE MONDIALE, L’AUTORITE ET LA CONFIANCE



Alors que la crise économique mondiale s’amplifie, que les banques s’effondrent les unes après les autres comme des châteaux de cartes, le monde capitaliste parait vaciller sur ses fondations et s’effriter comme il ya moins de vingt années le système communiste. Chacun est alors tenté de donner une clé d’explication unique au désordre financier. Mais, en réalité c’est une conjonction de facteurs qui a généré la situation présente.



Les Etats les plus atteints par la crise sont ceux qui ont tout misé sur les activités financières au détriment des activités de production. Ils ont ainsi , non seulement laissé se créer d’immenses poches de déficit commercial mais, ils ont aussi succombé aux facilités monétaires ou de crédit. Par définition, l’immatériel est plus artificiel que la production industrielle et plus susceptible de manipulations ou de laxisme. Les Etats-Unis financent leur gigantesque déficit commercial par la création monétaire débridée et les excès du crédit. Les pays européens- et en premier la France- maintiennent un niveau de vie au dessus de leurs moyens par l’accroissement des déficits publics.



C’est dire que les purges nécessaires ne portent pas seulement sur les ajustements bancaires. Elles concernent des bases essentielles de nos sociétés et ,de ce fai,t ne seront pas facilement acceptées par les opinions publiques.



Maintenir des activités productives dans les sociétés très développées supposerait que les travailleurs supportent des réductions drastiques de leurs salaires afin d’éviter les délocalisations. On voit mal, en l’état présent, des gouvernants disposer d’une force suffisante pour supporter le choc politique de telles décisions .On entrera dés lors dans une phase de déclin progressif du monde développé face aux puissances émergentes. On a cru que la puissance financière était plus décisive que la force des bras. La revanche des muscles sur le papier monétaire marquera les prochaines décennies.



La crise actuelle impose que l’on repense également les bases idéologiques de nos pouvoirs politiques. L’euphorie économique nous a fait perdre de vue la nécessaire fonction régulatrice de l’Etat. L’autorité de l’Etat- qu’il ne faut pas confondre avec l’accaparement par la puissance publique des entreprises économiques-doit s’exercer pleinement sur le secteur économique. Or, même nos sociétés libérales ont perdu de vue cette nécessité. Elles ont laissé se développer des administrations lourdes mais peu efficaces et l’autorité de l’Etat se diluer. On peut même dire que le pouvoir politique, noyé dans sa propre bureaucratie, se révèle incapable d’exercer sa fonction de régulateur suprême de la société, d’une société où l’Etat ne dépend pas des banques mais où ce sont celles-ci qui doivent respecter la politique de l’Etat.



Mais, pour que cette autorité renouvelée de l’Etat puisse être supportée, il est nécessaire que les politiques transforment leurs types de relations avec les citoyens. Une plus grande transparence, une meilleure définition des objectifs, préférer la réflexion sur les finalités au pragmatisme du quotidien, une pratique démocratique de l’autorité : expliquer et faire comprendre plutôt que réprimer et utiliser la force de la décision exécutoire.



C’est à ce prix que de la tourmente actuelle pourra naître une nouvelle confiance des citoyens à l'égard des pouvoirs politiques.



Charles Debbasch