Fin de campagne
C’est une fin de campagne morne et languissante à laquelle nous assistons.
Tout parait avoir été dit. Les candidats s’essoufflent à rassembler les électeurs qui ont toujours autant de mal à se déterminer. En ce printemps c’est l’automne de la présidentielle. Sans doute, la campagne a-t-elle commencé trop tôt .Mais plus sûrement c’est la période d’entre deux que nous connaissons qui explique la morne plaine que nous traversons.
La France est à la veille de grandes mutations mais ni les candidats, ni les électeurs n’ont le courage de voir cette réalité en face.
Alors faute de proposer le règlement des vrais problèmes, chacun s’accorde à disserter de l’ancien. La fonction publique et pléthorique et inadaptée mais qui peut avoir le courage de le dire au risque de perdre des millions de voix ? Le système d’assistanat généralisé ruine l’économie française mais qui osera se priver des suffrages des assistés ? L’école a besoin d’une révolution mais qui peut penser porter atteinte à la corporation des enseignants en période électorale ?
Les vrais débats étant esquivés, il reste alors à servir la même potion. Droite et gauche s’affrontent dans le désordre crée par des candidatures de témoignage. Le classicisme ce serait le duo probable en tête Sarkozy Royal. La surprise serait l’émergence de Bayrou.
Charles Debbasch
mercredi, avril 18, 2007
FIN DE CAMPAGNE PRESIDENTIELLE
lundi, avril 02, 2007
PRESIDENTIELLE:LE RETOUR DES PARTIS
La campagne présidentielle avait, à ses débuts, des velléités innovatrices. Ségolène Royal paraissait se présenter en candidate libre de toute allégeance partisane. Nicolas Sarkozy cherchait ses références chez Jaurès. On ne reconnaissait plus les traditionnels clivages partisans.
Voici qu’à présent, dans la dernière ligne droite, le débat revient au traditionnel combat droite gauche. Ségolène Royal fait désormais meeting commun avec le leader du PS, François Hollande, tandis que Nicolas Sarkozy durcit son discours et se fait le champion de l’ordre et de la lutte contre l’immigration. Du coup, François Bayrou, pris en sandwich entre les deux camps, se trouve compressé dans une espace politique de plus en plus étroit.
L’explication de cette évolution est simple. Elle repose, tout d’abord, sur la nécessite pour les candidats pour réussir leur campagne de s’appuyer sur un appareil politique puissant. Or, les partis sont plus représentatifs de l’état actuel de la société politique que de son avenir. Le conservatisme de la société française explique aussi cette évolution. Les Français sont avides de changement mais aussi prisonniers de leurs habitudes électorales. Ils préfèrent l’existant au saut dans l’inconnu.
Il n’y a pas eu dans cette campagne l’émergence d’un homme nouveau susceptible de transcender les clivages actuels. François Bayrou a un instant occupé cet espace d’innovation .Mais il était trop lié à l’ancien système pour pouvoir le transcender et aussi, sans doute, la société française n’était pas encore mure pour un grand changement. Ce sera une des responsabilités majeures du futur Président de tracer les routes de la grande mutation politique dont la France a besoin.
Charles Debbasch
mercredi, mars 21, 2007
LES DOUZE DE LA PRESIDENTIELLE
La démocratie repose sur deux exigences contradictoires. La justice qui impose que tous les courants de pensée puissent influencer le processus de décision. L’efficacité qui suppose que les acteurs politiques soient appelés à se rassembler pour qu’un pouvoir solide et stable émerge.
Les conditions de la candidature à l’élection présidentielle cherchent à concilier ces deux exigences. Tous les candidats à la présidentielle sont traités de façon rigoureusement égale. Mais, pour être candidat, il faut disposer au moins de cinq cents signatures d’élus dans 30 départements.
On est étonné que pendant la pré campagne la démagogie ait conduit à considérer que cette exigence était trop restrictive. Car, au bout du compte, nous voici avec douze candidatures validées par le Conseil Constitutionnel. Quatre candidatures d’extrême gauche :Olivier Besancenot (Ligue communiste révolutionnaire), Arlette Laguiller (Lutte ouvrière) Gérard Schivardi (Parti des travailleurs), José Bové (altermondialiste) .. Un communiste Marie-George Buffet (Parti communiste). Un écologiste Dominique Voynet (Verts). Un socialiste Ségolène Royal (Parti socialiste). Et en allant du centre à l’extrême droite, François Bayrou (UDF), Nicolas Sarkozy (UMP Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), Frédéric Nihous (Chasse, Pêche, Nature et Traditions), Jean-Marie Le Pen (Front national),
On peut remarquer que si le nombre de candidats est inférieur à celui de 2002 (16), il est supérieur à ceux de 1995 (9), 1988 (9), et 1981 (10). Il y avait eu 12 candidats en 1974, sept en 1969 et six en 1965.
Tous ceux qui craignaient de voir se restreindre le nombre de candidats vont peut être à présent se plaindre que toutes les personnes qui briguent le mandat présidentiel disposent de l'aide financière de l'Etat et de l'accès aux moyens de communication», L'égalité des temps de parole entre les candidats est en effet la règle sur les chaînes de télévision et les radios.
On pourra alors s’étonner que trois candidats trotskystes, aux audiences infinitésimales dans l’opinion, cumulent au bénéfice de leur tendance trois fois plus de temps de parole que chacun des grands candidats.
On dit que l’élection doit être une photographie de l’opinion. La campagne télévisée va ressembler plutôt aux miroirs des foires qui déforment de façon ridicule telle ou telle autre partie du corps…électoral.
Charles Debbasch
mardi, mars 20, 2007
FAUT-IL CREER UNE SIXIEME REPUBLIQUE
FAUT-IL CREER UNE SIXIEME REPUBLIQUE ?
Ségolène Royal puis François Bayrou ont proposé de créer une sixième République. Ils entendent ainsi marquer la rupture avec la situation actuelle. Rappelons que l’IIIe République est morte avec le désastre de 1940, que la Ive République s’est effondrée après le putsch d’Alger. La situation actuelle est bien loin de ces deux séismes mais les adeptes de la Vie République estiment qua nous en sommes bien proches et qu’il vaut mieux prévenir une explosion.
C’est le socialiste Arnaud Montebourg qui a le premier soutenu la nécessité du changement. Il a créé une Convention qui milite pour un changement de République. Elle considère qu'une des causes de l'abstention et de la dépolitisation réside dans les dysfonctionnements de la Ve République. Les conventionnels pointent l'absence de contrôle et donc de responsabilité politique pour tout ce qui concerne le Président de la République.
La Convention pour la 6e République prône donc un régime primo-ministériel, où les pouvoirs de contrôle du Parlement seraient accrus. Le président de la 6e République aurait un rôle d'arbitre, garant du bon fonctionnement des nouvelles institutions et ne serait pas élu au suffrage universel direct.
Le changement de République passe par l’adoption d’une nouvelle Constitution. Mais, est-ce bien là le problème essentiel de la France aujourd’hui ?
Les questions de société priment aujourd’hui par rapport aux problèmes de textes. Les maux dont souffre notre pays sont bien connus.
La France a le système bureaucratique le plus lourd de tous les pays libéraux. La société française est tout entière fonctionnarisée. L’Etat est surpuissant-il intervient sur tout-et il est relativement inefficace. La décentralisation au lieu de libérer les énergies participatives n’a fait qu’alourdir la machine en créant de nouveaux pôles de décision.
La France a développé les structures d’assistance sans faire prospérer l’esprit de responsabilité. L’idée d’un Etat vache à lait qui doit tout et auquel on ne doit rien s’est implantée dans l’opinion ; Elle déséquilibre les mécanismes sociaux et toute l’économie. Le manque de flexibilité du travail, la généralisation des trente cinq heures ont eu leur part corrosive dans les équilibres fondamentaux. L’endettement colossal pèse sur les comptes et compromet l’avenir de la France.
L’idée d’un Etat impartial s’est estompée. Les groupes ont pris possession de l’Etat et lui ont ôté sa virginité politique. L’esprit public s’est émoussé au profit du corporatisme et de l’esprit de chapelle. Même la magistrature qui devrait être indépendante n’échappe pas à cette emprise.
Plus la machine étatique s’alourdit et moins le pouvoir politique arrive à la contrôler.
Les citoyens sont insatisfaits devant cette déviance collective mais chaque catégorie défend ses privilèges dés que quelque s’avise de les lui disputer. Il faudrait pour transformer la société des dirigeants audacieux et visionnaires mais les politiques sont emprisonnés dans les marécages des sondages qui n’indiquent que la température de l’instant.
C’est donc d’une révolution politique que la France a besoin et non d’un ravalement constitutionnel et juridique.
Charles Debbasch
vendredi, mars 16, 2007
LES TROIS PRESIDENTIABLES ET LES PARTIS
La situation des trois principaux candidats par rapport aux formations politiques est assez différente
Nicolas Sarkozy a une position claire. Président de l’UMP, il a été investi par cette formation qu’il contrôle parfaitement .Il bénéficie ainsi d’une puissante structure de soutien.
La position de Ségolène Royal est plus délicate. Elle vient de l’avouer elle-même en déclarant. « J'ai eu beaucoup de liberté dans le débat interne. J'ai été moins libre parce que je suis appuyée par une organisation politique. [...] Je suis dans la dernière ligne droite. Je reprends toute ma liberté. » En d’autres termes, sa campagne a connu trois phases. Dans la première étape de gestation de sa candidature -celle qui a le mieux fonctionné-, elle s’est considérée comme libre par rapport au PS. Investie ensuite par ce parti, elle est devenue la prisonnière de ses éléphants. Ce rétrécissement lui a nui dans l’opinion : voilà pourquoi, elle tente à présent de retrouver sa liberté. Mais, il n’est pas sur que cette politique d’aller et retour ne désoriente pas l’opinion
François Bayrou, même s’il est le président de l’Udf, présente sa candidature comme transcendant les courants politiques. Il souhaite briser le clivage droite gauche et donc faire explose le système bipartisan actuel.
Le problème est qu’il y a un après élections. La position qui est la plus confortable pour être élu –ne pas être enfermé dans un parti –est aussi la plus inconfortable pour gouverner après l’élection. Des trois candidats Nicolas Sarkozy est le seul qui, s’il était élu, disposerait d’une majorité parlementaire. Les deux autres candidats devraient obligatoirement dissoudre après leur éventuelle victoire. Une dissolution Royal nous placerait dans un affrontement classique droite gauche. François Bayrou tenterait pour sa part de dynamiter les clivages actuels. Mais,les partis ont la peau dure et il est probable que , dans un laps de temps aussi court, le seul résultat serait l’implosion de l’UMP et des ralliements individuels qui amorceraient l’éventuelle recomposition.
Si les partis ne font pas toujours la loi, il n’en existe pas moins une implacable loi des partis.
Charles Debbasch
mardi, mars 13, 2007
LE BLOG DE CHARLES DEBBASCH:L'IDENTITE NATIONALE
Une controverse est née à propos de la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Le thème de l’identité nationale mérite, il est vrai, d’être mieux creusé et défini.
Chaque Nation se reconnaît dans sa géographie, son histoire, sa langue, son caractère. Tous ces traits communs forgent une identité. De même que chaque personne humaine a son identité à nulle autre pareille, de même les peuples de la terre ont chacun une spécificité. Mais une Nation n’est pas seulement le constat d’une différence, d’un particularisme. Elle ne trouve sa force que dans la volonté d’un groupe social de vivre ensemble, de se forger une communauté de destin, de se défendre contre les atteintes à son identité venant de l’extérieur.
Cette volonté commune s’est singulièrement affadie à l’époque contemporaine. L’Europe’ forge elle-même son identité sur l’effacement des spécificités nationales. La progression d’un individualisme matérialiste contribue à affaiblir le sens de la Nation. Dés lors la porte est ouverte au déferlement des particularismes intérieurs à la Nation ; Chaque peuple, chaque religion se replie sur ses quartiers. Le communautarisme prend le pas sur le nationalisme juste au moment où une immigration massive plus difficilement assimilable se déploie et exalte ses particularismes.
Il faut bien se rendre compte que c’est l’affadissement de notre Nation qui est à l’origine du problème. A nous de savoir retrouver la communauté d’une Nation, ouverte et tolérante, mais sans complexes pour affirmer son identité et défendre ses valeurs.
Charles Debbasch
lundi, mars 12, 2007
LES ADIEUX DE CHIRAC
Il n’est jamais facile de quitter un mandat électif. A plus forte raison quand on exerce la fonction suprême et que l’on est immergé dans l’action publique depuis quarante ans.
Après deux mandats présidentiels, l’un de sept ans, l’autre de cinq ans Jacques Chirac s’apprête à quitter le devant de la scène. Son allocution télévisée traduisait son émotion. C’est la gorge nouée que le Président de la République a annoncé qu’il ne se représenterait pas. C’est avec autorité qu’il a présenté son testament politique.
Comme c’est la tradition en fin de mandat, les attaques et les insultes ont fusé sur l’ancien député de Corrèze. Mitterrand avait connu les mêmes agressions alors qu’il était affaibli. Les journalistes sont courageux mais pas téméraires. Ils préfèrent tirer sur une ambulance que sur un homme puissant. Les torrents de boue déversés contre Jacques Chirac ont sans doute blessé l’intéressé. C’est pourquoi. il a fait lui-même le bilan de son action en se situant sur les hauteurs d’une France audacieuse conquérante et tolérante.
Habile à conquérir à la hussarde les mandats en 1995 et en 2002, il a moins brillé dans les autres consultations populaires. Il compte à son passif une dissolution et un referendum européen ratés. Mais, il a su surmonter ces échecs et a imprimé sa propre marque à l’action publique.
L’homme a changé à l’exercice du pouvoir. Il est passé du gaullisme en 1968, au libéralisme débridé en 1986 et à une sorte de radicalisme laïque et tolérant adversaire de la fracture sociale dans son dernier mandat. Si ses adversaires l’ont classé à droite, son exercice du pouvoir le situe plutôt au centre gauche.
Représentant de la technocratie qui gouverne la France, il a renforcé l’Etat et n’a pas vraiment réduit les prélèvements obligatoires.
L’histoire jugera son action. Loin des polémiques et des excès.