lundi, mars 23, 2009

L'ECHEC DU RASSEMBLEMENT POUR LES LIBERTES DE MARTINE AUBRY

L’ECHEC DU RASSEMBLEMENT POUR LES LIBERTES
DE MARTINE AUBRY

La première secrétaire du PS avait souhaité faire de son meeting au Zénith un grand rassemblement pour les libertés. Elle n’a guère eu d’échos. Moins de 1000 personnes assistaient à cette réunion. Ce qui a amené le porte-parole du PS Benoît Hamon à reconnaître que le PS aurait "préféré une salle plus remplie" lors de son rassemblement pour les libertés au Zénith de Paris, jugeant que "le Parti socialiste n'est pas encore tout à fait guéri".

Il est vrai que le thème de la réunion était assez surréaliste. Il s’agissait de vulgariser le livre noir que le PS a publié dénoncent en 89 chapitres les atteintes aux libertés publiques depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. "Nous n'acceptons pas la mise sous coupe de la justice, la restriction de l'indépendance de la presse, le fichage des Français, le dur traitement des plus faibles. L'heure n'est pas à la résignation", a déclaré la maire de Lille.

Il est vrai que ces attaques n’avaient pas fait l’unanimité au sein même du PS. Le député PS de l'Essonne Manuel Valls avait critiqué une tendance à l' anti-sarkozysme obsessionnel dans la campagne du PS pour la défense des libertés. Le document du PS cherche à montrer que la France depuis l’élection de Nicolas Sarkozy est devenue une sorte de dictature. Ce qui est totalement excessif et insignifiant.

On comprend donc que les militants socialistes ne se soient guère mis en mouvement pour une action si décalée par rapport à la réalité

Charles Debbasch

vendredi, mars 20, 2009

CRISE MONDIALE ET POLITIQUE INTERIEURE

CRISE MONDIALE ET POLITIQUE INTERIEURE

Entre 1,2 millions (selon la police) et 3 millions (selon la CGT) de personnes ont défilé dans 229 manifestations à l'appel des huit syndicats (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC, Solidaires, FSU, Unsa). Ce nouveau rassemblement de masse ,après celui du 29 janvier, illustre l’inquiétude des travailleurs face à la dégradation de la situation économique.
L’objectif des syndicats était de conduire le gouvernement à renforcer les mesures de relance de l’économie. Mais, avant même le mouvement de grève, Nicolas Sarkozy avait fait savoir que le plan de relance resterait intangible. Cette position a été confirmée, au soir du 19 mars, par François Fillon. Le Premier ministre a dit comprendre une inquiétude qui est très légitime face à une crise mondiale d'une très grande gravité", Mais, il a exclu tout nouveau plan de relance. Selon lui, il faut "attendre" que le premier plan de relance de 26 milliards d'euros lancé en décembre "produise ses effets" et notamment "des emplois qui vont être sauvés et qui ont déjà été sauvés", "des mesures pour aider la trésorerie des entreprises", une extension du recours au chômage partiel et sa meilleure indemnisation. Un effort important a selon lui déjà été consenti avec la suppression des deux tiers provisionnels de l'impôt sur les revenus 2008 pour les foyers relevant de la première tranche d'imposition et le crédit d'impôt accordé à deux autres millions de contribuables."Six millions de Français vont voir leur impôt sur le revenu diminué en 2009 des deux tiers", a-t-il rappelé."Tous les Français comprennent qu'on ne peut pas aller au delà" car d'une part le déficit public, déjà "doublé" cette année en serait aggravé et "ce serait empêcher la reprise" alors que "des signes" dans ce sens existent "pour l'année 2010".
Trois enseignements peuvent être tirés de cette journée de manifestations.
Sous l’apparence d’un front uni de gauche politico syndical, une fracture existe entre les mouvements traditionnels et les « autonomes » à la mode d’Alain Besancenot qui cherchent à exploiter la crise actuelle pour arriver à un grand soir de révolte. On peut cependant constater que, jusqu’ici, le mouvement de protestation ne s’est pas transformé en révolution et que seuls de petits groupes ont cherché à en découdre avec la police.
Malgré la volonté gouvernementale de démontrer que la crise est importée et ne dépend pas de son action, l’opinion est tentée de faire supporter les conséquences de la crise au gouvernement en place. Le parti socialiste cherche à recueillir les fruits du mécontentement. Mais, les sondages démontrent que ses propositions ne sont pas jugées crédibles par l’opinion publique.
Si la majorité sarkozyste reste unie, il existe cependant en son sein des individualités qui sont tentées par les slogans de gauche visant « à faire payer les riches ».Le bouclier fiscal est devenu une sorte d’enjeu symbolique. Mais le Président Sarkozy a clairement exprimé que l’on ne toucherait pas à un des fondamentaux de sa doctrine.
Qu’il s’agisse de la majorité ou de l’opposition, la crise est en voie de créer de nouvelles lignes de fractures.

Charles Debbasch

jeudi, mars 19, 2009

UN PAPE HATIF

UN PAPE HATIF

Les propos tenus par le pape Benoit XVI avant son arrivée en terre africaine ont suscité une légitime émotion. Il est, en effet, irresponsable de prétendre que le préservatif « aggrave » le problème du sida. En l’absence de vaccin ou de remède définitif, il n’ya que la prévention qui est opérante pour empêcher le déferlement du virus.
L’abstinence peut être prêchée mais on en connaît les limites. La fidélité doit être recommandée mais, comme toute vertu, elle est faillible. Reste le préservatif qui est le seul rempart efficace à l’heure actuelle. Au moment où la plupart des gouvernements responsables et l’ONU accomplissent des efforts considérables pour en développer l’usage, les propos du pape sont inutilement démobilisateurs. Comme l’a remarqué justement Médecins du monde, il s'agit de "paroles gravissimes quand on voit l'impact que ce type de message peut avoir en Afrique". "Ce sont des années de travail qui sont remises en cause et surtout ce sont des millions de gens qui vont être contaminés à cause de ces déclarations". Le directeur de l'Agence française de recherches sur le sida Jean-François Delfraissy s'est dit "catastrophé par ce type de message extrêmement contre-productif alors même que le pape arrive dans le continent africain, le continent le plus touché par l'épidémie…L'épidémie continue de façon massive, avec 3,5 millions de nouvelles contaminations par an, essentiellement dans les pays du sud" et "quasi exclusivement par voie sexuelle».

Après la levée hâtive de l’excommunication frappant un évêque révisionniste, Benoit XVI inquiète justement même les croyants les plus fervents.

Charles Debbasch

dimanche, mars 08, 2009

LES TEMPES GRISES DU PRESIDENT OBAMA

LES TEMPES GRISES DE BARACK OBAMA

Les Etats-Unis affrontent une grave crise économique. Le Congrès débat de plans d’aide aux banques et à l’industrie pour des montants de plusieurs milliards de dollars. L’armée américaine est empêtrée en Irak. Pourtant ce n’est pas un de ces grands sujets qui vient de faire la une du New York Times .Non, le grand quotidien américain consacre sa première page à l’apparition des premiers cheveux gris de Barack Obama. Les tempes grises de la nouvelle idole du peuple américain prennent le pas sur tous les autres débats.
Et les commentateurs de s’interroger. Ils sont allés consulter le coiffeur du président depuis quinze ans et celui-ci a confirmé n’avoir jamais utilisé de teinture. Il s’agit bien donc des premiers signes du vieillissement du locataire de la Maison Blanche. Les spécialistes invoquent le stress affronté pendant ces premières semaines de présidence mais aussi durant ces deux années de campagne.
Mais, d’autres savants s’interrogent. Est-ce bien là l’effet du stress ou bien ne s’agit-il pas d’une évolution normale qui se serait produite même si Obama n’avait pas eu à surmonter ces épreuves ? De fait les scientifiques ne sont pas tous d’accord. Ce que l’on sait de façon certaine c’est que la décoloration naturelle du cheveu est due à une production massive de peroxyde d’hydrogène qui bloque la synthèse de la mélamine, le pigment qui colore la peau et les cheveux. Toutes nos cellules capillaires produisent un peu de peroxyde mais plus on devient vieux et plus la quantité de peroxyde produite s’accroit. Ce qui explique la décoloration progressive des cheveux.
Cette donnée scientifique ne permet pas de répondre à la question de l’influence du stress présidentiel. Le Dr. Michael F. Roizen dans le New York Times soutient que qu’un Président en fonction vieillit de deux ans chaque fois qu’il passe un an à la Présidence. Ce médecin pense que le vieillissement est lié à notre mode de vie et aux épreuves que nous traversons. Ce qui n’est guère étonnant.
A un moment où la médiatisation voudrait nous faire croire que ceux qui nous gouvernent sont des surhommes, les tempes grises du Président Obama viennent nous rappeler qu’ils sont faits de chair et de sang, de joies , de sueurs et de larmes comme chacun d’entre nous.
Charles Debbasch

samedi, février 28, 2009

LE PRIX DU JET EN JET

LE PRIX DU JET EN JET
Les compagnies d’aviation à bas prix ou « low cost » sont en permanence à la recherche de ressources supplémentaires pour taxer les passagers de charges nouvelles. Les prestations de repas à bord sont payantes, la taxation des bagages est très lourde, le choix d’un embarquement prioritaire onéreux. Il s’agit de reprendre au client d’une main ce qu’on lui a accordé de l’autre.
La proposition la plus originale est pourtant venue de Michael O'Leary, patron de la compagnie low-cost Ryan Air :"Une des choses que nous avons envisagé dans le passé et à laquelle nous réfléchissons toujours est la possibilité de placer une fente pour déposer des pièces sur la porte des toilettes, pour qu'à l'avenir ils dépensent 1 livre quand ils vont faire pipi".
Bigre, voici une redevance nouvelle qui va faire réfléchir les passagers économes. Tiendront-ils jusqu’à l’atterrissage ? Calcul difficile tant les temps d’attente au dessus des aéroports sont imprévisibles. Ils devront prendre des risques sans être sûrs de pouvoir résister jusqu’à l’arrivée.
Désormais, si le pilote a le contrôle du jet, les passagers devront avoir le contrôle du jet.Et c'est sans doute un pur hasard si la compagnie aérienne concurrente de Ryan Air-qui, elle, n'envisage pas de rendre les toilettes payantes- s'appelle Easy...jet!


Charles Debbasch

vendredi, février 27, 2009

LES CHIENS DES PRESIDENTS

LE CHIEN DES PRESIDENTS


Pendant la campagne électorale, Michelle Obama avait promis à ses filles de leur offrir un chien. Restait à choisir la race de l’animal. Le choix était compliqué en raison des allergies de l'une des deux filles du couple présidentiel qui souffre d’une intolérance aux poils de chiens. Le nouveau First Dog sera de la race des chiens d'eau portugais. L'épouse du Président a expliqué son choix.Ces chiens «sont censés avoir bon caractère. Au niveau de la taille, ils sont un peu intermédiaires, ce n'est pas un petit chien, mais ce n'est pas non plus un gros chien. Et les gens que nous connaissons qui en ont s'extasient à leur sujet. Donc on penche pour ce choix-là."

Le labrador est lui le chien favori des Présidents de la République français. : Georges Pompidou - Valéry Giscard d’Estaing - François Mitterrand en ont possédé un. C’est bien la preuve que cette race est consensuelle au dessus des opinions politiques.Nicolas Sarkozy lui-même a possédé un labrador, Indie, couleur sable. Pour l’instant, il n’y a pas d’hôte canin permanent à l’Elysée. Mais on a pu voir le 21 juin dernier Nicolas Sarkozy exhiber le chihuahua à poils long de son fils.

Les chiens s’habituent tellement à l’environnement présidentiel qu’ils sont désorientés lorsque le mandat de leur maître s’achève. Sumo le gentil bichon du président Chirac vient ainsi de mordre le Chef d’Etat sortant. Quant à Baltique, le labrador femelle de François Mitterrand, elle se tenait droite et respectable à l'entrée de l'église de Jarnac, le jour des funérailles de son maître.

C’est sans doute le caractère impitoyable de la vie politique qui explique cet engouement des chefs d’Etat pour leurs chiens.

Dans l’univers politique féroce où la part faite aux sentiments est des plus réduites, c’est dans l’affection de leurs chiens que les hauts responsables trouvent une part d’humanité.

Les chiens leur permettent aussi de lancer un clin d’œil à l’opinion en montrant qu’eux aussi -comme tout un chacun - sont sensibles à l’amour des « toutous ».

Charles Debbasch

mercredi, février 25, 2009

LES CONSEQUENCES POLITIQUES DE LA CRISE ECONOMIQUE

LES INCIDENCES POLITIQUES DE LA CRISE ECONOMIQUE

Lors des premiers frémissements de la crise économique, on avait pu penser qu’il s’agissait d’un coup de vent passager. C’était une vue trop optimiste. Aujourd’hui, on se rend compte que l’on est face à un bouleversement économique durable qui entraîne nécessairement des conséquences politiques.

En période d’abondance, les égoïsmes triomphent et le règne du chacun pour soi l’emporte. L’expansion économique avait dévalorisé le rôle de l’Etat et provoqué une déferlante libérale. La crise économique, elle, exige une action accrue de l’Etat. Elle revalorise l’interventionnisme. L’Etat apparaît comme le seul régulateur suprême de la vie économique face à un marché défaillant. Dans une société où les forts deviennent plus faibles, les faibles se transforment en exclus que l’Etat doit protéger. Régulation et assistance retrouvent leurs lettres de noblesse dans les fonctions étatiques.

Il s’en suit inévitablement une revalorisation du rôle de la fonction publique chargée d’exercer des missions revivifiées. Les sondages démontrent que l’image de la fonction publique s’améliore en période de crise. D’après un sondage de l’institut Obea-Infraforces pour 20 Minutes et France-Info, publié le 3 mars, les fonctionnaires ont une bonne image auprès de 72% de la population. 57,2% des personnes interrogées (un échantillon national représentatif de 1.057 personnes) ont une «assez bonne» image des fonctionnaires et 15,2% une «très bonne» image. 11,9% en ont une «assez mauvaise» image et 4,3% une «très mauvaise». 11,1% disent que l’image qu’ils s’en font «dépend des fonctionnaires, des métiers» et 0,4% ne se prononcent pas.

Très logiquement les administrés pensent qu’il y a trop de fonctionnaires dans les administrations classiques comme les impôts, les préfectures, les mairies mais ils pensent que: leur nombre doit être augmenté dans les hôpitaux (pour 92,5% des personnes), dans la recherche (72,4%), dans l’enseignement (68,2%) et dans les forces de l’ordre (49,6%).Dans un tel contexte, le gouvernement ne doit pas renoncer à son plan de modernisation de la fonction publique notamment par la récompense des mérites .Mais il doit agir avec prudence dans le domaine de la réduction du nombre de fonctionnaires en ne touchant pas aux secteurs jugés prioritaires par l’opinion publique.

La crise entraînant un développement de l’inquiétude face à l’avenir, le pouvoir doit rassurer et pour ce faire il doit encore mieux expliquer et convaincre .

Cela ne signifie pas qu’il faut renoncer aux réformes mais qu’il faut chaque fois mieux en faire comprendre l’intérêt. Il faut aussi éviter d’ouvrir trop de fronts qui ne peuvent que renforcer le trouble de l’opinion publique. En d’autres termes, il ne faut pas ajouter au désordre économique le désordre politique.

Personne ne conteste l’autorité du Président de la République sur les mécanismes institutionnels. Mais sa présence en première ligne sur trop de dossiers ne permet pas toujours aux autres organes de l’Etat comme le premier ministre ou les ministres de jouer le rôle d’amortisseur ou de conduite assistée qui est le leur. Or la crise économique tend les rapports politiques et exige donc un pilotage sans failles de l’appareil de l’Etat.

Toute crise économique nuit au pouvoir en place qui devient un bouc émissaire pour toutes les misères qu’elle entraîne. Le pouvoir apparaît ainsi plus vulnérable et les mouvements de rue sont plus faciles à conduire. Il est probable que sans cette crise l’agitation dans les départements d’outre-mer n’auraient pas pris l’ampleur que l’on constate. De même , les forces révolutionnaires ou autonomes se réveillent. D’où un foisonnement à gauche de mouvements divers sur les décombres du parti communiste. Le parti socialiste malgré ses profondes déchirures n’est pas mal placé pour les consultations européennes et régionales à venir. L’UMP, le parti du Président est en voie de rénovation. Elle doit concilier sa fidélité au chef de l’Etat et sa compréhension des aspirations populaires.

En tout état de cause, la crise est économique .Le verdict le sera aussi. C’est de l’aptitude du pouvoir à apporter les réponses économiques adaptées que dépendra l’évolution politique.

Charles Debbasch