EN FINIR AVEC LA GREVE RETROGRADE DANS LES UNIVERSITES
Une excellente loi a organisé les bases d’une progressive autonomie des Universités. Dans l’application de cette loi, un décret contestable sur le statut des enseignants a été préparé. Ce qui a provoqué la naissance d’un conflit et le début de mouvements d’agitation. Ces dispositions contestables sont aujourd’hui retirées. Et pourtant la grève perdure et elle est souvent accompagnée d’actes de violence contre les personnes et contre les biens. Le blocage des cours pendant dix semaines met en péril la validation de l’année universitaire. Le moment est venu de dire stop à cette tentative d’utiliser l’Université à des fins politiques étrangères à sa vocation fondamentale.
Le Président de la Conférence des présidents d’Université ne s’y est pas trompé. Lionel Collet, président de Lyon-I, qui soutenait jusqu'ici le mouvement de protestation demande désormais son arrêt après ce qu'il juge être des concessions importantes du gouvernement. Mais une « coordination nationale des universités » appelle à une nouvelle journée de manifestation mercredi 8 avril. Et elle annonce que celle-ci sera suivie par d'autres journées de mobilisation au niveau national, les 28 avril et 1er mai.Quant au Snesup-FSU, syndicat des enseignants du supérieur il souhaite "ancrer [le mouvement] dans la durée, dans sa diversité tant dans sa nature que dans ses actions".
A l’évidence, le mouvement a perdu sa finalité corporative pour déborder sur le terrain politique. La chose n’est pas nouvelle. Chaque fois que la droite est au pouvoir, les forces d’opposition tentent d’utiliser le monde scolaire et universitaire contre le gouvernement et elles le font souvent avec succés.Parce que l’encadrement syndical du monde enseignant se situe plutôt à gauche. Parce que les professeurs sont traumatisés par les mutations rapides de l’éducation. Parce que les élèves et les étudiants sont aux premières loges de la précarité et sont les premières victimes de la crise.
Mais rien ne sert de ramer à contre-courant. La réforme engagée pour l’Université va dans le bon sens. Elle est destinée à moderniser les instruments de formation et à les adapter aux besoins sociaux. Elle vise à donner aux jeunes une meilleure formation. Elle est ainsi une arme essentielle pour la démocratisation de notre société.
L’Université française doit faire le pari de l’excellence. Elle doit avoir un fonctionnement régulier et serein. Elle doit adapter ses formations, mieux recruter ses maîtres, mieux les assister dans leur difficile mission, mieux les faire reconnaître et accepter par la société. Pense-t-on que la vision d’Universités en grève aux murs souillés de graffiti peut contribuer à une bonne image de ces institutions. Au lieu de se plaindre des grandes écoles, ne faut-il pas au contraire porter les Universités au plus haut et aider à leur reconnaissance.
La voie de l’autonomie progressive des Universités doit permettre à chaque établissement de trouver progressivement ses marques, d’affiner ses formations, de mieux choisir ses enseignants, de développer ses contacts avec le monde extérieur. S’y opposer c’est enfoncer les Universités dans le passé au lieur de les porter vers l’avenir. La tentation du chaos est mauvaise conseillère.
Le moment est venu pour chacun d’arrêter le massacre. Aux étudiants et universitaires de se remettre au travail pour reconstruire un enseignement d’excellence. Aux responsables politiques et gouvernementaux de prononcer les paroles d’amour et de compréhension qu’attend la communauté universitaire.
Il faut maintenant en finir avec la grève rétrograde dans les Universités.
Charles Debbasch
Président honoraire de l'Université de Droit , d' Economie et des Sciences d'Aix-Marseille
Président honoraire de la Conférence Nationale des Doyens des Facultés de Droit
Ancien Président du comité Consultatif des universités et du Conseil supérieur des Corps Universitaires (Droit Public )
mardi, avril 07, 2009
EN FINIR AVEC LA GREVE RETROGRADE DANS LES UNIVERSITES
lundi, avril 06, 2009
RESURGENCE DE LA VIOLENCE
RESURGENCE DE LA VIOLENCE
On assiste dans ces dernières semaines à une résurgence de la violence sociale.
Les départements d’outre-mer ont connu de véritables insurrections. Plusieurs patrons ont été séquestrés par leurs employés. A Strasbourg la manifestation anti-OTAN a dégénéré et tout un quartier de la ville a été vandalisé. A Bastia, lors d’une manifestation contre les violences policières, huit CRS ont été blessés. Trois se trouvent dans un état grave.
Ces violences ont trouvé quelque soutien dans l’opposition.
Ségolène Royal a justifié les récentes séquestrations des chefs d’entreprises. Elle a déclaré au Journal du Dimanche: "Les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue".Et elle a ajouté :"Ce n'est pas agréable d'être retenu, et c'est illégal de priver quelqu'un de sa liberté de mouvement. Mais on ne les a ni brutalisés ni humiliés. Ceux qui sont fragilisés, piétinés et méprisés, ce sont les salariés à qui l'on ment, avant de les mettre à la porte (...) Les salariés doivent forcer le barrage de l'injustice absolue : ce discours dominant qui demande aux salariés de subir, et de disparaître en se taisant, d'être licenciés sans faire d'histoires ni de bruit." Olivier Besancenot attribue pour sa part les troubles de Strasbourg aux autorités ce qui est une façon de dédouaner les casseurs. "On a été emmené dans une vraie souricière, c'est-à-dire que des milliers de manifestants ont été emmenés dans une rue avec les deux issues complètement bloquées et on s'est fait canarder à longueur de temps de gaz lacrymogènes, sans interlocuteurs à ce moment-là, avec des tirs tendus, des tirs de flashball, et on a frôlé le drame".
Les partisans de la majorité politique ont quant à eux désavoué la violence.
Xavier Bertrand, le patron de l'UMP, a accusé Ségolène Royal de "mettre de l'huile sur le feu". Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a stigmatisé des propos qui visent à "surfer sur les angoisses des gens, dans l'espoir d'en tirer profit au plan politique et sans se soucier de contribuer ainsi à excuser l'inexcusable".
Le président UMP de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a appelé"tous les partis" à condamner les actes de violence, à Strasbourg, en Corse ou en marge de la crise économique et sociale.
La violence reste inadmissible dans une société démocratique. Sa résurgence trouve néanmoins des explications qui ne peuvent, en aucun cas constituer des justifications.
Les syndicats encadrent de moins en moins le monde du travail. Ils sont concurrencés par des forces nouvelles autonomes qui ne sont pas rodées aux pratiques de négociation et qui sont donc tentées par les actions sauvages.
La crise et les licenciements qu’elle entraîne créent des inquiétudes et des traumatismes graves qui poussent aux réactions hors normes. Sur ce terreau favorable poussent des mouvements qui souhaitent répliquer à la violence sociale par la violence politique. Il est donc nécessaire de faire baisser les tensions liées à l’exaspération et à ranimer les dialogues dans tous les secteurs pour remplacer le combat par le débat.
Charles Debbasch
UN NOUVEL EQUILIBRE DU MONDE
UN NOUVEL EQUILIBRE DU MONDE
Les réunions successives du G20 et de l’OTAN révèlent une nouvelle structure de la société internationale.
La présence de Barack Obama est, à elle seule, un profond facteur de changement. L’image des Etats-Unis à l'ère Bush était profondément dégradée. Le nouveau président américain bénéficie quant à lui d’une forte cote de sympathie. Il a amené une nouvelle fraîcheur dans la politique américaine. A voir les jeunes se presser pour l’accueillir et l’applaudir, on mesure l’importance du changement.
Mais, dans le même temps on assiste à un recul de l’influence planétaire des Etats-Unis. La crise économique illustre les faiblesses de l’économie américaine. De nouvelles puissances comme la Chine viennent concurrencer l’impérialisme américain. Les pays émergents ne sont plus alignés sur les positions américaines. Le temps du capitalisme sauvage et de la dérégulation est révolu.
Cependant, l’esprit d’innovation du président américain peut susciter un nouveau leadership qui compense en partie ce déclin de la majesté américaine. Pour Barack Obama aucun thème n’est tabou. Les positions qu’il vient d’exprimer concernant la dénucléarisation de la planète en sont une bonne illustration. Voilà pourquoi les Etats-Unis pourraient passer d’une puissance imposée à un leadership accepté.
Charles Debbasch
mercredi, avril 01, 2009
TUTTI FRUTTI
Tutti frutti
Les chroniqueurs rapportent que Nicolas Sarkozy pour expliquer qu’il se sentait bien dans sa peau de Président aurait dit qu’il avait la banane. J e pense qu’il ne faisait pas référence à la banane des Antilles sur la peau de laquelle les institutions ont quelque peu trébuché mais à une banane du Mexique par exemple. On peut supposer qu’un président qui a la banane a aussi la pêche. Ce qui met en forme pour croquer la pomme. Cela vaut mieux que de sucrer les fraises ou être en situation de se faire porter des oranges
Michèle Obama, elle, a décidé de créer un jardin potager à la Maison Blanche. Elle s ennuyait sans doute de faire le poireau en attendant son Président de mari. Et puis les Etats-Unis n’ont plus un radis .Les constructeurs d’automobiles ne sont plus que des légumes. On se perd dans les salades des Madoff. Trop de sociétés sont dans les choux. L économie n’a vraiment pas la fritte.
Le moment est venu à Londres d’appuyer sur le champignon pour se sortir des cassis de la crise .Souhaitons à nos vaillants gouvernants d’affronter avec succès ces marmelades anglaises -au goût aussi indéfinissable que les compromis politiques- qui mélangent fort peu harmonieusement fruits et légumes
Charles Debbasch
mercredi, mars 25, 2009
OBAMA EN EUROPE
OBAMA EN EUROPE
Les deux principaux évènements qui conduisent le président Obama en Europe-le G20 et le sommet de l’Otan- sont une sorte de baptême du feu pour le leader de la Maison Blanche. Le chef de l’exécutif arrive en Europe avec une forte cote d’amour qui contraste avec le record d’impopularité de son prédécesseur. Il sera donc accueilli ave ferveur, curiosité et bienveillance. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y aura pas de difficultés à accorder les violons d’Obama et de ses homologues.
Sur le plan économique tout d’abord, le Président américain arrive fort de son plan de relance de 757 milliards de dollars. Il trouve que les efforts financiers des Européens ne sont pas à la hauteur de la crise. Mais les principaux acteurs européens estiment , quant à eux, que les Etats-Unis portent la responsabilité de la crise mondiale et qu’il leur appartient donc de réparer les pots cassés.
Sur le plan militaire, Barack Obama a amorcé un important virage. Il cherche à se désengager d’Irak et souhaite intensifier son action en Afghanistan et au Pakistan. Il demande donc aux Européens d’appuyer ce nouvel effort pour déraciner Al Quaida. Mais, sur la scène européenne, des voix s’élèvent pour s’interroger sur ces nouveaux axes et pour demander une plus grande participation à la prise de décision. La décision de Nicolas Sarkozy de réintégrer le commandement militaire de l’OTAN permettra sans nul doute à la France d’être mieux associée à la définition des lignes de force de la nouvelle politique militaire.
C’est, en tout état de cause, un dialogue amical qui se nouera à Londres et à Strasbourg entre la nouvelle étoile américaine et les leaders de la vieille Europe.
Charles Debbasch
STATISTIQUES ETHNIQUES ET EGALITE REPUBLICAINE
STATISQUES ETHNIQUES ET EGALITE REPUBLICAINE
Le principe d’égalité figure au premier rang de la devise républicaine. Il interdit tout type de discrimination fondée sur la race, le sexe ou l’origine sociale. Voici pourtant que, prétendant mieux lutter contre les discriminations, certains défendent l’idée de dresser des statistiques ethniques Ils arguent qu’en mesurant mieux la diversité ethnique de la société française, on pourrait davantage jauger le poids des discriminations et des inégalités dont certains groupes sont victimes.
Reste à savoir si cette mesure est licite ou même utile et souhaitable
STATISTIQUES PERMISES ET STATISTIQUES PROHIBEES
Le Conseil constitutionnel s’est prononcé dans sa décision du 21 novembre 2007« Considérant que, si les traitements nécessaires à la conduite d'études sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l'intégration peuvent porter sur des données objectives, ils ne sauraient, sans méconnaître le principe énoncé par l'article 1er de la Constitution, reposer sur l'origine ethnique ou la race »
.En d’autres termes, il est possible de recueillir des statistiques portant sur le lieu de naissance, le nom, le prénom ou l’origine des parents mais non de collecter des données sur la race, la couleur de la peau ou l’appartenance ethnique.
REMETTRE EN CAUSE LE PACTE REPUBLICAIN ?
Les plus ardents défenseurs de l’égalité absolue veulent aujourd’hui remettre en cause ce distinguo et ils prêchent pour la libération des statistiques ethniques. C’est à leurs yeux une étape indispensable vers la mise en place d’une politique de quotas et de discriminations positives.
On voit immédiatement les dangers d’une telle politique.
Elle risque d’enfoncer un peu plus la France dans le communautarisme et dans le repli des groupes sociaux sur leur identité.
Alors que la France moderne doit rechercher à atteindre plus de justice par une meilleure intégration, elle peut faire tomber le pays dans l’impasse des diversités enfermées dans leurs tranchées.
Charles Debbasch
STATISTIQUES ETHNIQUES ET EGALITE REPUBLICAINE
STATISQUES ETHNIQUES ET EGALITE REPUBLICAINE
Le principe d’égalité figure au premier rang de la devise républicaine. Il interdit tout type de discrimination fondée sur la race, le sexe ou l’origine sociale. Voici pourtant que, prétendant mieux lutter contre les discriminations, certains défendent l’idée de dresser des statistiques ethniques Ils arguent qu’en mesurant mieux la diversité ethnique de la société française, on pourrait davantage jauger le poids des discriminations et des inégalités dont certains groupes sont victimes.
Reste à savoir si cette mesure est licite ou même utile et souhaitable
STATISTIQUES PERMISES ET STATISTIQUES PROHIBEES
Le Conseil constitutionnel s’est prononcé dans sa décision du 21 novembre 2007« Considérant que, si les traitements nécessaires à la conduite d'études sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l'intégration peuvent porter sur des données objectives, ils ne sauraient, sans méconnaître le principe énoncé par l'article 1er de la Constitution, reposer sur l'origine ethnique ou la race »
.En d’autres termes, il est possible de recueillir des statistiques portant sur le lieu de naissance, le nom, le prénom ou l’origine des parents mais non de collecter des données sur la race, la couleur de la peau ou l’appartenance ethnique.
REMETTRE EN CAUSE LE PACTE REPUBLICAIN ?
Les plus ardents défenseurs de l’égalité absolue veulent aujourd’hui remettre en cause ce distinguo et ils prêchent pour la libération des statistiques ethniques. C’est à leurs yeux une étape indispensable vers la mise en place d’une politique de quotas et de discriminations positives.
On voit immédiatement les dangers d’une telle politique.
Elle risque d’enfoncer un peu plus la France dans le communautarisme et dans le repli des groupes sociaux sur leur identité.
Alors que la France moderne doit rechercher à atteindre plus de justice par une meilleure intégration, elle peut faire tomber le pays dans l’impasse des diversités enfermées dans leurs tranchées.
Charles Debbasch