LA GUERRE DES STADES
C’est aujourd’hui dans le sport que se manifeste le nationalisme. L’identité nationale que l’on prétend extirper d’ailleurs s’y affirme au grand jour. Chassez le nationalisme, il revient au galop.
Quatre incidents récents le démontrent.
L’AFFAIRE DE L’HYMNE SUD-AFRICAIN
Après la défaite en rugby de l'Afrique du Sud face aux Bleus à Toulouse, le sélectionneur des Boks Peter de Villiers a estimé que les Français n'ont «pas respecté» l'hymne national sud-africain, chanté par «quelqu'un qui ne chantait pas bien…Je ne veux pas revenir dessus mais c'est vrai qu'on attend juste un peu plus de respect pour notre hymne national comme partout dans le monde»,
Quant à Victor Mayfield le deuxième ligne sud-africain, il a souligné que «quand on met le maillot des Springboks, qu'on rentre sur le terrain et qu'on entend l'hymne, ça donne une motivation supplémentaire car on représente son pays. La manière dont il a été joué ce soir a été risible et d'ailleurs, les Français se sont mis à rire avant la fin. Ca a peut-être eu une influence sur la rencontre»,
En d’autres termes c’est la mauvaise exécution de l’hymne national qui aurait provoqué l’échec des Boks !
LE MATCH ALGERIE EGYPTE
C’est une quasi-déclaration de guerre qui a suivi la victoire de l’Algérie sur l’Egypte en qualification du Mondial 2010. Lors du match aller au Caire, le bus des joueurs algériens a été attaqué et des footballeurs ont été blessés. En représailles, des supporters des Fennecs ont mis à sac le siège algérois de Djezzy, compagnie de téléphonie mobile de l'opérateur égyptien Orascom. D’autres incidents ont sui le match retour qui s’est tenu au Soudan. En réaction l’Egypte a rappelé son ambassadeur en Algérie pour "consultations’’.Quant au Soudan il a convoqué l’ambassadeur égyptien pour lui demander des explications sur les mensonges colportés par la presse égyptienne sur des accrochages entre les supporters égyptiens et algériens. "Le ministère des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur d’Egypte pour l’informer du rejet par le Soudan des informations diffusées par des médias égyptiens concernant les événements d’après-match…Plutôt que de souligner tout ce que le Soudan a fait pour ce match, l’accueil, l’hébergement de près de 25.000 personnes et la sécurité", les médias égyptiens ont diffusé de "fausses" informations, a déclaré à l’AFP le porte-parole officiel de la diplomatie soudanaise, Moawiya Osmane Khalid.
LA VICTOIRE DE L’ALGERIE ET L’IDENTITE FRANCAISE
Sitôt la victoire de l’Algérie connue, les Champs Elysées ont vu déferler une nuée de jeunes Français, originaires d’Algérie, qui dans une sorte de manifestation communautariste ,sont venus fêter la victoire de « leur équipe nationale ».Le ministre Besson a aussitôt manifesté sa surprise en termes choisis : «Et quand des jeunes français font la fête pour l’équipe d’Algérie?
Je ne nie pas les tentations communautaristes, je les combats. Mais je ne veux pas créer d’épouvantail. La liesse est de droit, la joie est normale, les débordements et les casseurs sont inacceptables et il ne faut pas fermer les yeux là-dessus. Plus généralement, si des jeunes Français se sentent Algériens, cela confirme qu’il faut mettre au clair notre identité nationale. Nous devons amener ces jeunes à se revendiquer Français pleinement, dans un parfait équilibre de droits et de devoirs. »
LA MAIN DE THIERY HENRY ET FRANCE- IRLANDE
Une opportune main de Thierry Henry ayant permis à la France d’arracher, au détriment de l’Irlande, sa qualification pour le Mondial, le conflit a tout naturellement dégénéré sur le terrain diplomatique. Le ministre de la justice irlandais a souhaité que la FIFA (Fédération internationale de football) soit «mise au pied du mur» et qu'il fallait demander un autre match. «Je sais que nous ne l'obtiendrons jamais, car nous ne valons pas grand chose dans le monde du football, a-t-il déclaré au quotidien irlandais, l'Irish Times. «Mais nous devons faire la demande pour les milliers de supporteurs irlandais dévastés par l'issue du match».Quant à Nicolas Sarkozy, il a eu une attitude prudente .Il a reconnu s'être entretenu avec le premier ministre irlandais, Brian Cowen. «J'ai dit di à Brian Cowen qui est mon ami, combien j'étais désolé pour lui, combien j'avais apprécié la très vigoureuse et très talentueuse équipe Irlandaise».Mais il s’est refusé à toute autre intervention. «Si je me prononce vous allez encore dénoncer l'hyper président. Ne me demandez pas de me substituer à l'arbitre du match, aux instances du football français, aux instances du football européen». Et d'ajouter, «Allez, laissez-moi à ma place, tranquillement».
L’AFFIRMATION DE LA FIERTE NATIONALE
C’est sans doute parce qu’elle est bridée dans d’autres domaines que la fierté nationale s’exprime dans le domaine sportif. Que les grands événements sportifs remplacent les guerres, ce n’est sans doute pas un mal. A la condition que la fierté nationale n’autorise pas les débordements et les violences et que la guerre sportive des Nations reste civilisée. La loyauté et le respect des autres sont des vertus sportives que le sport business ne doit pas détruire.
Charles Debbasch
samedi, novembre 21, 2009
LA GUERRE DES STADES
jeudi, novembre 19, 2009
SARKOZY ET L'EUROPE RESSUSCITEE
SARKOZY ET L’EUROPE RESSUSCITEE
C’est avec une certaine jubilation que Nicolas Sarkozy est venu annoncer à la télévision les trois premières nominations aux postes de commandement dans la nouvelle Europe du Traité de Lisbonne.
L’enthousiasme du Chef de l’Etat doit être partagé.
Après l’échec de la construction du traité de Nice, il fallait relancer la machine européenne. C’est ce qu’a fait Nicolas Sarkozy avec succès en faisant adopter le traité simplifié. Le non de l’Irlande à cette nouvelle mouture paraissait à nouveau bloquer le processus institutionnel. A prés des négociations acharnées tout au long de la présidence française, Nicolas Sarkozy a en effet obtenu que Dublin organise un nouveau référendum . C’est le succès de cette consultation qui a enfin permis à la nouvelle construction européenne de se mettre en marche à partir du 1 décembre prochain.
Le choix équilibré des nouveaux dirigeants européens doit également beaucoup à la stratégie de rapprochement avec l’Allemagne conduite de main de maître par le Président français.
A l’heure où les orages intérieurs grondent, il y a la matière à réflexion pour le président français.
Les grandes réalisations politiques exigent fermeté dans les objectifs, finesse dans la mise en œuvre, équipe d’appui soudée et compétente, prudence dans l’expression et une grande dose de patience.
L’Europe ressuscitée par Nicolas Sarkozy doit servir de modèle d’inspiration pour les grandes réformes intérieures.
Charles Debbasch
mardi, novembre 17, 2009
FESSEE DE DROITE ET FESSEE DE GAUCHE
LA FESSEE EST-ELLE DE DROITE OU DE GAUCHE ?
La pédiatre et députée UMP Edwige Antier a annoncé qu’elle va déposer une proposition de loi visant à interdire les châtiments corporels, dont la fessée. « On ne peut plus laisser entendre que ce n'est pas grave ou, même pire, que ça a une vertu éducative alors que c'est exactement le contraire. Plus on lève la main sur un enfant, plus il devient sournois, menteur et agressif. Déjà, en juin 2008, le Conseil de l'Europe avait lancé une campagne de sensibilisation : « Levez la main contre la fessée. »et avait appelé les Etats membres à interdire la fessée. Dix-huit Etats -mais pas la France-ont suivi cette recommandation.
Puisqu’il fallait bien que la gauche et la droite se divisent sur un sujet aussi délicat, la députée PS de Moselle: Aurélie Filippetti irritée par la guerre des courants dans son parti-, a suggéré avec humour de « rétablir la fessée au Parti socialiste pour nous rappeler à la réalité ».Il est vrai que le dernier épisode des convulsions socialistes- Ségolène Royal se querellant avec Vincent Peillon son ancien zélateur- désespère les militants.
Le spectacle de la classe politique ne permet pas de trancher le débat pour déterminer si la fessée est de droite ou de gauche. Il va cependant finir par convaincre les électeurs qu’il y a des coups de pied dans le…centre qui se perdent
Charles Debbasch
lundi, novembre 16, 2009
LE MUR ET LES CHAINES
LE MUR ET LES CHAINES
Lorsque l’on demandait dans la décennie quatre-vingt aux plus grands spécialistes de la politique internationale quand on pouvait prévoir la chute du mur de Berlin, ils répondaient que, sauf cataclysme majeur, l’ouvrage ne serait pas détruit de si tôt. Et pourtant, le 9 novembre 1989, des Berlinois aux mains nues entreprennent la destruction du mur sans que le pouvoir est-allemand s’y oppose ouvrant la voie à la réunification de l’Allemagne.
Depuis trente ans un dispositif impressionnant enfermait les Allemands de l’est dans leur prison: ' deux murs de 3,6 mètres de haut , 302 miradors et dispositifs d'alarme, 14 000 gardes, 600 chiens et des barbelés. Plusieurs centaines de citoyens est-allemands perdront la vie en essayant de le franchir.
Ce mur est une frontière idéologique entre le monde libre et l’univers communiste. Il incarne le paroxysme de la guerre froide.
La politique de Gorbatchev -perestroïka plus glasnost -va créer les conditions favorables à l’anéantissement de la muraille de béton. Mais plus encore c’est la mondialisation de l’information qui va inciter les allemands de l’est à la rébellion collective. Il n’était plus possible au pouvoir est allemand de mentir à l’aide de sa propagande pour faire croire qu'à l’Ouest les gens étaient malheureux et qu’il y avait des queues devant les boulangeries dés lors que les radios et les télévisions démontraient le contraire.
Quand la télévision déploie ses chaînes, celles des peuples ses desserrent.
Charles Debbasch
mardi, novembre 03, 2009
L'IDENTITE NATIONALE
L’IDENTITE NATIONALE
L’identité d’un être c’est ce qui le distingue de tous les autres individus ce qu’il a d’unique. De même, l’identité d’une Nation c’est ce que partagent en commun les individus qui la composent.
La différence apparait cependant immédiatement. Un individu a une spécificité naturelle. La Nation a une particularité qui se construit à partir des valeurs partagées par les individus qui la composent. Voilà pourquoi, elle est plus difficile à caractériser et pourquoi elle fait débat.
Il n’est pas anormal que la France, comme tout autre Etat, se pose le problème de son identité nationale, non pour hisser les drapeaux d’une quelconque xénophobie mais pour identifier en ce début du vingt-unième siècle le creuset des valeurs communes.
Il ne faut pas négliger non plus que, si le problème de l’identité nationale se pose, c’est parce que celle-ci est menacée ou mise en cause.
Elle est mise en cause tout d’abord par le sommet. L’époque est à l’internationalisme. Un réseau d’institutions internationales de plus en plus serré encadre les Etats dont les compétences sont limitées. La construction européenne entraine des transferts de compétences de plus en plus nombreux des Etats vers Bruxelles. La mondialisation des échanges, des informations, des loisirs constitue un puissant facteur d’atténuation des différences au point que les Nations peuvent avoir l’impression de perdre leur âme.
L’identité nationale est également contestée à la base par les mouvements de dépeçage de l’Etat central par les exigences décentralisatrices ou fédéralistes. Le communautarisme c'est-à-dire la tendance de collectivités d’individus à se construire des univers à part dans l’Etat met également l’unité nationale en danger.
Il est donc normal que l’on redéfinisse le contenu d’une identité nationale adaptée à notre temps. Sans le support d’une communauté de valeurs, d’un vouloir vivre ensemble, l’Etat est fragile et menacé. Un Etat ne peut être une simple structure administrative. L’identité nationale c’est son âme.
Charles Debbasch
vendredi, octobre 30, 2009
LE RENVOI DE JACQUES CHIRAC EN CORRECTIONNELLE
LE RENVOI DE JACQUES CHIRAC EN CORRECTIONNELLE
Ce vendredi 30 octobre 2009 marque une première dans l’histoire de la Ve République : l'ancien président de la République Jacques Chirac a été renvoyé par la juge d’instruction Simeoni, devant le tribunal correctionnel, pour "abus de confiance" et "détournement de fonds publics", dans le cadre de l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris.
La première réaction que provoque cette décision est le regret. Regret qu’un homme qui a rendu de si grands services à la France soit aujourd’hui inquiété si longtemps après les faits dans une affaire où il n’a tiré aucun profit personnel.
On ne peut cependant imputer cette lenteur au débit de la justice. Le retard s’explique tout simplement parce que, bénéficiant d’une immunité constitutionnelle en raison de ses fonctions présidentielles de 1995 à 2007, Jacques Chirac n’a pu être poursuivi qu’après l’expiration du délai de protection constitutionnelle.
Sur le fond et sans préjuger de la décision finale que rendra éventuellement la juridiction de jugement –si l’ordonnance de renvoi n’est pas frappée d’appel-, une observation s’impose. A l’époque des faits ; tous les responsables politiques avaient recours aux mêmes techniques de financement et notamment à la rémunération par la collectivité de permanents des partis. C’est une erreur collective de la classe politique, lorsqu’elle a remis de l’ordre dans le financement des partis, de ne pas avoir amnistié ces faits.
Dés lors, on ne peut reprocher à la justice d’appliquer la loi et de poursuivre...même un ancien chef de l’Etat.
Charles Debbasch
jeudi, octobre 29, 2009
LA FAUSSE DECENTRALISATION FRANCAISE
LA FAUSSE DECENTRALISATION FRANCAISE
Au moment où Nicolas Sarkozy aborde avec courage la réforme de l’univers local, la Cour des Comptes dresse un bilan désastreux de l’état des lieux de la décentralisation.
La décentralisation visait à rapprocher le pouvoir des Français et à réduire l’emprise des bureaux parisiens sur l’espace local. Aucun de ces objectifs n’a été atteint.
Les compétences de l’échelon local ayant été amplifiées, les administrations centrales auraient du être dégraissées. C’est l’inverse qui s’est produit. 400 000 fonctionnaires supplémentaires ont été engagés par l'État entre 1980 et 2006 ce qui représente un surcoût équivalent à un tiers du déficit structurel de l'État, évalué autour de 50 milliards d'euros. « Vingt-cinq ans ont été perdus, pendant lesquels les doublons se sont multipliés», déclare Philippe Séguin. La décentralisation n'a jusqu'à présent conduit ni à une baisse des dépenses publiques, ni à une maîtrise de la fiscalité locale. En vingt-cinq ans de décentralisation, la dépense des collectivités locales a été multipliée par plus de cinq et celle de l'État par plus de trois.
Des bureaucraties locales se sont surajoutées aux administrations centrales. La fonction publique territoriale a gonflé, passant de 1,1 à 1,6 million d'agents. Les communes qui ont eu le moins de transferts de compétences sont les collectivités qui ont le plus embauché. Les effectifs des communes ont augmenté de 47 % et ceux des groupements intercommunaux de 147%.
L'enchevêtrement des compétences entraine mauvaise gestion et gaspillages. La Cour des Comptes remarque ainsi : «Dix-neuf aéroports sont gérés par les régions, 29 par les départements, 61 par les intercommunalités et 41 par les communes.» L’aide au développement économique qui atteint 6 milliards d’euros est dispersée entre tous les échelons. Comment dans ces conditions conduire une politique cohérente ?
La réforme de l’administration est donc une nécessité Elle doit viser , en premier, les administrations centrales qui continuent avec obstination à exercer des compétences qui ont été décentralisées. Il convient aussi de mettre de l’ordre dans l’univers local en redistribuant clairement les attributions. Il faut, enfin, que cesse cette course incontrôlée à la dépense locale qui gomme toute tentative pour réduire le poids de la fiscalité.
Tout ceci est plus facile à dire qu’à faire. Les coteries locales sont puissantes.
La seule issue est d’expliquer la nécessité de la réforme aux citoyens et de rendre enfin intelligible par tous notre carte administrative.
Charles Debbasch